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Apprendre Mieux

Apprendre Mieux  (57 articles)

Apprendre Mieux est une traduction française de l’expression anglophone ‘accelerative learning’. Il s’agit d’un ensemble de techniques, modèles et méthodes permettant à chacun d’apprend mieux, plus efficacement, plus rapidement et plus durablement… sans s’apercevoir qu’on apprend !



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Encore plus dingue que le métier de formateur…

drôles de personnages

Les formateurs, ces êtres étranges semblant venir d'une autre planète…

Ces être bizarres, semblant parfois venir d’ailleurs, exercent en effet une activité bien particulière qui les amène à être constamment au four et au moulin, avec de nombreux objectifs à atteindre en parallèle, tout en se trouvant en perpétuelle représentation, et en travaillant le plus souvent pour ainsi dire « sans filet » face à leur public, avec en prime l'obligation d'improviser sans cesse pour gérer les impondérables les plus inattendus, si l'on peut dire… Qu'il vous suffise de lire (ou de relire) un de nos derniers billets : Le jour où deux participantes à une formation m’ont surpris… en slip !

 

Et quand j'écrivais "face à leur public"… il faudrait plutôt dire "avec leur public", tant il est vrai qu’une session de formation digne de ce nom revêt le plus souvent l’aspect d’un véritable show interactif… Ainsi, il nous faut sans cesse garder un œil attentif à mille détails, le tout sans avoir l'air d'y toucher, et en gardant flegme et sourire en toutes circonstances, à telle enseigne que nous autres formateurs pouvons parfois avoir l'impression (…trompeuse !) de battre certains records dans la catégorie "exercice d'équilibriste se trouvant dans des situations pas possibles".

Mais gardons la tête froide…

agent secret pour se rireFort heureusement, il existe certaines occasions qui peuvent contribuer à nous remettre la tête à l'heure et les pendules sur les épaules. Ce fut tout récemment mon cas lorsque j'entrai (un peu par hasard) dans la lecture d'un roman policier passionnant, écrit (…et fort bien !) par une certaine Catherine Fournol, personne ayant exercé (à l'image de son héroïne) la profession de …guide conférencier !

Ah, cette fois-ci, me dis-je au gré des événements et des tranches de vie rapportés par  la narratrice, nous évoluons là dans un registre somme toute assez proche de nous autres les formateurs, et ceci à bien des égards : obligation morale, que dis-je, injonction de susciter à tout prix et par tous les moyens l'intérêt, sinon l'adhésion d'une groupe d'adultes, lesquels ont payé pour une prestation, et entendent en avoir pour leurs espèces sonnantes et trébuchantes. Tout ceci se déroulant en parallèle avec toutes sortes d'interactions, bisbilles et autres chicaneries qui ne manquent jamais d'advenir avec quelque groupe humain que ce soit lorsqu'il est rassemblé dans la durée…

Cette similitude me tarabustait à tel point que j'ai fini par me mettre en tête de retrouver la trace de cette auteure à l'expérience si singulière (…pour ne rien dire de son imagination !), afin de lui demander de bien vouloir venir nous expliquer en quelques mots dans ce blog en quoi consiste cette tâche, mais aussi ce qu'elle requiert comme compétences, savoir-faire et surtout savoirs-être, et enfin de bien vouloir nous livrer quelques exemples de choses qui peuvent arriver en pareilles circonstances, et auxquelles on ne s'attendrait pas le moins du monde. Car je vous fiche mon billet qu'il y en a forcément.

Comme je le lui ai dit sans détour, le résultat a dépassé de loin mes espérances. Aussi, sans plus tarder, je lui laisse bien volontiers la parole :

Témoignage de Catherine Fournol, auteure et guide conférencière...

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C'est  vrai qu'il existe des similitudes entre le métier de formateur (que je découvre à travers le témoignage de Bernard) et celui de guide que j'exerçais il y a quelques années.

La première mission d'un guide est de conduire son groupe à bon port. Un minimum de préparation avec cartes et plans s'impose, ainsi qu'un minimum de sens de l'orientation... Toutes les déviations, travaux et autres routes barrées sont en effet susceptibles de ruiner l´organisation de journées au timing si serré que le moindre grain de sable peut les dérégler.

Le temps : mon obsession majeure.

car de flicsAvaler les kilomètres (parfois plusieurs centaines dans la journée), être à l'heure pour les visites pré-réservées ou au restaurant. (Là, c'était presque facile....mes clients étaient rarement en retard pour les repas... parfois même, il y avait, disons un peu de bousculade pour l'installation à table...).

Ma formation en histoire de l'art fut un atout très précieux pour m'aider à mener à bien une autre partie de ma mission: transmettre des informations culturelles, historiques et géographiques concernant les contrées traversées.

Baroudeuse tous terrains… et organisée

Moyen de transport inattenduNaturellement, il fallait préparer une base de commentaires. J'utilisais pour cela des fiches bristol que je complétais de détails pratiques sur le terrain. C'était très lourd... Il faut bien garder en tête le côté itinérant de ce métier....cela me plaisait d ailleurs beaucoup, mais j'imagine qu'aujourd'hui, l'outil internet a dû faciliter les choses. N'oublions pas qu'à l'époque je ne disposais pas de téléphone portable pour prévenir d'un éventuel retard, et si j'avais bel et bien par devers moi les coordonnées de mes différents prestataires, je devais à chaque fois attendre de trouver un téléphone fixe pour les prévenir ! Improvisation et débrouillardise devaient figurer en bonne place dans mes valises.

Telle une bergère comptant ses moutons…

avatar Shawn, mouton de Wallace & Gromit 100x100

Tout comme dans le métier de formateur, la disponibilité et l'adaptabilité s'avèrent nécessaires pour conduire l'élément humain. Une autre de mes obsessions restait le comptage permanent de mes ouailles : je les comptais et recomptais sans cesse, à chaque entrée de monument, à chaque changement de lieu…

La plupart du temps, mon public, composé pour l'essentiel de retraités, attendait de ma part une assistance sans faille pour diverses questions pratiques : traduction de phrases simples, où trouver une pharmacie, dire à la voisine que sa clim étais trop forte, ou qu'il fallait fermer le rideau, et tant pis pour le paysage...

Dans ces petits conflits, j'ai remarqué très tôt que moins je m en mêlais et plus vite cela se réglait, de même, si un individu par trop "râleur" perturbait parfois le groupe, il finissait toujours par se retrouver à l'écart et les choses se résolvaient souvent d'elles-mêmes.

Erreur fatale de débutant

poubelle toxique 154x213Par contre j ai commis une erreur au début : Un jour où le programme le permettait, j'ai demandé à mes clients de choisir entre plusieurs options de visite....et alors là ! Impossible de se mettre d'accord... j'ai dû trancher. Ceci a engendré colère et frustration chez un certain nombre de participants, créant une ambiance particulièrement plombée, et qui a perduré pendant une bonne partie du séjour.

J'ai ainsi compris  qu'en pareil cas il était nettement plus approprié de ma part d'imposer mon choix en la matière, et que je devais garder mes doutes et hésitations pour moi, ceci afin d éviter tout flottement. Sans doute en va-t-il de même pour les situations de formation…

Moment particulièrement délicat : l'arrivée à l'hôtel

Le soir venu, l'arrivée à l'hôtel, à quoi s'ajoutait la fatigue de la journée, cristallisait souvent les problèmes. J'avais droit aux récriminations les plus insensées sur le confort ou la taille des chambres... J'étais bien en peine de résoudre de tels problèmes... Une fois, on m'a même mise en demeure de changer une ampoule qui ne fonctionnait pas !

Heureusement, la plupart du temps, les choses s'aplanissaient dès que l'on passait à table. En effet, surtout en ce qui concerne les groupes de touristes français, une bonne table reste une valeur sûre, et je ne crois pas me tromper en pensant que c'est aussi un élément positif dans certains séminaires de formation.

Dernière anecdote

feuille d'automne rouge tachetée noire 591x322J'ai déjà évoqué ma peur obsessionnelle d'oublier un client... Eh bien, figurez-vous qu'un jour c'est moi qui me suis retrouvée au bord de la route !

Ce jour-là, nous nous trouvions à San Remo, en Italie, où nous avions affrété un bus à double étage. Les passagers étaient installés en haut, tandis que la cabine du chauffeur et le guide se trouvaient en bas, au ras de la route (c'est d'ailleurs assez impressionnant !). Au moment de partir, il manquait deux personnes, et je suis aussitôt partie à leur recherche.

Quand je reviens, cinq minutes plus tard... plus de bus ! Immédiatement, je réalise que toutes mes affaires sont restées à l'intérieur, et que je suis sans argent, sans papiers pour passer la frontière, ni pour rentrer à mon hôtel à Nice ! …Quant aux téléphones portables, ils ne sont pas encore chose courante...

Heureusement, je me trouve dans une gare routière, j'explique donc mon histoire à un employé italien qui se "gondole" de rire de voir la "guida" ainsi oubliée. Fort heureusement, il accepte de me faire monter à titre gracieux à bord d'un bus de ligne qui part sur Nice quelques minutes plus tard.

rayon de soleil à travers les tilleuls 525x350Autre coup de chance : les contrôles d'identité à la frontière sont plutôt rares et je peux arriver sans encombre jusqu'à Nice. Mais arrivée à l'hôtel, je ne trouve… personne ! J'attends donc, quelque peu anxieuse…

Enfin, mes clients finissent par arriver, ainsi que les explications : Quand les deux retardataires étaient arrivées dans le car, les autres  clients ont cru que je me trouvais déjà dans le bus, en bas, quant au chauffeur, il a cru de son côté que je me trouvais à l'étage, en train de papoter...

Par la suite, quand les uns et les autres se sont enfin rendus compte de mon absence, ils ont pris le parti de faire demi-tour à une sortie d'autoroute et sont revenus au point de départ (la gare routière).

Une dame est même allée faire brûler un cierge aux pieds d'une statue, dans l'église la plus proche (était-ce Sainte Rita, la patronne des cas désespérés ?) En tout cas, les voyageurs étaient très inquiets, me sachant sans rien. Finalement, les retrouvailles furent des plus chaleureuses et cette aventure – pas banale – est devenue source de rires et de plaisanteries durables.

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Catherine Fournol a été notamment guide conférencier en Auvergne, spécialiste en histoire de l'Art, et auteure de romans policiers…

Présentation de son roman : "Des Gentianes par la racine".

les gentianes par la racineEn Auvergne fleurit la gentiane dont les racines donnent une boisson amère, mais néanmoins appréciée ! Seulement voilà, le cordial se transforme vite en bouillon de onze heures pour un groupe de touristes accompagnés d'une guide.

Ainsi, les paysages bucoliques d'Auvergne deviennent le théâtre d'événements dramatiques. Ce voyage, que chacun souhaitait inoubliable, le sera effectivement… mais pas dans le sens escompté !

Catherine signe avec ce roman une visite guidée des plus inattendues, riche en rebondissements multiplies qui vous tiendront en haleine jusqu'au bout de cette passionnante histoire

Un roman à déguster sans modération ! Suivez le guide…

 

 

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Si je confonds droite et gauche, ce n’est pas pour rien…

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La tare...

Bonjour, je fais partie de cette cohorte de gens qui ont une légère tendance à confondre leur gauche et leur droite (oui, je préfère l'emploi du possessif qui nous évitera les vannes des militaires et des militants... tiens c’est curieux, là aussi j’ai toujours confondu). Enfin, quand je dis "confondre", n'exagérons rien... Disons qu'il me faut toujours une fraction de seconde pour être "vraiment sûr"... Cela donne parfois des situations bien cocasses, notamment en voiture... D’ailleurs je viens de prendre connaissance d’un témoignage fort bien écrit sur ce sujet, qui fut ainsi pour moi l'occasion de découvrir un nouveau frère parmi mes semblables les humains avec l'auteur du blog La vie est large.

Je me propose de vous livrer ici une tentative d’explication, ainsi qu’une manière de communiquer sur cette incorrigible tare. Vous savez bien, celle qui nous colle à la peau des gauchers , comme le sparadrap sur celle du capitaine Haddock...

L’explication

Je voudrais proposer ici une explication de ce phénomène si étrange à première vue, du moins pour ce qui me concerne : Je me souviens très bien qu’étant petit, je faisais partie des toutes premières générations d’enfants à qui on n’obligeait plus à écrire de la main droite. Ce qui tombait très bien vu que j’étais… gaucher. Sans le savoir, je faisais alors partie des tout premiers spécimens hexagonaux de ce qu’on a appelé les "gauchers non contrariés". Pourtant on ne dirait jamais, en me voyant… 🙂

Usine à gazEn revanche, les instituteurs de l’époque ne s’étaient pas encore complètement habitués à ces nouvelles directives, vis-à-vis desquelles ils éprouvaient (déjà !) quelques difficultés. Aussi les ai-je toujours entendus nous adresser des injonctions, euh, des consignes, du type "Faites donc ceci […] avec votre main droite, c’est-à-dire celle avec laquelle vous écrivez", ou à l’inverse "Faites donc cela […] avec votre main gauche, c’est-à-dire celle avec laquelle vous n’écrivez pas".

Bien entendu, j’avais bien compris que pour moi c’était le contraire. Aussi je prenais cette demi-seconde de retard qui m’accompagne encore aujourd’hui (merci, ô braves gens) …une demi-seconde de latence, donc, pour déterminer ce que mes semblables entendaient au juste par "droite " ou "gauche". Cela a installé durablement dans on esprit l’idée que "…droite, gauche, c’est pas simple, et en plus c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément". Avouez que cela ne manque pas de sel !

Et là patatras ! A peine m’étais-je habitué à intégrer correctement que "droite c’était par ici…" et "gauche par là…", eh bien je continuais (...ou je me remettais) à mettre ça en doute, au motif que justement "c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément", ben tiens la bonne blague !

Comment faire comprendre ça aux autres…

Voici maintenant comment je communique habituellement sur cette regrettable habitude auprès des fâcheux qui  ne manquent jamais de réagir en mode "Rhôôôôô ! C’est quand-même pas dur !...". Permettez-moi de vous confier ce qu'en général je leur rétorque :

[...] Réfléchissez bien : Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir à manipuler régulièrement une serrure qui "fait exception" ?
Vous savez tous dans quel sens tourner une clé pour ouvrir une porte. Et donc, dans quel sens la tourner pour refermer… Cela fait partie de ces choses que l’on fait depuis longtemps sans même y réfléchir… Maintenant, réfléchissez bien, justement : Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir à manipuler régulièrement une serrure qui "fait exception" ? Oui, nous en rencontrons tous une, un jour ou l’autre… Et là c’est le début d'un phénomène plutôt agaçant : Au début on a tendance à se tromper à chaque coup… puis constatant notre erreur, nous rectifions le tir sur un mode "c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément".

Et là tout fonctionne à merveille… Jusqu’au jour où nous nous habituons à ce nouvel état de fait, et là re-patatras, nous ne savons plus rien ! et, du coup, nous ne sommes capables d’ouvrir cette fichue serrure qu’au prix d’un effort mental d’une grosse fraction de seconde.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?Un point que nous partageons tous, nous autres formateurs : La joie de lire un "bon sang mais c'est bien sûr" sur le visage de nos interlocuteurs...

Je me réjouis de ce que nombre d’interlocuteurs ont alors un visage qui s’éclaire, au motif que cela leur est déjà arrivé ! Ah, on ne dira jamais assez le plaisir d'être enfin compris ! Cela me permet au passage d’astiquer mes médailles de "formateur féru dans l’art de trouver la bonne métaphore en toutes circonstances"…

Quant au cas désespéré (…ne nous racontons pas d’histoires, cela peut exister) a qui l’histoire de la "serrure montée à l’envers" n’est jamais arrivé, eh bien je le laisse croire qu’avec moi il a affaire à un hurluberlu pas tout  fait structuré comme le commun des mortels. Après tout, c’est l’image qu’à tort ou à raison renvoient nombre d’enseignants et de formateurs (je le sais, j’ai été successivement les deux !)… Du coup, je ne me risquerai certes pas à parier que cet a priori est totalement infondé… du moins quant à ma propre personne 🙂

 

Mise à jour # 1 :

A propos des militants et des militaires, je viens de prendre connaissance cet aphorisme, attribué à Ambrose Bierce :

Un militant, c’est un militaire qui porte son uniforme à l’intérieur.

Mise à jour # 2 :

Plusieurs personnes m'ont dit être déçues par l'intitulé de cet article. Elles le trouvent trompeur, car il donnerait à penser que je vais parler de mes propres opinions politiques. Voilà qui tombe bien. Je viens en effet de tomber sur l'interview d'un monsieur dont je partage les valeurs. Surtout lorsqu'il donne son opinion sur la droite et la gauche. Les "vraies" si l'on peut dire 🙂 . Si d'aventure ça vous intéresse, c'est ici que ça se passe...

 

 Construire et animer une session de formation 
 Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD. 

 

 

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Les glandeurs du radiateur du fond, un groupe Facebook qui fait son chemin…

Par Bernard Lamailloux

mooc bonnet d'âne

Au départ, il y a un mooc, fort bien fait, d’ailleurs…

En mai 2014, répondant à la douce invitation d’une non moins douce amie, je me suis inscrit (en tant qu’apprenant) à un MOOC (cours en ligne ouvert et massif diffusé sur internet) qui durait 5 semaines. Il s’agissait de la première promo du mooc "Pensée Design" organisé par une équipe pédagogique particulièrement innovante. Qu’est-ce que la pensée design, et en quoi consistait ce cours ? Le plus simple est de lire l’annonce officielle :

Comment imaginer un téléphone sans touche ? Comment repenser le vélo et son usage ? Comment créer un nouveau produit ou service qui pourra relancer une activité bloquée face à de nombreuses contraintes ? La Pensée Design pose la question du "comment ça marche", du savoir-être. Elle permet de découvrir quel est le problème pour ensuite innover dans la solution.

(Source : http://mooc.france-bs.com/)   A mon arrivée dans le mooc, je me suis réjoui de la qualité et de la pertinence des interventions, mais aussi de l’ingénierie pédagogique mise en œuvre (oui, je prête naturellement beaucoup d’attention à ces aspects-là, on ne se refait pas…).

Que se passe-t-il ? …Qui donc nous a demandés de faire vœu de crispation et de rabat-joyeuseté ?

J’ai un peu cherché des traces de cet enthousiasme dans les forums [...] mais bientôt, force m’a été de constater que je n’en ai pas trouvé la moindre.
Mais très vite, une chose m’a frappé : un assez grand nombre d’interactions (…au niveau des questions posées à l’équipe enseignante, mais surtout entre étudiants eux-mêmes, ce qui était encore plus étrange à mes yeux) me paraissaient en effet empreintes de conformisme, voire d’une certaine tristesse, comme si le fait d’être réunis pour apprendre quelque-chose nous obligeait à une attitude convenue, compassée, limite doloriste ! graffiti somebodyJ’ai trouvé cela bien dommage, surtout eu égard au sujet abordé, car à mes yeux apprendre est toujours l’occasion d’une fête, et doit pouvoir se faire dans la joie et l’enthousiasme.

J'ose ajouter "…encore plus lorsqu’on échange des points de vue autour de la question du comment ça marche et du savoir-être !" J’ai un peu cherché des traces de cet enthousiasme dans les forums et autres échanges officiels créés autour du mooc, mais bientôt, force m’a été de constater que je n’en ai pas trouvé la moindre. Je n’ai alors pas pu m’empêcher de penser "Ouh là là, si jamais des extraterrestres viennent à capter les échanges existant autour de ce mooc, ils risquent fort d’en conclure que sur notre planète il  n’y a pas encore de forme de vie digne de ce nom !"

Pour bien faire, il me faudrait créer moi-même une petite communauté… Chiche !

Qu’à cela ne tienne, me suis-je dit. Après tout, il ne tient qu’à moi de créer l'espace de liberté et de joie de vivre que j’appelle de mes vœux, parce que là au moins je trouverai peut-être de vrais  camarades de jeu.

Ainsi naquit le groupe des Glandeurs du Radiateur du Fond !

Houlà, ça fait du monde !

glandeurs facétieux (balançant de l'eau)"Même si nous ne formons qu’une toute petite bande de joyeux lurons, me disais-je alors, eh bien ce sera toujours ça de pris". En cette matière comme dans beaucoup d’autres, la qualité est (à mes yeux) nettement préférable à la quantité. De fait, quelques "vieilles e-connaissances" croisées auparavant sur le net et dans la blogosphère m'ont immédiatement rejoint. Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’au fil du temps la "bande de joyeux drilles" grossissait à vue d’œil !... Chaque jour voyait son cortège d’aspirants glandeurs venus nous demander timidement s’il "restait de la place" près de notre radiateur, comme si le nombre de place était compté ! Si bien qu’à l’arrivée, nous avons eu la qualité ET la quantité ! Elle est pas belle, la vie ?...

Non seulement cela ne nous empêchera pas d’apprendre, mais au contraire, il me semble que cela nous y aidera grandement !...

Nombreux sont ceux qui nous ont alors apostrophés sur le thème « Waouw, pour des glandeurs, vous n’arrêtez pas de bosser ! ». C’est qu’ils confondaient glander et ne rien faire, ce qui est totalement différent. J’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de m’en expliquer dans l’article intitulé "Glander, une philosophie de vie…" Vous voulez une illustration de ce que ce groupe m’a permis de faire (entre mille autres choses ?) Je vous invite à visionner sous ces lignes une bande-annonce de 2 minutes chrono, créée entièrement par mes soins, à l’occasion de la sortie de mon premier livre qui tombait pile à ce moment-là (Remarque : toute coïncidence avec mon intérêt pour le sujet du mooc est absolument faite exprès 😉

Cette vidéo a pu être conçue et tournée grâce aux précieux enseignements des intervenants, de leur partenaire technique Explee… mais aussi et surtout grâce aux remarques et suggestions de mes petits camarades de front du groupe des glandeurs ! Le résultat a d’ailleurs emporté un vif succès.. Si ça c’est pas du social learning, je vous demande un peu ce que c’est…

Ce qu’il en a été à la fin du mooc, et ce qu’il en reste depuis

Si l’on en croit les chiffres communiqués très officiellement par l’organisateur, 2600 personnes se sont inscrites au mooc. Parmi elles, 1100 étaient encore là lors du quiz qui a été présenté lors du quiz de la 1ère semaine. Et parmi ces 1100 personnes, 40% étaient présentes, nous a-t-on dit, lors du quiz final. Si je compte bien, cela nous fait 440 personnes. Le taux annoncé pour la participation du contrôle final "peer to peer" (entre pairs) est de 90%... Ma calculett… euh, mes énormes capacités de calcul mental me soufflent que cela fait dans les 396.

« Combien de divisions », qu’il disait…

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le groupe des Glandeurs compte 140 et quelques membres. Même si quelques personnes sont venues nous rejoindre par la suite, cela représente tout de même un bon tiers de ceux qui ont "tenu bon" tout au long du processus. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais personnellement je trouve qu’il y a là matière à réfléchir… A la fin, nous comptions dans nos rangs une des principales conceptrices pédagogiques du mooc (dont j’ai déjà parlé dans les toutes premières lignes de ce post, mais aussi dans un autre article, bien plus ancien…), ainsi qu’une adorable hotlineuse d’Explee (application web présentée quelques lignes plus haut), et une troisième jeune et charmante femme appartenant au staff de Unow, la plateforme technique d'hébergement du mooc. D’une manière générale, nombreux sont ceux qui ont bien voulu nous témoigner qu’en gros, "c’est également ici que ça se passe"… Manière de témoigner qu’on n’a rien à gagner à faire son "serre-yeux", surtout lorsque rien ne le justifie...

Le feedback de l’équipe enseignante

Un hommage vibrant (et enjoué !) au groupe des glandeurs du radiateur du fond (pudiquement rebaptisé "le forum pirate du radiateur" pour l’occasion par les intervenants) nous a été décerné par l’équipe d’animation lors de la dernière vidéo diffusée en direct par leurs soins le 17 juin 2014 Répondant (au nom de son équipe) à une question de mon camarade Jean-Philippe Blanchard sur le positionnement de l’équipe enseignante vis-à-vis de l’existence de notre groupe, Fabrice Mauléon (principal intervenant du mooc) a témoigné de ce que cette démarche les a détendus, les a beaucoup fait rire, mais aussi "…a été très utile pour l’ensemble des apprenants". Une de ses collègues a par ailleurs parlé de "bonne humeur, très contagieuse" (sic). C’est d’ailleurs exactement ce que j’avais derrière la tête en créant ce groupe ! Si cela vous intéresse, vous pourrez visionner vous-même cette tranche de "feedback dans la bonne humeur" en vous rendant sur ce lien : http://youtu.be/9WTf0Sp9ZkA?t=24m53s ou encore à partir du player ci-dessous

(Visionner le passage à partir du point "24:53")

touche clavier (belle) avec radiateur 180x180

Adresse du groupe Facebook des "glandeurs" :

https://www.facebook.com/groups/irradioglandeurs/

"Allez-y, vous n'en reviendrez pas..." 😉

 

 Construire et animer une session de formation 
 Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD. 
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“Apprendre Mieux” devient “Former Plus Haut!”

vieux râleur sur une chenille "...Les transports c'est lent !"
Bonjour,
Je vous espère tous en pleine forme, en cet été 2014 qui est pour ce qui me concerne une occasion de grands travaux.
Ainsi, ceux d'entre vous qui m'ont fait l'amitié d'une petite visite sur mon blog "Apprendre Mieux" en se rendant sur http://lamailloux.wordpress.com auront peut-être la surprise... de se retrouver instantanément ici, soit à l'adresse http://formerplushaut.com/blog
C'est tout à fait normal ! J'ai procédé moi-même à cette modification, afin de rassembler mes publications en ligne les plus significatives dans un lieu unique, Former plus Haut!,  qui sera également le nom de ma nouvelle structure.
A part ça rien de changé, l'intégralité des billets s'est retrouvée au nouvel emplacement et a apparemment bien supporté le déménagement, comme vous pourrez le constater si vous en avez la curiosité...
Bien entendu, les visiteurs de mon blog pourront utiliser indifféremment l'ancienne ou la nouvelle adresse... as you like !
Si vous avez des questions, n'hésitez pas !
Voilà.
Bonne fin d'été,
Bien à vous,
Bernard
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Un rôle bien particulier…

Attends-moi, cher dauphin, j'arrive !

J'avais le trac, tout simplement. Comme toutes les formes de nervosité exacerbée, il naît d'une appréhension irrationnelle commune à tous les êtres humains, en particulier les adultes : celle d'être "démasqué", de trahir par quelques mots mal choisis l'intrinsèque supercherie de sa position d'autorité, de révéler au monde entier que l'on ne croit pas soi-même une minute à ce que l'on prétend être.

J'ai fermé les yeux une seconde en me disant que je devais continuer à tenir mon rôle sur scène, coûte que coûte, puis je me suis retournée pour faire face à ma classe.

— Bien, commençons.

Douglas Kennedy, "Quitter le monde", 2009, Belfond, p. 209

 

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Laissez tomber vos tours de table, préférez-leur la balle magique !

Arrêtez tout !Pour recueillir les attentes des participants dans diverses circonstances, par exemple au début d'une réunion ou encore d'une session de formation, un usage aussi vieux que les conseils d'administration veut qu'on ait recours à ce qu'on appelle le tour de table. Vous qui lisez ces lignes, il est fort probable que vous ayez une expérience de cet exercice de style plutôt convenu, conçu pour permettre à des personnes présentes dans une assemblée de se présenter, et/ou de donner leur avis sur un point quelconque. Voilà comment cela se passe le plus souvent :

L'animateur de la séance suggère que chaque personne présente s'exprime tour à tour, en suivant tout simplement l'ordre d'installation dans la salle ou autour de la table. On commence par régler la question du "On commence par où, la gauche ou la droite ?", et c'est parti comme en 14, chacun y va de son petit couplet. Quand il ou elle a terminé, la personne suivante enchaîne, et ainsi de suite jusqu'à la fin. C'est simple, carré, pratique… sauf que le plus souvent, cela ne sert pratiquement à rien. Pourquoi ? En voici une illustration, qui bien sûr n'engage que moi.

Pour ce qui me concerne en effet, à chaque fois que je suis "pris" dans un de ces fameux tours de table, je ne manque jamais d'admirer l'aisance verbale, et même corporelle, de nombre d'intervenants successifs, qui rivalisent de finesse, d'esprit, de sens de la rhétorique, d'esprit de synthèse, et parfois même d'humour ! Les trouvant tous plus beaux, intéressants, charismatiques et captivants les uns que les autres, j'ai donc tout naturellement à cœur d'être au moins aussi beau, intéressant, charismatique et captivant que les autres lorsque mon tour viendra, quoi de plus naturel en effet ?

Or, panique à bord, je ne suis pas du tout certain d'être à la hauteur, le moment venu. Heureusement, le moment en question n'est pas toujours pour tout de suite, selon le hasard des placements dans la salle. Du coup, constatant que – par chance – je dispose d'un peu de temps, j'en profite pour "préparer mes phrases", à l'image du playboy de boîte de nuit d'une vieille chanson de Cabrel[1]. Et voyez comme c'est bête, le fait même de préparer mes phrases me rend complètement incapable d'écouter en même temps ce que les autres sont en train de dire ! Si bien que, le plus souvent, si on me demandait de résumer ce qu'a dit chacun des autres participants, j'en serais tout bonnement incapable ! Avouez que c'est dommage…

Quelque-chose me dit même confusément que je ne dois pas être le seul dans ce cas-là. Du coup, je me garde bien de lancer moi-même quelque tour de table que ce soit. Lors de mes interventions en formation, par exemple, je le remplace toujours par…

…Une séquence de balle magique !

balle magique

Qu'est-ce que donc que cela ? C'est tout simple, et cela nous vient tout droit de la tradition du bâton de parole en usage dans de nombreuses tribus africaines. Il s'agit de prendre un objet symbolique (une petite balle en mousse c'est idéal, à défaut on peut froisser une feuille de papier en boule) qu'on appellera "balle magique". Après avoir présenté la balle, je préviens l'auditoire que je vais bientôt lancer cette balle magique dans la salle, à destination d'un participant que je choisirai au hasard (j'avoue franchement que si une personne regarde le plafond, sa montre, ou encore consulte sa messagerie à ce moment précis, je me fais un malin plaisir d'influer un peu ledit hasard).

bâton de paroleLa personne qui se retrouve en possession de la balle magique prend alors la parole… et la garde le temps nécessaire. Nul ne peut l'interrompre (…à part l'animateur, exclusivement en cas de "dépassement du temps raisonnable" qui risquerait de pénaliser le reste du groupe. En pareil cas, il convient de se montrer déterminé, tout en y mettant les formes).

Lorsque la personne a fini de parler, elle jette la balle (de manière toute aussi "aléatoire" que moi il y a quelques instants) à la personne de son choix, qui récupère la parole en même temps que la balle… ainsi de suite, jusqu'à la fin. Vous verrez qu'en fin de parcours, la dernière personne à s'être exprimée a souvent le réflexe de "renvoyer la balle" à l'animateur[2], ce qui lui permet comme par hasard de "rebondir" sur ce qui vient d'être dit, selon l'expression consacrée… qui jamais ne s'est aussi bien appliquée (une balle magique a donc des rebondissements… magiques !).

Bien entendu, les participants à ce "tour de table d'un genre nouveau", sachant que leur tour va peut-être venir juste après (particulièrement pour les derniers d'entre eux !), ne veulent pas paraître "tomber des nuages" au moment où la balle leur tombera dessus... Du coup, par la force des choses, le plus souvent ce dispositif rend tout le monde beaucoup plus... attentif !

Que demande le peuple ?...

Bien à vous,

Bernard

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Cet article a été par la suite repris dans un ouvrage de conseils aux formateurs, paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

 


[1] "Samedi soir sur la terre".

[2] …Dans le cas contraire, pensez tout de même à la récupérer !

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Le jeu «Avez-vous des questions ?» La pêche miraculeurse [ressource pédagogique]

5 questions pur des champoions - vue de la célèbre émission TV

La plus grande difficulté dans ce monde, ce n’est pas notre capacité à produire, mais notre réticence à partager.  [ Roy Lemon Smith]

Cet article a précédemment été publié par l'auteur, sous une forme légèrement différente, chez Joueb, puis chez WordPress.

Cinq questions pour des champions

Voici un fantastique jeu pédagogique auquel je me suis souvent livré auprès d’un public d’adultes en situation de formation. Il a été inventé par l’américain d’origine indienne Sivasailam Thiagarajan  (dont il a été plusieurs fois question sous ces lignes), alias Thiagi, génial découvreur du concept des « jeux cadres ».

Les français appellent le plus souvent ce jeu Question à foison», ou encore « Cinq questions pour des champions». En voici le principe. Lire plus

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Rapports parents-enseignants-élèves : Lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils

Les rapports entre parents, enseignants et élèves sont une chose qui ne va pas de soi. De plus en plus souvent, ils finissent par prendre la forme ce qu'on appelle un triangle dramatique. Force est de constater que de nos jours l'enseignement est de moins en moins sacralisé, et à plus forte raison les enseignants...

Sans nous en rendre compte, presque sans transition, nous nous sommes brutalement retrouvés plongés dans une époque singulière à bien des égards. Il n'est pas si loin de nous, ce temps où les parents d'élèves avaient pour habitude de "doubler le tarif" de la moindre sanction infligée à leur progéniture sans même prendre la peine de savoir de quoi il retournait, par un réflexe de solidarité sans faille envers l'instituteur, qui se retrouvait de ce fait investi de tous les pouvoirs.

Aujourd'hui, il semble que nous ayons basculé sur une toute autre planète. Ainsi que l'écrivait Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la république dans son dernier rapport, «[...] nous sommes entrés dans de nouveaux rapports aux autresOn veut tout, tout de suite. On a du mal à se soumettre aux règles du collectif. Alors, des tensions binaires apparaissent partout :  magistrats-justiciables ; soignants-soignés... professeurs-élèves ».

Interrogé à plusieurs reprises sur ce dernier point,Jean-Paul Delevoye a déclaré en substance qu' en tant que parents, notre vision de l'enseignement et le regard que nous portons sur les enseignants a tellement changé qu'aujourd'hui nous n'attendons plus nécessairement d'un enseignant qu'il soit pédagogue, mais plutôt qu'il "mette 20 sur 20 à notre enfant, afin que celui-ci soit mieux armé à affronter la dure vie qui l'attend"... Tout est dit.

Ainsi, ce pauvre enseignant est de plus en plus souvent considéré comme un simple prestataire de services, censé tenir le plus grand compte de la moindre de nos injonctions qu'il devrait appliquer sur le champ sans discussion possible. Ce n'est pas difficile de l'imaginer : certains d'entre eux reçoivent ainsi des courriers de parents contenant les requêtes les plus surréalistes qui soient.

Autres temps, autres mœurs... Maintenant, si vous le voulez bien, je vous propose un voyage dans le passé, un saut de plusieurs générations allant... jusqu'au XIXe siècle. Vous trouverez sous ces lignes la transcription d'une lettre qui aujourd'hui peut sembler étrange à bien des égards. Elle aurait été expédiée par Abraham Lincoln (1809-1965), 16e président des États Unis, à l'attention du professeur de son fils. Je vous laisse découvrir ça :

left_guillemet._transIl aura à apprendre, je sais, que les hommes ne sont pas tous justes, ne sont pas tous sincères.

Mais enseignez-lui aussi que pour chaque canaille il y a un héros; que pour chaque politicien égoïste, il y a un dirigeant dévoué…

Enseignez-lui que pour chaque ennemi il y a un ami.

Éloignez-le de l'envie, si vous pouvez, enseignez-lui le secret d'un rire apaisé.

Qu’il apprenne de bonne heure que les despotes sont les plus faciles à flatter…

Enseignez-lui, si vous pouvez, les merveilles des livres…

Mais laissez-lui un peu de temps libre pour considérer le mystère éternel des oiseaux dans le ciel, des abeilles au soleil, et des fleurs au flanc d’un coteau vert.

À l'école, enseignez-lui qu’il est bien plus honorable d'échouer que de tricher…

Apprenez-lui à avoir foi en ses propres idées, même si tout le monde lui dit qu’elles sont erronées…

Apprenez lui à être doux avec les doux, et dur avec les durs.

Essayez de donner à mon fils la force de ne pas suivre la foule quand tout le monde se laisse entraîner…

Apprenez-lui à écouter tous les hommes mais apprenez-lui aussi à filtrer tout ce qu'il entend à travers l’écran de la vérité, et à en recueillir seulement les bonnes choses qui passent à travers.

Apprenez-lui si vous pouvez, à rire quand il est triste…

Apprenez-lui qu’il n'est aucune honte à pleurer.

Apprenez-lui à se moquer des cyniques et à prendre garde devant une douceur excessive…

Apprenez-lui à vendre ses muscles et son cerveau au plus haut prix, mais à ne jamais fixer un prix à son cœur et à son âme.

Apprenez-lui à fermer les oreilles devant la foule qui hurle et à se tenir ferme et combattre s'il pense avoir raison.

Traitez-le doucement, mais ne le dorlotez pas, parce que seule l’épreuve du feu forme un acier fin.

Qu’il ait le courage d'être impatient et la patience d’être courageux.

Apprenez-lui toujours à avoir une immense confiance en lui-même, parce que dès lors, il aura une immense confiance envers l'Humanité.

C'est une grande exigence, mais voyez ce que vous pouvez faire…

Il est un si bon garçon, mon fils !right_guillemet_trans

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Décidément, vous en avez une mémoire extraordinaire !

Article précédent : Comment retenir 10 mots très facilement !

Bonjour,

Il est bien connu que tout ce qui permet de tordre le cou aux croyances restrictives des apprenants sur leurs propres capacités est bon à prendre.

Ainsi, il y a quelque temps, il a été ici question d'un moyen infaillible pour booster notre mémoire. De fait, nous avons pu retenir durablement une liste de dix éléments. Et nous avons utilisé la forme des chiffres. Aujourd'hui voici un moyen d'en retenir… cent ! Lire plus

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Le requin déguisé en dauphin (un des noms du pervers narcissique)

Le triangle dramatique : une configuration qui ne date pas d'hier…

Depuis fort longtemps (bien avant l'apparition de la notion de pervers narcissique), les comportements humains ont ainsi fait l'objet de métaphores animales.

Ainsi, Le Triangle Dramatique, dit aussi Triangle de Karpman, est une célèbre figure qui nous a été apportée par l'Analyse Transactionnelle. Cette fameuse figure du triangle met en évidence un scénario relationnel typique entre trois archétypes, trois personnages. Trois rôles, si vous préférez, qu'on a pris l'habitude d'illustrer par des animaux :

Même non déguisé en dauphin, le requin est dangereux

Le requin

C'est un persécuteur… Il parle souvent à la 2ème personne (employant volontiers un "tu es…" particulièrement culpabilisant). Il adore critiquer le travail des autres, ne se montre jamais compatissant et ne connait pas la tendresse. Puisqu'il n'en exprime pas, il n'en reçoit pas non plus en retour. Dans le meilleur des cas, il doit se contenter de marques de soumission. Ce rôle est souvent adopté spontanément par des personnes qui, depuis l’enfance, ont accumulé beaucoup de frustrations... et qui ont pris le pli de les faire payer aux autres (…tous les autres, c'est bien là le problème !).

Le temps aidant, il se dote d'un esprit de duplicité auquel Machiavel n'aurait rien à envier. Si cela vous intéresse, vous pouvez aller voir de plus près les manipulations dont il est capable.

Sa plus grande crainte : tomber sur plus requin que lui. Voilà qui cause chez lui un état de stress permanent.

Le requin en dauphin - La carpe

La carpe

C'est une victime… qui a tendance à "rester toujours au fond du bassin", dans la douillette pénombre. Là, croit-elle, les dangers auront moins de chance de l'atteindre. Elle ne combat jamais, mais subit. Cherchant avant tout à ne pas faire de vagues, elle adopte volontiers une posture excessivement prudente, voire méfiante. Et ceci vis-à-vis de tout et de de tous. Ainsi, elle emploie souvent les tournures impersonnelles, de type "On m'a dit…". Toutefois, n'oublions pas que toute victime peut avoir une part de responsabilité dans le fait même d'être victime. Voire de le rester. Du coup, ce rôle ne comporte pas que des inconvénients. Gare aux témoins d'une victime qui sait habilement jouer son rôle ! Mine de rien c'est aussi une manière particulièrement efficace d'attirer l'attention sur soi. Celle du persécuteur, bien entendu… mais pas seulement. Car toute victime qui se respecte véhicule  également un appel au soutien. C'est là qu'intervient l'animal suivant :

Le requin déguisé en dauphin - La carpe pseudo-éclairée

La carpe pseudo-éclairée

C'est un sauveur… Son occupation favorite consiste à accourir vers une carpe-victime, dont il est capable d'entendre l'appel avec une incroyable acuité. Et ceci au point de le devancer ! Ensuite, il s'emploie aussitôt à porter secours à ladite carpe-victime en lui prodiguant de bons conseils. Ces conseils sont pétris de bons sentiments et de "moi, à ta place…". Ce personnage se positionne donc clairement contre le requin, et dans le même camp que la carpe-victime. Une de ses incarnations les plus représentatives est le ou la collègue de bureau. Celui à qui on a l'habitude de raconter tous nos petits malheurs.

Ce rôle peut revêtir quelques aspects gratifiants d'un point de vue narcissique. En même temps, il place mécaniquement l'autre dans une position d'incapacité ("…Mes pauvres enfants, que feriez- vous sans moi ?..."). Ce "sauveur" peut même être l'auteur de véritables jeux psychologiques qui pourraient passer pour du machiavélisme de haut vol s'ils n'étaient pas le plus souvent inconscients...

Pour justifier son existence,  la carpe pseudo-éclairée se trouve  donc toujours plus ou moins contrainte de se mettre en quête, à défaut de moulins à vent, d'une carpe-victime à  qui porter assistance, et éventuellement  d'un requin-persécuteur. Ce dernier pourra être désigné sous le vocable du méchant, de l'étranger, de l'ennemi de classe… faites votre propre marché, les possibilités sont infinies ! Mais le requin n'est pas indispensable.  En fait, les besoins de la carpe pseudo-éclairée ne sont pleinement assouvis qu'à une condition : Qu'elle ait trouvé au moins une carpe-victime à sauver. Carpe-victime pour laquelle notre sauveur entend bien se "sacrifier", si nécessaire .

Ah...  cette fameuse notion de sacrifice...

Sacrifice, le mot est lâché. Déjà, le mythe des super-héros est vieux comme le monde. De plus, il est un fait désormais établi : Une éducation empreinte de bonnes intentions politiques ou religieuses peut dans certains cas contribuer à semer le trouble dans les esprits. Ne serait-ce qu'avec cette notion de sauveur, particulièrement en vogue dans nos civilisations judéo-chrétiennes. Et aujourd'hui encore, avec le mythe du super-héros ! Malheureusement, ne s'improvise pas Jésus, Bouddha ou même Gandhi qui veut !

Voilà qui promet d'amères déceptions chez celui qui croit sincèrement ne rien attendre des autres en retour de ses propres largesses, mais n'a pas vraiment le tempérament adéquat. Le cas échéant, il pourra se reconnaître à chaque fois qu'il prononcera la phrase caractéristique de tout sauveur déçu : "...Après tout ce que j'ai fait pour lui/elle/elles/eux !".

Le requin déguisé en dauphin - On tourne en rond

On tourne diablement en rond dans ce bassin…

Plusieurs chercheurs ont démontré qu'en général, si une personne utilise un de ces rôles (par exemple la carpe-victime), elle entraîne de facto l'autre à jouer un des deux autres rôles complémentaires (dans notre exemple : la carpe-illuminée-sauveur ou le requin-persécuteur). Comme si toute situation de communication (spécialement quand ça se passe mal) tendait à nous "aimanter" tôt ou tard à l'un de ces trois pôles d'attraction.

Le pire, c'est que ces trois rôles peuvent finir par se mélanger. Et c'est là que ça peut devenir franchement malsain. Ainsi, lorsqu'une personne se sent victime, elle se comporte aussi peu ou prou elle-même en persécuteur. Notamment à chaque fois qu'elle cherche à solliciter l'attention des autres avec ses problèmes. Ou encore à les amener à entrer plus ou moins dedans... D'où l'aphorisme bien connu "Qui de rien ne se mêle de rien ne se démêle".

Par ailleurs, un sauveteur, même sincère, ne pourra et ne saura que nous porter secours en nous apportant ce qui serait bon pour lui s’il était dans la même situation. C'est le fameux "moi, à ta place...". Or, en tant que personne bien distincte de nous, rappelons-nous (et au besoin rappelons-lui)  qu'il n’est PAS à notre place !

La triade des trois postures

C'est ainsi qu'on dit souvent que les trois rôles (victime, sauveur et persécuteur) sont étroitement liés, et forment une triade. Et toute communication se trouve pour ainsi dire perturbée lorsque les protagonistes adoptent de tels rôles. Il est nettement préférable d'exprimer réellement ses émotions et ses idées, sans être pollué par le chant de toutes ces sirènes (marrant ça… encore un animal marin !).

À y regarder de plus près, ce fameux triangle persécuteur/victime/sauveteur n'est jamais qu'une zone de subir et de faire subir. Cela fabrique à foison victoires, défaites, mais aussi trahisons et autres coups de théâtre. Avec tout leur cortège de frustrations, culpabilités, ressentiments et autres besoins de vengeance. Frustrations qui – d'une manière ou d'une autre – ne font qu'aggraver les choses…

Les spécialistes de l'analyse transactionnelle ont même mis au point un répertoire de divers scénarios "classiques" mettant en scène ces animaux aquatiques. Il s'agit du répertoire des jeux psychologiques, à propos duquel nous avons publié un dossier que vous pouvez retrouver ici, au besoin.

Cela étant, pour qui veut vraiment tenter de passer à quelque-chose de plus constructif, il est souvent légitime de vouloir chercher à sortir de ce fameux triangle maléfique.

Et voici que, quelques décennies après l'Analyse Transactionnelle, arrive la la PNL (Programmation Neurolinguistique). Cette technique de développement personnel fut élaborée par Richard Bandler et John Grinder dans les années 70, aux États-Unis. Et elle va nous fournir une possibilité de "sortie de triangle". Ceci en reprenant à son compte les trois personnages du triangle dramatique, et en y ajoutant…

dauphin

Le dauphin

Ce personnage s'efforce d'agir en médiateur… Il a attentivement étudié le fonctionnement des trois personnages du triangle. Et il va s'attacher à ne pas tomber dans ce genre de piège. Pour adopter une posture positive, réaliste, dans un souci d'assertivité (c.-à-d. respecter l'autre tout en se faisant respecter soi-même). Voici quelques préceptes qu'il s'efforce d'appliquer :

  • Le dauphin-médiateur tient à tout prix à sortir du triangle, qu'il considère comme une zone de « subir » et de « faire subir ».
  • Il a des idées positives. Sans être utopique, il sait qu’il a du pouvoir pour faire bouger les choses à son niveau. Sachant cela, il agit (pendant que tant d'autres parlent).
  • Il a des objectifs précis, et il sait où il en est par rapport à ça.
  • Il sait garder sa place, et remettre l’autre à la sienne si nécessaire (…comme ces deux derniers mots sont importants !)
  • Il a confiance, alors que les autres personnages sont dans la peur (…de se faire détruire).
  • Il choisit l’action plutôt que la réaction, la réflexion plutôt que le réflexe.
  • Il a choisi... tout simplement. Car il sait que choisir, c’est accepter de perdre. Et qu'accepter de perdre c’est être libre.

Voilà pour l'essentiel. Sachez en outre que ce quatrième animal n'a pas du tout été choisi au hasard. Mais plutôt en raison du comportement qu'il semble avoir vis-à-vis de ses congénères. Et, étrangement avec nous autres les humains, depuis des temps immémoriaux.

Petits détails méconnus sur cet animal...

Mais cela ne s'arrête pas là. Ainsi, on raconte que dans les mers, lorsqu'un dauphin se trouve face à un requin qui entend… disons lui porter tort, l'issue du combat ne fait jamais de doute : c'est toujours le dauphin qui gagne ! L'autre terreur des mers a beau exhiber ses quatre rangées de dents aussi redoutables que tranchantes, cela ne lui sert strictement à rien. En fait, le dauphin pratique comme personne l'art de l'aïki(bu)do des mers. En d'autres termes, il sait tuer un requin en un éclair en lui appliquant un coup mortel au foie à l'aide de son rostre (museau). Ensuite, il retourne vaquer tranquillement à ses occupations, comme si de rien était. Quelle classe ! Pas de remous inutile, jamais la moindre manœuvre d'intimidation, et en même temps, si on le cherche, on le trouve 🙂

Le requin déguisé en dauphin - La mêlée

Ouh là là, que tout cela se complique !

Mettez-vous à ma place : après avoir étudié plusieurs ouvrages, puis suivi moultes stages et séminaires portant sur l'analyse transactionnelle et ses trois animaux, je me croyais tranquille. Et voilà qu'au début des années 2000, un plongeon de deux années dans l'univers de la PNL  m'a amené à remettre tout ce joli petit assemblage en question ! Ainsi donc, il n'y avait donc pas trois, mais quatre animaux symboliques dans le monde des relations interpersonnelles ! Bien entendu j'ai adoré l'histoire de ce dauphin, et n'ai eu de cesse que de lui ressembler… comme beaucoup de mes petits camarades de promo, d'ailleurs. Aujourd'hui encore, je m'efforce d'identifier mes propres postures à chaque fois que j'ai cette présence d'esprit ("…Attention mon petit père, là tu fais clairement ta carpe/ton requin/ton sauveur").

Un dauphin, c'est cool...

Du coup, je m'efforce en toutes circonstances de "coller" au personnage du dauphin, dans la mesure de mes possibilités. Car c'est de loin, à mes yeux, le rôle le plus difficile à tenir dans le théâtre de la vie. Mais il est aussi le seul qui en vaille vraiment la peine…

Donc, finie l'histoire des trois animaux, il y en a donc bien quatre. Soit. Mais là où vous allez rire, c'est que depuis lors, je me suis tellement bien habitué que j'ai fini par découvrir… un cinquième animal !

Un 5e personnage...

On a vu que, déjà, le personnage du dauphin, à l'inverse des trois premiers, procède une intention précise issue de l'observation des personnages existants, et non pas d'une simple posture "en réaction" par rapport à l'entourage. Cela peut se résumer ainsi : "J'ai bien compris en quoi les rôles de persécuteur, victime et sauveteur sont tôt ou tard néfastes pour moi et pour les autres. J'aspire et surtout je crois à un équilibre possible entre l'affirmation de soi et le respect d'autrui. Et je choisis en conscience d'adopter cette posture du dauphin, à chaque fois que j'en aurai la présence d'esprit. Même si je suis conscient que ce n'est pas gagné. Je choisis cette posture parce qu'elle correspond à des valeurs que je partage pleinement".

C'est là qu'intervient un autre outil PNL :

Le Virus de pensée

Le virus de pensée, comme son nom l'indique, est avant tout une chose qui se propage. Une sorte de petit ver qui vient s'insinuer dans notre grosse pomme de tête. Puis qu'on on a toutes les peines du monde  à identifier, puis à déloger. Les deux principaux virus de pensée connus et répertoriés sont "Y en aura-t-il assez pour moi ?" et "Suis-je aussi fort que… ?".

Le premier virus, "Y en aura-t-il assez pour moi ?"

Ce virus, dit complexe de l'aîné, survient lorsqu'un nouvel enfant paraît dans une famille. Et que son ou ses aînés se retrouvent comme "détrônés" de l'attention centrale dont ils jouissaient auparavant. En pareil cas, on se sent en droit de se demander si on va désormais en avoir autant que l'autre. Autant de  quoi ? …D'amour, d'affection, d'attention, de nourriture, d'autorité, de pouvoir, de ressources minières, d'accès à la mer… Faites votre choix, la liste est infinie.

Le deuxième virus, "Suis-je aussi fort que… ?

Ce deuxième virus de pensée, dit complexe du cadet, s'attaque en général au "dernier arrivé" dans une famille. Mais aussi une entreprise, une institution internationale, un groupe social quelconque... À tort ou à raison, ce nouveau venu s'imagine parfois qu'il va lui falloir veiller âprement au grain pour se tailler, si nécessaire à coups de machette, la place qu'il croit naturellement lui revenir (…à tort ou à raison, encore une fois). C'est ainsi qu'il peut se retrouver obsédé par la lancinante question du "Suis-je aussi fort que… ?". Fort (...ou pourvu) en quoi ? Là aussi, faites votre marché, tout est bon à saisir en fonction de votre humeur ou de vos frustrations, qu'il s'agisse d'amour, d'affection, d'attention, de nourriture, d'autorité, de pouvoir, de ressources minières, d'accès à la mer… Faites votre choix, la liste est… rigoureusement la même !

Vous ne serez pas surpris d'apprendre que certains chercheurs s'intéressent aux virus de pensée à tous les niveaux… y compris dans les négociations internationales (après tout, il s'agit là d'une grille de lecture de la géopolitique pas spécialement plus inadaptée que les autres…).

Ils sont partout, ces gens-là...

Si c'était encore nécessaire, rappelons qu'en cette période d'incertitude et de crise des valeurs, il se trouve en ce bas monde de plus en plus de personnes attirées par le domaine du  développement personnel (que ce soit l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique [PNL], le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène, le yoga, et des dizaines d’autres). D'une certaine façon, cela peut leur donner l'impression d'avoir, disons une certaine "longueur d'avance" dans leur vie de tous les jours, pour communiquer avec les autres dans un état d'esprit où respect, bienveillance, tolérance, et encore une fois prise en compte de nos propres besoins et de ceux de notre alter ego trouvent toute leur place.

...Et ils peuvent même être dangereux !

À une condition toutefois : celle d'avoir fait suffisamment de chemin pour avoir intégré, digéré, et mis à profit tous les bienfaits qu'on peut attendre de telles pratiques dans une compréhension sincère de nos intérêts mutuels et réciproques. Faute de quoi, ils risquent fort de se comporter de manière aussi inconsidérée que ces savants fous qui commandent des machineries infernales dont la portée réelle leur échappe. Du même coup, ils accréditent chez leurs semblables l'idée que tout ça, c'est uniquement fait "pour mieux manipuler les autres"… Ce qui est particulièrement dommageable (Cf. le paragraphe intitulé "Les bouchers et les criminels" dans cet article, paru récemment ici sur un sujet connexe).

Le requin déguisé en dauphin. Un des nombreux noms du pervers narcissique.

Le cinquième personnage est un nouvel animal sorti des abysses du développement personnel : il s'agit d'un requin déguisé... en dauphin !

Lorsque toutes ces conditions de saine et juste compréhension ne sont pas réunies, et Dieu sait que c'est hélas encore trop souvent le cas, la personne en question n'aura aucun scrupule à utiliser toutes ces techniques à son seul profit, à des fins de manipulation et, cerise sur le gâteau, sans même avoir l'air d'y toucher ! Et si elle-même se trouve atteinte par un virus de pensée, alors là c'est le pompon, cela ne fera que mettre de l'huile sur le feu.

En pareil cas, elle passera très vite maître dans l'art de semer autour d'elle de la culpabilité, du ressentiment, de la mésentente, ainsi que et tout un tas de sentiments désagréables et surtout improductifs (rien n'est plus contagieux qu'un virus de pensée... je vous aurai prévenus !), tout ceci afin de mieux lui permettre d'avancer elle-même, pendant ce temps, ses propres petits pions sur l'échiquier de la vie, en toute tranquillité, au besoin avec la main sur le cœur, tel un requin pourvu des toutes nouvelles armes du marché.

Avec, en prime, un cynisme dont elle n'aura parfois même pas conscience, forte qu'elle sera du sentiment de mériter à elle seule tous les droits du monde, toute à son sentiment d'être dans un en état de "manque menant à de l'avidité" perpétuel.

Grand vizir, dites-vous ?...

Ces destructeurs malheureux n'en ayant jamais assez, ils pratiquent volontiers le culte du "toujours plus". Étrangement, d'une manière paradoxale, cela provient le plus souvent d'une croyance limitante dans leurs propres capacités (voir la légende des deux oasis...).

À l'image du Grand Vizir Iznogoud, les requins déguisés en dauphins endossent volontiers les habits de ce petit personnage de bande dessinée dont l'obsession était très précisément "…d'être calife à la place du calife", et qui, prêt pour cela à commettre les pires infamies et turpitudes, se retrouvait souvent la risée de tous. Quand il s'en rendait compte, cela ne faisait que le rendre encore plus teigneux et irascible… Ensuite il retournait comploter avec ses sbires, toujours au service de sa stratégie de bazar…

Un pervers narcissique ?

On m'a assuré que ce genre d'individu, parfois appelés pervers narcissique, pullule dans les sphères du pouvoir, et qu'en certains cas il en est qui arriveraient ainsi à se hisser jusqu'aux plus hautes fonctions, voire à s'y maintenir. Mais cela a sans doute dû se produire sous d'autres latitudes, parce que là, non, franchement, je ne vois pas… 🙂

Depuis quelque temps, cet animal semble vouloir coloniser la planète… Que font les écolos ?

Étrangement, depuis quelque temps, il m'a été donné de voir poindre le nez de plusieurs de ces requins déguisés en dauphins. En général je les vois arriver à trois kilomètres et ils ne m'impressionnent nullement. Mais il m'est arrivé d'être bien malgré moi le témoin des dégâts qu'ils occasionnent auprès de mes semblables…

Je m'en suis ouvert à nombre de mes amis, collègues, contacts et autres petits camarades du net. Apparemment, la plupart d'entre eux semblent partager mon sentiment. L'un d'eux (David Faessler) m'a même tout récemment répondu (texto) que la prolifération de ce genre de calife devient inévitable, au point qu'il est impossible de croiser une personne n'en ayant jamais rencontré ! Le pire étant qu’on les retrouve parfois dans des postes hiérarchiques et stratégiques des entreprises, là où cela fait le plus de dégâts (sic).

La taxonomie n'est visiblement pas à jour...

Hélas, curieusement, malgré cette apparente convergence de points de vue, je n'ai jusqu'à ce jour trouvé mention de cet animal nulle part, dans aucune nomenclature, taxonomie, ou autre inventaire. J'attends ce moment avec d'autant plus de jubilation et d'impatience que derrière ma petite lorgnette (...qui vaut ce qu'elle vaut, et vice-versa) j'ai la très désagréable impression que, depuis ces derniers temps, le requin déguisé en dauphin a nettement tendance à se reproduire à vitesse grand V et à envahir nos campagnes (pas seulement électorales) à une cadence vertigineuse.

Ne serait-ce que pour cette raison, il mériterait largement de figurer à son tour au programme de tout bestiaire présenté dans un programme de formation en développement personnel (...pour ma part, je m'efforce systématiquement de le faire lors de mes interventions sur ce genre de sujets… cela me semble relever d'une question de salubrité publique). À mes yeux il y a toute sa place.

Mais bon, ce que j'en dis, hein ? …

filet

Couverture du livre "Construire et animer une session de formation (2e édition) par Bernard Lamailloux

 

 

Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2018 (2e édition, ) chez DUNOD.

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