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Blog de Former Plus Haut!

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Vous trouverez ici nos articles de blog. N'hésitez pas à parcourir également les commentaires (les liens figurent après chaque titre d'article), et à y laisser le vôtre, le cas échéant. Bonne visite !

La jarre fendue (conte philosophique)

Cliquez sur l'image pour entendre une lecture de ce conte (1 mn 51 s)

 

Un pauvre homme, tous les matins, allait remplir à la rivière deux grosses jarres qu'il portait aux deux bouts d'un bâton de fer posé au travers de sa nuque.

Celle de droite était parfaite, joufflue, luisante, fière d'elle. Celle de gauche était fêlée. Elle perdait son eau en chemin, et donc elle s'estimait mauvaise.

Elle en souffrait. Elle avait honte, tellement honte qu'un beau jour elle osa dire, tout en pleurs :

"Pardonne-moi, pauvre porteur !

– Te pardonner ? répondit l'homme. Pourquoi donc ? Qu'as-tu fais de mal ?

– Allons, tu sais bien, chaque jour tu nous emplis d'eau à ras bord, tu t'échines, tu t'exténues à nous porter à la maison et, quand enfin nous arrivons, ma compagne a fait son devoir, elle a la conscience tranquille. Moi, non. Je sens qu'elle me méprise. J'aimerais être comme elle est, mais vois, je suis vide à moitié, et tu dois m'en vouloir beaucoup.

– Oh non, au contraire, dit l'homme. Regarde le bord du chemin, de ton côté. Qu'est ce que tu vois ?

– Des fleurs partout. Elles sont superbes.

– L'eau que tu perds, jarre fendue, les arrose tous les matins. Tous les matins elles te bénissent, et moi je te bénis aussi, car chaque jour je peux offrir un beau bouquet à mon épouse. Tu fais la joie de ma maison. Regarde de l'autre côté. Ta compagne, certes, est parfaite, mais que vois-tu ?

– Cailloux, poussière.

– Chacun fait selon sa nature. Ne change rien, ma bonne amie. Et ne regrette pas tes failles.

Vois comme elles nourrissent la vie."

jarre qui coule 80x80

 

Gougaud_Le_livre_des_cheminsSource : Henri GOUGAUD : Le livre des chemins, contes de bon conseil pour questions secrètes, Albin Michel, 2009, 471 p. Existe aussi en livre audio (lu par l'auteur).

Combien de siècles, de pestes, de révolutions,
de montagnes et de mers ont-ils traversé
avant de nous parvenir ? Les contes sont
dans l'âme humaine comme dans leur maison.
Ils ont vécu assez longtemps dans l'intimité
des êtres pour tout savoir de nos soucis,
de nos rêves, de nos désirs.

 

 

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Vos témoignages

 

"Construire et animer une session de formation". Crédit photo : Gaëlle Catois

Crédit photo : Gaëlle Catois

Tout a été dit sur le livre  « Construire et animer une session de formation »

Tout... ou presque. Il ne manque plus que vos propres commentaires en bas de page

Cliquez ici pour vous téléporter au bon endroit ;-)

Vous souhaitez carrément mieux faire connaître ce livre, voire partager votre enthousiasme ?...

Voici quelques autres possibilités :

  • Vous pouvez accéder ici à la page Facebook du livre, et suivre son actualité (de nombreux lecteurs ont eu – sans même se concerter ! – l'idée de le photographier sous toutes les coutures... et aussi dans toutes les situations !)

 

  • Si vous souhaitez jouer du "e-tam-tam" :-) dans vos réseaux pour aider à la diffusion du livre, un document de présentation (au format pdf ) est à votre disposition en suivant ce lien.

 

  • Pour les plus "mordus", voici un lien vers une une affichette au  format A4 destinée à être apposée où bon leur semblera... dans le respect de la législation en vigueur, cela s'entend...

 

  • Vous pouvez également diffuser autour de vous un lien menant à cette courte vidéo (1 mn) de présentation du livre sur YouTube...

Lien à copier : http://youtu.be/osrMf-_jdXo

 

Merci par avance.

 

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Récit détaillé d’une campagne Thunderclap : Suite et fin

Ceci est le récit d’une campagne Thunderclap. Thunderclap est un système de crowdspeaking.

De la même façon que le crowfunding mutualise des fonds, le crowdspeaking, lui, mutualise des contacts. Dans un article précédent, nous vous avons relaté les 20 premiers jours d'une campagne  mémorable. Le présent article raconte la suite  – et la fin – de l'aventure...

flèche_gauche_lamailloux_com (Re)lire le récit des 22 premiers jours...

 

23e jour : Excellent ! Nous avons franchi la ligne jaune !

vendredi 4 juillet 2014, J 22

Comme le montre le graphique du jour, nous avons atteint ce matin un cap significatif. Pour la première fois, nous avons enfin franchi la ligne jaune. Quelle ligne jaune ? Eh bien, celle que nous avions tracée au départ : une ligne bien droite (faute de mieux) reliant le point "Jour 1 : zéro supporter" au point "Jour 31 : 250 supporters", qui désigne le but à atteindre.

Ce graphique est très parlant. Il montre par exemple qu'au 6e jour nous avions relativement de bonnes raisons d'espérer... puis on peut nettement voir qu'entre le 9e et le 15e jour cela commençait à stagner dangereusement, vu que le nombre de supporters ne "décollait" pas... Lire plus

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Retour détaillé sur une campagne Thunderclap : La première mi-temps…

rayon de soleil à travers les tilleuls 525x350

Ceci est le récit détaillé d’une campagne Thunderclap menée pendant l'été 2014.

Mais commençons par le commencement : Thunderclap est un système de crowdspeaking.

De la même façon que le crowfunding mutualise des fonds, le crowdspeaking mutualise des contacts.

Le principe de Thunderclap a d’ailleurs été décrit ici dans un article précédent intitulé « Promotion, personal branding : Thunderclap , l’arme fatale ».

Lors de notre inscription sur le site de Thunderclap (https://www.thunderclap.it), le système nous a demandé en tout premier lieu de choisir combien nous pensions pouvoir recruter de "supporters" acceptant de confier la liste de leurs contacts (Facebook, Twitter ou Tumblr) au système, afin que ces contacts puissent être en quelque sorte mutualisés, et qu’ils reçoivent une seule et même notification d’une manière synchrone, créant ainsi mécaniquement un effet de buzz impactant réseaux sociaux et moteurs de recherche.

Cette notification, lorsqu’elle est diffusée massivement et en un éclair (ils appellent cela le « blast ») consiste en un court message, suivi d’un lien.

Dans notre cas, le message est celui-ci :

« Le rêve de Bernard : Diffuser son livre auprès de toutes les personnes intéressées par l'acte de transmettre ».

Et le lien pointe sur le site présentant le livre de Bernard Lamailloux : http://formerplushaut.com/

 

Thunderclap : quand on s'exprime ensemble les choses peuvent enfin arriver 666x430

Au moment de l’inscription, nous avons été amenés à choisir d’atteindre un objectif de 100, de 250, ou encore de 500 supporters, à l’intérieur du laps de temps initialement imparti (31 jours). Le deal c’est justement qu’une fois l’objectif choisi, nous avons 31 jours pour l’atteindre, du moins au départ, faute de quoi la campagne s’annule, purement et simplement. Dans notre cas, nous avons opté pour la voie médiane (250 supporters).

Voici donc sous ces lignes le récit détaillé d’une campagne Thunderclap, de A à Z, menée à l’occasion de la parution d’un livre de Conseils aux formateurs. Ce récit vous permettra de revivre au jour le jour ce système de « chasse aux supporters acceptant de recommander un projet dans leur réseau social favori ». Nous avons décidé de retrancrire ici l’essentiel des messages envoyés – au fur et à mesure – à ceux de nos supporters qui avaient choisi de suivre le projet en temps réel sur la plateforme Thunderclap. Thunderclap appelle ce procédé « les mises à jour » (updates) du projet.

 

Thunderclap : Dans les starting blocks...

vendredi 13 juin 2014, J 1

Lancement de la campagne, trois proches seulement ont reçu le lien pour le moment (le temps pour nous d'ajuster toutes les manettes...), tous les trois ont accepté d'être supporters.

Du coup, cela nous fait pour l'instant 568 personnes potentiellement impactées, ces 568-là représentant les contacts cumulés des trois premiers contributeurs, à l'heure où nous écrivons ces lignes... avec un peu moins de 100 contacts par supporter en moyenne, nous sommes dans les clous. Ça va, vous suivez ?... ;-)

Pourquoi "potentiellement" impactées ??? Tout simplement parce que - et c'est là tout le sel de l'histoire - nous devons absolument atteindre le seuil des 250 supporters pour que l'ensemble de ces potentiellement impactés soient notifiés... en une seule fois, et avant la date butoir, s'il vous plaît !

Cela aura pour effet de créer un buzz particulièrement impactant ("Thunderclap" = coup de tonnerre, littéralement) sur les réseaux sociaux, ce qui est bien le but visé.

Dans le cas contraire, eh bien, nous ne récolterons qu'un lamentable "plouf" :-(

D'ailleurs, vous avez peut-être remarqué qu'après avoir contribué, il ne se passe... rien du tout dans vos profils Facebook, Twitter ou Tublr ! En effet, tout se fera - ou pas ! - à la fin, en zéro ou... une seule fois, c'est ainsi, la loi du Thunderclap c'est du tout ou rien !

En même temps, c'est ce qui fait tout le piquant de l'histoire...

Alors courage, on y croit, en route pour un "thunderous applause", haut les cœurs, nous f'rons front !    ;-)

 

4e journée de campagne...

lundi 16 juin 2014 ,  J 4

Thunderclap : Soutenons le rêve de Bernard !

Un très grand merci à tous ! Ce lundi 16 juin nous atteignons les 35 supporters, soit 13% du total qui devra être atteint pour le dernier jour minuit. Il nous faut en effet absolument trouver 215 nouveaux supporters d'ici-là...

Si nous les trouvons, on fera la ola ensemble, comme ça : ¸,ø¤º°°º¤ø,¸¸,ø¤º°°º¤ !

Dans le cas contraire, eh bien c'est un peu comme dans l'histoire de cendrillon, le carrosse se transformera en citrouille, c'est la règle du jeu !

Alors n'hésitez surtout pas à recruter vous aussi de nouveaux supporters. N'oubliez pas de leur expliquer un peu l'histoire.

Tenez : une bonne source de motivation : à l'heure qu'il est nous avons atteint un impact social de 9646 personnes (représente les contacts cumulés de tous les supporters..).

Cela signifie que le 12 juillet, un coup de tonnerre (thunderclap)déferlera sur les réseaux sociaux de 9646 personnes, plus toutes celles qui auront été impactées...

...ou qu'un pétard mouillé fera un petit plof en n'impactant même pas le bout de mare qui se trouve près de la citrouille de Cendrillon.

Nous faisons l'impossible de notre côté... mais nous avons besoin de vous tou(te)s pour y arriver !

Courage !

 

5e jour : Bernard a été interviewé, le résultat est sur YouTube !

mardi 17 juin 2014,  J 5

Thunderclap : L'interview diffusé sur Youtube

Aujourd'hui 5e jour de campagne, nous en sommes à 40 supporters, et l'impact social potentiel passe à 11482 personnes !

Par ailleurs Bernard a répondu à une interview qu'il a été invité à publier sur sa chaîne YouTube. Il y présente son livre, en répondant à quelques questions essentielles et bien ciblées. N'hésitez pas à suivre le lien !

Signalons en outre que le livre est désormais disponible en commande sur les plateformes de vente en ligne…

...Il nous reste tout de même encore 210 supporters à aller chercher pour reporter le challenge... Si vous avez une idée, n'hésitez surtout pas !

 

11e jour : Cela s'essouffle dangereusement !

dimanche 22 juin 2014 , J 11

Thunderclap : premier graphique de progression

Bonjour. Au 11ème jour de campagne (soit plus d'un tiers du parcours) le taux de participation semble stagner. Nous n'avons en effet recueilli que 4 supporters supplémentaires en cinq jours ! Si la progression était linéaire (voir schéma), il faudrait que nous en ayons à ce jour...exactement le double (88) !

Nous lançons donc un appel, pas encore désespéré, mais très appuyé pour que ceux d'entre vous qui lisent ces lignes fassent connaître ce projet auprès de leur amis pour permettre à cette campagne de décoller comme elle le mérite !

Le plus simple est d'utiliser le petit lien "Invite Friends" que vous trouverez sous les trois gros boutons rouges au début de cette page ("Facebook", "Twitter", "Tumblr").

Vous pouvez aussi envoyer un mail collectif à plusieurs personnes de votre choix, en leur expliquant en deux mots le projet... et l'enjeu !

Joignez donc à votre message le lien ci-dessous, il mène à l'url où vous vous trouvez actuellement (Campagne Thunderclap : Soutenons le rêve de Bernard) :

https://www.thunderclap.it/projects/12700-soutenons-le-r-ve-de-bernard

Voilà. L'heure est à la mobilisation, plus que jamais nous comptons sur vous !

D'avance merci.

 

20e jour : nous sommes à 10 jours de la ligne d'arrivée...

mercredi 2 juillet 2014, J 20

Thunderclap :  premier graphique de progression

Bonjour !

Il semblerait bien que les choses s'améliorent, merci et bravo à vous !

Décidément, le phénomène Thunderclap contient en lui-même un bien diabolique scénario, et recèle tous les aspects d'un thriller ! Mille bravos à ses concepteurs (...membres du studio New Yorkais De-De, pour "Design-Develop"). Pour en savoir plus vous pouvez toujours lire cet article (déjà mentionné sous ces lignes. Nous ne vous cachons pas que nous serons soulagés (...ou atterrés ?) quand tout ça s'arrêtera, avec une issue positive, espérons-le. D'un autre côté on se dit que c'est le jeu... Qui en effet aurait l'idée saugrenue de regarder sa montre en plein milieu d'une attraction foraine qui vous fait décoller l'adrénaline du sol à la vitesse de la lumière ?

D'après nos calculs effectués en fin de journée (une vingtaine de supporters aujourd'hui, la moisson a été bonne...), il nous reste 10 jours pour trouver les 81 supporters manquants. Voilà qui nous fait une moyenne de 8 par jour, ce qui nous paraît raisonnable comme objectif...même s'il faut quand-même les trouver, hein ?

Tous les espoirs semblent donc de nouveau permis, si (comme dit l'autre) la courbe ne s'inverse pas d'ici-là ! :-)

Allez, tenez bon, merci pour toute la pub que vous nous faites, merci de continuer à en parler autour de vous, nous espérons que vous réalisez que vous êtes en fait une infime minorité à lire ces mises à jour, mais en même temps que c'est par vous que nous avons obtenu le maximum d'impact !

Quelle que soit l'issue de combat, soyez donc assurés de nos remerciements aussi émus que sincères...

 flèche_droite_lamailloux_comSuite (et fin) de ce dossier : les toutes dernières étapes de l'aventure...

 

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Encore plus dingue que le métier de formateur…

drôles de personnages

Les formateurs, ces êtres étranges semblant venir d'une autre planète…

Ces être bizarres, semblant parfois venir d’ailleurs, exercent en effet une activité bien particulière qui les amène à être constamment au four et au moulin, avec de nombreux objectifs à atteindre en parallèle, tout en se trouvant en perpétuelle représentation, et en travaillant le plus souvent pour ainsi dire « sans filet » face à leur public, avec en prime l'obligation d'improviser sans cesse pour gérer les impondérables les plus inattendus, si l'on peut dire… Qu'il vous suffise de lire (ou de relire) un de nos derniers billets : Le jour où deux participantes à une formation m’ont surpris… en slip !

 

Et quand j'écrivais "face à leur public"… il faudrait plutôt dire "avec leur public", tant il est vrai qu’une session de formation digne de ce nom revêt le plus souvent l’aspect d’un véritable show interactif… Ainsi, il nous faut sans cesse garder un œil attentif à mille détails, le tout sans avoir l'air d'y toucher, et en gardant flegme et sourire en toutes circonstances, à telle enseigne que nous autres formateurs pouvons parfois avoir l'impression (…trompeuse !) de battre certains records dans la catégorie "exercice d'équilibriste se trouvant dans des situations pas possibles".

Mais gardons la tête froide…

agent secret pour se rireFort heureusement, il existe certaines occasions qui peuvent contribuer à nous remettre la tête à l'heure et les pendules sur les épaules. Ce fut tout récemment mon cas lorsque j'entrai (un peu par hasard) dans la lecture d'un roman policier passionnant, écrit (…et fort bien !) par une certaine Catherine Fournol, personne ayant exercé (à l'image de son héroïne) la profession de …guide conférencier !

Ah, cette fois-ci, me dis-je au gré des événements et des tranches de vie rapportés par  la narratrice, nous évoluons là dans un registre somme toute assez proche de nous autres les formateurs, et ceci à bien des égards : obligation morale, que dis-je, injonction de susciter à tout prix et par tous les moyens l'intérêt, sinon l'adhésion d'une groupe d'adultes, lesquels ont payé pour une prestation, et entendent en avoir pour leurs espèces sonnantes et trébuchantes. Tout ceci se déroulant en parallèle avec toutes sortes d'interactions, bisbilles et autres chicaneries qui ne manquent jamais d'advenir avec quelque groupe humain que ce soit lorsqu'il est rassemblé dans la durée…

Cette similitude me tarabustait à tel point que j'ai fini par me mettre en tête de retrouver la trace de cette auteure à l'expérience si singulière (…pour ne rien dire de son imagination !), afin de lui demander de bien vouloir venir nous expliquer en quelques mots dans ce blog en quoi consiste cette tâche, mais aussi ce qu'elle requiert comme compétences, savoir-faire et surtout savoirs-être, et enfin de bien vouloir nous livrer quelques exemples de choses qui peuvent arriver en pareilles circonstances, et auxquelles on ne s'attendrait pas le moins du monde. Car je vous fiche mon billet qu'il y en a forcément.

Comme je le lui ai dit sans détour, le résultat a dépassé de loin mes espérances. Aussi, sans plus tarder, je lui laisse bien volontiers la parole :

Témoignage de Catherine Fournol, auteure et guide conférencière...

left_guillemet._trans

C'est  vrai qu'il existe des similitudes entre le métier de formateur (que je découvre à travers le témoignage de Bernard) et celui de guide que j'exerçais il y a quelques années.

La première mission d'un guide est de conduire son groupe à bon port. Un minimum de préparation avec cartes et plans s'impose, ainsi qu'un minimum de sens de l'orientation... Toutes les déviations, travaux et autres routes barrées sont en effet susceptibles de ruiner l´organisation de journées au timing si serré que le moindre grain de sable peut les dérégler.

Le temps : mon obsession majeure.

car de flicsAvaler les kilomètres (parfois plusieurs centaines dans la journée), être à l'heure pour les visites pré-réservées ou au restaurant. (Là, c'était presque facile....mes clients étaient rarement en retard pour les repas... parfois même, il y avait, disons un peu de bousculade pour l'installation à table...).

Ma formation en histoire de l'art fut un atout très précieux pour m'aider à mener à bien une autre partie de ma mission: transmettre des informations culturelles, historiques et géographiques concernant les contrées traversées.

Baroudeuse tous terrains… et organisée

Moyen de transport inattenduNaturellement, il fallait préparer une base de commentaires. J'utilisais pour cela des fiches bristol que je complétais de détails pratiques sur le terrain. C'était très lourd... Il faut bien garder en tête le côté itinérant de ce métier....cela me plaisait d ailleurs beaucoup, mais j'imagine qu'aujourd'hui, l'outil internet a dû faciliter les choses. N'oublions pas qu'à l'époque je ne disposais pas de téléphone portable pour prévenir d'un éventuel retard, et si j'avais bel et bien par devers moi les coordonnées de mes différents prestataires, je devais à chaque fois attendre de trouver un téléphone fixe pour les prévenir ! Improvisation et débrouillardise devaient figurer en bonne place dans mes valises.

Telle une bergère comptant ses moutons…

avatar Shawn, mouton de Wallace & Gromit 100x100

Tout comme dans le métier de formateur, la disponibilité et l'adaptabilité s'avèrent nécessaires pour conduire l'élément humain. Une autre de mes obsessions restait le comptage permanent de mes ouailles : je les comptais et recomptais sans cesse, à chaque entrée de monument, à chaque changement de lieu…

La plupart du temps, mon public, composé pour l'essentiel de retraités, attendait de ma part une assistance sans faille pour diverses questions pratiques : traduction de phrases simples, où trouver une pharmacie, dire à la voisine que sa clim étais trop forte, ou qu'il fallait fermer le rideau, et tant pis pour le paysage...

Dans ces petits conflits, j'ai remarqué très tôt que moins je m en mêlais et plus vite cela se réglait, de même, si un individu par trop "râleur" perturbait parfois le groupe, il finissait toujours par se retrouver à l'écart et les choses se résolvaient souvent d'elles-mêmes.

Erreur fatale de débutant

poubelle toxique 154x213Par contre j ai commis une erreur au début : Un jour où le programme le permettait, j'ai demandé à mes clients de choisir entre plusieurs options de visite....et alors là ! Impossible de se mettre d'accord... j'ai dû trancher. Ceci a engendré colère et frustration chez un certain nombre de participants, créant une ambiance particulièrement plombée, et qui a perduré pendant une bonne partie du séjour.

J'ai ainsi compris  qu'en pareil cas il était nettement plus approprié de ma part d'imposer mon choix en la matière, et que je devais garder mes doutes et hésitations pour moi, ceci afin d éviter tout flottement. Sans doute en va-t-il de même pour les situations de formation…

Moment particulièrement délicat : l'arrivée à l'hôtel

Le soir venu, l'arrivée à l'hôtel, à quoi s'ajoutait la fatigue de la journée, cristallisait souvent les problèmes. J'avais droit aux récriminations les plus insensées sur le confort ou la taille des chambres... J'étais bien en peine de résoudre de tels problèmes... Une fois, on m'a même mise en demeure de changer une ampoule qui ne fonctionnait pas !

Heureusement, la plupart du temps, les choses s'aplanissaient dès que l'on passait à table. En effet, surtout en ce qui concerne les groupes de touristes français, une bonne table reste une valeur sûre, et je ne crois pas me tromper en pensant que c'est aussi un élément positif dans certains séminaires de formation.

Dernière anecdote

feuille d'automne rouge tachetée noire 591x322J'ai déjà évoqué ma peur obsessionnelle d'oublier un client... Eh bien, figurez-vous qu'un jour c'est moi qui me suis retrouvée au bord de la route !

Ce jour-là, nous nous trouvions à San Remo, en Italie, où nous avions affrété un bus à double étage. Les passagers étaient installés en haut, tandis que la cabine du chauffeur et le guide se trouvaient en bas, au ras de la route (c'est d'ailleurs assez impressionnant !). Au moment de partir, il manquait deux personnes, et je suis aussitôt partie à leur recherche.

Quand je reviens, cinq minutes plus tard... plus de bus ! Immédiatement, je réalise que toutes mes affaires sont restées à l'intérieur, et que je suis sans argent, sans papiers pour passer la frontière, ni pour rentrer à mon hôtel à Nice ! …Quant aux téléphones portables, ils ne sont pas encore chose courante...

Heureusement, je me trouve dans une gare routière, j'explique donc mon histoire à un employé italien qui se "gondole" de rire de voir la "guida" ainsi oubliée. Fort heureusement, il accepte de me faire monter à titre gracieux à bord d'un bus de ligne qui part sur Nice quelques minutes plus tard.

rayon de soleil à travers les tilleuls 525x350Autre coup de chance : les contrôles d'identité à la frontière sont plutôt rares et je peux arriver sans encombre jusqu'à Nice. Mais arrivée à l'hôtel, je ne trouve… personne ! J'attends donc, quelque peu anxieuse…

Enfin, mes clients finissent par arriver, ainsi que les explications : Quand les deux retardataires étaient arrivées dans le car, les autres  clients ont cru que je me trouvais déjà dans le bus, en bas, quant au chauffeur, il a cru de son côté que je me trouvais à l'étage, en train de papoter...

Par la suite, quand les uns et les autres se sont enfin rendus compte de mon absence, ils ont pris le parti de faire demi-tour à une sortie d'autoroute et sont revenus au point de départ (la gare routière).

Une dame est même allée faire brûler un cierge aux pieds d'une statue, dans l'église la plus proche (était-ce Sainte Rita, la patronne des cas désespérés ?) En tout cas, les voyageurs étaient très inquiets, me sachant sans rien. Finalement, les retrouvailles furent des plus chaleureuses et cette aventure – pas banale – est devenue source de rires et de plaisanteries durables.

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Catherine Fournol a été notamment guide conférencier en Auvergne, spécialiste en histoire de l'Art, et auteure de romans policiers…

Présentation de son roman : "Des Gentianes par la racine".

les gentianes par la racineEn Auvergne fleurit la gentiane dont les racines donnent une boisson amère, mais néanmoins appréciée ! Seulement voilà, le cordial se transforme vite en bouillon de onze heures pour un groupe de touristes accompagnés d'une guide.

Ainsi, les paysages bucoliques d'Auvergne deviennent le théâtre d'événements dramatiques. Ce voyage, que chacun souhaitait inoubliable, le sera effectivement… mais pas dans le sens escompté !

Catherine signe avec ce roman une visite guidée des plus inattendues, riche en rebondissements multiplies qui vous tiendront en haleine jusqu'au bout de cette passionnante histoire

Un roman à déguster sans modération ! Suivez le guide…

 

 

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Anecdote – Le jour où deux participantes à une formation m’ont surpris… en slip !

lavabo en forme de tête 463x463

Il m’est arrivé assez souvent d’évoquer (notamment dans ces lignes) les vicissitudes de la vie d’un formateur, perpétuellement obligé de jongler avec plusieurs fers au feu, avec un œil sur la montre, un autre sur le déroulement du programme, et un troisième (si l’on peut dire…) sur le groupe dont il faut sans cesse "prendre le pouls" en temps réel si on ne veut pas s’exposer à de bien navrantes déconvenues… A titre d’exemple, il suffit de se référer à l’article paru dans ces pages sous le tire Le formateur en contexte B to B : un véritable homme (…ou femme) orchestre ! Non, je vous en prie, ne partez pas en courant, soyez rassurés, cela n’a absolument rien de torride… Mais pour me permettre d'illustrer la vie de dingue que nous menons parfois, nous autres formateurs, laissez-moi vous raconter cette bien curieuse anecdote … Anecdote, définition du dictionnaire : "Bref récit d'un fait peu connu, curieux ou piquant."... Vous allez être servis :-)

perfectionnisme, quand tu nous tiens

Des formateurs perfectionnistes, j'en ai connu, mais celui-ci était carrément hors concours...

Les moyens employés étaient plutôt simples [...] mais en général la collation était appréciée quand-même, ne serait-ce qu’à cause des croissants.
Il y a une quinzaine d’années, j’intervenais quelquefois pour le compte d’un consultant formateur qui était très perfectionniste, et pour tout dire assez hyperactif. Quand il intervenait en formation (c’était de l’informatique) il louait le plus souvent un bureau dans un centre d’affaires, arrivait très tôt le matin, des micro-ordinateurs plein sa voiture, puis installait tout son matériel dans la salle, câblait un réseau, courait chercher des croissants au point de vente le plus proche, puis revenait pour préparer un café d’accueil. Les moyens employés étaient plutôt simples (cafetière filtre, bouteille thermos, gobelets plastique) mais en général la collation était appréciée quand-même, ne serait-ce qu’à cause des croissants. Ensuite de quoi ce monsieur accueillait les participants, justement, leur offrait le café de bienvenue quand ils étaient à peu près tous arrivés… puis lançait sa (ou ses) journée(s) de cours, à la fin de laquelle il raccompagnait tout le monde à la porte, démontait tout le matériel, puis allait le ranger dans sa voiture avant de quitter les lieux pour une autre aventure après cette journée si sportive et si mouvementée.

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Avec un (peu de) bleu en plus…

Plusieurs fois, il lui est arrivé de me confier la sous-traitance d’une de ses interventions, et en pareil cas il attendait de moi que j’offre exactement la même prestation au niveau du service client, ce qui est bien compréhensible… A moi donc les journées "au four et au moulin non stop". Je m’y suis collé de bonne grâce, poussant le souci du détail jusqu’à me munir d’un vêtement du genre "bleu de chauffe" pour la partie déménagement du matériel le matin (juste avant l’arrivée des participants) et le soir (juste après leur départ). Cela me permettait en effet de rester tiré à quatre épingles (une autre exigence du monsieur…) dans un costume immaculé en présence de mes ouailles. Le système fut vite rôdé… Or, il advint qu’à la fin d’une de ces mémorables journées (c’était un vendredi soir) je refermai comme d’habitude la porte sur mes derniers participants, puis me dirigeai vers un endroit de la pièce où mon bleu de chauffe m’attendait sagement au fond d’un grand sac en plastique.

basketteur lilliputien

Le moment fatidique

Au moment où, en slip, et un pied en l’air, je m’apprêtais à entrer dans mon costume de déménageur, la porte d’entrée du local s’ouvrit violemment, et je me retrouvai face-à-face avec... deux jeunes dames essoufflées! Explication : Nous étions un vendredi soir, les deux dames avaient fait le trajet ensemble dans une voiture qu’elles avaient garée non loin de là, c’est-à-dire en plein dans une de ces zones d’activités tristes à mourir qui fleurissent autour de nombre de nos cités, et qui se transforment en un désert aussi lugubre que total à partir de 18 heures, et même un peu plus tôt le vendredi… La voiture de ces dames ayant refusé de démarrer ce soir-là, elles ont réalisé qu’elles étaient bel et bien bloquées sur place. Prises de paniques, elles se sont alors lancées dans un sprint mémorable le long des rues désertes, pour ensuite grimper quatre à quatre les quelques étages du petit immeuble où avait eu lieu la session de formation, histoire de voir si par bonheur …le monsieur était encore là.

Quand je vous dis « homme orchestre », je suis bien en-dessous de la réalité !

Il se trouve que le monsieur c’était moi, et que je n’avais sans doute pas verrouillé la porte de la salle avec suffisamment de soin, ce qui fit qu'elle s’ouvrit bien grand, d'un seul coup. Toutes entières prises par leur émotion, elles n'avaient pas eu la présence d'esprit de frapper ! La suite est assez facile à imaginer : après un moment de mutuelle stupeur, nous nous mîmes tous les trois à rire de bon cœur, et quelques explications plus tard je réussis même à dépanner ces deux dames, en poussant leur voiture dans une légère descente (c’était un bête problème de batterie). Comme quoi un formateur ça peut être amené à faire vraiment toutes sortes de choses, y compris (parfois j'ai presque envie de dire "...surtout") les plus inattendues !

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Si je confonds droite et gauche, ce n’est pas pour rien…

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La tare...

Bonjour, je fais partie de cette cohorte de gens qui ont une légère tendance à confondre leur gauche et leur droite (oui, je préfère l'emploi du possessif qui nous évitera les vannes des militaires et des militants... tiens c’est curieux, là aussi j’ai toujours confondu). Enfin, quand je dis "confondre", n'exagérons rien... Disons qu'il me faut toujours une fraction de seconde pour être "vraiment sûr"... Cela donne parfois des situations bien cocasses, notamment en voiture... D’ailleurs je viens de prendre connaissance d’un témoignage fort bien écrit sur ce sujet, qui fut ainsi pour moi l'occasion de découvrir un nouveau frère parmi mes semblables les humains avec l'auteur du blog La vie est large.

Je me propose de vous livrer ici une tentative d’explication, ainsi qu’une manière de communiquer sur cette incorrigible tare qui nous colle à la peau (enfin, nous... si toutefois vous êtes dans le même cas que moi, bien entendu) tel le sparadrap sur celle du capitaine Haddock...

L’explication

Je voudrais proposer ici une explication de ce phénomène si étrange à première vue, du moins pour ce qui me concerne : Je me souviens très bien qu’étant petit, je faisais partie des toutes premières générations d’enfants à qui on n’obligeait plus à écrire de la main droite, ce qui tombait très bien vu que j’étais… gaucher ! Sans le savoir, je faisais alors partie des tout premiers spécimens hexagonaux de ce qu’on a appelé les "gauchers non contrariés" (pourtant on ne dirait jamais, en me voyant…).

Usine à gazEn revanche, les instituteurs de l’époque ne s’étaient pas encore complètement habitués à ces nouvelles directives, vis-à-vis desquelles ils éprouvaient (déjà !) quelques difficultés. Aussi les ai-je toujours entendus nous adresser des injonctions, euh, des consignes, du type "Faites donc ceci […] avec votre main droite, c’est-à-dire celle avec laquelle vous écrivez", ou à l’inverse "Faites donc cela […] avec votre main gauche, c’est-à-dire celle avec laquelle vous n’écrivez pas". Bien entendu, j’avais bien compris que pour moi c’était le contraire, et je prenais donc cette demi-seconde de retard qui m’accompagne encore aujourd’hui (merci, ô braves gens) … une demi-seconde de latence, donc, pour déterminer ce que mes semblables entendaient au juste par "droite " ou "gauche". Cela a installé durablement dans on esprit l’idée que "…droite, gauche, c’est pas simple, et en plus c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément". Avouez que cela ne manque pas de sel !

Et là patatras ! A peine m’étais-je habitué à intégrer correctement que "droite c’était par ici…" et "gauche par là…", eh bien je continuais (...ou je me remettais) à mettre ça en doute, au motif que justement "c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément", ben tiens la bonne blague !

Comment faire comprendre ça aux autres…

[...] Réfléchissez bien : Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir à manipuler régulièrement une serrure qui "fait exception" ?

Voici maintenant comment je communique habituellement sur cette regrettable habitude auprès des fâcheux qui  ne manquent jamais de réagir en mode "Rhôôôôô ! C’est quand-même pas dur !...". Permettez-moi de vous confier ce qu'en général je leur rétorque :

Vous savez tous dans quel sens tourner une clé pour ouvrir une porte, et dans quel sens la tourner pour refermer… Cela fait partie de ces choses que l’on fait depuis longtemps sans même y réfléchir… Maintenant, réfléchissez bien, justement : Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir à manipuler régulièrement une serrure qui "fait exception" ? Oui, nous en rencontrons tous une, un jour ou l’autre… Et là c’est le début d'un phénomène plutôt agaçant : Au début on a tendance à se tromper à chaque coup… puis constatant notre erreur, nous rectifions le tir sur un mode "c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément", et là tout fonctionne à merveille… Jusqu’au jour où nous nous habituons à ce nouvel état de fait, et là re-patatras, nous ne savons plus rien ! et, du coup, nous ne sommes capables d’ouvrir cette fichue serrure qu’au prix d’un effort mental d’une grosse fraction de secondes.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?Je me réjouis de ce que nombre d’interlocuteurs ont alors un visage qui s’éclaire, au motif que cela leur est déjà arrivé ! Ah, on ne dira jamais assez le plaisir d'être enfin compris ! Cela me permet au passage d’astiquer mes médailles de formateur, et donc (en principe) féru dans l’art de trouver la bonne métaphore en toutes cisconstances…

Quant au cas désespéré (…ne nous racontons pas d’histoires, cela peut exister) a qui l’histoire de la "serrure montée à l’envers" n’est jamais arrivé, eh bien je le laisse croire qu’avec moi il a affaire à un hurluberlu pas tout  fait structuré comme le commun des mortels. Après tout, c’est l’image qu’à tort ou à raison renvoient nombre d’enseignants et de formateurs (je le sais, j’ai été successivement les deux !)… Du coup, je ne me risquerai certes pas à parier que cet a priori est totalement infondé… du moins quant à ma propre personne :-)

Dernière minute : à propos des militants et des militaires (dont il a été question au début), je viens de prendre connaissance ce savoureux aphorisme, attribué à Ambrose Bierce :

Un militant, c’est un militaire qui porte son uniforme à l’intérieur

 

 Construire et animer une session de formation 
 Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les glandeurs du radiateur du fond, un groupe Facebook qui fait son chemin…

Par Bernard Lamailloux

mooc bonnet d'âne

Au départ, il y a un mooc, fort bien fait, d’ailleurs…

En mai 2014, répondant à la douce invitation d’une non moins douce amie, je me suis inscrit (en tant qu’apprenant) à un MOOC (cours en ligne ouvert et massif diffusé sur internet) qui durait 5 semaines. Il s’agissait de la première promo du mooc "Pensée Design" organisé par une équipe pédagogique particulièrement innovante. Qu’est-ce que la pensée design, et en quoi consistait ce cours ? Le plus simple est de lire l’annonce officielle :

Comment imaginer un téléphone sans touche ? Comment repenser le vélo et son usage ? Comment créer un nouveau produit ou service qui pourra relancer une activité bloquée face à de nombreuses contraintes ? La Pensée Design pose la question du "comment ça marche", du savoir-être. Elle permet de découvrir quel est le problème pour ensuite innover dans la solution.

(Source : http://mooc.france-bs.com/)   A mon arrivée dans le mooc, je me suis réjoui de la qualité et de la pertinence des interventions, mais aussi de l’ingénierie pédagogique mise en œuvre (oui, je prête naturellement beaucoup d’attention à ces aspects-là, on ne se refait pas…).

Que se passe-t-il ? …Qui donc nous a demandés de faire vœu de crispation et de rabat-joyeuseté ?

J’ai un peu cherché des traces de cet enthousiasme dans les forums [...] mais bientôt, force m’a été de constater que je n’en ai pas trouvé la moindre.
Mais très vite, une chose m’a frappé : un assez grand nombre d’interactions (…au niveau des questions posées à l’équipe enseignante, mais surtout entre étudiants eux-mêmes, ce qui était encore plus étrange à mes yeux) me paraissaient en effet empreintes de conformisme, voire d’une certaine tristesse, comme si le fait d’être réunis pour apprendre quelque-chose nous obligeait à une attitude convenue, compassée, limite doloriste ! graffiti somebodyJ’ai trouvé cela bien dommage, surtout eu égard au sujet abordé, car à mes yeux apprendre est toujours l’occasion d’une fête, et doit pouvoir se faire dans la joie et l’enthousiasme.

J'ose ajouter "…encore plus lorsqu’on échange des points de vue autour de la question du comment ça marche et du savoir-être !" J’ai un peu cherché des traces de cet enthousiasme dans les forums et autres échanges officiels créés autour du mooc, mais bientôt, force m’a été de constater que je n’en ai pas trouvé la moindre. Je n’ai alors pas pu m’empêcher de penser "Ouh là là, si jamais des extraterrestres viennent à capter les échanges existant autour de ce mooc, ils risquent fort d’en conclure que sur notre planète il  n’y a pas encore de forme de vie digne de ce nom !"

Pour bien faire, il me faudrait créer moi-même une petite communauté… Chiche !

Qu’à cela ne tienne, me suis-je dit. Après tout, il ne tient qu’à moi de créer l'espace de liberté et de joie de vivre que j’appelle de mes vœux, parce que là au moins je trouverai peut-être de vrais  camarades de jeu.

Ainsi naquit le groupe des Glandeurs du Radiateur du Fond !

Houlà, ça fait du monde !

glandeurs facétieux (balançant de l'eau)"Même si nous ne formons qu’une toute petite bande de joyeux lurons, me disais-je alors, eh bien ce sera toujours ça de pris". En cette matière comme dans beaucoup d’autres, la qualité est (à mes yeux) nettement préférable à la quantité. De fait, quelques "vieilles e-connaissances" croisées auparavant sur le net et dans la blogosphère m'ont immédiatement rejoint. Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’au fil du temps la "bande de joyeux drilles" grossissait à vue d’œil !... Chaque jour voyait son cortège d’aspirants glandeurs venus nous demander timidement s’il "restait de la place" près de notre radiateur, comme si le nombre de place était compté ! Si bien qu’à l’arrivée, nous avons eu la qualité ET la quantité ! Elle est pas belle, la vie ?...

Non seulement cela ne nous empêchera pas d’apprendre, mais au contraire, il me semble que cela nous y aidera grandement !...

Nombreux sont ceux qui nous ont alors apostrophés sur le thème « Waouw, pour des glandeurs, vous n’arrêtez pas de bosser ! ». C’est qu’ils confondaient glander et ne rien faire, ce qui est totalement différent. J’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de m’en expliquer dans l’article intitulé "Glander, une philosophie de vie…" Vous voulez une illustration de ce que ce groupe m’a permis de faire (entre mille autres choses ?) Je vous invite à visionner sous ces lignes une bande-annonce de 2 minutes chrono, créée entièrement par mes soins, à l’occasion de la sortie de mon premier livre qui tombait pile à ce moment-là (Remarque : toute coïncidence avec mon intérêt pour le sujet du mooc est absolument faite exprès ;-)

Cette vidéo a pu être conçue et tournée grâce aux précieux enseignements des intervenants, de leur partenaire technique Explee… mais aussi et surtout grâce aux remarques et suggestions de mes petits camarades de front du groupe des glandeurs ! Le résultat a d’ailleurs emporté un vif succès.. Si ça c’est pas du social learning, je vous demande un peu ce que c’est…

Ce qu’il en a été à la fin du mooc, et ce qu’il en reste depuis

Si l’on en croit les chiffres communiqués très officiellement par l’organisateur, 2600 personnes se sont inscrites au mooc. Parmi elles, 1100 étaient encore là lors du quiz qui a été présenté lors du quiz de la 1ère semaine. Et parmi ces 1100 personnes, 40% étaient présentes, nous a-t-on dit, lors du quiz final. Si je compte bien, cela nous fait 440 personnes. Le taux annoncé pour la participation du contrôle final "peer to peer" (entre pairs) est de 90%... Ma calculett… euh, mes énormes capacités de calcul mental me soufflent que cela fait dans les 396.

« Combien de divisions », qu’il disait…

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le groupe des Glandeurs compte 140 et quelques membres. Même si quelques personnes sont venues nous rejoindre par la suite, cela représente tout de même un bon tiers de ceux qui ont "tenu bon" tout au long du processus. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais personnellement je trouve qu’il y a là matière à réfléchir… A la fin, nous comptions dans nos rangs une des principales conceptrices pédagogiques du mooc (dont j’ai déjà parlé dans les toutes premières lignes de ce post, mais aussi dans un autre article, bien plus ancien…), ainsi qu’une adorable hotlineuse d’Explee (application web présentée quelques lignes plus haut), et une troisième jeune et charmante femme appartenant au staff de Unow, la plateforme technique d'hébergement du mooc. D’une manière générale, nombreux sont ceux qui ont bien voulu nous témoigner qu’en gros, "c’est également ici que ça se passe"… Manière de témoigner qu’on n’a rien à gagner à faire son "serre-yeux", surtout lorsque rien ne le justifie...

Le feedback de l’équipe enseignante

Un hommage vibrant (et enjoué !) au groupe des glandeurs du radiateur du fond (pudiquement rebaptisé "le forum pirate du radiateur" pour l’occasion par les intervenants) nous a été décerné par l’équipe d’animation lors de la dernière vidéo diffusée en direct par leurs soins le 17 juin 2014 Répondant (au nom de son équipe) à une question de mon camarade Jean-Philippe Blanchard sur le positionnement de l’équipe enseignante vis-à-vis de l’existence de notre groupe, Fabrice Mauléon (principal intervenant du mooc) a témoigné de ce que cette démarche les a détendus, les a beaucoup fait rire, mais aussi "…a été très utile pour l’ensemble des apprenants". Une de ses collègues a par ailleurs parlé de "bonne humeur, très contagieuse" (sic). C’est d’ailleurs exactement ce que j’avais derrière la tête en créant ce groupe ! Si cela vous intéresse, vous pourrez visionner vous-même cette tranche de "feedback dans la bonne humeur" en vous rendant sur ce lien : http://youtu.be/9WTf0Sp9ZkA?t=24m53s ou encore à partir du player ci-dessous

(Visionner le passage à partir du point "24:53")

touche clavier (belle) avec radiateur 180x180

Adresse du groupe Facebook des "glandeurs" :

https://www.facebook.com/groups/irradioglandeurs/

"Allez-y, vous n'en reviendrez pas..." ;-)

 

 Construire et animer une session de formation 
 Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD. 
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Qui sommes-nous aux yeux des autres : une ressource, ou une calamité ?

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Il y a deux sortes de chefs d’orchestre : ceux qui ont la partition dans la tête et ceux qui ont la tête dans la partition. Pour les formateurs, c'est exactement pareil...

Ah, les personnes ressources…

C'est beau la vie, tu te cognes la tête sur une difficulté pendant des heures, et tu montres ça à un type qui passe par là, et lui il sourit, il te dit juste « bah c'est évident, il suffisait de rectifier le paramètre archi-connu du caramel magnétique qui affiche version 1.5267965741 pour le modifier en 1.5267965742 au niveau du troisième menu de la zone de dialogue Purée de scie à métaux accessible à la section Sirop de lames de rasoirs, y'a vraiment pas de quoi fouetter un cluster, voilà, c'est rectifié ».

Ensuite ils ramassent leur attaché-case, ils remettent leur nœud papillon droit, et ils rassemblent les plis de leur parapente en s'écriant « chouette la belle falaise, j'y vais, on se téléphone, hein ? ».

Et toi tu restes là, un peu hébété, un peu comme une poule qui non seulement a trouvé un couteau, mais qui a aperçu en même temps un type qui coupait son bout de saucisson avec… et en sifflotant, s'il vous plaît !

Ceux qui ont l'art de mettre le Bronx

Le seul hic c'est que – lorsqu'on est du côté de ceux qui « ne savent pas » – on n'a aucun moyen de faire la différence entre les vrais petits génies (ceux qui font que tout remarche par magie après un claquement de doigts) … et les bidouilleurs sauvages, qui ont un chic fou pour transformer une situation bancale en panne totale. Là où ils passent, l'herbe ne repousse en général pas, ou alors en version orange fluo, voire pied de poule…

Sans compter qu'un informaticien, un ostéopathe, un plombier ou un psy peuvent très bien faire des miracles dans certains cas, et dans d'autres circonstances être les auteurs de bourdes plus grosses qu'eux.

C'est beau la vie, mais c'est ainsi, il faut s'y faire… c'est aussi une loterie.

 

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Histoire de l’aigle qui se prenait pour un poulet

Cette histoire est dédiée à tous mes nouveaux amis aigles, cygnes et autres zèbres...

petit aigle chanteur

Il était une fois un jeune garçon qui découvrit un œuf dans un nid d’aigle. Il s’en empara, redescendit au village et mit l’œuf à couver dans le poulailler de la ferme de ses parents.

Quand l’œuf vint à éclore, un aiglon en sortit et grandit parmi les poussins, picorant sa nourriture comme ses compagnons.

Un jour, regardant vers le bleu du ciel, il vit un aigle qui planait au-dessus de la ferme. Il sentit ses ailes frémir et dit à l’un de ses frères poulets : « Comme j’aimerais en faire autant !... ».

 

« Ne sois pas idiot, seul un aigle peut voler aussi haut ! », lui fut-il répondu...

Honteux de son désir, le petit aigle retourna gratter la poussière et picorer son grain, le bec au sol. L'histoire ne dit pas s'il remit un jour en cause la place qu’il croyait avoir reçue sur terre.

 

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(Source inconnue. Histoire citée par Renée RIVEST dans « Êtes-vous Tintin, Milou, Haddock... », Septembre Éditeur – 2004).

Treize années plus tard, je reprends cet article après avoir lu une histoire comparable, à base de cygnes et de canards, dans un livre qui m'a submergé d'émotion, de reconnaissance, et de "Bon sang mais c'est bien sûr!". En matière de métaphore animale, le livre parle surtout de... zèbres ! Il s'agit d'un best-seller écrit par Christel Petitcollin dont le titre est "Je pense trop". Bien entendu je vous en conseille très chaleureusement la lecture...

Il y a paraît-il une suite, qui s'appelle "Je pense mieux", ce qui tombe très bien, vu que "je pense bien" l'acquérir très bientôt, et revenir vous en parler ici :-)

 

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