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Apprendre Mieux

Apprendre Mieux  (54 articles)

Apprendre Mieux est une traduction française de l’expression anglophone ‘accelerative learning’. Il s’agit d’un ensemble de techniques, modèles et méthodes permettant à chacun d’apprend mieux, plus efficacement, plus rapidement et plus durablement… sans s’apercevoir qu’on apprend !



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Non, l’ennui n’est pas une fatalité…

Ah là là, que d'émotions...

Dans mon dernier billet je vous faisais part de mes sentiments mitigés après trois séances MOOC ITyPA.

J’y évoquais ce qu’il faut bien appeler l’ennui que je ressentais de plus en plus lors du visionnage des dernières séances, après l’enthousiasme des débuts. Plusieurs personnes ont eu la gentillesse de me faire part de leurs propres réactions, sur ce blog ou ailleurs, en me suggérant parfois de mettre un peu d’eau dans mon vin, au motif que, bah, quand on assiste à un cours on s’ennuie forcément un peu, que si on s’ennuie il faut s’occuper utilement en prenant des notes, et qu’après tout il faut bien « faire avec » parce que… parce que c’est un peu la loi du genre.

Aussi j’aimerais aujourd’hui vous raconter une histoire... vraie .

 

Histoire d’un vieux monsieur

Un vieux monsieur s’installe à une table de conférence, face à un parterre de chercheurs en intelligence artificielle. Il parle pendant une heure. Il est filmé par une caméra fixe. Pas vraiment générateur d’engouement comme dispositif. Et pourtant…

…Pourtant un silence religieux se fait immédiatement, dans un climat d’attention bienveillante et détendue. Et le vieux monsieur parle toujours, très simplement, avec des mots de tous les jours, bien que s’adressant à un public averti. Et moi, pauvre clampin derrière son petit PC, je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase amusante de l’écrivain norvégien Gunnar Staalesen : « Les tableaux aux murs, tous dans des cadres dorés, étaient dus à des peintres si renommés que même moi j`arrivais à les reconnaître. »

Mais revenons à notre vieux monsieur. Sans jamais se départir d’un sourire lumineux (parce qu’authentique), il nous donne de précieux éclairages sur un sujet qui le passionne, et qui me passionne également, à tel point que j’ai pris l’habitude de visionner régulièrement cette conférence, que je connais presque par cœur maintenant, et bénis ceux qui ont eu le bon goût de l’enregistrer, puis de la mettre à disposition sur YouTube.

Les premières fois j’étais tout simplement scotché à mon fauteuil par la poussée gravitationnelle. Space Mountain à côté, c’est de la bibine. C’est émouvant de se sentir ainsi tiré vers le haut. Émouvant parce qu’il est somme toute assez rare de ressentir avec une telle jubilation le plaisir d’apprendre et de comprendre.

Aucune envie de zapper sur d’autres onglets de mon navigateur… Aucune envie de prendre des notes non plus, enfin, la première fois du moins. Quelque-chose me dit que même ceux qui ont en général la bougeotte en pareil cas se comporteraient tout autrement ici… Allez, je prends le pari que même Christine Vaufrey, qui a eu la gentillesse de confier ici qu’elle était sujette à ce virus, ne bougerait pas un cil 😉

Le vieux monsieur continue de parler. Il présente simplement le plan de son intervention, chaque « chapitre » a droit à son introduction, son développement, sa conclusion en bonne et due forme, et même une petite phrase qui fait impeccablement le lien entre ce qui précède et ce qui va suivre. Il y a là un vrai souci de nous prendre par la main, en douceur, de ne jamais nous perdre, sans avoir l’air d’y toucher. Vous savez, un peu comme le si rassurant petit rond bleu « Vous êtes ici » qu’on voit parfois sur les plans de ville affichés dans la rue… Pourtant, pas une seule fois on ne voit le monsieur consulter ses notes !

Ah, les notes, parlons-en : les autres fois, en re-visionnant la conférence, je n’ai pas pu résister à la tentation d’en prendre, des notes, histoire de pouvoir m’en repasser quand même une petite couche pendant les moments où je dispose de moins de temps. À toutes fins utiles, j’ai mis ça dans un dossier public sur un bout de cloud, si ça vous intéresse servez-vous.

Voilà. C’est terminé. Le vieux monsieur a fini de parler. Toute la salle l’applaudit, longtemps, debout. Lui regarde tous ces gens avec émotion et gentillesse, un peu gêné, tout en dodelinant doucement de la tête pour les remercier de leur attention. À ce moment précis, ce n’est plus un vieux monsieur, c’est un tout jeune homme.

Cela se passe en décembre 2007, pour les 40 ans de l’INRIA. La conférence s’intitule « Les nouvelles technologies, révolution culturelle et cognitive ».

Le monsieur s’appelle Michel Serres.

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ITyPA sympa ce MOOC épisode 2….

Jeudi 11 octobre 2012 - Deuxième rendez-vous avec mes petits camarades (et profs) virtuels. Il paraît que cette fois-ci, l'audience de notre première rencontre  a été pulvérisée, et que ce sont plus de 1000 fonds de culottes (dont le mien 🙂 qui sont en train de s'user sur les e-bancs de ce machin bizarroïde... Cette fois-ci j'ai compté huit intervenants, toujours sous la houlette débonnaire de Christine Vaufrey.

Ce hangout public m'a laissé sur une bonne impression... On sent bien qu'l y a un fil conducteur, que les intervenants savent plus ou moins où ils veulent en venir... En même temps, je n'ai pas pu m'empêcher de comparer (plus ou moins consciemment) avec les émissions télé en multiplex, où des pros de la prise de parole la prennent au vol, se la rendent, se la réapproprient avec une maestria qui laisseraient pantois tous les ceussses qui veulent s'occuper de notre "temps de cerveau disponible" avec l'air de ne surtout pas y toucher 🙂

Là c'est tout à fait différent : On sent qu'on est en train de vivre un moment historique (rappelons que nous assistons en direct au premier mooc francophone, tout de même...) dont le seul fait qu'il ait lieu sous nos petites mirettes z-et oreilles ébahies ferait frémir d'émotion tout tout e-pédagogue (ou pas e- d'ailleurs, y'a pas d'raison) qui se respecte en ce bas monde. Plus tard nous dirons tous, la larme à l'oeil, à nos petits enfants "J'y étais !". Donc, c'est du vrai grand moment moulé à la louche, du vrai, du lourd, y'a pas à mégoter...

Et en même temps on n'est pas à la télé, mais alors pas du tout : d'où de charmantes petites hésitations proférées par une grande partie des intervenants, des "heu", des "eh bien", et autres "oui... en fait, c'est-à-dire" (sans parler des temps morts) qui ne sont pas sans nous rappeler l'époque héroïque des radios libres (...si ça se trouve, lors les premiers gazouillis des radio amateurs, ça devait être déjà de ce tonneau-là 🙂

Qu'importe, ne boudons surtout pas notre plaisir. Même les petits côtés brouillons dont je viens de parler m'émeuvent au plus haut point, parce que bien  au-delà (ou à cause) de tout ça, j'ai ressenti justement à fleur de peau la sincérité, l'envie de partager, d'être ensemble, et ma foi, j'ai trouvé que dans l'ensemble, ça l'fait !

D'autant plus que mine de rien des choses très sensées ont été dites pendant la "retransmission", notamment une torsion de cou en bon uniforme pour quelques idées reçues sur le net (du style "...il ne faut surtout pas que je me connecte sous mon vrai nom, sinon tout va pouvoir être retenu contre moi". Eh oui, il s'agit là d'une des multiples formes que revêt l'obscurantisme des temps modernes ! ).

Eh bien, du coup j'ose prétendre que même si cette joyeuse causerie brouillonne au coin d'un méga-feu de 1000 pékins ne servait qu'à ça aujourd'hui, eh bien ce serait toujours ça de pris. Et c'est beaucoup.

Et puis question organisation, nos amis... euh, organisateurs, donc, n'ont pas encore dit leur dernier mot, surtout qu'à ce que j'ai compris, la parole allait être donnée à nous autres (c'est-à-dire les 992 autres qui causent pas encore dans le poste 🙂  dans une approche résolument socio-constructiviste et assez révolutionnaire, à savoir que c'est nous-mêmes, apprenants de tout poil qui allions contribuer à construire le contenu du cours (voilà qui est des plus réjouissants !).

Ainsi je compte bien m'installer jeudi prochain devant mon petit ordi au fond de ma pinède, à l'heure habituelle (18 h heure légale française) pour assister au prochain épisode de ce show interactif, réjouissant, jubilatoire et roboratif, qu'on se le dise.

Bien entendu je ne manquerai pas de vous faire part de mes impressions !

Et au moins, pendant qu'on est là-devant, on n'est pas devant la télé... c'est toujours ça de pris !

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Pédagogie, je me marre…

bonhomme à cheveux d'herbe

Dans cet article, je vais tenter d'expliquer en quoi les spécialistes des sciences de l'éducation peuvent, avec les meilleures intentions du monde, taper parfois "à côté de la plaque", du moins à mes yeux.

Il se trouve qu'en 2008, après avoir traîné derrière moi une expérience de plus de 20 ans de formateur "autodidacte  baroudeur et tout-terrain" (...nous sommes très nombreux dans ce cas) j'ai éprouvé le besoin de suivre un parcours universitaire, pour plusieurs raisons, la principale tenant dans ma volonté de donner une base théorique à mon propre parcours tout en le "légitimant" aux yeux de ce qu'on appelle la doxa (ou, si l'on préfère, les milieux autorisés, comme disait le regretté humoriste).

Je menais alors une vie trépidante, dispensant pour le compte de mon employeur d'alors des séances de formation en "face-à-face" se tenant dans un rayon de 320 kilomètres, pour un public de cadres et employés, et ceci 3 semaines sur 4. Un travail pas précisément "de tout repos", donc.

Et très régulièrement, une semaine sur 4 donc, je quittais mes attributs de formateur pour aller changer d'activité en suivant les enseignements de l'université à laquelle je m'étais inscrit (j'ai même tenu un blog à cette époque, sorte de e-portfolio si on voudra). Le pauvre naïf que j'étais encore s'attendait (c'est le minimum) à y apprendre un certain nombre de choses en rapport avec le métier de formateur (grilles de lectures, méthodologies, outils exploitables en situation... que sais-je encore ?)

Certes, on m'avait prévenu mille fois que j'étais là pour trouver avant tout de quoi étayer ma démarche empirique en lui donnant une base théorique. Mais tout de même... Qu'ai-je appris au juste, au bout du compte ? Pour vous faire partager mon ressenti, tentons une métaphore :

Si un formateur montait des meubles...

Imaginez un jeune employé en période d'essai, fraîchement embauché chez IKEA pour installer des meubles, et à qui son nouvel entourage professionnel dit "Tu verras, c'est très simple, toutes nos notices sont accessibles partout : dans tous les magasins, dans nos usines, et même sur le net"...

À la suite de cela, voulant réaliser le montage de son tout premier meuble, notre employé se met à chercher, chercher, pour finir par tomber sur tout un tas de publications tournant autour du pourquoi et du comment de l'art de rédiger une notice de montage, ou encore sur les différentes typologies de notices, voire sur l'évolution du concept de notice à travers l'histoire... et tout à l'avenant.

Tout cela est bel et bon, se dirait l'impétrant, je vois bien qu’à l’évidence des tas de gens se sont doctement penchés sur le sujet en question, l’ont posé sur le billard, puis l'ont décortiqué dans ses moindres détails, si bien qu’à l'arrivée on voit bien qu'ils semblent tous surfer là-dedans avec aisance sans même se mouiller le maillot…

Hélas, tout cela ne résout absolument pas mon propre problème, qui est beaucoup plus basique : Je suis en effet aux prises avec une situation très concrète, et – qui plus est – sous la douce pression de mes nouveaux supérieurs, situation qui tient en quelques mots  : Comment dois-je m'y prendre pour monter ces foutus meubles ? Y a-t-il un mode d'emploi ? Une notice, toute simple, existe-t-elle, et si oui, où donc ? Au secours, y'a quelqu'un ?...

« Ceux qui savent font, ceux qui ne savent pas enseignent », disait George Bernard Shaw. C'est un peu court, un peu brutal, très irrévérencieux mais hélas parfois vrai ! Aujourd’hui encore, le Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? se porte à merveille, notamment chez une certain nombre de ceux qui se donnent pour objectif d'explorer les pourquoi et les comment des situations d'apprentissage…

Il est parfois bien confortable de se réfugier dans l'analyse. Notamment lorsqu’au passage cela permet d'éviter de se mettre les mains dans le cambouis, ou d’éluder une question centrale, comme l'illustre la petite métaphore qui suit :

Histoire de l’homme tombé dans un trou

Un homme tomba dans un trou et se fit mal.

Un cartésien le vit et lui dit : « Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez du voir ce trou ».

Un spiritualiste se pencha et dit  :« Vous avez du commettre quelque péché ».

Un scientifique calcula la profondeur du trou.

Un journaliste l’interviewa sur ses douleurs.

Un yogi lui dit : « Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur ».

Un médecin lui lança deux comprimés d’aspirine.

Une infirmière s’assit sur le bord et pleura avec lui.

Un thérapeute l’incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans ce trou.

Une pratiquante de la pensée positive l’exhorta : « Quand on veut, on peut ! »

Un optimiste lui dit :  « Vous auriez pu vous casser une jambe ».

Un pessimiste ajouta : « Et ça risque d’empirer ! »

Puis un enfant passa et lui tendit la main pour l’aider à sortir...

Voilà, j'espère vous avoir donné une idée de ce que j'ai appris, et surtout de ce que je n'ai pas appris à cette occasion-là. Depuis, à chaque fois que je rencontre une situation de ce type, cela a au moins (en creux) le mérite de me faire gagner un temps fou, en m'évitant de me fourvoyer dans des impasses, comme quoi, au bout du compte, d'une façon ou de l'autre on apprend toujours !  Quelque chose me dit que je suis loin d'être le seul dans ce cas. J'assume parfaitement la teneur de ces propos. De toute façon, comme le disait Marcel Gotlib, "Que celui qui me jette la première pierre vienne me le dire en face !".

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Qu’est ce qui est le plus efficace : un jeu de formation ou une vidéo d’instruction ?

Retranscription d'un article de Thiagi, le génial inventeur des jeux-cadres.
Traduction de Bruno Hourst ("Etes-vous pomme ou orange ?")

 

 

Une question récurrente

Qu’est ce qui est le plus efficace : un jeu de formation ou une vidéo d’instruction ? Beaucoup de gens m'écrivent pour me demander de donner des preuves (issues de la recherche scientifique) que les jeux de formation sont meilleurs que tout autre type de stratégie de formation. Cette question ressemble beaucoup à une autre question : Qu’est-ce qui est le meilleur, les pommes ou les oranges ? À l’évidence, la réponse dépend d'un certain nombre de facteurs.

  • De quelle variété de fruit parlons-nous ? J'aime les pommes Golden Delicious, mais je déteste la variété Granny Smith. J'aime les oranges maltaises, mais pas la variété à peau épaisse.
  • Quel est le but que nous recherchons ? Les oranges sont très appréciées en jus au petit déjeuner, mais beaucoup moins pour faire des tartes.
  • De qui sommes-nous en train de parler ? Certaines personnes préfèrent les oranges, et d’autres préfèrent les pommes. Et certaines autres personnes n'aiment ni l’un ni l’autre de ces fruits. Et d’autres encore sont allergiques à l'un ou à l'autre. La comparaison entre les jeux de formation et l’utilisation de vidéos (ou de conférences, ou de manuels, ou d’ateliers de thérapie comportementales ou de toute autre stratégie de formation) est tout aussi sensée que de comparer des pommes et des oranges.

De quel type de jeu parlons-nous ? 

Quand nous parlons de jeux de formation, qu’est-ce que cela signifie exactement ? À ce jour, j'ai travaillé sur plus de 60 stratégies interactives expérimentales, qui peuvent toutes s'inscrire dans la définition habituelle du jeu de la formation. À l’évidence, il y a une énorme différence entre un jeu de simulation qui reflète d’aussi près que possible des méthodes de travail réelles, et un ice-breaker de début de formation. De même, de quoi parlons-nous lorsque nous utilisons le terme de vidéo ? S’agit-il de la vidéo d’une conférence donnée par un expert, ou un documentaire primé sur les comportements créatifs, ou encore d’un extrait d'un long métrage utilisé pour illustrer un contenu pédagogique ? Que diriez-vous d'une vidéo qui présente différentes situations clé de la relation client, où l’on fait une pause après chaque situation, où des équipes analysent la situation et formulent des recommandations, puis marquent des points selon la similitude entre leurs recommandations et celles d’un panel d'experts ? Est-ce que nous classerons cette technique hybride en jeu de formation ou en vidéo d’instruction ?

Une méta-analyse des différentes techniques de formation

Il y a quelques années, mon ami Richard Clark, de l'Université de Californie du Sud, a fait une méta-analyse des recherches menées sur la comparaison entre différents supports de formation, tels que le film éducatif et l'enseignement en classe. Sans surprise, Clark est arrivé à la conclusion que les moyens utilisés ne font aucune différence. Ce qui fait la différence, ce sont les caractéristiques spécifiques du moyen utilisé. Par exemple, nous pouvons utiliser une approche de type « apprentissage par la découverte » avec un film éducatif ou par une leçon en classe. Le facteur essentiel n'est pas le moyen utilisé, mais une caractéristique spécifique du moyen utilisé. Si l'on extrapole les résultats de Clark à notre question initiale, nous en conclurons que ce n'est pas les jeux de formation qui sont importants par eux-mêmes, mais des caractéristiques des jeux (tels que la participation active, le fait de marquer des points, l'interaction entre les membres de l'équipe ou la compétition entre les équipes). Ce ne sont pas les vidéos en tant que telles qui feront la différence, mais des caractéristiques essentielles des vidéos (telles que le réalisme, le mouvement, ou la mise en œuvre des capacités audiovisuelles).

Quel but recherchons-nous ?

Qu’un jeu soit plus efficace qu'une vidéo dépend également du but pour lequel ce moyen est utilisé. Un jeu de simulation est efficace lorsqu'il est utilisé pour aider les participants à acquérir certaines compétences. Toutefois, il serait inefficace pour aider les participants à se connaître les uns les autres au début d'une session de formation. Un ice-breaker répondra à un vrai besoin pour faire entrer les participants dans le sujet de la formation, mais sera perçu comme complètement stupide s’il est utilisé au milieu d’une formation pour faire une analyse coûts-efficacité. Lorsque l'on compare un jeu de formation à une vidéo, ou un jeu de formation à un autre jeu de formation, ou une vidéo à une autre vidéo, il est important de préciser la raison pour laquelle telle ou telle technique de formation est utilisée.

De quels participants parlons-nous ?

Différentes personnes réagissent différemment au même jeu de formation. Par exemple, un jeu qui motive un groupe de jeunes cadres dynamiques français pourra être perçu comme gonflant et hors de propos par les employés d’une administration américaine, et carrément agressif pour un groupe de techniciens japonais. De même, une vidéo qui enthousiasme un groupe de jeunes adultes pourra plonger dans une grande perplexité un groupe de personnes âgées. L'inverse pourra également être vrai : une vidéo qui plaira aux babyboomers pourra définitivement tuer d’ennui des membres de la génération Nintendo.

Proposons une réponse

Comparer les jeux de formation avec d’autres techniques de formation n’a donc pas grand sens, à moins de préciser exactement :

  • Les caractéristiques particulières, du jeu de formation envisagé et de l'autre technique
  • Le but pour lequel on souhaite utiliser le jeu de formation ou telle autre technique de formation
  • Qui seront les participants du jeu de formation ou de telle autre technique de formation.

Nous pouvons donc reformuler ainsi notre question initiale, à travers un exemple : laquelle de ces deux techniques est plus efficace pour aider un groupe d'employés d'hôtel expérimentés à acquérir des compétences dans leur service à la clientèle : un jeu de simulation authentique, qui intègre des incidents représentatifs et comprend un long débriefing structuré par un animateur expert, ou une vidéo présentant différents cas, des graphiques et les explications, suivie d'une discussion en groupe ? Ainsi posée, la réponse à la question est évidente : les deux techniques pourront être tout aussi efficaces l’une et l’autre.


Sivasailam Thiagarajan (alias Thiagi) est indien, il vit au Etats-Unis. Maître incontesté des jeux pour l’entreprise et l’enseignement, il a particulièrement développé le concept de jeu-cadre et continue de concevoir de nombreux jeux dans tous les champs de la formation et de l’enseignement.

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