Warning: array_key_exists() expects parameter 2 to be array, boolean given in /home/blamail1/public_html/wp-content/plugins/bluet-keywords-tooltip-generator/advanced/functions.php on line 226
UA-39107061-1
Tél. : 06 14 24 89 00

Apprendre Mieux

Apprendre Mieux  (57 articles)

Apprendre Mieux est une traduction française de l’expression anglophone ‘accelerative learning’. Il s’agit d’un ensemble de techniques, modèles et méthodes permettant à chacun d’apprend mieux, plus efficacement, plus rapidement et plus durablement… sans s’apercevoir qu’on apprend !



///////

Comment bien démarrer une formation : Le démarrage “RAPIDOS”

 

On se demande parfois comment on va bien pouvoir démarrer une formation...

"Quand j'anime une formation, je ne sais pas par où commencer…"

En situation de formation, mais aussi lors d'une réunion de travail, les premières minutes de face-à-face sont déterminantes pour la suite de la session à venir. Il convient donc de les soigner particulièrement.

Il existe mille façons de démarrer une session de formation. Celle que nous vous proposons ici a le mérite de laisser le moins de choses possible dans l'ombre.

Rien de plus fâcheux en effet que d'avoir à traiter un aspect matériel, par exemple en réponse à une question du type «…Au fait, à quelle heure s'arrête-t-on pour la pause de midi ? » en plein milieu d'une séquence nécessitant particulièrement l'attention de l'auditoire !

Le démarrage "RAPIDOS", qu'est-ce que c'est ?...

Le démarrage « R.A.P.I.D.O.S. »[1]va s'efforcer de passer en revue les points suivants :

Rapporteur (appartenant au groupe)

Animateur (présentation de l')

Participants (présentations des)

Informations diverses (règles de vie, utilisation des téléphones portables...)

Durée, horaires...

Objectifs, attentes, états d’âme...

Sujet (comment allons-nous nous y prendre ?)

Ce démarrage s'applique aux sessions de formation, mais aussi à de nombreuses situations de travail dans lesquelles plusieurs personnes sont impliquées, avec une certaine unité de temps et de lieu (telles que les réunions…).

Si vous êtes pressé(e), voici sous ces lignes un lien vers le diaporama qui résume la méthode.

Démarrage Rapidos (version diaporama)

Si vous voulez d'avantage d'informations, voilà plus précisément en quoi cela consiste :

« R » comme Rapporteur

Il peut être intéressant de demander au groupe s'il souhaite désigner un rapporteur, c'est-à-dire une personne à même de communiquer aux autres un compte-rendu, ou du moins les notes qu'il aura prises. Cela peut par exemple permettre aux autres participants de savoir vers qui ils peuvent se tourner pour se procurer les notes de telle ou telle partie de la session pour laquelle ils auront eu un empêchement ou une « perte d'attention », le cas échéant. Bien entendu, rien ne s'oppose à ce que tout le monde accepte le rôle de rapporteur ! C'est excellent pour la cohésion du groupe ! Mais dans tous les cas, laissez les choses venir… le gens sont souvent beaucoup plus capables qu'on ne le croit de s'organiser par eux-mêmes ! L'essentiel est que le groupe désigne un (ou plusieurs) rapporteur(s), et que ça vienne de lui !

Remarque : Pour ce qui me concerne, dans certains cas je n'hésite pas à « zapper » cette phase du rapporteur. Notamment dans certaines interventions à contenu très technique, où elle me paraît peut-être moins cruciale… cela étant, je connais des animateurs qui la maintiennent, même en pareil cas.

« A » comme Animateur

L'animateur de la session, c'est vous ! Il s'agit donc de raconter brièvement qui vous êtes. Il est en effet important que les participants, qui dans bien des cas ne vous ont jamais vu, se fassent une idée de celui ou celle à qui ils vont avoir affaire. Tâchez de les y aider, en sachant rester bref, en évitant les présentations trop pompeuses. Et méfiez-vous de cette forme de stress qui engendre des attitudes de prestance (consistant par exemple à décliner une impressionnante collection de diplômes, certifications et autres pedigrees…). C'est souvent mauvais pour le climat ultérieur !

Pour ce qui me concerne, je ne manque jamais d'ajouter une petite touche personnelle, en précisant que j'adore mon métier, et que je suis toujours très heureux de faire de nouvelles rencontres, ce qui est parfaitement exact.

J'en profite pour écrire l'orthographe exacte de mon nom dans un coin du tableau, puis j'entoure mon prénom, tout en disant « Appelez-moi donc Bernard, en session de formation on s'appelle le plus souvent par le prénom, cela fait des années que tout le monde arrive très bien à m'appeler comme ça, je ne pense pas que vous serez les premiers à échouer ! ».

J'en profite pour demander aux participants de fabriquer des petits « chevalets » en papier ou en carton (il arrive qu'ils soient fournis par l'organisation) en leur demandant d'inscrire (ou d'entourer) ce par quoi ils souhaitent que je les appelle. Et j'ajoute « N'hésitez pas, si je lis « Totor » je vous appellerai comme ça, si je lis « M. Le Président Directeur Général » aussi. Écrivez ce que vous voulez ! Ainsi, je montre bien que je souhaite qu'on m'appelle par mon prénom, mais que les autres sont libres de faire le même choix… ou pas !

Gardez bien à l'esprit que la situation de départ a quelque chose de dissymétrique : c'est que, mine de rien, en pareille situation, l'animateur est de facto investi d'un pouvoir énorme, car les circonstances le placent d'une certaine façon « au-dessus » des autres, lesquels (du moins à ce stade) en conçoivent de bien légitimes craintes [2].

Si vous jugez utile de conserver (voire d'amplifier) cette dissymétrie, libre à vous, mais sachez que, sans même qu'il soit besoin d'évoquer ici des questions d'éthique, vous serez en pareil cas mathématiquement beaucoup moins efficace dans votre mission, car des esprits encombrés par une forme de stress (si faible soit-elle) sont forcément moins disponibles pour acquérir de nouvelles connaissances, tout simplement.

« P » comme Participants

Quel que soit le sujet de votre intervention, il me paraît indispensable de donner la parole aux participants le plus tôt possible, et ceci pour plusieurs raisons. Voilà en gros ce que je leur dis :

« Nous sommes ensemble pour une durée de […], dans le cadre d'une session de formation intitulée « […] ». Comme vous pouvez l'imaginer, j'ai déjà une feuille de route précise par devers moi, nous l'étudierons ensemble tout à l'heure, mais il me paraît intéressant à ce stade d'écouter vos attentes (…s'il y en a), afin que nous puissions voir d'emblée dans quelle mesure elles pourront être exaucées… ou pas ! ».

Ensuite, j'enchaîne avec « N'hésitez pas à nous raconter tout ce que vous souhaitez, tout en veillant à y inclure les trois points suivants [3] :

  • Votre travail…
  • Vous êtes ici à la suite de…
  • Vos attentes et (éventuellement) états d'âme ».

Pour le premier point (« Votre travail »), je recherche des indications sur le métier de chacun, sa position dans l'organisation, ses relations hiérarchiques et fonctionnelles avec les membres et les partenaires de son organisation.

Pour le deuxième point (« Vous êtes ici à la suite de… »), j'ai besoin de savoir, pour chacun des participants, s'il est venu assister à la session de formation à la suite d'une demande expresse de sa part, ou bien à l'initiative de son supérieur direct, ou encore pour remplacer une personne qui n'a pas pu venir, voire pour une raison totalement inconnue de lui (cela vous surprendra peut-être, mais cela arrive aussi !). Je leur précise bien que, durant toute la session, je m'efforcerai de leur rendre la vie la plus agréable possible dans tous les cas, mais que, étant donné que «…nous voici réunis dans la même galère, il n'y a aucune raison de se faire des cachotteries ».

Le dernier point (« Vos attentes et états d'âme ») est plus délicat, mais néanmoins très important à mes yeux : en effet, il me paraît capital, dans tous les cas, d'avoir une idée la plus précise possible de ce à quoi s'attend chacun des participants avant même que nous entrions dans le vif du sujet. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'avant que nous soyons réunis, il y peut y avoir déjà eu plusieurs échanges et tractations entre plusieurs personnes... et parfois ces personnes sont nombreuses! Certes, il est souhaitable que le participant soit partie prenante dans ces échanges, mais comme chacun le sait, entre ce qui est souhaitable et ce qui existe dans les faits, il peut y avoir un… léger décalage. Si quelqu'un a du mal à exprimer quelque attente que ce soit, n'hésitez pas à formuler la question différemment : « Qu'est-ce qui peut faire que vous soyez plus content en partant d'ici qu'en arrivant ? »

Attention ! Ne tombez surtout pas dans le piège consistant à négocier des contenus de formation en direct avec les participants ! Outre le fait que cette attitude est peu professionnelle, elle est de plus très dangereuse. Vous risqueriez, dans le meilleur des cas, de vous embringuer dans un débat aussi interminable qu'inapproprié et houleux avec tout ou partie du groupe, et de vous lancer – pour tout le reste de la session – dans un numéro des plus inconfortables de jongleur équilibriste, contraint d'improviser jusqu'au bout, paniqué par la question de savoir s'il est à la hauteur du piège dans lequel il s'est lui-même fourré ! En agissant de la sorte, vous ne seriez sûr de rien, ou plutôt si, d'une seule chose : aller droit à la catastrophe ! Et je ne vous parle pas de la suite des relations avec le commanditaire…

En fait, à ce stade-là, il est important de ne pas se fourvoyer dans des explications (…lesquelles viendront en temps utile), et encore moins dans des justifications.

Laissez plutôt s'exprimer les participants, et contentez-vous pour le moment de noter leurs attentes. Il se trouve que pour ma part je prends beaucoup de notes à ce stade-là, sans recopier textuellement ce que j'entends, bien entendu, mais en m'efforçant plutôt de le résumer le plus fidèlement possible… Je fais même souvent cela directement au tableau, ce qui est d'une très grande richesse pour le débriefing de fin de session !.

Important : je ne commente jamais en direct ce que je suis en train d'écrire. Si j'entends des choses aussi surréalistes que «…J'aimerais savoir conduire une voiture, mais j'ai besoin de travailler uniquement les virages à droite, parce que je maîtrise parfaitement les virages à gauche », eh bien je note tout ceci sans broncher, car le moment n'est pas à la discussion (du moins pas encore).

Et si d'aventure un participant se met à mélanger attentes et questionnements (sur le mode « J'aimerais bien qu'on évoque ceci et cela pendant le stage… Est-ce que c'est prévu ? »), je lui explique, aimablement mais fermement, que nous allons recueillir tout d'abord toutes les attentes du groupe, et ensuite seulement examiner ce qui est possible (…et éventuellement ce qui ne l'est pas). Le plan du démarrage « R.A.P.I.D.O.S. » est d'ailleurs précisément conçu pour cela !

Enfin, si en plus de la question des attentes j'ai parlé d' « états d'âme », c'est notamment pour permettre à ceux qui seraient éventuellement venus à contrecœur de s'exprimer librement et de vider leur sac. Mais ce dernier point mérite davantage d'explications :

Il peut en effet y avoir dans l'assistance des personnes carrément allergiques au sujet traité, qui peut carrément leur « donner des boutons », comme on dit. En pareil cas il peut être bon que ces personnes aient tout de suite l'opportunité d'exprimer cet état de fait. Si vous leur en avez spontanément donné l'occasion, elles vous en seront le plus souvent reconnaissantes par la suite, au lieu de se comporter en « Schtroumpfs grognons » et de plomber l'ambiance jusqu'au bout…

Maintenant, plaçons le curseur à l'autre extrémité : si d'aventure un participant se déclare particulièrement motivé, voire passionné par le sujet qui nous rassemble, cela peut également être une information précieuse dès le début. En effet, il y a de grandes chances pour que ce participant constitue par la suite une précieuse ressource pour vous… et une « locomotive » pour le groupe. Autant le savoir tout de suite !

Bien entendu, je ne manque jamais de préciser que chacun d'entre nous est tout à fait autorisé à ne pas avoir d'état d'âme par rapport à ce qui va suivre ! Nous autres formateurs sommes là pour venir en aide aux participants, en aucun cas pour sonder les reins et les cœurs ! La partie « états d'âme » est donc bien entendu présentée comme clairement facultative.

« I » comme Informations

Il s'agit là de régler tous les détails logistiques (où se trouvent, le cas échéant, la salle de pause, la machine à café, les toilettes, l'endroit où nous prenons les repas en commun – si tel est bien le cas – et toutes les questions de cet ordre-là).

Profitez-en donc pour régler (avec un certain dosage de douceur et de fermeté) la question des téléphones portables. Pour ma part, je vérifie que le mien est en mode « réunion », et qu'aucune sonnerie ne viendra nous interrompre. Même dans les cas où je sais très bien que j'ai déjà vérifié, je « mime » une vérification, tout en la commentant, car j'ai remarqué que ce geste est contagieux… Ce simple fait a pour effet d'inciter tous les participants à faire comme moi, spontanément. Ensuite, je précise que si quelqu'un a besoin de passer un appel à un moment ou à un autre, qu'il ne se gêne surtout pas… à condition toutefois de sortir de la salle pour cela (rappelons que, comme pour tout ce qui va sans dire, cela va mieux en le disant !) [4].

Vous pouvez aussi traiter brièvement la question des participants qui ont tendance à traiter leurs messages électroniques (sur ordinateur, tablette, téléphone ou que sais-je encore…) pendant la session de formation. Pour avoir souvent eu affaire à ce genre de situation, je suis parfaitement conscient de ce que cela peut avoir d'irritant pour le formateur. Je vous conseille de toujours traiter ces questions avant qu'un éventuel incident ne survienne (sinon il va vous falloir ramer très dur !).

Expliquez tout simplement, en évitant d'employer un ton exagérément professoral, directif ou infantilisant, que vous êtes totalement disponible pour le groupe qui est présent, pendant toute la durée de la session (et même parfois au-delà), et que vous serez sensible à une attitude semblable de la part du groupe en retour.

N'hésitez pas à préciser de vive voix quelque-chose du type «…Signe des temps, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir pris de telles habitudes pendant les réunions de travail… Mais justement, nous ne sommes pas en réunion de travail. Une session de formation, c'est différent » [5]...

Cela dit, il est important que vous soyez en pareil cas tout à la fois cohérent et convaincant. « Cohérent », en vous rendant réellement disponible pour le groupe [6]… Et « convaincant », en vous mettant bien en tête que les participants se disperseront d'autant moins que vous saurez vous-même les captiver…

Toutes choses égales par ailleurs, au risque de surprendre, voire de choquer, je n'hésiterai pas à affirmer que ces questions-là sont largement de votre responsabilité. Dans une autre vie, j'ai en effet le souvenir d'avoir assisté (en tant qu'enseignant) à des conseils de classe, au cours desquels certains de mes collègues se plaignaient de l'agitation généralisée d'une classe entière, alors que d'autres avaient l'impression d'avoir affaire à un groupe d'enfants étonnamment calmes et attentifs… C'était à se demander si l'un et l'autre avaient bien affaire aux mêmes élèves !

« D » comme Durée

Il s'agit de bien se mettre d'accord sur tout ce qui relève des découpages temporels : début, fin, durées, horaires… sur le mode suivant :

La session se déroule de telle date à telle date, nous nous retrouvons le matin à telle heure (compter une quinzaine de minutes avant l'horaire officiel), pour commencer effectivement à telle heure… et finir à telle heure. La pause du midi se prend de telle heure à telle heure, et il est prévu une pause de x minutes en milieu de matinée et en milieu d'après-midi. Dans bien des cas, nous pouvons prendre ces pauses d'un commun accord, en fonction de la progression pédagogique.

« O » comme Objectif

Dans un certain nombre de cas, les participants (ou tout au moins le commanditaire de la session) auront déjà reçu un document contenant une phrase du type « A l'issue de cette formation, les participants seront capables de… ».

De votre côté, vous disposez (peut-être) d'une feuille de route (communément appelée « plan de cours »).

Par ailleurs, vous avez peut-être vous-même une idée plus ou moins précise des différents objectifs et types d'acquisition escomptés, ainsi que des types de connaissances et niveaux de maîtrise que vous pouvez viser pour vos participants. [7]

Et voilà que viennent de s'ajouter, il y a quelques minutes à peine, les attentes que vos participants viennent d'exprimer à chaud, une fois face à vous !

Arrivé à ce stade, il est important que vous ayez une idée claire de ce qui sera possible et de ce qui ne le sera pas. Si vous êtes débutants, il est plus prudent de rester dans le cadre que vous vous êtes fixé, et ceci afin d'éviter toute dérive, débordement, ou sentiment de « travail bâclé ». Par la suite, l'expérience aidant, vous pourrez toujours prendre, en conscience et « en direct », la décision souveraine de modifier telle ou telle partie, d'ajouter tel point, de retirer tel autre… En ayant bien en tête qu'il existe un commanditaire, qui a lui aussi ses propres attentes, attentes qu'il n'est pas question de bafouer !

Voici comment, pour ma part, j'ai l'habitude de procéder :

Je reprends rapidement chacune des attentes évoquées précédemment par les participants, et pour chacune d'entre elles (après avoir éventuellement demandé à la personne de préciser sa pensée) j'énonce clairement « Ce sujet sera effectivement traité », ou encore « Désolé, mais c'est impossible ». Si d'aventure une personne venait à se braquer d'une façon ou d'une autre à ce moment-là, dites-vous bien qu'elle l'aurait fait de toute façon, à un moment beaucoup plus gênant pour tout le monde, et surtout… assumez vos positionnements.

Il faut bien se mettre en tête que tout le monde va bien être obligé de naviguer sur le même bateau, et ceci pendant toute la durée de la session ! Si (pour reprendre l'exemple cité quelques lignes plus haut) quelqu'un veut apprendre à négocier les « virages à droite » et refuse catégoriquement qu'on aborde la question des « virages à gauche » au motif que cela lui ferait perdre du temps, ne remettez jamais en cause le bien-fondé de ses paroles. En revanche, expliquez-lui que sa demande n'est pas applicable au vu de la configuration actuelle (nombre de personnes, attentes exprimées par les autres, durée et programme prévus, etc.) Si la personne se montrait par trop insistante, n'hésitez surtout pas à lui dire tout simplement que vous ne savez pas faire ! Dans le pire des cas, s'il doit y avoir un clash (à l'issue duquel la personne, plus ou moins désolée ou furieuse, quitte la salle avec le sentiment d'avoir été « mal aiguillée »), eh bien il vaut mieux que cela ait lieu dès ce moment-là ! [8].

Une fois que vous avez validé (…ou pas !) la « faisabilité » de traitement des diverses attentes, présentez brièvement ce qui peut être considéré comme un objectif recevable, à savoir «…ce que les participants seront à même de faire », non pas « ...à l'issue de cette formation », mais après une période d'acclimatation, d'incubation, de mise à l'épreuve, de « digestion » si l'on veut… [9]

« S » comme Sujet

Le sujet désigne ici la manière dont nous allons nous y prendre pour atteindre l'objectif dont nous venons de parler.

Il s'agit tout simplement de présenter au groupe ce qu'on peut appeler le « plan du déroulement de la session ». Dans l'idéal il correspond point par point au programme qui a été communiqué. Si vous venez de constater des différences mineures de vocabulaire (Exemple : ils ne disent pas « voiture », mais « automobile »), n'hésitez pas à les faire vôtres, du moment que vous êtes certains que cela parle de la même chose.

En matière de conclusion...

Voilà. Comme vous pouvez le constater, le démarrage « R.A.P.I.D.O.S. » s'efforce de ne rien laisser dans l'ombre, et revêt l'avantage de vous permettre de passer très vite dans le vif du sujet sans trop de mauvaises surprises.

N'hésitez pas, le cas échéant, à laisser une trace sur un tableau (tableau blanc, tableau de papier, tableau interactif, selon le cas…) du démarrage qui est en train de se dérouler. Personnellement, en pareil cas, j'inscris au préalable l'acronyme « RAPIDOS » verticalement, en grosses lettres à gauche du tableau, et je comble l'espace restant « en direct » avec quelques mots clés (surtout pour les parties « ...D, O, S. »).

Si d'aventure, lors de ce démarrage, un participant vous apostrophe sur tel ou tel point (concernant par exemple l'utilisation des téléphones), en vous faisant observer que «ce sont des évidences », n'hésitez pas à lui répondre en souriant que «…tout ce qui va sans dire, ça va mieux en le disant ».

Le démarrage « R.A.P.I.D.O.S. » est tellement sûr et confortable qu'il vous permet de répondre tout à la fois avec bienveillance et assurance à tous les « anxieux du début [10]« qui vous assaillent de mille questions avant même que tout le monde soit arrivé. Ainsi vous pourrez les rassurer en leur promettant que «…toutes ces questions seront traitées une fois que tout le monde sera là », et même que « c'est précisément par cela que nous allons commencer ». Ce faisant, n'oubliez pas de dire tout cela avec le sourire… et surtout de bien vous souvenir que le ton que vous employez en pareil cas est tout aussi important (…sinon plus) que le contenu.

Dernier point : à l'issue de mes démarrages, vous n'imaginez pas le nombre de participants lancent spontanément une affirmation du type « Eh bien voilà qui est parfait, nous avons déjà appris quelque chose avec le Démarrage «R.A.P.I.D.O.S. »,…c'est toujours ça de pris ! ».

Elle est pas belle, la vie ? 🙂

 

filet

N O T E S

[1] Cette technique m'a été transmise par Marc Fonfreide, à qui je tiens ici à rendre hommage.

[2] Cf. la section "Peur contre peur", dans l'ouvrage cité sous ces lignes.

[3] Important : ces points seront de préférence écrits (ou projetés) au tableau.

[4] Petite précision : à ce stade-là, j'invite toujours les participants ayant besoin de sortir de la salle quelques minutes pour quelque raison que ce soit à un moment ou à un autre de la session… à le faire spontanément, sans solliciter la permission du groupe, mais en ayant également à cœur de ne pas perturber la session (encore une fois nous ne sommes pas à l'école). Dans la pratique, cela ne se produit en définitive que très peu souvent (dans mon cas).

[5] N'oubliez pas ce qui vient d'être exposé dans la note précédente : si les gens «se sentent autorisés» à sortir de la salle (pour passer un message urgent, ou n'importe quoi autre), ils ne se sentiront pas «piégés», et du coup, le feront peut-être… très peu !

[6] J'ai en effet rencontré quelques formateurs qui avaient la fâcheuse habitude de laisser le groupe en plan pendant de longues minutes sous prétexte qu'un client important cherchait justement à les joindre au téléphone à ce moment précis… Dans ces conditions, à quelle attitude peuvent-ils s'attendre, venant des participants… ?

[7] Cf. p. 63 (de  l'ouvrage cité sous ces lignes).

[8] Soyez rassuré(e), le cas est rarissime. Dans la quasi-totalité des cas, les personnes se montrent en définitive beaucoup plus "raisonnables" qu'on aurait pu le penser dans un premier temps !

[9] Cette période n'étant jamais la même d'un individu à l'autre, et dépendant le plus souvent d'un grand nombre de contingences, elle est le plus souvent extrêmement difficile à évaluer !

[10] Il y en a toujours au moins un ou deux…

filet

 

Filet séparateur rigolo bleu 300x72
 

Couverture du livre "Construire et animer une session de formation (2e édition) par Bernard Lamailloux


Cet article a été repris sous une forme légèrement différente dans un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juini 2018 aux éditions DUNOD (2e édition, enrichie et actualisée).

 

///////

Nous naissons tous avec un génie créatif naturel. C’est après que ça se gâte…

génie créatif ou usine à gaz ?

Notre génie créatif naturel est étouffé dès notre naissance

Lors d'une conférence TEDxTucson , le Dr George Land a lancé une véritable bombe en livrant le résultat d'un test. Ce test de créativité, développé à l'origine pour la NASA, a ensuite été utilisé sur des écoliers. La NASA avait contacté deux scientifiques (le Dr George Land et Beth Jarman) pour développer un test hautement sophistiqué. Ceci afin de se donner les moyens de mesurer efficacement le potentiel créatif de ses scientifiques et ingénieurs. Le test s'est révélé très fructueux pour la NASA, mais les scientifiques se sont posé certaines questions : D'où vient la créativité ? Certaines personnes sont-elles nées avec ou est-ce acquis ? Ou encore cela vient-il de notre expérience ? Lire plus

///////

30 exemples de croyances limitantes

Ce doigt pointant sur un cerveau illustre un article qui passe en revue une trentaine de croyances limitantes

A propos des croyances limitantes : Le site "passez à l'action"...

Le livre "Construire et Animer..." fait à de nombreuses reprises (au moins 7 fois, si l'on, en croit l'index) référence au concept de "croyances limitantes". Celles qui s'expriment le plus souvent en contexte de formation professionnelles sont les suivantes.

"De toute façon, je n'y arriverai pas", ou encore "Je n'ai aucune mémoire", voire "Je suis nul !"... Lire plus

///////

Les taupes et les formateurs

Comment une brochette de taupes mortes m'a durablement donné à réfléchir sur mon métier de formateur...

Une bien étrange coutume

Dans certains coins particulièrement reculés de la Normandie profonde, il n’est pas rare de rencontrer encore des clôtures de champs agrémentées d’ornements bizarres. Lire plus

///////

Conférence de Bernard Lamailloux au SYCFI le 27 février

"Construire et animer une session de formation

Soirée
"UN LIVRE, UN AUTEUR"
au SYCFI


Bernard Lamailloux
Auteur, consultant, formateur de formateurs
A animé un atelier spécial
à l'invitation du

SYCFI
Syndicat des Consultants Formateurs Indépendants

Il s'agissait d'une soirée de présentation vivante, illustrée,
ludique et interactive de sa méthode exclusive
et de son ouvrage :

CONSTRUIRE ET ANIMER
UNE SESSION DE FORMATION
Transfert des compétences : les clés du succès

Paru aux éditions DUNOD en juillet 2014

Éléments du programme de la soirée :
  • La légende des deux oasis (une bien belle histoire dédiée aux formateurs, et également une initiation au storytelling)
  • Le démarrage « R.A.P.I.D.O.S. » (pour être sûr de ne rien oublier en début de session)
  • Vous avez tout ce qu’il faut… et vos apprenants aussi ! (Bernard prend le pari que vous quitterez la soirée avec cette certitude...)
  • Vous avez une mémoire extraordinaire (un atelier passionnant à vivre… et une précieuse ressource pédagogique à partager avec vos apprenants)
  • Les dix règles d’or d’une formation réussie (pour repartir de la soirée avec un résumé opérationnel de tout ce qui aura été abordé)

 

Date et heure :

Vendredi 27 février 2015 de 18h30 à 20h00

 

Lieu :

Mas des Oliviers
Ibis Styles Aix-en-Provence
3 Bd de la Grande Thumine
Quartier Jas de Bouffan
13090 Aix-en-Provence
Tél. 04 42 59 98 01

Plan Google Maps  ici :

 

Participation aux frais :
  • Adhérents SYCFI : Gratuit
  • Sympathisants  : 10 Euros
Vous pouvez accéder au document qui a été projeté à cette occasion en cliquant tout simplement sur ce lien.

 

 

 

///////

Ce n’est pas toujours facile d’expliquer quelque-chose à quelqu’un…

 

 

///////

Formation 3.0 – Une idée qui fait son chemin…

paysage de nature, effet ombre chinoise

Crédit photo : © Elise Vassalucci

 

Défricher la jungle internet dans l'idée d'apprendre à apprendre, c'est possible !  Chez Formation 3.0, vous trouverez tout l'équipement nécessaire...

Un internaute averti a tendance à se doter de toute une panoplie d'outils, plugins, et autres web-applications glanées ça et là, au petit bonheur de ses différents "butinages", comme disent si joliment nos amis québécois.

C'est ainsi que ça se passe le plus souvent : on "tombe" sur un de ces outils, on se dit "tiens, ça a l'air pas mal, ce truc !", et puis on l'emmène dans nos bagages, pour une durée indéterminée... Puis, au détour d'un autre chemin, on découvre un autre outil, et on l'embarque dans sa besace, à toutes fins utiles, et ainsi de suite...

Pour ma part, je ne manque jamais, en plus de tout ceci, d'aller également regarder ce qui est présenté dans un magasin spécialisé. Ce magasin s'appelle Formation 3.0 et il est tenu par un homme débonnaire, sympathique, accueillant, malicieux et surtout hyper compétent. Ce bonhomme-là s'appelle Marco Bertolini, et sa remarquable boutique se trouve à l'adresse suivante : http://format30.com/ A ne manquer sous aucun prétexte : le rayon Apprendre à apprendre, que je vous recommande particulièrement.

aperçu du site Formation 3.0

J’ai tendance à exploiter… pratiquement TOUT ce dont il est question sur ce blog si inspirant ! Elle est pas belle la vie ?
Ainsi, je me rends très régulièrement dans cette boutique. Mieux : Je me suis même abonné à son catalogue, et je vous invite au passage à en faire autant ! Peut-être même qu'à force de vous voir rôder dans sa boutique, le patron finira par devenir votre ami, qui sait ? Cela m'est bien arrivé, à moi ! Du coup, j'ai tendance à lire carrément tout ce qui s'y publie, déjà par simple "curiosité amicale", sans me soucier le moins du monde de ce qui sera pour moi matière à être exploité, ou pas… Et là, bingo, ça ne rate jamais ! Figurez-vous qu'à l'arrivée, j'ai tendance à exploiter directement… pratiquement TOUT ce dont il est question sur ce blog si riche et inspirant ! Elle est pas belle la vie ?

Tenez, le dernier exemple en date : un article publié tout récemment à propos de Grytics, système d'analyse des groupes de discussion sur Facebook et LinkedIn, dont Marco Bertolini nous rappelle que certains d'entre eux, bien que très "peuplés" sont "[…] de vrais territoires de zombies, des agrégats de morts-vivants qui ne se parlent pas, où l’échange constitue l’exception et où le commentaire brille surtout par son absence…".

Voilà qui tombe bien me dis-je illico : cela faisait justement une sacrée lurette que je me grattais a tête sur le point de savoir s'il ne serait pas judicieux d'aller faire un peu de ménage dans les groupes où je me suis inscrit, parfois inconsidérément… Oui mais bon, sur quels critères ?... Voilà qui mérite réflexion...

J’en ai rêvé, Sony l’a fait !

ciel multicolore, monde en perpétuelle mutation

C'est ce que proclamait une publicité, il y a quelques années… "J'en ai rêvé, Formation 3.0 l'a trouvé !", pourrais-je répondre aujourd'hui !

En effet, ce fameux "Voilà qui tombe bien ! ", que je me suis dit à propos de ce Grytics, j'ai réalisé que je me l'était déjà dit des dizaines, de fois ! Pour faire court, c'est même carrément ce que je me dis à peu près à chaque fois que je prends connaissance d'une nouvelle publication de Formation 3.0.
phare dans les asturiesAinsi, dans ce monde en "constante mutation", où chacun d'entre nous se retrouve tout à la fois "acteur de son propre savoir" et "perpétuellement noyé sous des tonnes d'information" (le jeu consiste à compter les poncifs qui  se cachent dans la présente phrase... 🙂 , il me paraît plus que jamais crucial de repérer quelques ressources, points de repère, balises, et autres phares se trouvant pile au bon endroit pour venir nous éclairer notre chemin sur une mer trop souvent démontée. Certes, de mon côté, je pratique forcément, peu ou prou, comme tant d'entre nous, une activité s'apparentant quelquefois à ce qu'on pourrait appeler un peu pompeusement de la "veille technologique"

De tels "phares", fiables, astucieux et généreux à ce point, je n'en connais pas tellement, au bout du compte…
Mais gardons la tête froide, si vous le voulez bien. Si je veux revenir sur terre et être un tant soit peu réaliste, et – pourquoi pas – sérieux (...pour une fois !), je me dis qu'il est beaucoup plus judicieux et prudent de suivre – en plus – les découvertes de ceux qui ont un si grand nombre d'heures de vol à leur actif, et ceci d'autant plus lorsqu'ils ont, par dessus le marché, la générosité de nous en faire profiter !

De tels "phares", fiables, astucieux et généreux à ce point, je n'en connais pas tellement, au bout du compte… Peu importe, leur lumière me rassurera toujours. Et, fort opportunément, il se trouve que parmi eux, Marco Bertolini, avec son blog Formation 3.0 occupe… ce qu'on peut appeler une place de tout premier choix. Et que, selon toute vraisemblance, il l'occupera encore très longtemps.

Bien à vous,

Bernard

 

filet

 

_

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

///////

Marcel Lebrun cite un article de FormerPlusHaut! sur Twitter

Merci à Marcel Lebrun de citer FormerPlusHaut! sur Twitter

Avec nos remerciements émus et sincères à ce grand monsieur, que nous admirons beaucoup pour sa compétence et sa simplicité... comme c'est le cas de tant de "vrais grands".

Marcel Lebrun

Marcel Lebrun

///////

Les “démago-pédagogues”

stagirite 500x500

"Vous n'avez pas obtenu ce que vous voulez ? Qu'importe, je vais vous aider à aimer ce que vous avez !".

Les pédagogues "normaux"

Bonjour. Permettez-moi de préciser d'emblée que je fais partie des gens qui ont bâti tout un pan de leur vie sur la passion de transmettre, qu'on a l'habitude d'appeler pédagogie, en face-à-face ou à distance. Dans un ouvrage récemment paru (…tout avait commencé par ce blog, en fait), je me suis même amusé à proposer une définition "impertinente" de ce terme :

Art de se gratter la tête en se demandant comment on va s’y prendre pour tenter de faire passer telle ou telle chose dans celle des participants […à nos sessions de formation], ou encore quelle bourde on a bien pu commettre pour qu’elle n’y soit apparemment pas passée*.

 

*"Construire et animer une session de formation (Transfert de compétences : les clés du succès)" – p. 6

Sans ergoter à l'infini, il semble communément admis qu'être un bon pédagogue, c'est arriver à bien "faire passer" une idée. Une idée, dites-vous ? Et quel genre d'idée ? Peut-on être plus précis ?

Eh bien, dans le monde de l'éducation et de la formation, il y en a plusieurs types, plutôt bien répertoriés, à savoir :

  • Des savoirs, justement (connaissances livresques, ou sur de procédures)…
  • Des savoir-faire (tours de main, aptitudes pratiques)…
  • Des savoir-être (comportements)…
  • Des savoir-devenir (capacité à se projeter dans l’avenir).

Bien entendu, la liste pourrait être agrémentée à loisir, mais en gros, si l'on s'en tient là,  nous avons déjà bien déblayé le terrain...

Quand on commence à manipuler son monde…

avatar Shawn, mouton de Wallace & Gromit 100x100Or, il y a depuis quelques années certaines circonstances dans lesquelles chacun d'entre nous peut lire ou entendre couramment le mot "pédagogie", et même la si savoureuse expression "faire de la pédagogie" dans la bouche ou sous la plume de divers managers, décideurs, éditorialistes et autres personnages politiques.

Ce qui m'a toujours titillé l'entendement, c'est quand ces personnes-là emploient le terme "pédagogie" en l'incluant dans des expressions toutes faites, ayant fait une brusque apparition dans la novlang, telles que "faire de la pédagogie", précisément.

Tous ces braves gens adorent se gargariser avec cette expression, notamment dans des circonstances bien particulières, les amenant à passer avec talent de la pommade dans le dos de personnes qu'on a mises devant un fait accompli, sur un mode "Vous n'avez pas obtenu ce que vous voulez ? Qu'importe, je vais vous aider à aimer ce que vous avez!".

Ainsi, lorsque ces philanthropes d'un genre nouveau donnent dans la pédagogie, c'est notamment dans ces moments où, la bouche en cœur, ils entendent, comment dire, expliquer – le plus souvent après coup – une décision, une mesure ou encore une réforme à ceux qui auraient… disons en termes polis "quelque réticence à l'accepter". En clair il s'agit là de démagogie, ni plus ni moins, appelons un chat un chat.

Pour mémoire, la démagogie désigne " […] l'état politique dans lequel les dirigeants mènent le peuple en le manipulant pour s'attirer ses faveurs". Plus largement, dans cette définition (source : Wikipedia), on peut (du moins à mes yeux) remplacer "dirigeant" par n'importe quelle personne ayant du pouvoir, et "peuple", par l'ensemble des personnes assujetties à ce pouvoir. En tout cas, le mot clé est lâché : "Manipuler" (si le sujet vous intéresse, je vous en parle aussi dans cet article).

Super héros arrivant opportunément

Tsa Tsa Tsaaaan, tremblez démago-pédagogues, voici "Le Stagirite" !

Ce phénomène a été extrêmement bien résumé, et abondamment illustré par un personnage de talent, que je viens de découvrir sur la toile. Se définissant lui-même comme acteur et réalisateur, il signe la plupart de ses interventions "Le Stagirite". Il publie notamment un série de capsules vidéos sur Youtube, dans une collection qu'il a intitulée "Langue de bois". De vraies pépites, à mes yeux. Les techniques de manipulation les plus complexes, les plus courantes, bref, celles qui nous roulent quotidiennement dans la farine avec l'air de ne pas y toucher y sont diablement bien explicitées et décortiquées avec une précision chirurgicale, et un ton des plus jubilatoires. On voit d'emblée que le personnage se situe aux antipodes du "donneur de leçons", et pourtant je témoigne en être ressorti grandi. Et voici ce que n'en ai retenu en substance :

Neutraliser toute opposition

"Je suis persuadé que ma décision est la bonne, la seule qu'il fallait prendre, et donc s'y opposer est forcément absurde et irrationnel"

On voit que par un habile artifice de langage, les opposants éventuels sont d'emblée renfermés dans un statut… disons en gros de "non-comprenants". Pour résumer, s'opposer, à leurs yeux, revient à ne pas comprendre.  Avec  un tranquille aplomb à l'épreuve des balles, ils semblent s'adresser à ces non-comprenants sur un mode "Regardez un peu comme nous sommes gentils, bienveillants et pas bégueules pour deux sous, puisque nous allons, tout spécialement pour vous, nous attacher à quoi? …Eh bien oui, vous avez deviné : à faire de la pédagogie !". Fermez le ban.

Chapeau bas, messieurs ! Faire ainsi passer une manipulation grossière pour de la relation d'aide, avouez que c'est fort, non ?

Un déni de démocratie ?

L'art de bien manager consiste d'une part à admettre qu'il existe d'autres opinions que la sienne propre, et suppose d'autre part une aptitude à trancher, à savoir prendre des décisions, ce que certains résument par la phrase "Agir en homme de pensée, penser en homme d'action". Mais d'autres n'hésitent pas à aller plus loin, en considérant que l'exercice du pouvoir consisterait tout simplement à faire accepter les évidences, en disqualifiant d'emblée toute contradiction.

Voici en gros leur credo : Je suis un bon manager/décideur/politicien/personnage influent… je possède non seulement la science infuse, le talent inné de bien faire... mais aussi l'art consommé de faire accepter cela aux autres, qui ne peuvent qu'acquiescer… sauf s'ils n'ont "pas compris". Et paf : retour à la case, comment appellent-ils ça, déjà ? Ah oui : "faire de la pédagogie" (hum !...).

Conclusion

Curieusement, quand je rencontre une personne qui dit "passer le plus clair de son temps faire de la pédagogie", j'ai la bizarre impression qu'il s'agit là en fait de quelqu'un qui prend les autres pour des imbéciles, allez savoir pourquoi...

Comprenons-nous bien : il n'y a rien de corporatiste dans ma prise de position. Loin de moi l'idée d'interdire aux "non pédagogues" de "faire de la pédagogie", ou de défendre je ne sais quel pré carré (quelle horreur !). Mais que voulez-vous, autant je suis bon public quand ces enthousiastes émules de Ken Robinson "font dans la pédagogie" pour nous expliquer ce qu'ils vont faire, et pourquoi ils vont le faire, autant je ne peux pas m'empêcher de tousser lorsqu'ils entendent, par ce biais, nous expliquer ce qu'ils ont fait, et pourquoi ils l'ont fait. Dans ces moments-là, allez savoir pourquoi, je leur imagine immanquablement un nez qui s'allonge démesurément.

Sans doute ai-je trop mauvais esprit 😉

Sur ce, je vous laisse aux mains du Stagirite en question. Allez-y, vous n'en reviendrez pas…

 

Retrouvez cet étonnant personnage sur les réseaux sociaux :

Youtube

Facebook

Google+

Filet séparateur rigolo bleu 300x72

 

 

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

///////

Vos témoignages

 

"Construire et animer une session de formation". Crédit photo : Gaëlle Catois

Crédit photo : Gaëlle Catois

Tout a été dit sur le livre  « Construire et animer une session de formation »

Tout... ou presque. Il ne manque plus que vos propres commentaires en bas de page

Cliquez ici pour vous téléporter au bon endroit 😉

Vous souhaitez carrément mieux faire connaître ce livre, voire partager votre enthousiasme ?...

Voici quelques autres possibilités :

  • Vous pouvez accéder ici à la page Facebook du livre, et suivre son actualité (de nombreux lecteurs ont eu – sans même se concerter ! – l'idée de le photographier sous toutes les coutures... et aussi dans toutes les situations !)

 

  • Si vous souhaitez jouer du "e-tam-tam" 🙂 dans vos réseaux pour aider à la diffusion du livre, un document de présentation (au format pdf ) est à votre disposition en suivant ce lien.

 

  • Pour les plus "mordus", voici un lien vers une une affichette au  format A4 destinée à être apposée où bon leur semblera... dans le respect de la législation en vigueur, cela s'entend...

 

  • Vous pouvez également diffuser autour de vous un lien menant à cette courte vidéo (1 mn) de présentation du livre sur YouTube...

Lien à copier : http://youtu.be/osrMf-_jdXo

 

Merci par avance.

 

Vendredi 27 octobre 2017

Le meilleur témoignage que l'on puisse adresser à un auteur, c'est de lui apprendre que son livre est épuisé !

C'est désormais chose faite, soyez-en tous chaleureusement remerciés ! Une réédition devrait démarrer prochainement... pour plus de détails reportez-vous sur ce post...

Bien à vous,

Bernard Lamailloux

///////
mattis sem, et, consequat. ut vulputate, dapibus Donec adipiscing