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Développement personnel

Développement personnel  (69 articles)

Appelé ‘croissance personnelle’ par les canadiens francophones, le développement personnel peut être défini comme un ensemble de démarches visant à l’épanouissement de la personne vers ce qu’elle aspire à devenir. Développement s’oppose à « enveloppement ».



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Le jeu «Avez-vous des questions ?» La pêche miraculeurse [ressource pédagogique]

5 questions pur des champoions - vue de la célèbre émission TV

La plus grande difficulté dans ce monde, ce n’est pas notre capacité à produire, mais notre réticence à partager.  [ Roy Lemon Smith]

Cet article a précédemment été publié par l'auteur, sous une forme légèrement différente, chez Joueb, puis chez WordPress.

Cinq questions pour des champions

Voici un fantastique jeu pédagogique auquel je me suis souvent livré auprès d’un public d’adultes en situation de formation. Il a été inventé par l’américain d’origine indienne Sivasailam Thiagarajan  (dont il a été plusieurs fois question sous ces lignes), alias Thiagi, génial découvreur du concept des « jeux cadres ».

Les français appellent le plus souvent ce jeu Question à foison», ou encore « Cinq questions pour des champions». En voici le principe. Lire plus

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Rapports parents-enseignants-élèves : Lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils

Les rapports entre parents, enseignants et élèves sont une chose qui ne va pas de soi. De plus en plus souvent, ils finissent par prendre la forme ce qu'on appelle un triangle dramatique. Force est de constater que de nos jours l'enseignement est de moins en moins sacralisé, et à plus forte raison les enseignants...

Sans nous en rendre compte, presque sans transition, nous nous sommes brutalement retrouvés plongés dans une époque singulière à bien des égards. Il n'est pas si loin de nous, ce temps où les parents d'élèves avaient pour habitude de "doubler le tarif" de la moindre sanction infligée à leur progéniture sans même prendre la peine de savoir de quoi il retournait, par un réflexe de solidarité sans faille envers l'instituteur, qui se retrouvait de ce fait investi de tous les pouvoirs.

Aujourd'hui, il semble que nous ayons basculé sur une toute autre planète. Ainsi que l'écrivait Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la république dans son dernier rapport, «[...] nous sommes entrés dans de nouveaux rapports aux autresOn veut tout, tout de suite. On a du mal à se soumettre aux règles du collectif. Alors, des tensions binaires apparaissent partout :  magistrats-justiciables ; soignants-soignés... professeurs-élèves ».

Interrogé à plusieurs reprises sur ce dernier point,Jean-Paul Delevoye a déclaré en substance qu' en tant que parents, notre vision de l'enseignement et le regard que nous portons sur les enseignants a tellement changé qu'aujourd'hui nous n'attendons plus nécessairement d'un enseignant qu'il soit pédagogue, mais plutôt qu'il "mette 20 sur 20 à notre enfant, afin que celui-ci soit mieux armé à affronter la dure vie qui l'attend"... Tout est dit.

Ainsi, ce pauvre enseignant est de plus en plus souvent considéré comme un simple prestataire de services, censé tenir le plus grand compte de la moindre de nos injonctions qu'il devrait appliquer sur le champ sans discussion possible. Ce n'est pas difficile de l'imaginer : certains d'entre eux reçoivent ainsi des courriers de parents contenant les requêtes les plus surréalistes qui soient.

Autres temps, autres mœurs... Maintenant, si vous le voulez bien, je vous propose un voyage dans le passé, un saut de plusieurs générations allant... jusqu'au XIXe siècle. Vous trouverez sous ces lignes la transcription d'une lettre qui aujourd'hui peut sembler étrange à bien des égards. Elle aurait été expédiée par Abraham Lincoln (1809-1965), 16e président des États Unis, à l'attention du professeur de son fils. Je vous laisse découvrir ça :

left_guillemet._transIl aura à apprendre, je sais, que les hommes ne sont pas tous justes, ne sont pas tous sincères.

Mais enseignez-lui aussi que pour chaque canaille il y a un héros; que pour chaque politicien égoïste, il y a un dirigeant dévoué…

Enseignez-lui que pour chaque ennemi il y a un ami.

Éloignez-le de l'envie, si vous pouvez, enseignez-lui le secret d'un rire apaisé.

Qu’il apprenne de bonne heure que les despotes sont les plus faciles à flatter…

Enseignez-lui, si vous pouvez, les merveilles des livres…

Mais laissez-lui un peu de temps libre pour considérer le mystère éternel des oiseaux dans le ciel, des abeilles au soleil, et des fleurs au flanc d’un coteau vert.

À l'école, enseignez-lui qu’il est bien plus honorable d'échouer que de tricher…

Apprenez-lui à avoir foi en ses propres idées, même si tout le monde lui dit qu’elles sont erronées…

Apprenez lui à être doux avec les doux, et dur avec les durs.

Essayez de donner à mon fils la force de ne pas suivre la foule quand tout le monde se laisse entraîner…

Apprenez-lui à écouter tous les hommes mais apprenez-lui aussi à filtrer tout ce qu'il entend à travers l’écran de la vérité, et à en recueillir seulement les bonnes choses qui passent à travers.

Apprenez-lui si vous pouvez, à rire quand il est triste…

Apprenez-lui qu’il n'est aucune honte à pleurer.

Apprenez-lui à se moquer des cyniques et à prendre garde devant une douceur excessive…

Apprenez-lui à vendre ses muscles et son cerveau au plus haut prix, mais à ne jamais fixer un prix à son cœur et à son âme.

Apprenez-lui à fermer les oreilles devant la foule qui hurle et à se tenir ferme et combattre s'il pense avoir raison.

Traitez-le doucement, mais ne le dorlotez pas, parce que seule l’épreuve du feu forme un acier fin.

Qu’il ait le courage d'être impatient et la patience d’être courageux.

Apprenez-lui toujours à avoir une immense confiance en lui-même, parce que dès lors, il aura une immense confiance envers l'Humanité.

C'est une grande exigence, mais voyez ce que vous pouvez faire…

Il est un si bon garçon, mon fils !right_guillemet_trans

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Nous sommes tous des aveugles à l’intérieur d’une boîte noire

Le 12 janvier 2002, je démarrais un cursus de développement personnel qui allait durer deux années, lesquelles comptent encore aujourd'hui parmi les plus importantes de ma vie. Ce jour-là, nous étions une vingtaine d'inconnus réunis autour d'une animatrice qui nous expliquait (entre autres) que le développement personnel est une chose qui permet à chacun d'entre nous de devenir plus tolérant.

Ben tout de même, si j'avais besoin d'être plus tolérant, je m'en serais rendu compte, non …?

"Tolérant ? Quel besoin ai-je de devenir plus tolérant ? Je n'ai pour ma part aucun problème avec la tolérance. La preuve : lorsque je dépose un bulletin de vote dans une urne, je ne donne jamais mes suffrages aux candidats populistes !"

…Voilà ce que je me souviens fort bien avoir pensé à ce moment-là, sans rire. Par la suite, les occasions de me remémorer cet épisode en étant rouge de confusion ont n'ont pas manqué. Elles ont été fort nombreuses et riches d'enseignements, je n'ai pas peur de l'avouer.

En effet, chacun d'entre nous estime le plus souvent être tout naturellement pourvu d'une espèce de "juste milieu" en matière de tolérance, comme il en va de même à propos de nombreux autres sujets. Oui, j'écris "juste milieu" parce que, n'est-ce pas, il ne faut pas exagérer non plus, pas vrai ?

"Ah, ces américains…"

Prenons un exemple de flagrant délit d'intolérance ordinaire : combien de fois n'ai-je pas entendu proférer de jugements définitifs et à l'emporte-pièce à propos des américains (comprenez "états-uniens") ? En effet, il m'est arrivé d'entendre certaines personnes affirmer tranquillement et sans faire dans la dentelle que "Les américains sont ceci… les américains sont cela…". Et quand je m'en étonne, en demandant "...Ah bon, TOUS les américains ?", mes interlocuteurs me regardent en général d'un air désolé, comme s'ils avaient affaire à un non comprenant, et admettent du bout des lèvres que certes, il "y en a des bien", mais que bon, ce n'est certes pas le cas de la majorité sinon "ça se saurait"

Le pire, c'est que ces tristes sires ne se rendent même pas compte qu'il suffirait de reprendre leurs propres paroles, sans en changer une virgule, sauf à troquer "américains" par un bon nombre d'autres nationalités ou ethnies pour les faire hurler au loup, et les propulser derechef dans une forme d'activisme contre l'intolérance et l'étroitesse d'esprit qui, décidément, gangrènent de plus en plus les esprits par les temps qui courent, ma pauvre dame…

Ah… si seulement vous connaissiez le mien…

Will

Le plus drôle c'est qu'il se trouve que j'ai précisément en stock (…que l'intéressé veuille bien me pardonner cette affectueuse familiarité) un américain qui se trouve justement être une des personnes les plus tolérantes de ma connaissance. Mieux : ce garçon fait souvent preuve d'un rare mélange d'intelligence, de sensibilité et de hauteur de vue qui force le respect. Et je ne vous dis rien de sa gentillesse.

Permettez-moi de vous présenter Will, donc. Will est un retraité américain qui a exercé la profession de sociologue pensant sa vie active. Il vit aujourd'hui en France, à Toulouse, depuis déjà pas mal d'années. Il consacre une grande partie de ses loisirs à l'entretien et au pilotage d'un avion minuscule absolument hallucinant (genre de "voiture sans permis" des airs, si vous voulez). Il passe également beaucoup de temps dans diverses lectures, ainsi que sur le net, où il se documente sur tout un tas de sujets (dont la moitié m'échappe totalement 🙂 ).

Une newsletter qui est aussi une pépite

Régulièrement, Will expédie à une brochette de compatriotes avec lesquels il a gardé le contact un mail (sorte de newsletter, si on veut) dans lequel il note ses propres impressions sur divers sujets concernant notre pays, nos mœurs, l'actualité internationale, ou encore d'une manière générale tout ce qui est dans l'air du temps ou lui vient à l'esprit…

Et il se trouve qu'à ma demande Will m'a fait l'amitié de me compter parmi les destinataires de sa newsletter, dont j'apprécie beaucoup chaque livraison, et qui à mes yeux donne un éclairage souvent révélateur sur un grand nombre de nos travers, petits et grands. J'aimerais tellement que cette newsletter se transforme un jour en blog, afin qu'elle puisse être lue par une audience beaucoup plus large… mais pour l'instant l'intéressé (à qui j'ai timidement suggéré de le faire) se trouve très bien ainsi (que pouvons-nous y faire ? A mon avis, pas grand-chose… tant pis pour nous, donc !).

Le tout dernier numéro est un collector !

La dernière livraison de Will m'a particulièrement frappé. Car c'est tout simplement une perle du genre, à tel point que je n'ai pas pu résister au plaisir d'en faire une traduction en français, pour pouvoir la faire figurer au milieu de ces lignes et vous en faire ainsi profiter. Ayant obtenu son accord, je propose donc sans plus attendre que nous lui laissions la parole.


Le texte de Will :

Bonjour. Il y a quelques mois lors d'une fête d'anniversaire donnée à Paris pour une cousine par alliance, j'ai fait la connaissance d'un universitaire aveugle. J'ai apprécié de rencontrer Jacques parce qu'il a fait des recherches considérables dans l'action non violente en Europe et ailleurs. J'ai aussi appris qu'il a eu une activité de chercheur post doctoral avec un groupe associé à Gene Sharp, à Harvard.

Je possède toute une collection de livres de Gene, avec qui j'ai échangé plusieurs e-mails. J'ai même encouragé son Institution Albert Einstein. Son site Web, plusieurs publications et ateliers proposent des conseils pratiques sur les tactiques et les stratégies de l'action non violente à destination de nombreuses organisations à travers le monde, et plus particulièrement les soulèvements en Europe de l'Est après la chute de l'Union Soviétique et les printemps arabes, mais aussi pour des groupes comme "occupy".

Le voyage de Jacques à travers la cécité

Depuis cette soirée, j'ai acheté l'autobiographie de Jacques, dans laquelle il détaille son voyage à travers la cécité. Il a en effet appris dès l'adolescence que sa vue baissait au point qu'il deviendrait aveugle un jour, mais on ne savait pas combien de temps le processus durerait. En tant qu'universitaire, Jacques se mit à réfléchir sur ce qui se passait pour lui au fil des années. Il avait la fin de la trentaine quand il a fini par perdre complètement la vue.

Au milieu du livre, Jacques déclare qu'il n'aime pas le mot "handicapé". Comme il le souligne, c'est un terme assez vide de sens quand il est employé en dehors d'un contexte précis. En effet, nous sommes tous "handicapés" d'une manière ou d'une autre à différents moments. Pour ma part, j'étais – par exemple – très handicapé au niveau de la langue française à mon arrivée en France.

Où il est question d'une boîte noire…

Plus loin dans le livre, Jacques décrit sa cécité croissante en expliquant que c'est un peu comme "vivre dans une boîte". Comme il ne peut pas voir, il ne sait souvent pas ce qui existe de l'autre côté des murs noirs et vides qui l'entourent. Des choses aussi simples que le fait de voir les gestes du corps des gens et leurs expressions faciales, lesquelles nous donnent autant d'indices pour déterminer le véritable sens d'une parole, sont comme "en dehors de la boîte" pour Jacques.

C'est pareil pour nous !

Alors que je repensais à la situation de Jacques, j'ai pris conscience de ceci : d'une certaine façon, ce que Jacques vit et décrit se vérifie bel et bien pour chacun d'entre nous tous dans un grand nombre de circonstances. Le parcours et le penchant, disons "académique" de Jacques lui procurent d'une certaine manière une conscience accrue de l'expérience et de ses implications, par rapport à la plupart d'entre nous. J'ai été enchanté de découvrir à la fin du livre que Jacques fait un lien entre son expérience progressive de la cécité et l'expérience consistant à vivre dans une nouvelle culture (mon expérience, en fait).

Nous vivons tous dans des boîtes culturelles qui nous empêchent de voir les pans entiers de la réalité qui nous entoure, mais la plupart d'entre nous ne sommes jamais conscients de l'existence même de ces boîtes. Nous ne savons pour ainsi dire jamais à quel point la simple capacité de voir nous rend pour ainsi dire "aveugles" à d'autres types d'expériences. Il en va de même pour la manière dont la cécité permet d'ouvrir les portes à d'autres aspects de la réalité : les odeurs, les sons et le toucher constituent tout autant de moyens d'augmenter notre perception et notre mémoire. De la même façon, le fait de découvrir une autre culture permet de prendre conscience d'un certain nombre de "boîtes culturelles" et ouvre les portes à d'autres façons de voir, d'entendre et de sentir.

Devenir français…

Tout comme Jacques a beaucoup appris de son expérience en devenant aveugle, j'ai de mon côté beaucoup appris de l'expérience consistant à "devenir français". Jacques est devenu plus conscient des boîtes qui limitent toutes nos perceptions, et, dans sa prise de conscience, il s'est trouvé en mesure de repousser les murs de certains de ces boîtes. C'est l'avantage d'une vie consacrée à la réflexion.

Faut-il être stupide, égoïste et muet pour être heureux ?

On entend parfois dire qu'être "stupide, égoïste et muet" résume les trois conditions essentielles au bonheur, ou encore que "l'ignorance est une bénédiction", mais le monde et la vie ont beaucoup plus à offrir à ceux qui, comme Jacques, prennent conscience de leurs propres limites et travaillent à repousser les bords de leurs propres boîtes. Nous ne pourrons jamais échapper aux boîtes, mais nous pouvons jeter un coup d'œil sur les bords et tâcher d'en repousser les murs.

Profitez des merveilles de vos boîtes, mais jetez aussi un œil sur les bords de temps en temps, et, ce faisant, devenez un peu plus conscients de l'infinie beauté de l'univers.

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Décidément, vous en avez une mémoire extraordinaire !

Article précédent : Comment retenir 10 mots très facilement !

Bonjour,

Il est bien connu que tout ce qui permet de tordre le cou aux croyances restrictives des apprenants sur leurs propres capacités est bon à prendre.

Ainsi, il y a quelque temps, il a été ici question d'un moyen infaillible pour booster notre mémoire. De fait, nous avons pu retenir durablement une liste de dix éléments. Et nous avons utilisé la forme des chiffres. Aujourd'hui voici un moyen d'en retenir… cent ! Lire plus

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Ces fameuses croyances limitantes : le top 10

La liberté n'a pas de limites...

Bonjour,

Voilà maintenant longtemps que je vous parle de croyances limitantes. Leur appellation complète est "croyances limitantes sur soi-même". Nous les connaissons bien, et savons à quel point elles peuvent nous pourrir la vie. Or, jusqu'ici, l'idée d'en faire un inventaire ou d'en dresser une liste ne m'était jamais venue...

Mais aujourd'hui je suis tombé sur un article de blog que j'aimerais bien vous faire partager. Il s'agit d'une proposition de "Top 10 des croyances limitantes". Voici cette liste...

C’est dangereux d’essayer quelque chose de nouveau...

Je suis trop vieux pour apprendre quoi que ce soit...

Je ne suis pas assez créatif pour réussir...

Je n’ai pas le droit à l’erreur...

Pour mériter ce que je veux, je dois souffrir...

Si je réussis ce que j’entreprends, je ne serai plus le/la même...

Je suis trop timide pour rencontrer quelqu'un...

C’est du regard des autres que dépend mon épanouissement ou mon malaise...

Je ne suis pas capable de réaliser ce projet ...

Je suis comme je suis. C’est trop tard pour changer.

Vitesse limitée : l'infini !Ajoutons que le concept de croyance limitante y est très bien explicité, et que chacune de ces dix croyances a droit à son petit texte explicatif, ainsi qu'à une proposition de "question qu'on peut se poser (...ou poser à autrui, dans le cadre d'une relation d'aide) pour réfléchir au moyen d'en sortir". Normal, l'auteur (Christophe Peiffer) est un coach professionnel chevronné.

Le lien se trouve ci-dessous :

http://www.leblogdesrapportshumains.fr/top-10-des-croyances-limitantes-sur-soi-meme/

Bien entendu, je vous invite à en profiter pour fouiner un peu partout (comme je l'ai fait) sur ce blog plein de ressources...

Bonne  lecture !

Bien à vous,

Bernard

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Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par une Victime…

Ange qui pleure

Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

 


 

 

Nous le savons tous : le monde entier est un théâtre…

Dès la fin du XVIe siècle, nombre d'auteurs de France, d'Italie et d'Espagne ont nourri sans cesse la notion baroque de "Grand Théâtre du Monde". Même le grand Shakespeare s'y est mis :

« Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles… »

"Comme il vous plaira (As You Like it)", pièce de théâtre écrite vers 1599.

Il ressort de ce principe, en gros, que nous autres, êtres humains, jouons tous un rôle, que ce soit consciemment ou bien malgré nous, sur la grande scène du monde, et nous sommes tous des pantins... dont les ficelles seraient tirées par je ne sais quel grand horloger. Il d'agit là d'une lecture du monde à travers le prisme du théâtre et de la mise en scène. Le comédien et le personnage incarné par celui-ci reflètent l'image du spectateur "leurré"... qui n'est lui-même qu'un acteur de l'univers.

Au début du XXe siècle, Eric Berne (fondateur de l’analyse transactionnelle) a intégré cette notion à sa théorie, et a ainsi mis en évidence les trois fameux personnages du Triangle, "persécuteur, victime, sauveur" dont ıl a déjà été question ici.

Sens de la vie

Mais en quoi consiste un jeu psychologique, exactement ?

Comme chacun le sait, qui dit théâtre dit… coup de théâtre. Ce qu'Eric Berne appelle un jeu psychologique consiste le plus souvent en un mini coup de théâtre, initié par l'un des personnages en présence (persécuteur, victime, sauveur). Voilà comment cela se passe 1: Au début, deux personnes discutent. Pour commencer un jeu, chacun des protagonistes prend inconsciemment l’un des trois rôles du Triangle (en général celui qui a sa préférence). Elles poursuivent leur discussion, l’une comme Persécuteur, l’autre comme Victime par exemple. À un moment donné arrive… le coup de théâtre ! L’un des deux joueurs va "prendre ses bénéfices" : il va changer de rôle et, par exemple, s’il était Persécuteur, devenir une Victime. L’autre accuse le coup, puis "entre dans le jeu" (littéralement !) en changeant également de position, de façon quasi automatique, un peu comme si chaque changement de situation était de nature à nous "aimanter" vers tel ou tel rôle du Triangle dramatique... Les bénéfices dont il est ici question peuvent être variés : revivre un type de relation expérimenté dans l’enfance, obtenir un type de signes de reconnaissance, valider ses croyances sur soi ou sur les autres…

Impasse des pensées

Où trouver des exemples de jeux ?

La littérature, le théâtre, le cinéma en fourmillent ! Que ce soit dans l'œuvre de Shakespeare ou la célèbre série télé "Caméra Café", les jeux psychologiques sont une source incessante d'inspiration. Si vous avez encore en mémoire l'article précédent, vous vous souvenez peut-être que l'acteur Gérard Jugnot nous en a donnés quelques-uns à voir, sans toutefois les nommer précisément (soyez rassurés, vous serez bientôt à même de le faire). Mais il se trouve que notre vie de tous les jours est également une source incessante d'inspiration, et de taille (ne parle-t-on pas, par exemple, de "scènes de ménage" ?). Il suffit donc de regarder autour de soi… de se regarder soi-même, et d'être attentif, pour pouvoir observer les jeux psychologiques en action. En voici un exemple :

Un jeu décortiqué : le sketch « la scène »2

Rôles tournants : Persécuteur (P), Victime (V), Sauveteur (S).

Le père (P) à sa fille (V) : « Tu rentres à 4 heures du matin, à ton âge, tu n’as pas honte ? »

La fille (P) au père (V) « Eh bien justement, je n’ai pas ton âge, j’appartiens à la jeunesse ! »

Le père (P), en la giflant : « Je n’admets pas que l’on me parle sur ce ton ! File dans ta chambre immédiatement ! ».

La fille (V) : « Puisque c’est ainsi, demain je fais ma valise et je m’en vais ! ».

La fille part s’enfermer dans sa chambre, et la mère intervient pour la consoler (S) : « Ne t’inquiète pas, Carole, je vais parler à ton père. Il est parfois brutal et ne comprend pas toujours bien les jeunes, mais il t’aime, tu sais ? ».

Un peu plus tard, la mère (P) au père  : « Tu ne crois pas que tu exagères un peu ? Elle a 17 ans, ce n’est plus une enfant ! »

Le père (V) : « Parfait ! Vous vous liguez toutes les deux contre moi maintenant ! ».

Le lendemain, la fille (S) au père : « Je te propose un armistice papa, je t’aime bien, mais j’aimerais te parler à propos d’hier... »

Le père (V) : « J’ai exagéré, je ne voulais pas m’emporter. Excuse-moi, mais je suis énervé en ce moment. ».

D’après Eric Berne, ces trois personnages revêtent ici tour à tour les « masques » des personnages du Triangle Dramatique dans le but d’échapper à une communication véritable, qui les contraindrait à parler des véritables problèmes qui se présentent à eux (en l’occurrence, la fille qui grandit, qui n’est plus une enfant…), et qui est trop émotionnellement coûteuse pour chacun d’entre eux…

Le sketch précédent ayant été initié par un personnage en posture de persécuteur, il sera répertorié dans le "Répertoire des jeux de persécuteur", que nous publierons bientôt. Mais il a été suffisamment question de persécuteurs dans les articles récemment parus. Cette fois-ci, je vous propose de vous intéresser plutôt au…

Répertoire des jeux psychologiques initiés par une Victime (selon Eric Berne)

Pour chacun des jeux psychologiques qui vont suivre, vous trouverez des indications sur le (ou les) nom(s) sous le(s)quel(s) le jeu est connu, le plus souvent sa traduction en anglais (pour le retrouver dans l'œuvre d'Eric Berne, au besoin), une description sommaire, ainsi que le bénéfice (...même s'il peut être en apparence négatif) tiré par le joueur. Enfin, nous donnons quelques pistes pour éviter d'entrer dans ce jeu… à condition de le voir arriver !

 ✖ C'est impossible ("Jambe de bois")

En anglais : " Wooden leg"

Description : Justifier son incapacité, masquer ses difficultés en rejetant la responsabilité sur les autres ou sur les conditions de travail.

Bénéfice : Être lavé de toute responsabilité dans l'échec.

Comment l'éviter : Examiner sereinement les solutions possibles, et les capacités de l'autre à les mettre en œuvre: "Que comptes-tu faire?"

✖ Ce n'est pas moi, c'est lui! ("Regarde ce que tu m'as fait faire")

En anglais : "See what you made me do.

Description : Rejeter sur l'autre la responsabilité de ses actes.

Bénéfice : Être innovant. Masquer sa peur.

Comment l'éviter : On est toujours un peu concerné ! … Parler clairement de ce qui dépend de soi, de l'autre...

✖ Ici, c'est marche ou crève...

Description : Se plaindre d'être obligé de se surmener parce qu'il est impossible de faire autrement.

Bénéfice : Fuir ses responsabilités: "C'est pas ma faute!" Justifier sa passivité.

Comment l'éviter : Ne pas en rajouter. En faire plus pour le plaisir, ou réduire son activité de façon réaliste.

✖ Et pourtant, j'ai tout fait ("Regarde comme j'ai essayé")

En anglais : "Look how hard I’ve tried"

Description : Présenter ses échecs comme inévitables et pardonnables en faisant valoir que l'on a tout envisagé et essayé.

Bénéfice : Justifier sa passivité sans subir de blâme. Refuser toute aide, au motif que tout a déjà été fait et essayé.

Comment l'éviter : Il y a toujours quelque chose à tenter. Stimuler la partie "Adulte aux commandes" de la personne. Envisager toutes les possibilités, y compris celles qui ne l'ont pas été. Il y en a forcément...

✖ Fais à ma place, aide-moi! ("Fais quelque-chose")

En anglais : "Do me something"

Description : Appeler l'autre à l'aide et chercher à lui faire faire notre travail ou résoudre les problèmes à notre place.

Bénéfice : Être satisfait de ne rien faire et d'être pris en charge.

Comment l'éviter : Se montrer autonome. Ne pas trop attendre des autres. Ne pas se laisser piéger.

✖ Engueulez-moi, merci ("Donnez-moi des coups")

En anglais : "Rick me"

Description : Provoquer les autres en étant maladroit, agressif, désagréable, pour être rejeté. Courir des risques en contournant les lois établies, pour se faire prendre.

Bénéfice : Ressentir une excitation, puis de la tristesse. Se prouver que l'on est rejeté de tous et que c'est bien mérité. Après tout, un signe de reconnaissance négatif vaut toujours mieux que pas de signe du tout…

Comment l'éviter : Être moins dépendant des autres. Encourager les réussites.

✖ Sans les autres : ("Si seulement j'étais seul, sans le système!...")

Description : Se plaindre de ne pas pouvoir réussir, en accusant les autres, sur le mode "Il y a toujours quelqu'un qui m'empêche ..."

Bénéfice : Éviter les reproches éventuels, les situations qui font peur. Rester pur et innocent…

Comment l'éviter : Faire confiance aux autres. Savoir gérer ce qui dépend de soi.

✖ Gémissements ("C'est affreux!")

En anglais : Ain’t it awful !"

Description : Se plaindre de tout, de tous et de rien.

Bénéfice : Chercher le réconfort, attirer la sympathie et ne rien faire.

Comment l'éviter : Changer de sujet.

✖ C'est trop fort pour moi ("Je suis si stupide…")

En anglais : "Stupid"

Description : Se prétendre incapable de faire ou de comprendre ce que l'on veut vous donner à faire.

Bénéfice : S'endormir dans la passivité, ne rien faire. Être pur et innocent, échapper à ses propres responsabilités: "Ce n'est pas ma faute, je suis incapable."

Comment l'éviter : Faire son bilan personnel. Préciser ses capacités. Expérimenter pour éprouver et valider nos capacités sur le terrain.

✖ Débordé/Éreinté

En anglais : "Harried"

Description : Se plaindre d'être crevé, fatigué, débordé.

Bénéfice : Chercher la sympathie et le réconfort.

Comment l'éviter : Faire honnêtement le tri entre l'urgent, l'important, et ce qui peut attendre.

 

Mais qu'est-ce qu'une victime, au juste ?...

 

Pour en apprendre plus sur la personnalité de la victime, vous pouvez avec profit consulter cet article, où nous lui donnons le nom de "carpe".

 

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Voilà. J'espère que cela aura été instructif et édifiant... Dans l'article suivant, nous parlerons un peu des jeux de sauveur...

 

 


  1. Pour plus de précisions, voir http://analysetransactionnelle.fr/les-concepts-de-base/les-jeux-psychologiques/.

  2. (Extrait de l'excellent « Que Sais-Je » sur l’Analyse Transactionnelle, de Gérard CHANDEZON et Antoine LANCESTRE ; PUF - 1982).


Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux

psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

 

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Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Le requin déguisé en dauphin (un des noms du pervers narcissique)

Le triangle dramatique : une configuration qui ne date pas d'hier…

Depuis fort longtemps (bien avant l'apparition de la notion de pervers narcissique), les comportements humains ont ainsi fait l'objet de métaphores animales.

Ainsi, Le Triangle Dramatique, dit aussi Triangle de Karpman, est une célèbre figure qui nous a été apportée par l'Analyse Transactionnelle. Cette fameuse figure du triangle met en évidence un scénario relationnel typique entre trois archétypes, trois personnages. Trois rôles, si vous préférez, qu'on a pris l'habitude d'illustrer par des animaux :

Même non déguisé en dauphin, le requin est dangereux

Le requin

C'est un persécuteur… Il parle souvent à la 2ème personne (employant volontiers un "tu es…" particulièrement culpabilisant). Il adore critiquer le travail des autres, ne se montre jamais compatissant et ne connait pas la tendresse. Puisqu'il n'en exprime pas, il n'en reçoit pas non plus en retour. Dans le meilleur des cas, il doit se contenter de marques de soumission. Ce rôle est souvent adopté spontanément par des personnes qui, depuis l’enfance, ont accumulé beaucoup de frustrations... et qui ont pris le pli de les faire payer aux autres (…tous les autres, c'est bien là le problème !).

Le temps aidant, il se dote d'un esprit de duplicité auquel Machiavel n'aurait rien à envier. Si cela vous intéresse, vous pouvez aller voir de plus près les manipulations dont il est capable.

Sa plus grande crainte : tomber sur plus requin que lui. Voilà qui cause chez lui un état de stress permanent.

Le requin en dauphin - La carpe

La carpe

C'est une victime… qui a tendance à "rester toujours au fond du bassin", dans la douillette pénombre. Là, croit-elle, les dangers auront moins de chance de l'atteindre. Elle ne combat jamais, mais subit. Cherchant avant tout à ne pas faire de vagues, elle adopte volontiers une posture excessivement prudente, voire méfiante. Et ceci vis-à-vis de tout et de de tous. Ainsi, elle emploie souvent les tournures impersonnelles, de type "On m'a dit…". Toutefois, n'oublions pas que toute victime peut avoir une part de responsabilité dans le fait même d'être victime. Voire de le rester. Du coup, ce rôle ne comporte pas que des inconvénients. Gare aux témoins d'une victime qui sait habilement jouer son rôle ! Mine de rien c'est aussi une manière particulièrement efficace d'attirer l'attention sur soi. Celle du persécuteur, bien entendu… mais pas seulement. Car toute victime qui se respecte véhicule  également un appel au soutien. C'est là qu'intervient l'animal suivant :

Le requin déguisé en dauphin - La carpe pseudo-éclairée

La carpe pseudo-éclairée

C'est un sauveur… Son occupation favorite consiste à accourir vers une carpe-victime, dont il est capable d'entendre l'appel avec une incroyable acuité. Et ceci au point de le devancer ! Ensuite, il s'emploie aussitôt à porter secours à ladite carpe-victime en lui prodiguant de bons conseils. Ces conseils sont pétris de bons sentiments et de "moi, à ta place…". Ce personnage se positionne donc clairement contre le requin, et dans le même camp que la carpe-victime. Une de ses incarnations les plus représentatives est le ou la collègue de bureau. Celui à qui on a l'habitude de raconter tous nos petits malheurs.

Ce rôle peut revêtir quelques aspects gratifiants d'un point de vue narcissique. En même temps, il place mécaniquement l'autre dans une position d'incapacité ("…Mes pauvres enfants, que feriez- vous sans moi ?..."). Ce "sauveur" peut même être l'auteur de véritables jeux psychologiques qui pourraient passer pour du machiavélisme de haut vol s'ils n'étaient pas le plus souvent inconscients...

Pour justifier son existence,  la carpe pseudo-éclairée se trouve  donc toujours plus ou moins contrainte de se mettre en quête, à défaut de moulins à vent, d'une carpe-victime à  qui porter assistance, et éventuellement  d'un requin-persécuteur. Ce dernier pourra être désigné sous le vocable du méchant, de l'étranger, de l'ennemi de classe… faites votre propre marché, les possibilités sont infinies ! Mais le requin n'est pas indispensable.  En fait, les besoins de la carpe pseudo-éclairée ne sont pleinement assouvis qu'à une condition : Qu'elle ait trouvé au moins une carpe-victime à sauver. Carpe-victime pour laquelle notre sauveur entend bien se "sacrifier", si nécessaire .

Ah...  cette fameuse notion de sacrifice...

Sacrifice, le mot est lâché. Déjà, le mythe des super-héros est vieux comme le monde. De plus, il est un fait désormais établi : Une éducation empreinte de bonnes intentions politiques ou religieuses peut dans certains cas contribuer à semer le trouble dans les esprits. Ne serait-ce qu'avec cette notion de sauveur, particulièrement en vogue dans nos civilisations judéo-chrétiennes. Et aujourd'hui encore, avec le mythe du super-héros ! Malheureusement, ne s'improvise pas Jésus, Bouddha ou même Gandhi qui veut !

Voilà qui promet d'amères déceptions chez celui qui croit sincèrement ne rien attendre des autres en retour de ses propres largesses, mais n'a pas vraiment le tempérament adéquat. Le cas échéant, il pourra se reconnaître à chaque fois qu'il prononcera la phrase caractéristique de tout sauveur déçu : "...Après tout ce que j'ai fait pour lui/elle/elles/eux !".

Le requin déguisé en dauphin - On tourne en rond

On tourne diablement en rond dans ce bassin…

Plusieurs chercheurs ont démontré qu'en général, si une personne utilise un de ces rôles (par exemple la carpe-victime), elle entraîne de facto l'autre à jouer un des deux autres rôles complémentaires (dans notre exemple : la carpe-illuminée-sauveur ou le requin-persécuteur). Comme si toute situation de communication (spécialement quand ça se passe mal) tendait à nous "aimanter" tôt ou tard à l'un de ces trois pôles d'attraction.

Le pire, c'est que ces trois rôles peuvent finir par se mélanger. Et c'est là que ça peut devenir franchement malsain. Ainsi, lorsqu'une personne se sent victime, elle se comporte aussi peu ou prou elle-même en persécuteur. Notamment à chaque fois qu'elle cherche à solliciter l'attention des autres avec ses problèmes. Ou encore à les amener à entrer plus ou moins dedans... D'où l'aphorisme bien connu "Qui de rien ne se mêle de rien ne se démêle".

Par ailleurs, un sauveteur, même sincère, ne pourra et ne saura que nous porter secours en nous apportant ce qui serait bon pour lui s’il était dans la même situation. C'est le fameux "moi, à ta place...". Or, en tant que personne bien distincte de nous, rappelons-nous (et au besoin rappelons-lui)  qu'il n’est PAS à notre place !

La triade des trois postures

C'est ainsi qu'on dit souvent que les trois rôles (victime, sauveur et persécuteur) sont étroitement liés, et forment une triade. Et toute communication se trouve pour ainsi dire perturbée lorsque les protagonistes adoptent de tels rôles. Il est nettement préférable d'exprimer réellement ses émotions et ses idées, sans être pollué par le chant de toutes ces sirènes (marrant ça… encore un animal marin !).

À y regarder de plus près, ce fameux triangle persécuteur/victime/sauveteur n'est jamais qu'une zone de subir et de faire subir. Cela fabrique à foison victoires, défaites, mais aussi trahisons et autres coups de théâtre. Avec tout leur cortège de frustrations, culpabilités, ressentiments et autres besoins de vengeance. Frustrations qui – d'une manière ou d'une autre – ne font qu'aggraver les choses…

Les spécialistes de l'analyse transactionnelle ont même mis au point un répertoire de divers scénarios "classiques" mettant en scène ces animaux aquatiques. Il s'agit du répertoire des jeux psychologiques, à propos duquel nous avons publié un dossier que vous pouvez retrouver ici, au besoin.

Cela étant, pour qui veut vraiment tenter de passer à quelque-chose de plus constructif, il est souvent légitime de vouloir chercher à sortir de ce fameux triangle maléfique.

Et voici que, quelques décennies après l'Analyse Transactionnelle, arrive la la PNL (Programmation Neurolinguistique). Cette technique de développement personnel fut élaborée par Richard Bandler et John Grinder dans les années 70, aux États-Unis. Et elle va nous fournir une possibilité de "sortie de triangle". Ceci en reprenant à son compte les trois personnages du triangle dramatique, et en y ajoutant…

dauphin

Le dauphin

Ce personnage s'efforce d'agir en médiateur… Il a attentivement étudié le fonctionnement des trois personnages du triangle. Et il va s'attacher à ne pas tomber dans ce genre de piège. Pour adopter une posture positive, réaliste, dans un souci d'assertivité (c.-à-d. respecter l'autre tout en se faisant respecter soi-même). Voici quelques préceptes qu'il s'efforce d'appliquer :

  • Le dauphin-médiateur tient à tout prix à sortir du triangle, qu'il considère comme une zone de « subir » et de « faire subir ».
  • Il a des idées positives. Sans être utopique, il sait qu’il a du pouvoir pour faire bouger les choses à son niveau. Sachant cela, il agit (pendant que tant d'autres parlent).
  • Il a des objectifs précis, et il sait où il en est par rapport à ça.
  • Il sait garder sa place, et remettre l’autre à la sienne si nécessaire (…comme ces deux derniers mots sont importants !)
  • Il a confiance, alors que les autres personnages sont dans la peur (…de se faire détruire).
  • Il choisit l’action plutôt que la réaction, la réflexion plutôt que le réflexe.
  • Il a choisi... tout simplement. Car il sait que choisir, c’est accepter de perdre. Et qu'accepter de perdre c’est être libre.

Voilà pour l'essentiel. Sachez en outre que ce quatrième animal n'a pas du tout été choisi au hasard. Mais plutôt en raison du comportement qu'il semble avoir vis-à-vis de ses congénères. Et, étrangement avec nous autres les humains, depuis des temps immémoriaux.

Petits détails méconnus sur cet animal...

Mais cela ne s'arrête pas là. Ainsi, on raconte que dans les mers, lorsqu'un dauphin se trouve face à un requin qui entend… disons lui porter tort, l'issue du combat ne fait jamais de doute : c'est toujours le dauphin qui gagne ! L'autre terreur des mers a beau exhiber ses quatre rangées de dents aussi redoutables que tranchantes, cela ne lui sert strictement à rien. En fait, le dauphin pratique comme personne l'art de l'aïki(bu)do des mers. En d'autres termes, il sait tuer un requin en un éclair en lui appliquant un coup mortel au foie à l'aide de son rostre (museau). Ensuite, il retourne vaquer tranquillement à ses occupations, comme si de rien était. Quelle classe ! Pas de remous inutile, jamais la moindre manœuvre d'intimidation, et en même temps, si on le cherche, on le trouve 🙂

Le requin déguisé en dauphin - La mêlée

Ouh là là, que tout cela se complique !

Mettez-vous à ma place : après avoir étudié plusieurs ouvrages, puis suivi moultes stages et séminaires portant sur l'analyse transactionnelle et ses trois animaux, je me croyais tranquille. Et voilà qu'au début des années 2000, un plongeon de deux années dans l'univers de la PNL  m'a amené à remettre tout ce joli petit assemblage en question ! Ainsi donc, il n'y avait donc pas trois, mais quatre animaux symboliques dans le monde des relations interpersonnelles ! Bien entendu j'ai adoré l'histoire de ce dauphin, et n'ai eu de cesse que de lui ressembler… comme beaucoup de mes petits camarades de promo, d'ailleurs. Aujourd'hui encore, je m'efforce d'identifier mes propres postures à chaque fois que j'ai cette présence d'esprit ("…Attention mon petit père, là tu fais clairement ta carpe/ton requin/ton sauveur").

Un dauphin, c'est cool...

Du coup, je m'efforce en toutes circonstances de "coller" au personnage du dauphin, dans la mesure de mes possibilités. Car c'est de loin, à mes yeux, le rôle le plus difficile à tenir dans le théâtre de la vie. Mais il est aussi le seul qui en vaille vraiment la peine…

Donc, finie l'histoire des trois animaux, il y en a donc bien quatre. Soit. Mais là où vous allez rire, c'est que depuis lors, je me suis tellement bien habitué que j'ai fini par découvrir… un cinquième animal !

Un 5e personnage...

On a vu que, déjà, le personnage du dauphin, à l'inverse des trois premiers, procède une intention précise issue de l'observation des personnages existants, et non pas d'une simple posture "en réaction" par rapport à l'entourage. Cela peut se résumer ainsi : "J'ai bien compris en quoi les rôles de persécuteur, victime et sauveteur sont tôt ou tard néfastes pour moi et pour les autres. J'aspire et surtout je crois à un équilibre possible entre l'affirmation de soi et le respect d'autrui. Et je choisis en conscience d'adopter cette posture du dauphin, à chaque fois que j'en aurai la présence d'esprit. Même si je suis conscient que ce n'est pas gagné. Je choisis cette posture parce qu'elle correspond à des valeurs que je partage pleinement".

C'est là qu'intervient un autre outil PNL :

Le Virus de pensée

Le virus de pensée, comme son nom l'indique, est avant tout une chose qui se propage. Une sorte de petit ver qui vient s'insinuer dans notre grosse pomme de tête. Puis qu'on on a toutes les peines du monde  à identifier, puis à déloger. Les deux principaux virus de pensée connus et répertoriés sont "Y en aura-t-il assez pour moi ?" et "Suis-je aussi fort que… ?".

Le premier virus, "Y en aura-t-il assez pour moi ?"

Ce virus, dit complexe de l'aîné, survient lorsqu'un nouvel enfant paraît dans une famille. Et que son ou ses aînés se retrouvent comme "détrônés" de l'attention centrale dont ils jouissaient auparavant. En pareil cas, on se sent en droit de se demander si on va désormais en avoir autant que l'autre. Autant de  quoi ? …D'amour, d'affection, d'attention, de nourriture, d'autorité, de pouvoir, de ressources minières, d'accès à la mer… Faites votre choix, la liste est infinie.

Le deuxième virus, "Suis-je aussi fort que… ?

Ce deuxième virus de pensée, dit complexe du cadet, s'attaque en général au "dernier arrivé" dans une famille. Mais aussi une entreprise, une institution internationale, un groupe social quelconque... À tort ou à raison, ce nouveau venu s'imagine parfois qu'il va lui falloir veiller âprement au grain pour se tailler, si nécessaire à coups de machette, la place qu'il croit naturellement lui revenir (…à tort ou à raison, encore une fois). C'est ainsi qu'il peut se retrouver obsédé par la lancinante question du "Suis-je aussi fort que… ?". Fort (...ou pourvu) en quoi ? Là aussi, faites votre marché, tout est bon à saisir en fonction de votre humeur ou de vos frustrations, qu'il s'agisse d'amour, d'affection, d'attention, de nourriture, d'autorité, de pouvoir, de ressources minières, d'accès à la mer… Faites votre choix, la liste est… rigoureusement la même !

Vous ne serez pas surpris d'apprendre que certains chercheurs s'intéressent aux virus de pensée à tous les niveaux… y compris dans les négociations internationales (après tout, il s'agit là d'une grille de lecture de la géopolitique pas spécialement plus inadaptée que les autres…).

Ils sont partout, ces gens-là...

Si c'était encore nécessaire, rappelons qu'en cette période d'incertitude et de crise des valeurs, il se trouve en ce bas monde de plus en plus de personnes attirées par le domaine du  développement personnel (que ce soit l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique [PNL], le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène, le yoga, et des dizaines d’autres). D'une certaine façon, cela peut leur donner l'impression d'avoir, disons une certaine "longueur d'avance" dans leur vie de tous les jours, pour communiquer avec les autres dans un état d'esprit où respect, bienveillance, tolérance, et encore une fois prise en compte de nos propres besoins et de ceux de notre alter ego trouvent toute leur place.

...Et ils peuvent même être dangereux !

À une condition toutefois : celle d'avoir fait suffisamment de chemin pour avoir intégré, digéré, et mis à profit tous les bienfaits qu'on peut attendre de telles pratiques dans une compréhension sincère de nos intérêts mutuels et réciproques. Faute de quoi, ils risquent fort de se comporter de manière aussi inconsidérée que ces savants fous qui commandent des machineries infernales dont la portée réelle leur échappe. Du même coup, ils accréditent chez leurs semblables l'idée que tout ça, c'est uniquement fait "pour mieux manipuler les autres"… Ce qui est particulièrement dommageable (Cf. le paragraphe intitulé "Les bouchers et les criminels" dans cet article, paru récemment ici sur un sujet connexe).

Le requin déguisé en dauphin. Un des nombreux noms du pervers narcissique.

Le cinquième personnage est un nouvel animal sorti des abysses du développement personnel : il s'agit d'un requin déguisé... en dauphin !

Lorsque toutes ces conditions de saine et juste compréhension ne sont pas réunies, et Dieu sait que c'est hélas encore trop souvent le cas, la personne en question n'aura aucun scrupule à utiliser toutes ces techniques à son seul profit, à des fins de manipulation et, cerise sur le gâteau, sans même avoir l'air d'y toucher ! Et si elle-même se trouve atteinte par un virus de pensée, alors là c'est le pompon, cela ne fera que mettre de l'huile sur le feu.

En pareil cas, elle passera très vite maître dans l'art de semer autour d'elle de la culpabilité, du ressentiment, de la mésentente, ainsi que et tout un tas de sentiments désagréables et surtout improductifs (rien n'est plus contagieux qu'un virus de pensée... je vous aurai prévenus !), tout ceci afin de mieux lui permettre d'avancer elle-même, pendant ce temps, ses propres petits pions sur l'échiquier de la vie, en toute tranquillité, au besoin avec la main sur le cœur, tel un requin pourvu des toutes nouvelles armes du marché.

Avec, en prime, un cynisme dont elle n'aura parfois même pas conscience, forte qu'elle sera du sentiment de mériter à elle seule tous les droits du monde, toute à son sentiment d'être dans un en état de "manque menant à de l'avidité" perpétuel.

Grand vizir, dites-vous ?...

Ces destructeurs malheureux n'en ayant jamais assez, ils pratiquent volontiers le culte du "toujours plus". Étrangement, d'une manière paradoxale, cela provient le plus souvent d'une croyance limitante dans leurs propres capacités (voir la légende des deux oasis...).

À l'image du Grand Vizir Iznogoud, les requins déguisés en dauphins endossent volontiers les habits de ce petit personnage de bande dessinée dont l'obsession était très précisément "…d'être calife à la place du calife", et qui, prêt pour cela à commettre les pires infamies et turpitudes, se retrouvait souvent la risée de tous. Quand il s'en rendait compte, cela ne faisait que le rendre encore plus teigneux et irascible… Ensuite il retournait comploter avec ses sbires, toujours au service de sa stratégie de bazar…

Un pervers narcissique ?

On m'a assuré que ce genre d'individu, parfois appelés pervers narcissique, pullule dans les sphères du pouvoir, et qu'en certains cas il en est qui arriveraient ainsi à se hisser jusqu'aux plus hautes fonctions, voire à s'y maintenir. Mais cela a sans doute dû se produire sous d'autres latitudes, parce que là, non, franchement, je ne vois pas… 🙂

Depuis quelque temps, cet animal semble vouloir coloniser la planète… Que font les écolos ?

Étrangement, depuis quelque temps, il m'a été donné de voir poindre le nez de plusieurs de ces requins déguisés en dauphins. En général je les vois arriver à trois kilomètres et ils ne m'impressionnent nullement. Mais il m'est arrivé d'être bien malgré moi le témoin des dégâts qu'ils occasionnent auprès de mes semblables…

Je m'en suis ouvert à nombre de mes amis, collègues, contacts et autres petits camarades du net. Apparemment, la plupart d'entre eux semblent partager mon sentiment. L'un d'eux (David Faessler) m'a même tout récemment répondu (texto) que la prolifération de ce genre de calife devient inévitable, au point qu'il est impossible de croiser une personne n'en ayant jamais rencontré ! Le pire étant qu’on les retrouve parfois dans des postes hiérarchiques et stratégiques des entreprises, là où cela fait le plus de dégâts (sic).

La taxonomie n'est visiblement pas à jour...

Hélas, curieusement, malgré cette apparente convergence de points de vue, je n'ai jusqu'à ce jour trouvé mention de cet animal nulle part, dans aucune nomenclature, taxonomie, ou autre inventaire. J'attends ce moment avec d'autant plus de jubilation et d'impatience que derrière ma petite lorgnette (...qui vaut ce qu'elle vaut, et vice-versa) j'ai la très désagréable impression que, depuis ces derniers temps, le requin déguisé en dauphin a nettement tendance à se reproduire à vitesse grand V et à envahir nos campagnes (pas seulement électorales) à une cadence vertigineuse.

Ne serait-ce que pour cette raison, il mériterait largement de figurer à son tour au programme de tout bestiaire présenté dans un programme de formation en développement personnel (...pour ma part, je m'efforce systématiquement de le faire lors de mes interventions sur ce genre de sujets… cela me semble relever d'une question de salubrité publique). À mes yeux il y a toute sa place.

Mais bon, ce que j'en dis, hein ? …

filet

Construire et animer une session de formation

 

 

Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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La légende des deux oasis

oasis ou mirage ?

Un bédouin voit la générosité où vous percevez la stérilité et trouve la poésie dans tout : c'est plus qu'un nom, c'est un mode de vie.
Nouveau : Bernard raconte cette légende ci-dessous dans un clip vidéo

 

Quelque part dans le Sahara il y avait deux oasis distantes de quelques kilomètres. La première abritait une tribu qu’on appelait les bédouins souriants. Les bédouins souriants semblaient toujours contents de leur sort, avaient constamment le sourire aux lèvres (d’où leur nom) et faisaient la fête tous les soirs. Et quand ils n’avaient aucune raison de faire la fête, eh bien… ils en inventaient une !

Dans l’oasis voisine vivait une tribu bien différente. On appelait ses membres les bédouins mélancoliques. Les bédouins mélancoliques étaient tristes du matin au soir, puis ils se couchaient et faisaient des rêves tristes. Le jour, ils travaillaient dur, mais ne se sentaient pas récompensés de leurs efforts. Du coup ils ne faisaient jamais la fête, puisqu’ils n’avaient pas grand-chose à fêter. Au lieu de cela, ils faisaient le plus souvent… la tête. Et quand ils n’avaient aucune raison de faire la tête, eh bien… ils en inventaient une !

Cette différence de tempérament avait tout de même une explication bien concrète : l’eau. En effet, les bédouins souriants disposaient d’une source abondante leur fournissant à tout moment une eau fraîche, limpide et extraordinairement désaltérante. Au milieu de leur oasis, devant leur Place des Fêtes, ils avaient installé un ingénieux système comportant un tuyau se terminant par un robinet leur permettant de disposer de leur eau à volonté, tout en ayant la possibilité de l’arrêter quand ils n’en avaient pas besoin…

Les bédouins mélancoliques, quant à eux, ne disposaient d’aucune source dans leur oasis, ni même dans les environs, se trouvant ainsi contraints de parcourir de très longues distances sous le redoutable soleil du désert pour trouver matière à s’abreuver, faire boire leurs bêtes faméliques et arroser leurs maigres cultures. Ils étaient très malheureux de cet état de choses, mais s’y étaient résignés depuis longtemps.

Or, il se trouva que parmi les bédouins mélancoliques, un jeune homme répondant au nom de Baddûr décida un jour qu’il était grand temps de faire quelque-chose pour changer tout ça. Il avertit le chef du village qu’il allait se mettre en quête d’une solution pour se procurer de l’eau aussi facilement que le faisaient leurs voisins les bédouins souriants.

Le chef du village lui répondit qu’à son avis c’était peine perdue, mais que si Baddûr avait envie de se défouler, il n’y avait aucun mal à cela, du moment que cela ne se faisait pas aux dépens des autres. Souvent jeunesse est impétueuse, et il faut savoir lâcher un peu la bride…

Baddûr fut très heureux de recueillir l’assentiment du chef, et commença à réfléchir à un plan d’exploration. En fait, cela faisait longtemps qu’il y avait réfléchi : il avait tout simplement l’intention d’aller espionner le soir-même la tribu des bédouins souriants afin de tenter de percer leur secret.

Ainsi, à la nuit tombée, il partit se cacher parmi les roseaux bordant l’oasis voisine, afin de mieux observer les comportements de ces maudits bédouins souriants…

Ce qu’il vit alors le mit dans une rage folle : Un grand nombre de ces bédouins s’étaient regroupés près de leur source, et bavardaient tranquillement entre eux en attendant leur tour d’aller s’abreuver, tels de placides bureaucrates faisant tranquillement la queue dans la file d’attente de leur restaurant d’entreprise à l’heure du déjeuner. Certains avaient pris avec eux des récipients de formes et de contenances diverses, afin de pouvoir aller approvisionner leur famille tout de suite après. Près du robinet, un officiant était à la manœuvre, se contentant d’ouvrir et de fermer cet objet magique qui avait l’incroyable faculté de faire couler de l’eau à volonté.

– C’est trop injuste, maugréa Baddûr entre ses dents pour ne pas se faire entendre depuis sa cachette… Dire que tous ces gens bénéficient d’une quantité d’eau illimitée, et ceci sans fournir le moindre effort !...

Il resta ainsi tapi dans les roseaux jusqu’à ce que tout ce petit monde soit retourné se coucher (ce qui représentait un temps très long à cause de la fête…), puis il se faufila sans bruit jusqu’au robinet. Utilisant un coutelas qu’il avait pris soin d’emporter avec lui, il entreprit de trancher le tuyau d’eau juste en-dessous du robinet, puis, une fois son forfait accompli, repartit en toute hâte avec son robinet sous le bras. Dans sa précipitation, il ne s’était pas inquiété du fait que le tuyau sectionné s’était mis à couler… peu lui importait, il s’était emparé de l’objet magique, et entendait bien en faire profiter toute sa tribu au plus tôt.

C’est ainsi que de retour dans son oasis, il courut devant toutes les tentes, en criant que ça y était, et que tout le monde allait désormais pouvoir boire jusqu’à plus soif. Les gens n’avaient qu’à se munir du récipient de leur choix, puis venir le rejoindre au-milieu de la Place des Têtes…

Les bédouins mélancoliques n’étaient pas très contents d’être ainsi réveillés en pleine nuit, mais enfin, puisque Baddûr leur disait qu’il avait réussi, ils finirent tout de même par s’exécuter, juste au cas où…

Pendant ce temps, Baddûr, tout excité, s’était installé au beau milieu de la place, muni de son robinet, qu’il refusait obstinément de faire fonctionner tant que tous les habitants de l’oasis ne seraient pas rassemblés devant lui. On alla donc secouer les derniers paresseux et autres sceptiques, et lorsque la tribu se retrouva au complet, tous retinrent leur souffle…

Il est facile de deviner qu’au moment où Baddûr se mit en devoir de faire fonctionner son robinet miraculeux, seules quelques gouttes jaillirent, puis le phénomène cessa aussitôt, et plus aucune goutte n’accepta de tomber de ce soi-disant objet magique. Tout le monde retourna donc se coucher en maugréant, non sans avoir décoché au passage un regard lourd de reproches à l’intention de l’intrépide mais bien inconséquent Baddûr.

Celui-ci se fit tout petit face à l’hostilité ambiante, puis une fois seul, sans s’appesantir davantage sur sa déconvenue, il entreprit d’aller de l’avant et de modifier son plan d’action. « Il doit sûrement y avoir un détail qui m’échappe, se dit-il. Dès demain soir, je retourne là-bas pour voir de quoi il retourne exactement ».

Et c’est exactement ce qu’il fit. À sa grande surprise, vingt-quatre heures seulement après son forfait, alors qu’il occupait de nouveau son poste d’observation tapi dans les roseaux, il eut la surprise de constater que tout semblait réparé. Au beau milieu de la Place des Fêtes des bédouins souriants, un robinet flambant neuf était en fonction, et régalait tout le monde de son eau bien fraîche.

« Alors ça c’est bien la meilleure, se dit-il… Leur robinet fonctionne à merveille, contrairement au mien. » Il ne comprenait vraiment pas où son raisonnement avait pu coincer. Il tenta d’observer la scène plus attentivement, et au bout d’un moment, son regard s’illumina : « Bon sang mais c’est bien sûr, se dit-il, il ne sert à rien d’avoir un robinet si on n’a pas de tuyau… C’est bel et bien le tuyau qui fait tout ! Comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt ? ».

De nouveau, il demeura tapi au milieu des roseaux jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne en vue (ce qui était encore plus long que la veille, car les bédouins souriants semblaient fêter le retour de leur robinet avec un enthousiasme redoublé…). Enfin, après le départ des derniers fêtards, Baddûr put se faufiler sans bruit jusqu’au nouveau robinet. Cette fois-ci, pas fou, il prit bien garde de trancher le tuyau d’eau juste au niveau du sol, puis, une fois son forfait accompli, il repartit en toute hâte avec son ensemble "robinet + bout de tuyau" sous le bras. Et cette fois-ci, il entendait bien que sa tribu entière puisse enfin réaliser quel jeune homme astucieux il était vraiment (…et par voie de conséquence bénéficier ainsi de ses talents).

De retour dans son oasis, il retourna successivement devant toutes les tentes, et affirma haut et fort que cette fois-ci ça y était pour de bon, et qu’on allait voir ce qu’on allait voir.

Effectivement, les bédouins mélancoliques tirés de leur sommeil pour une deuxième nuit virent ce qu’ils virent, c’est-à-dire pas grand-chose. Cette fois-ci, le premier de la file d’attente put effectivement remplir un demi-gobelet d’eau (à cause de la petite quantité subsistant dans le bout de tuyau), puis la coupure d’eau de la veille se produisit de nouveau avec une tranquille obstination, et bientôt tous furent bien obligés de constater qu’encore une fois l’eau refusait définitivement de couler.

Cette fois-ci Baddûr ne dut son salut qu’à la rapidité de ses jambes : en effet, tous les villageois s’étaient mis à sa poursuite tout en hurlant des choses dépassant de très loin le strict cadre de leur mélancolie habituelle. Le chef de l’oasis joignit même sa voix à celle de ses administrés pour signifier à Baddûr qu’il était banni à jamais du village, et que jamais plus on ne devait le revoir passer à moins de 50 kilomètres de l’oasis des bédouins mélancoliques, à moins qu’il ne tienne absolument à ressembler à un méchant morceau de tuyau découpé en fines rondelles…

Baddûr en conçut une immense tristesse. Il s’était fourvoyé sur toute la ligne. Lui qui avait voulu percer le mystère de l’eau (…et du sourire), voilà qu’il était condamné à errer à tout jamais, à quémander sa pitance très loin, au fin fond du désert, et surtout à se passer du contact de ses semblables si ingrats, mais bon, il fallait les comprendre aussi. Jamais il ne s’était senti mélancolique à ce point auparavant, et pourtant, question mélancolie il en connaissait un sacré rayon !

Au bout de trois jours de cette vie d’errance, il prit la décision d’aller se livrer aux bédouins souriants. « Puisque je n’ai pas été fichu de faire le bien, puisque finalement je porte tort à tout le monde, qu’ils fassent de moi ce que bon leur semble, dans tous les cas je l’aurai bien mérité. Peut-être m’autorisera-ton à réparer un tant soit peu les dégâts. Dans le fond, puisque je suis devenu un vaurien, ce ne sera que justice… ».

Cent fois il ressassa ces paroles sur le chemin de l’oasis des bédouins souriants, et lorsqu’enfin arrivé il se trouva devant leur chef, il les lui répéta sans en changer une virgule. Bien entendu, le grand chef des bédouins souriants ne comprit pas un traître mot de toutes ces explications contrites. Baddûr lui déclara alors :

– Vous avez certainement remarqué qu’un misérable chenapan s’est mis en tête de détruire votre installation d’eau potable, et ceci à deux reprises… eh bien ce misérable chenapan, c’est moi.

Puis, se prosternant à ses pieds, il ajouta :

– Faites de moi votre esclave, ou bien du tuyau en rondelles, ou ce que bon vous semblera, je l’ai bien mérité…

Au grand étonnement de Baddûr, le chef des bédouins souriants éclata alors d’un rire sonore. Ce rire se transforma même bien vite en fou-rire. Cet étonnant personnage se tapait bruyamment sur les cuisses, puis finit même par se rouler par terre, incapable de se contrôler. Tout ce bruit attira les autres villageois, auxquels leur chef parvient à grand peine à relater toute l’histoire, sans jamais cesser de hoqueter, et bientôt tout le village s’y mit, dans un joyeux tintamarre de rire collectif. Baddûr n’y comprenait rien. Il était devenu la proie des émotions les plus étranges qu’il eût connues de toute sa vie. Non seulement il ne lui arrivait pas de malheur, non seulement les foudres vengeresses n’avaient pas vraiment l’air de s’abattre sur sa pauvre personne, mais en plus, ses propres forfaitures, qui avaient provoqué la colère de ses concitoyens, ne faisaient que déclencher le rire de ceux qui apparemment en étaient les premières victimes ! C’était à n’y rien comprendre…

Lorsque le calme finit enfin par revenir, le chef s’essuya les yeux, le prit gentiment par l’épaule, et lui donna enfin les explications qu’il attendait.

– Tu vois, Baddûr, tu aurais mieux fait de venir tout simplement nous trouver, nous aurions eu grand plaisir à te venir en aide. Viens avec moi, je vais te montrer quelque-chose…

Puis, après avoir traversé la Place des Fêtes au milieu de laquelle brillait un troisième robinet qui avait tout l’air d’être parfaitement opérationnel, il entraîna Baddûr vers une espèce de réserve où étaient soigneusement rangés des quantités de robinets, de tuyaux de toutes tailles, d’outillage servant à creuser et à entretenir des puits, ainsi que toutes sortes d’objets de même farine.

Baddûr n’en croyait pas ses yeux. En même temps il n’était pas au bout de ses surprises. En effet, le chef lui annonça tout de go :

– Je vais te donner tout le matériel nécessaire pour que tu puisses toi aussi avoir de l’eau à volonté dans ton village.

Baddûr faillit en tomber à la renverse :

– De l’eau à volonté, dites-vous ?

Non seulement il ne lui arrivait rien de fâcheux, mais en plus on lui proposait de réaliser enfin son rêve… Il en était tout chamboulé, et en même temps avait du mal à y croire.

– …Mais, ô grand chef des bédouins souriants, même si, abusant de votre infinie bonté j’utilisais votre matériel, jamais je ne pourrai trouver de l’eau dans mon oasis, personne n’en a jamais trouvé !

– Mais bien sûr qu’il y a de l’eau dans ton oasis, c’est même certain ! Si c’est une oasis, c’est qu’il y a des arbres, non ? Et s’il y a des arbres, il y a forcément de l’eau ! Les arbres sont beaucoup plus malins que nous, ils savent toujours où l’eau se trouve. Si tu comprends ça, cherche près des arbres, tu trouveras forcément de l’eau, il te suffit d’être persévérant ! Allez, trêve de bavardages, prends donc ce matériel que je te donne et va-t’en donc creuser chez toi, tes amis en ont grand besoin !

Ainsi fit Baddûr. Il rentra nuitamment dans son oasis, afin de passer inaperçu, le temps de se mettre à creuser tout près des arbres. Cela lui prit un peu plus de temps qu’il ne l’aurait cru… plusieurs fois il faillit renoncer, mais le chef des bédouins souriants avait été formel : il faut choisir un endroit approprié, puis creuser, creuser, et creuser encore, dans un état d’esprit d’attente favorable, et à la fin on trouve forcément de l’eau.

Cela se produisit juste avant le lever du soleil. Tout d’abord du sable humide, puis une petite poche d’eau, puis la poche s’agrandit à mesure que le trou progressait. Le moment venu, Baddûr mit le tuyau en place, installa le robinet, et enfin amorça la circulation de l’eau dans le tuyau ainsi on le lui avait indiqué. Après avoir vérifié une dernière fois que tout fonctionnait parfaitement et que l’eau coulait en abondance, Baddûr remit le sable en place tout autour du tuyau. La fontaine de l’oasis des bédouins mélancoliques était née !

Lorsque les premiers villageois se levèrent, ils reconnurent Baddûr, qui semblait les attendre. Se demandant s’il convenait de le chasser, ils s’approchèrent de lui avec méfiance. Mais quand celui-ci leur donna enfin à voir un dispositif d’eau potable qui fonctionnait à merveille, ils changèrent d’attitude. Baddûr fut réhabilité sur le champ, et même porté en triomphe. Quelques jours plus tard, le chef du village faisait de lui son adjoint.

La mélancolie les avait quittés à tout jamais.

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Cette légende nous apporte au moins deux enseignements :

Le premier, c’est que vous avez en vous tout ce qu’il faut pour réussir. Tout ce dont vous avez besoin pour réaliser vos rêves, c’est de choisir un sujet approprié, puis creuser, creuser, et creuser encore, dans un état d’esprit d’attente favorable.

Le deuxième enseignement s’adresse à ceux dont la mission consiste à transmettre ou à enseigner quelque-chose : Si tel est votre cas, ne prenez jamais la grosse tête, même si vos élèves restent un jour pantois ou émus après une de vos démonstrations. Surtout, n’oubliez pas que vous n’êtes jamais que celui qui montre à l’autre comment fonctionnent un tuyau, un robinet, mais qu’au fond, cet autre-là n’utilise jamais que l’ eau, et d’une manière plus générale les ressources qu’il possède déjà, quand bien même vous l’aurez aidé à les découvrir.

En outre il est juste et honnête de le lui dire.

 

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Construire et animer une session de formation


Cet article a été par la suite repris sous une forme légèrement différente dans un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Eh, vous savez quoi ? La pensée positive, ça fonctionne !

 

"Il y a ceux qui voient les choses telles qu’elles sont et qui se demandent pourquoi…

Il y a ceux qui voient les choses telles qu’elles pourraient être et qui se disent… pourquoi pas ?"

(George Bernard Shaw )

Bonjour,

Il y a quelque temps, Reid Hoffman (co-fondateur et président exécutif de LinkedIn) et Ben Casnocha (auteur, blogueur et entrepreneur), ont co-écrit un livre intitulé "Managez votre carrière comme une start-up"

Cet ouvrage vise à venir en aide aux les jeunes diplômés qui ne savent pas comment démarrer, orienter et gérer leur carrière professionnelle.

Pour y remédier, les auteurs développent trois idées force s’efforçant de nous expliquer comment :

  1. ...Devenir plus compétitif en misant sur nos atouts et en prenant en compte nos ambitions et les réalités du marché.
  2. ...Développer un réseau et construire des relations réelles et durables.
  3. ...Évaluer les risques et les assumer intelligemment.

Pour la sortie de ce livre, Reid Hoffman a publié une présentation SlideShare, qui en en reprend et détaille les grands axes.

Peu de temps après, il se trouve qu’une jeune femme, Laurène Castor (dont je vous ai déjà plusieurs fois parlé ici) a pris connaissance de cette présentation. Prenant au pied de la lettre les injonctions qui y figuraient (notamment « Soyez entreprenants, osez exploiter les opportunités »), elle a cédé à l’impulsion (fort inspirée) de demander à Reid Hoffman l’autorisation de reprendre sa présentation... pour la traduire et la mettre à la disposition des internautes francophones. Elle pensait que sa démarche avait peu de chances d’aboutir, vu qu’elle ne connaissait absolument pas ce monsieur. Or, pour sa plus grande surprise, l’intéressé a très gentiment et très simplement accepté, en lui fournissant les éléments nécessaires.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, le public francophone peut profiter tranquillement de cette présentation de qualité en visionnant la version française de Laurène.

Une fois de plus, la jeune femme nous amène ici la preuve de ce qu’elle est aussi bien équipée pour penser que pour agir, ce qui est loin d’aller de soi.

Quelques phrases de la présentation qui ont particulièrement retenu mon attention :

[...] Les personnes avec qui vous passez du temps font de vous qui vous êtes et qui vous devenez.

[...] Le moyen le plus rapide pour évoluer est de vous entourer de gens qui représentent déjà ce que vous voulez être.

[...] Quelle que soit la situation, ce sont les ACTIONS, et non les projets, qui génèrent les leçons utiles.

[...] Paradoxalement, dans un monde qui change, être prudent est l’une des choses les plus risquées que vous puissiez faire.

Une dernière chose : Vous faites peut-être partie de ceux qui se disent volontiers « Ha, encore cette horripilante pensée positive, proposée par un américain, qui plus est, quelle escroquerie intellectuelle ! Comment les gens peuvent-ils se laisser piéger dans une pareille dialectique ?»

Dans ce cas, posez-vous franchement la question de savoir laquelle des deux attitudes suivantes est la plus productive :

Dire « Ce truc ne peut pas fonctionner »… puis ne rien faire… puis dire par la suite « Ah, j’avais bien raison, la preuve : j’en suis toujours au même point »…

...Ou bien, dire « Pourquoi pas ? »… puis essayer… puis dire par la suite « Ça alors, ça a marché, chouette, qui l’aurait cru ? »

À bien y réfléchir, on peut faire un constat très simple : Dans les deux cas, vous aurez eu raison ! Certains chercheurs avancent que pendant toute notre vie, nous nous efforçons – que ce soit de manière consciente ou compulsive – de nous prouver à nous-mêmes la validité de notre « scénario de vie ». Et là encore, ce fonctionnement marche à tous les coups, et ceci quelle que soit la nature de ce scénario. C’est ainsi que, le plus souvent, il n’arrive pas aux hommes ce qu’ils méritent, mais ce qui leur ressemble…

Comme l'écrivait Henry Ford, "Il y a des gens qui disent qu’ils peuvent, et d’autres qu’ils ne peuvent pas. En général ils ont tous raison".

Nous sommes ce que nous croyons, Laurène Castor en est une preuve vivante – et bien vivante !

La présentation de Laurène Castor, d'après Reid Hoffman

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Cuisiner les mots, accommoder les concepts, pensez-vous que ce soit… nourrissant ?

Super, mon concept !

Dans L'ANATOMIE DU SCÉNARIO, John Truby écrivait ceci :

Tout le monde sait raconter des histoires. Nous le faisons tous, tous les jours : "Tu ne devineras jamais ce qui s'est passé au travail..." Ou "Devine ce que je viens de faire !..." Ou encore "C'est l'histoire d'un type qui rentre dans un bar et qui..."

Au cours de nos vies, nous voyons, entendons, lisons et racontons des milliers d'histoires. Le problème est de raconter une BONNE histoire. Quand on souhaite devenir un spécialiste dans l'art de narrer des histoires, voire en faire son métier, on se heurte à d'immenses difficultés Il faut tout d'abord acquérir une compréhension profonde et précise d'un sujet aussi vaste que complexe. Puis il faut être capable d'appliquer cette compréhension à la fiction Pour la plupart des narrateurs, il s'agit là du plus grand des défis [...]

Le premier de tous les obstacles  inhérents aux techniques narratives est la terminologie courante avec laquelle la plupart des auteurs pensent leurs histoires. Des termes tels que "progression dramatique", " gradation ascendante" et "dénouement", termes qui remontent à Aristote, sont si vastes et théoriques qu'ils en sont presque dénués de sens. Soyons honnêtes : ils n'ont aucune valeur pratique pour un auteur. Imaginons que vous êtes en train d'écrire une scène dans laquelle votre héros est suspendu par les pieds, à deux doigts de mourir en tombant S'agit-il d'une étape de la progression dramatique du dénouement ou de la scène d'ouverture de l'histoire ? Cela peut être l'une de ces choses ou toutes à la fois, mais quoi qu'il en soit, ces termes ne vous disent pas comment écrire la scène, et si vous devez ou non l'écrire."

Voilà qui me rappelle toutes ces belles histoires de courants pédagogiques : behaviorisme, constructivisme (socio ou pas), connectivisme et compagnie...  J'en connais certains qui en mangent à tous les repas, s'en font des tartines, s'en gargarisent jusqu'à plus soif... Comme si le fait se faire des nœuds au cerveau pouvait servir à être mieux compris des autres, alors que cela aboutit le plus souvent au résultat diamétralement opposé !

Sûr que ce Monsieur Truby pourrait conseiller à certains d'entre nous : "...Quoi qu'il en soit, ces termes ne vous disent pas comment écrire votre scénario pédagogique, ni même si vous devez ou non l'écrire."

Tout le monde sait raconter des histoires, nous rappelle le monsieur... à condition toutefois de rester connecté à son âme d'enfant...

Qu'est-ce que vous attendez ?

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John Truby est scénariste, réalisateur et enseignant. Il a travaillé en tant que consultant sur ​​plus de 1000 scénarios de films, et est également connu pour être le père du logiciel de scénarisation Blockbuster(à l'origine "Storyline Pro»).

"L'anatomie du scénario"  a été publié en Octobre 2007 par Faber and Faber pour l'édition originale, et en janvier 2010 aux éditions Nouveau Monde pour la traduction française.

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