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Développement personnel

Développement personnel  (69 articles)

Appelé ‘croissance personnelle’ par les canadiens francophones, le développement personnel peut être défini comme un ensemble de démarches visant à l’épanouissement de la personne vers ce qu’elle aspire à devenir. Développement s’oppose à « enveloppement ».



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Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (2/2)

Cet article consacré au développement personnel en situation de formation fait suite à celui-ci. Il termine le dossier « Apprendre mieux ? » publié sur ce blog. Pour un accès à l'ensemble des articles du dossier, se reporter aux liens ci-dessous :

La face cachée du ciel

L'avenir dépend non pas de ceux qui cumulent le savoir, mais de ceux qui le partagent (origine inconnue)

Bonjour,

Avant toute chose, je tiens à remercier tous les commentateurs de ce blog, et à préciser que leurs témoignages, remarques, réactions, suggestions, et propositions sur ce qu'on pourrait y aborder ne tomberont jamais dans l'oreille d'un sourd 🙂

Dans l'article précédent j'ai tenté de présenter une approche du développement personnel à destination des formateurs, enseignants et autres pédagogues intéressés ou simplement intrigués par telle ou telle de ces techniques (l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique (PNL), le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène, le yoga, et des dizaines d'autres).

Aujourd'hui je vous propose d'explorer quels sont leurs points communs, les constantes qu'on retrouve dans la plupart d'entre elles, si vous préférez.

En effet, au-delà de leurs différentes approches, ces méthodes utilisent, pour la plupart, et à degrés divers, un certain nombre de bases communes que l’on pourrait répertorier ainsi :

Les bases communes à la plupart des méthodes de développement personnel


La pensée positive

À la fin du XIXe siècle, un certain Émile Coué, pharmacien à Troyes, s'interroge sur les effets inattendus de remèdes inactifs (effet placebo) par le truchement de la simple imagination des malades. De fil en aiguille, il en viendra à mettre au point (en 1910) la célèbre méthode d'autosuggestion consciente qui porte son nom. Elle se fonde sur un le principe suivant : toute idée, bonne ou mauvaise, que l'on se met dans la tête d'une façon ou d'une autre, devient pour nous « une réalité dans le domaine des choses possibles ». En quelque sorte, nous sommes ce que nous pensons.

La méthode Coué fait aujourd’hui hausser les épaules de tous ceux qui ne voient en elle qu’une manière stérile et immature de lancer des incantations en l’air dans l’espoir illusoire qu’elles se transformeront en réalité. Mais ce qu'ignorent en général ces détracteurs, c'est qu'il ne s’agit que d’une caricature (qui a hélas la vie dure). Or, à l’origine, cette méthode simple (…c’est curieux comme aux yeux de certains, ce qui est simple fait aussitôt l'objet des plus grandes suspicions, voire d’une fin de non-recevoir en forme de « dénigrement définitif »… les mêmes , d’ailleurs, se montrant en général aussi prompts à tomber en pâmoison devant le premier « sac de nœuds » se trouvant sur leur passage…), cette méthode, donc, consiste tout simplement 🙂 à répéter plusieurs fois, à voix haute, à des moments bien déterminés (comme le soir au moment de s'endormir ou le matin au réveil), une « affirmation » sur nous-mêmes qui nous paraît « portante » et utile. Exemples: « Tous les jours, je sens grandir la confiance en moi »; « Dorénavant, je vais être maître de moi-même et des circonstances » ; « J’ai un but dans la vie et, chaque jour, mon subconscient va me suggérer des idées pour atteindre mes objectifs », etc. Ces suggestions positives ont tout naturellement donné naissance à la « pensée positive », une sorte de philosophie de vie, prônée par Coué lui-même, dont la finalité est de chasser le doute et, partant, d’améliorer la confiance en soi. Pas de « Je voudrais bien » ou de « Je vais essayer » (...termes qui, à coup sûr, cachent des croyances limitantes sur nous-mêmes), mais uniquement des « Je peux ».


La visualisation

C’est une technique très ancienne dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Elle consiste à se représenter mentalement des images, des symboles, des situations ou même la guérison de certaines parties du corps. C'est le cancérologue américain Carl Simonton qui l'a, au cours des années 1970, en quelque sorte « officialisée ». Cette technique va beaucoup plus loin que l’effet placebo. On explique à un malade, lors de la prise de remède, qu’il peut en quelque sorte "aider ledit remède à agir", participant d'une certaine façon lui-même à l’obtention de l'effet escompté. Ainsi il lui sera demandé d’imaginer, de vivre en pensée une scène symbolique, où le remède remporte une éclatante victoire sur la maladie. Les centres d’intérêts, le vécu du patient sont sollicités. S’il est amateur de football par exemple, on l’aide à imaginer un remède « ballon de foot » qui au bout d’une action héroïque finit par « entrer dans les cages » de la zone atteinte par la maladie. Tout ce qui importe, en la matière, est d’utiliser des images qui soient dynamiquescolorées (ou plus généralement « parlant à nos sens ») et exagérées (Tiens ? Cela vous rappelle peut-être quelque-chose ?). Bien entendu, les résultats ne sont pas propres à « inverser totalement la balance », mais ils sont suffisamment significatifs pour susciter l’intérêt de nombreux chercheurs.

Il existe un certain nombre de méthodes de « visualisation positive », mais toutes fonctionnent selon le même principe : en état de relaxation profonde, on « fait le vide » dans son esprit, puis on crée mentalement un écran sur lequel on projette une image ou une scène le plus précisément possible. Par exemple, pour résoudre un conflit avec un proche, on se « voit » en train de lui parler, de dire des phrases précises, on « voit » la réaction (...bienveillante, la réaction, hein ? Sinon on efface tout et on recommence :-)) de la personne, on met véritablement en scène la situation avec un maximum de détails. Selon Simonton, cette technique peut être utilisée pour favoriser les conditions de guérison des maladies, mais aussi plus simplement pour retrouver confiance en soi.


La relaxation

Connue et pratiquée depuis toujours, la relaxation a commencé à être étudiée scientifiquement en Occident au début des années 1920, par le physiologiste américain Edmund Jacobson. Sa méthode, et surtout ses découvertes sur les effets positifs de la relaxation pour la santé ont inspiré de nombreux chercheurs et thérapeutes dont certains ont créé leur propre manière d'adapter cette technique. Aujourd'hui, il est rare qu'une session, un week-end ou un stage de développement personnel ne comporte pas une séance de relaxation. Cela consiste généralement en ceci : On se met en position assise ou allongée (on peut même la pratiquer debout... idéal pour une personne qui attend de passer un oral, par exemple). Ensuite, yeux fermés, on commence par pratiquer une respiration profonde et ventrale (la dilatation abdominale permettant la descente du diaphragme). Guidé par la voix de l'animateur (ou par sa propre voix intérieure, ce n’est une question d’habitude…), on concentre son attention sur nos sensations corporelles. Des petites impulsions de décontraction musculaire permettent de prendre conscience de chaque partie du corps, de repérer les tensions musculaires existantes (…on ne manque jamais d’être surpris de constater à quel point elles sont nombreuses !) et ensuite de les relâcher une à une. Dans le même temps, les émissions d’ondes cérébrales se modifient automatiquement, ce qui procure une sensation de relâchement et de bien-être. Cette pratique, la plus « transversale » de toutes, est si simple qu'elle peut se pratiquer seul, à la maison, sans aucun danger. A noter : pour quelques euros, vous pouvez vous initier tranquillement à cette méthode. Il vous suffit d'aller flâner dans n'importe quelle librairie, ou dans les boutiques style "Nature et Découverte" pour trouver quantité de CD de relaxation, disponibles en général pour une somme modique (dans le cas contraire, ne les achetez pas !). Vous n'avez plus qu'à vous trouver un coin tranquille chez vous, démarrer la lecture du CD, fermer les yeux, et vous laisser guider par la voix de l'animateur, bercé par une douce musique de fond (euh... plus ou moins appropriée, la musique, mais comme on dit par chez moi, "ça, c'est affaire de goût !").  Encore une fois, c'est indolore, sans danger, et il ne peut en sortir que du bien !


L’assertivité

deux oursons enlacésPlutôt qu’une technique, on parlera ici plutôt de grille de lecture des comportements humains, en vue de pouvoir mieux les interpréter chez les autres, mais aussi (dans certains cas) de « programmer » pour nous-mêmes des comportements que nous identifions comme souhaitables. Le mot assertivité est issu de l’anglais assertiveness. Initié par Andrew Salter, psychologue New-yorkais dans la première moitié du XXe siècle. Développé plus récemment par Joseph Wolpe, psychiatre et professeur de médecine américain comme « Expression libre de toutes nos émotions vis à vis d'un tiers, à l'exception de l'anxiété », l'assertivité est définie comme une attitude dans laquelle on est capable de s'affirmer tout en respectant autrui. En effet, même si cela surprend toujours au début, ou même nous laisse perplexes, il s'agit ni plus ni moins que de se respecter soi-même en s'exprimant directement, sans détour, mais avec considération pour l’autre (...que nous sommes d’ailleurs invités à écouter avec plus d’attention). A celles et ceux que je devine se tortillant sur leur chaise tout en fronçant les sourcils et en esquissant une moue dubitative (...tout ça ? ...Ce que vous êtes balèzes !) j'ai envie de dire (comme dans la pub) "Mais si, c'est possible !". Et non seulement c'est possible, mais aussi porteur de nombreux bénéfices, puisque cela conduit à diminuer le stress personnel, à ne pas en induire chez autrui et surtout à augmenter notre autocontrôle dans la plupart des situations de face-à-face. La pratique de l’assertivité permet de découvrir qu’il est parfaitement possible (contrairement à l’idée reçue) de tout dire, à condition de savoir d’abord quoi dire, comment le dire, à qui le dire, et en présence (ou pas) de qui d’autre. Le tout en ayant à coeur d'éviter de tomber dans les dérives classiques lors des échanges en situation difficile (à savoir la fuite, la manipulation et l'agressivité).

Alors… quelles sont les bonnes méthodes, les bonnes techniques, finalement ?

Vous l'aurez peut-être remarqué, nos amis d'outre Atlantique sont très présents quand on parle de ce sujet. La raison est très simple : c'est qu'ils sont bien connus pour leur pragmatisme dans bien des domaines, pour le meilleur et pour le pire... Si un "Etats Unien" a la phobie de l'avion, il aura tout naturellement tendance à se tourner vers les "thérapies brèves" (c'est la même mouvance) qui lui permettront le plus souvent de surmonter cette "entrave gênante" en un temps record. Le plus souvent, au bout d'une période relativement... brève, donc, notre yankee remontera gaillardement dans son avion, le sourire aux lèvres, et bien entendu en parlera abondamment autour de lui, assurant succès et prospérité à cette méthode et à ses praticiens.

Dans notre vieille Europe, en revanche, nous avons pendant très longtemps eu tendance à sourire avec condescendance devant de si candides "enfantillages", préférant passer une bonne partie de notre vie à chercher à comprendre toute une série de "pourquoi" existentiels, un peu comme si comprendre était préférable à vivre (...et l'avion là-dedans ? Euh... il attend... il peut même attendre pendant toute notre vie !). Mais bon, la roue tourne, et ces choses-là sont en train de bouger un peu...

À mes yeux il n’y a pas de bonne ou de mauvaise technique de développement personnel à proprement parler. On s’en doutera, la personnalité de la ou les personnes qui nous enseignent ces techniques y est pour beaucoup, pour ne pas dire « pour 100% ». À chacun de se déterminer en fonction des témoignages qu'il aura pu recueillir autour de lui… mais aussi de son propre ressenti ! Ne vous lancez jamais dans une telle démarche d'apprentissage sans avoir rencontré au préalable la personne qui l'enseigne. Il est essentiel pour vous que ces techniques soient dispensées par des personnes que vous trouverez réellement bienveillantes et ouvertes (…ce qui ne va pas de soi, comme dans tout apprentissage !). Ainsi, une très grande dame, qui m’a transmis les quelques techniques de programmation neurolinguistique que je connais (bon, je dis "quelques", mais c'était quand même un dispositif de plus de 300 heures...) a déclaré ceci à notre groupe, en guise d'adieu, lors de notre dernière session d’apprentissage (je la cite de mémoire) :


Une seule rivière, mais une infinité de ponts

une seule rivière, beaucoup de pontsVous avez appris à utiliser une technique. Cette technique est celle de la PNL. Mais il en existe beaucoup d’autres… il y a parfois des milliers de ponts pour traverser une même rivière. L’important est que vous savez maintenant comment passer de l’autre côté… ceci dit, attention, ne vous laissez jamais embarquer dans le piège des querelles de chapelles, et soyez bien persuadés qu’il existe une multitude d’autres ponts que celui que vous venez de franchir, et qu'ils sont certainement tout aussi valables que le vôtre.

...J'ai découvert depuis lors qu'une métaphore semblable est citée par Théodore Monod, dans un film qui lui est consacré : « Il y a une montagne unique, une seule montagne, que nous gravissons les uns et les autres, qui que nous soyons, par des sentiers différents, avec l’espoir bien entendu, de nous retrouver les uns et les autres au sommet dans la lumière au-dessus des nuages » (Théodore MONOD, à la fin du film "Le vieil Homme et la fleur" réalisé lors d’une expédition au Yémen, en 1995.

Source : http://www.espacereinedesaba.org/spip.php?article14 )


Les bouchers et les criminels

On le sait bien : tous les couteaux peuvent à la fois rendre d’incroyables services et faire d’incroyables dégâts, tous les bouchers, mais aussi tous les criminels savent bien cela. Reste que, s’il est complètement erroné d’incriminer le couteau quand on découvre un meurtre, il est infiniment plus prudent d’apprendre à manier cet outil avec un boucher qu’avec un criminel, et ceci pour des raisons évidentes.

menace inattendueOr, les criminels sont fort nombreux, et leurs armes ne se limitent pas aux couteaux. Elles vont même parfois jusqu’à inclure les outils du développement personnel (manipulations, dérives sectaires…), ce qui amène nombre d’esprits mal informés à jeter le bébé avec l’eau du bain.

L'incrédulité est la qualité majeure d'un gendarme, écrivait Pierre Magnan. C'est elle qui fait de lui l'égal d'un scientifique (« Les Secrets De Laviolette », Denoël, p.142). N'ayons pas la cruauté de chercher à savoir si en disant cela, il entendait se gausser des premiers ou des seconds :-). Mais les exemples où les sciences (qu'elles soient "dures" ou pas) me semblent prises en flagrant délit d’insuffisance, de « trop court » ne manquent pas.


Développement personnel et homéopathie : même combat ?

Il est notoire que l’homéopathie, par exemple, a encore du mal à se faire accepter dans la communauté scientifique, faute de pouvoir se prêter à l’analyse, et, partant, aux critères du groupe qui détient le pouvoir de « faire la pluie et le beau temps » en la matière. Et en attendant que tout ce petit monde se mette d’accord, des millions de gens se soignent, souvent avec bonheur, et parfois même sont tirés d’affaire face à de bien fâcheux maux. Nous sommes ici aux antipodes de l’hommage sarcastique qu’aurait adressé Fontenelle en 1757 depuis son lit de mort à la science en général, et à son médecin en particulier, lequel se répandait en doctes explications sur la maladie en cours pendant que Fontenelle agonisait : «En somme, grâce à vous, docteur, je meurs guéri !», aurait déclaré l'écrivain...


Pour conclure…

Ce que je puis affirmer à propos du développement personnel, pour ce qui est de mon modeste témoignage, c’est tout simplement que pour ma part j’ai été pleinement satisfait de l’expérience, qui fut pour moi plus que concluante. Entre ça et le mieux-apprendre, je ne vous raconte pas à quel point je me sens chez moi dans n'importe quelle situation d'apprentissage, de la plus simple à la plus problématique, que ce soit en direct ou à distance... Et, pourquoi ne pas le dire, depuis que je vais plus facilement vers les gens, ceux-ci me le rendent au centuple !

Que ce soit en situation d'apprentissage, de formation, ou de transmission des connaissances (...encore que cela ne s'arrête certes pas là), le développement personnel reste pour moi une ressource précieuse,  sur bien des plans. En gros, cela tourne autour de la capacité à conserver enthousiasme et optimisme contre vents et marées (ce qui n'empêche pas la lucidité). Ainsi je peux déclarer que ma vie de formateur s'en est trouvée fondamentalement changée. Peut-être, dans un avenir prochain ces choses-là seront elles aussi systématiquement enseignées dans les cours de pédagogie ? Je l'ignore... mais j'ai souvent le sentiment qu'à côté des moyens technologiques de communication, la véritable communication entre les êtres humains n'en est... qu'à la préhistoire.

Il n'empêche : aujourd'hui, chaque jour, je fais de mon mieux, à mon humble niveau, et surtout je vais mieux, "de mieux en mieux"... en tâchant de me souvenir qu'il n'est pas nécessaire d'aller mal pour aller mieux.

C'est tout le bien que je vous souhaite 🙂

Bien à vous,

Bernard

Les paragraphes sur la pensée positive, la visualisation et la relaxation ont été librement inspirés d'un article publié par Erik Pigani dans un hors-série de la revue "Psychologies" paru en octobre 2005.

A lire également : cet article très complet et très pédagogique sur le blog de l'ISRI (ingénierie en pratiques sociales), intitulé "Changement personnel : mieux choisir sa thérapie".

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Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (1/2)

Cet article consacré au développement personnel en situation de formation fait partie du dossier « Apprendre mieux ? » publié sur ce blog. Pour un accès aux articles précédents, voir les liens ci-dessous :

Apprendre mieux ? (découverte de la grande galaxie de l'accelerative learning)
Apprendre mieux ? Épisode 2 : Les grands principes
Apprendre mieux ? Épisode 3 : Vous avez une mémoire extraordinaire !

Comment sortir de la bouteille

L’éducation est une épée à double tranchant. Elle peut devenir dangereuse si elle n’est pas maniée correctement. (Wu Ting-Fang)

Comme nous commençons à le voir, le mieux-apprendre est tout sauf une science. Cette « discipline pédagogique de l’action » repose plutôt sur le bon sens, mais aussi sur notre propre capacité à oser nous remettre en question et tenter quelque chose de nouveau. Il est aisé de comprendre que sur ce registre-là, le développement personnel (pfffft.... encore un truc aux contours pas toujours très précis, encore une galaxie, quoi... :-)), bien que complètement « déconnecté » du mieux-apprendre à proprement parler, peut avoir un rôle essentiel à jouer dans une pareille démarche. Étant donné que ce fut mon cas, et que j’en ai retiré un énorme bénéfice, je n’hésite pas à développer ce sujet ici (...que les éventuels puristes des deux galaxies en question daignent me pardonner).

Être au clair avec nos propres croyances et nos propres émotions

Il est aisé de remarquer qu’une grande partie du succès ou de l’échec d’une démarche d’apprentissage tient aux représentations mentales que les uns et les autres se font de l’apprendre, de « l’idée qu’ils s’en font », en quelque sorte. L’acte d’enseigner, de former, n’étant pas de tout repos (…certains d'entre vous l’ont peut-être déjà remarqué 🙂), il est naturel qu’en pareil cas nous ne mettions pas toujours le plus grand empressement à sortir du connu pour aller vers ce qui ne l’est pas…

En outre, pour accepter ne serait-ce que l’idée d’apprendre (dans le sens « enseigner ») en s’amusant (…ce qui, rappelons-le, fait partie des fondamentaux du mieux-apprendre), il est indispensable d’être au clair avec nos propres croyances et émotions. En général, plus on possède un bagage intellectuel conséquent, plus on est en mesure d’invoquer – à juste titre – de raisons pour expliquer que notre propre conduite ne doit pas se laisser guider par nos émotions.

Les croyances limitantes, ça limite, mais d'un autre côté, les croyances portantes, ça porte... 🙂

J'ai abordé plusieurs fois ici la notion de "croyance", en particulier pour ce qui concerne les croyances en nos propres capacités (j'ai parlé de croyances limitantes). Nous savons qu'une croyance limitante a pour effet de diminuer de facto nos performances dans la matière étudiée. Mais il faut également bien considérer qu'à l'inverse, une croyance diamétralement  opposée (qu'on peut appeler croyance portante) aura pour effet... de les augmenter ! En d'autre termes, nous ne savons jamais avec exactitude jusqu'où nous pouvons aller, mais ce qui est sûr, c'est que si nous "n'y croyons pas", nous irons moins loin... et que si nous "y croyons", nous irons plus loin ! D'où les nombreux aphorismes du style "Ils ne savaient pas que c'était impossible, du coup ils l'ont fait".

Les émotions sont de très mauvais maîtres, mais…

Quant aux émotions, si nous savons tous instinctivement qu'elles sont de très mauvais maîtres, on ignore parfois – jetant inconsidérément le bébé avec l’eau du bain – à quel point elles peuvent se révéler d’excellents auxiliaires, à condition toutefois que nous ayons acquis une capacité à « arbitrer » de manière satisfaisante nos éventuels conflits intérieurs en la matière. Faute de quoi la solution – et c’est bien compréhensible – que nous adoptons le plus souvent consiste tout simplement à nous couper purement et simplement de nos émotions pendant l’exercice de nos fonctions (ce qui me paraît dommageable pour tout le monde, surtout en situation de formation, que ce soit pour le formateur ou pour l'apprenant). Or, on sait confusément qu’il est illusoire de vouloir les accrocher, ces satanées émotions, au mur, à côté de notre manteau en arrivant le matin, pour les récupérer le soir en partant. Mais bon, faute de mieux, on fait comme si…

Se couper de ses émotions, est-ce rédhibitoire ?

Celui qui « se coupe de ses émotions »  pourra peut-être accéder à toutes les connaissances livresques et théoriques qu’il voudra (...dans des cas pas si isolés que ça, ce sera même pour lui un salvateur refuge), mais il prendra – de ce fait – le risque de passer à côté de phénomènes (beaucoup plus nombreux qu’il n’y paraît) se prêtant peu, voire pas du tout à l’analyse intellectuelle. Et il passera – vis-à-vis de ses éventuels amis moins lettrés que lui – comme quelqu’un de très brillant, et même, si ça se trouve, je sais pas moi, peut-être pour un expert de la méta-cognition (...rires dans l'assistance), mais en même temps, ce faisant, il risque fort d'être perçu comme quelqu'un « qui passe à côté de l’essentiel », ce qui ne manquera d’ailleurs pas de l’irriter au plus haut point. L’évidence, pas plus que l’essentiel, ne se prêtant volontiers à l’explication (« si tu ne comprends pas ce qui est évident, nous ne pouvons rien pour toi ») nous nous dirigeons encore vers un dialogue de sourds, et notre fameux lettré, déconfit et frustré par cet état de choses, n’aura de cesse que de se réfugier auprès de ses pairs, nettement plus "civilisés" que tous les goujats qui « refusent le dialogue » !

L’histoire d’un formateur en informatique qui rêvait de donner des cours de ressources humaines…

rêveJe me souviens très bien qu'il y a bien longtemps, alors que j'étais un jeune formateur en informatique, très à l'aise dans le domaine de « la logique », du « démontrable »,du «  factuel »… j’étais en même temps très intrigué et très attiré par le contenu de tous les catalogues de stages de formation tournant autour des ressources humaines, de l'animation et du management d'équipe, et plus généralement du comportement. Je me demandais bien à partir de quoi on pouvait arriver à dire quoi que ce soit de pertinent… et – surtout – faire face aux attentes et réactions des participants, sur des sujets aussi vastes que la manière de communiquer en situation difficile ou hostile, l’accompagnement au changement, la gestion de son propre stress, la prise en compte de celui des autres, les attitudes appropriées en situation d’entretien, de réunion, de conflit, la préparation de sa retraite, la dynamisation des équipes, le renforcement de sa propre performance managériale, l’animation d’une équipe de travail en situation non hiérarchique, ou à distance, et j’en passe…

Dis-moi, cher ami, comment fais-tu, toi ?

A un de mes amis, qui exerçait cette activité (et semblait d’ailleurs s’en tirer parfaitement indemne), je me souviens même m’être ouvert de mon attirance pour ces sujets, et en même temps de l’angoisse qu’ils suscitaient en moi. Par exemple je me souviens parfaitement avoir formulé mes craintes d’alors à peu près en ces termes : « Comment diable pourrais-je me passer de la présence physique des ordinateurs, présence qui m’a toujours rassuré lorsque un de mes participants, manifestant des états d’âme inattendus, semblait vouloir amener le groupe vers des rivages ne faisant pas vraiment partie du programme prévu… comment, disais-je, imaginer pouvoir me passer de cette présence si salvatrice pour moi (…celle des ordinateurs), puisqu’il m’a toujours suffi d’un effort minime, parfois d’un simple geste désignant les ordinateurs de la salle, pour que les choses rentrent très vite dans l’ordre, parfois à ma grande surprise, et – toujours – pour mon plus vif soulagement ? »

 

S’il vous manque un élément… inventez-le !

Capturons nos rêves...

…Après avoir entendu le récit de mes inquiétudes d'alors, mon ami  éclaté d’un rire sonore, puis m’a répondu quelque-chose dans ce goût-là : « Eh bien, qu’à cela ne tienne, si tu n’as plus d’ordinateur dans ta salle pour te rassurer, tu n’auras qu’à t’en inventer un et faire comme s’il y était ! Pour y arriver facilement, va donc suivre une formation en développement personnel, et si c’est bien fait, tu verras, tout marchera comme sur des roulettes ! ».

Sur le moment j’ai trouvé cette idée totalement incongrue… et pourtant, j’ai mis un point d’honneur à suivre le même cursus de développement personnel que mon ami (en effet, j’avais entièrement confiance en son témoignage... Du coup, j'en ai pris pour deux ans, à raison d'un weekend par mois !). Et je suis en mesure d'affirmer aujourd'hui qu'entre ça et je ne sais quelle démarche épistémologique (je pouffe...) il n'y a vraiment pas photo pour qui veut vraiment apprendre à "retomber sur ses pattes"...

Tout est dans la tête…

Par la suite, l’expérience m’a montré qu’effectivement TOUT était dans ma tête, et que j’étais en quelque sorte « mon pire ennemi » à chaque fois qu’il s’agissait d’adopter des postures, des attitudes, ou des comportements… auxquels je ne parvenais pas.

Peut-être ai-je eu besoin quelque temps d’imaginer la présence d’un ordinateur lors des premières interventions en communication (que j’ai dispensées par la suite, quelques années plus tard, et que je continue à dispenser aujourd’hui) ? Très franchement je ne m’en souviens plus. Il est probable que non.

Car la formation en développement personnel que j’ai suivie, donc, m’a également montré que j’avais également un meilleur ami… et que là aussi il s’agissait… de moi-même ! La différence c’est que maintenant j’ai beaucoup plus de choix ! Libre de suivre les injonctions de mon pire ennemi ou de mon meilleur ami, il m’arrive rarement d’hésiter. Je peux donc désormais maîtriser un éventail de situations infiniment plus grand qu’à l’époque. Encore une fois, il n’y a pas photo, pour moi c’est donc « Merci le développement personnel ! »

Comment peut-on présenter le développement personnel ?

Défini par certains sociologues comme un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances (sic !), le développement personnel vise à harmoniser les rapports du conscient avec l'inconscient et ayant pour but le développement de la personnalité de l’individu pour une meilleure connaissance de soi, des autres, et des mécanismes de relations interpersonnelles. Il a favorisé l'émergence du concept de « scénario de vie », qu’il définit comme une approche personnelle de la vie, où chacun peut se forger sa  propre image de soi et sa manière de faire face aux problèmes. Ce concept  a été repris par plusieurs  théories managériales (avec le MBTI) qui l’ont traduit (avec plus ou moins de bonheur) par la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

équilibre de vie

Tout en puisant ses origines chez des psychanalystes (notamment Carl Gustav Jung et Alfred Adler), le développement personnel se place dans une optique résolument pragmatique, à l'anglo-saxonne : Plutôt que d'entrer dans une (parfois très longue ) période d'analyse introspective (un peu comme on entre en religion), le développement personnel  nous permet plus prosaïquement de modifier, parmi  nos habitudes, représentations et schémas de comportement, ceux que nous jugeons inadaptés (...aux autres, au contexte, aux circonstances, que sais-je encore ?).

Quels concepts abordés (et surtout travaillés) en développement personnel peuvent-ils être utiles en situation d’enseignement et d’apprentissage ?

Un éléphant ça peut aider...

Là aussi, je donnerai une liste forcément subjective, et forcément incomplète…

Les croyances Elles tournent autour de tout ce qui nous permet ou nous interdit de faire quelque chose.
La confiance en soi Un cuisant déficit chez beaucoup d'entre nous… Si nous n’en sommes pas suffisamment pourvus, nos apprenants le sentent forcément ! Comment pouvons-nous prétendre les aider efficacement, dans ces conditions-là ?
Les facultés sensorielles : auditives, kinesthésiques (le toucher), gustatives, olfactives Leur étude nous montre à quel point chacun de nous perçoit la réalité d'une manière qui lui est propre (d'où des notions telles que les intelligences multiples, ou le "mode préférentiel d'apprentissage"…)
Les métaphores D'une puissance extraordinaire (parce que s'adressant directement à nos perceptions), elles sont à la base même de toute activité pédagogique.
La communication interpersonnelle Savoir décortiquer son fonctionnement permet incontestablement d’être beaucoup plus efficace, notamment par les techniques d'écoute active et de reformulation.
La congruence Correspondance exacte entre l'expérience et la prise de conscience
(…cohérence interne, si on veut)
La gestion des objectifs personnels Pour mettre en place des stratégies qui tiennent la route
La gestion du changement Ou comment progresser sans se renier…
Les pièges du langage Nous accordons à la parole des vertus magiques… pour le meilleur, mais aussi pour le pire !
La ligne du temps Nos différentes façons de gérer et cadrer le temps
Éléments de dynamique des groupes Étude de plusieurs mécanismes courants (comme celui de la pression de conformité)
Les émotions Très mauvais maîtres, mais excellents auxiliaires, comme on l’a vu…

Citons quelques méthodes...

On peut aujourd’hui dénombrer les méthodes de développement par dizaines (faisant un choix forcément subjectif, je citerai simplement ici l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l'ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique, le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène et le yoga).

Bon. C'est bien gentil tout ça, mais que choisir ? Et que faut-il éviter ?

J'imagine qu'à ce stade, une personne intéressée par tout ça ne saura pas forcément "par quel bout l’attraper"... ce qui est parfaitement compréhensible 🙂

Surtout que ces techniques (et leurs inévitables débordements) charrient inévitablement avec elles comme une odeur de soufre, tant il est vrai que dans l'imaginaire collectif, on y associe souvent des histoires de manipulation, ou de dérives sectaires, de gourous... parfois à juste titre !

Manipulations

Encore une fois, gardons-nous bien de jeter le bébé avec l'eau du bain. Pour comprendre comment tout cela fonctionne, prenons un exemple qui vous surprendra peut-être, celui des pédophiles : on sait que ceux-ci sont naturellement enclins à choisir des activités - ou même une profession - les mettant en contact avec les enfants. D'où le syllogisme courant : La plupart des pédophiles travaillant avec la petite enfance, certaines personnes en concluent un peu hâtivement que la plupart des travailleurs de la petite enfance seraient pédophiles (?!), sur le modèle archi-connu de "Tous les chats sont mortels. Or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat".

Eh bien il en va de même avec la question du développement personnel et des gourous. Il est évident que tout gourou qui se respecte (...façon de parler, hein ?) ira tôt ou tard s'intéresser aux techniques de développement personnel ! De là à en conclure que "ça marche dans les deux sens", c'est aller un peu vite en besogne. Mieux, même : Plus nous serons nombreux à connaître ces techniques-là, plus nous serons armés pour nous défendre (et défendre les nôtres) contre les manipulateurs et les gourous. Par exemple, je peux vous dire que lorsque l'occasion m'en est donnée, j'assiste toujours avec une joie sans mélange aux joutes oratoires auxquelles les hommes politiques aiment tant se livrer sur les médias audiovisuels... incontestablement, ils ont été abreuvés à des sources que je peux très souvent identifier, et je suis très heureux de pouvoir ainsi décrypter nombre de leurs mécanismes... Plus nous serons nombreux à le faire, et mieux ce sera, ne serait-ce que pour des "raisons démocratiques" !

Voilà. Si après ces lignes, vous êtes toujours tentés par la question de savoir comment vous initier à tout ça, je me propose de vous amener des billes sur cette question, mais aussi sur les points communs (...car il y en a ! ) qu'on peut trouver  – du moins de mon point de vue – à la plupart des techniques de développement personnel, et ceci dans le prochain article à paraître ici.

Bien à vous,

Bernard

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Découverte de la grande galaxie de l’accelerative learning

Que sait-il de l'amour, ton cerveau, pauvre Luis ? Rien. Il sait, par ouï-dire, que l'amour existe mais il ne sait pas le goûter. Que sait-il d'une pomme ? Son poids, sa couleur, sa chimie. La formule chimique d'une pomme nourrit-elle ? Non, mais le cerveau s'en moque. Il ne se nourrit pas de pommes, il se nourrit d'informations. Il les stocke, il les accumule, il les empile, il les interprète, il s'en bâtit des systèmes, des romans, des euphories et des angoisses. Il ne vit pas, il fonctionne. (Henri GOUGAUD : "Les sept plumes de l'aigle".)

Bonjour,

Cet article est le tout premier d'une série consacrée au phénomène de l'accelerative learning, également connu sous le vocable de mieux-apprendre.

Quand on s’intéresse aux grands courants de la pédagogie, on a coutume de citer le cognitivisme, constructivisme, le socio constructivisme, le behaviorisme... que sais-je encore ?

Ces différents courants sont dûment répertoriés, homologués, labellisés et étiquetés… mais par qui ?

…Eh bien, c'est simple : par de doctes personnes dont la principale mission consiste à répertorier, homologuer, labelliser et étiqueter des choses. Or, pendant ce temps-là, le monde bouge, évolue, et tout un pan de la réalité de situations d’apprentissage se développe, croît et existe tout tranquillement en parallèle, à côté du reste. Dans un certain nombre de cas, cela se produit sans que nos chers répertorieurs-homologueurs-labelliseurs-étiqueteurs ne paraissent le moins du monde concernés !

Littérature grise...

Lorsqu’il m’est arrivé d’en croiser (essentiellement à la fac) et de leur montrer des ouvrages portant sur ces sujets-là et expliquant ce qui s’y passe, la très grande majorité  de mes professeurs m’opposaient en général une fin de non-recevoir, sans même daigner jeter le moindre regard là-dessus, au motif que cela appartenait à ce qu’ils appelaient très joliment de la « littérature grise » !

Pour les non-initiés, je précise que la littérature grise, dans la bouche des répertorieurs-homologueurs-labelliseurs-étiqueteurs, désigne tout ce qui se publie en-dehors des revues universitaires. Voilà en effet une manière plutôt cavalière, mais fort commode, de laisser dans l’ombre une bonne part du réel, tout en permettant de rester dans l’entre-soi de tous ceux qui – certes – ont compris tout l’intérêt qu’il peut y avoir à se réfugier dans la réflexion… parfois même jusqu’à aller se retrancher le plus loin possible de l’action.

De bien tristes prestidigitateurs

Bien entendu, je ne parle pas ici de l'ensemble des professeurs d'université, loin s'en faut, mais tout de même d'une bonne partie d'entre eux qui (hélas) tient le plus souvent "le haut du pavé", comme on dit. Ces personnes-là ont une fâcheuse tendance à repousser d'un revers de main, et sans aucun état d'âme, tous les faits qui ne concordent pas avec leur sacro-sainte "validité scientifique" du moment. Le fameux classement de Shanghaï (sur les universités dans le monde) les place-t-il dans une position délicate, au motif que notre pays - pourtant inventeur de l'université ! - est en train de tomber en chute libre dans ce classement  ? Que nenni, il suffit de déclarer que les critères de ce classement ne sont pas appropriés, et hop, le tour est joué !

Au procès de Galilée, ils étaient déjà là, pour déclarer sans rire "...que les météorites ne peuvent pas être des pierres qui tombent du ciel, puisqu'il n'y a pas de pierres dans le ciel".

Tous les jours, en pédagogie des adultes notamment (oui, je sais, il faudrait théoriquement que j’emploie le terme « andragogie », mais voyez-vous comme c’est bête, il est important pour moi de me faire comprendre du plus grand nombre, quitte à prendre le risque de chagriner tous les Diafoirus du moment…) Tous les jours, disais-je, ces concepts sont utilisés par des centaines de milliers de personnes. Pour vous en persuader, rendez-vous chez votre libraire préféré.. quittez le rayon "Pédagogie" et approchez-vous des rayons intitulés "Entreprise", "Vie pratique", voire "Développement personnel" (Remarque : si d'aventure un ou plusieurs de ces mots vous donne des boutons, aucun souci, retournez donc vous réfugier bien au chaud dans vos bonnes vieilles habitudes 🙂

Je vais vous confier une chose toute bête : Quand j’ouvre un livre traitant de pédagogie, et que ça jargonne du début à la fin (alors même qu’aujourd’hui j’ai assimilé une grande partie de ce jargon), je ne peux pas m’empêcher de me dire que – de l’auteur ou du lecteur – l’un des deux au moins a un gros problème. Et devinez pour qui je tranche, en général, mmmmh ?

Alors c’est vrai, le courant pédagogique dans lequel je me reconnais et m’épanouis le plus passe le plus souvent à la trappe et, du coup, se retrouve injustement ignoré des nombreuses personnes de bonne volonté désireuses de s’intéresser aux choses de la pédagogie, lesquelles passent nécessairement par le prisme quasi obligé de la doxa (mais oui, vous savez, les « milieux autorisés », comme disait Coluche, qui avait compris bien des choses) ! Fort heureusement, aujourd'hui internet est là, pour le meilleur et pour le pire, et il contribue dans bien des domaines à fissurer quelques édifices, et à faire parfois bouger les choses (Dieu merci, je ne suis certes pas le premier blogueur à parler de ces choses-là !).

Pour ma part, l'accelerative learning est ce qui m’anime et m’aide à faire de tous mes face-à-face pédagogiques de purs moments de bonheur, pour moi et (je l’espère !) pour mes apprenants.

Ce que, faute de mieux, nous appellerons "ce courant" part du principe tout bête qu’on n’apprend jamais aussi bien que lorsqu’on ne s’aperçoit pas qu’on apprend, et qu’à l’instar de Bergson, « Il n’y a pas d’idée (philosophique ou non), si profonde ou si subtile soit-elle, qui ne puisse et ne doive s’exprimer dans la langue de tout le monde. » Son plus grand ennemi est également celui de plein de générations d’enfants. Il s’appelle l’ennui.

Courant ou galaxie ?

L'accelerative learning est maintenant très largement utilisé dans le milieu des entreprises et de la formation personnelle (mais toujours plus ou moins marginalisé par l’université !).

Les fans de l'accelerative learning n’ont en général pas le sentiment de faire partie d’une école, d’une chapelle, et encore moins d’une approche théorique, et ceci pour une raison bien simple : ils s'intéressent bien plus à des notions telles que le bon sens ou l'humour (vecteurs d'apprentissage extrêmement puissants, comme on le verra dans le prochain article).

En général, ils préfèrent dire qu’ils font partie d’une « galaxie », vous savez, cette structure en spirale tournant autour d’un noyau dur, lequel n’est jamais plus qu’un objectif vers lequel on tend...

Ainsi, l'accelerative learning ne passe pas par les fourches caudines de notre belle Université, pour le simple motif que toute cette galaxie « pas vraiment orthodoxe » n’hésite pas à « picorer » ici et là de nombreuses techniques ou méthodes qui n’ont pas forcément droit de cité chez nos doctes chercheurs. Cela n’empêche pas toutes ces petites « planètes » d’être réutilisées avec succès un peu partout dans le monde, tout simplement par les millions de petites (et moins petites) mains qui vivent dans le cambouis du réel, aussi bien dans le milieu de l’entreprise (formation professionnelle, mais aussi brainstorming, techniques de résolution de problèmes, ou plus généralement ressources humaines), de l’enseignement, de l’éducation des jeunes enfants (allez donc voir du côté des pédagogies dites "décalées") … jusqu’aux nombreux parents qui de par le monde s’intéressent à la manière dont ils peuvent efficacement venir en aide à leurs enfants pour les devoirs à la maison !

L'exemple du Mind Mapping

Un exemple de ces galaxies ? Le Mind Mapping, mais oui, amis connectivistes, vous avez bien lu ! Le Mind Mapping popularisé par les ouvrages de Tony Buzan, est depuis de nombreuses années largement utilisé, promu, encouragé par les fans du mieux-apprendre. L'époque où il fut à son tour utilisé, repris, et même (...parfois exagérément)  encensé par les "pédagogues patentés" est beaucoup plus récente. Qu'importe, c'est avec bonheur que j'ai vu tant de personnes, blogs, méthodes pédagogiques s'approprier et diffuser cette technique (propriétaire de personne, faut-il le rappeler ?)... technique qui (pour ma part) m'a été enseignée il y a déjà fort longtemps !

Si le terme « Mind Mapping » ne vous dit rien, voici la liste des synonymes les plus couramment employés :

      • Arbre de connaissance
      • Carte Cognitive
      • Carte Conceptuelle
      • Carte euristique
      • Carte heuristique
      • Carte mentale
      • Carte sémantique
      • Constellation d'idées
      • FlowChart
      • Learning Map
      • Mind Map
      • Mind Mapping
      • MindChart
      • MindCluster
      • Mindmapping.
      • Mindscape
      • Schéma euristique
      • Schéma heuristique
      • Topogramme.

La longueur de cette liste vous surprend ? Eh bien, dites-vous bien que cela peut être aussi un signe de bonne santé pour le mind mapping, qui par nature a du mal à se laisser classifier, étiqueter, etc... La liberté est parfois à ce prix 🙂

Ressources sur l'accelerative learning : comment s'y retrouver dans cet univers "open source" ?

Je reparlerai plus en détail du mind mapping prochainement. Pour ce qui concerne l'accelerative learning, voici quelques premiers jalons, bons points de départ pour ceux qui seraient en recherche de ressources. Il suffit en effet de googler la plupart des noms apparaissant ci-dessous pour se faire une première idée, tout en gardant bien à l'esprit que les noms cités ici désignent parfois des contributeurs... bien involontaires ! En effet, non seulement l'accelerative learning est une galaxie, mais c'est aussi un gigantesque Lego dans lequel chacun peut venir puiser à sa guise, ce qui ne nuit aucunement à son efficacité, bien au contraire... tenez, pensez donc à ce qu'est Linux pour le monde des informaticiens 🙂

Quelques noms Commentaires, explications, champs de recherche ou d’application
Tony Buzan Né en 1942, c’est un psychologue anglais connu pour être le créateur du concept de carte heuristique, mas également plusieurs techniques dites de mémorisation totale (SEM3 et « Grand système »)
Georgi Lozanov Médecin et psychothérapeute bulgare (1926-2012). Considéré comme un des pères fondateurs, il est décédé depuis peu. Travaux sur la mémoire et les différents facteurs « facilitateurs » d’apprentissages. Voir http://dr-lozanov.com/
Roger Sperry, Paul Mc Lean et tous les spécialistes des neurosciences. Tout ce que les neurosciences peuvent nous apprendre sur la manière dont se font les acquisitions fait bien entendu le miel des fans de l'accelerative learning, qui s’efforcent d’utiliser toutes ces découvertes dans des applications bien concrètes.
Howard Gardner Né en 1943, Gardner  travaillait à l'origine sur les lésions cérébrales et leurs conséquences. il est aujourd’hui le père de la théorie des intelligences multiples. Il enseigne à l'université de Harvard
Edward de Bono né en1933 à Malte, psychologue et médecin spécialiste en sciences cognitives. Il est connu pour avoir promu la notion de « Pensée latérale ».
Bruno Fürst Bruno Fürst (1891-1965) fut le plus créatif, imaginatif, inventif et fabuleux des facilitateurs  mnémotechniques. Le mieux est d’aller voir cet exemple... (cherchez le titre "La ressource")
Sivasailam Thiagarajan, alias Thiagi Inventeur génial et pétillant du concept des « Jeux-Cadres » (qui, du moins à mes yeux, ont un lien de parenté criant avec les serious games), Thiagi est aujourd’hui mondialement reconnu.

Voilà. Dans un prochain billet, je me propose de vous parler de Bruno Hourst (qui est le meilleur vulgarisateur, au meilleur sens du terme, de toutes ces notions pour un public francophone). Je vous ferai également partager quelques principes et exemples de ce qu'est l'accelerative learning, très concrètement.

À bientôt !

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18 façons d’améliorer votre langage corporel (body language)

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 Libre traduction et adaptation d’un article paru sur http://www.positivityblog.com/index.php/2006/10/27/18-ways-to-improve-your-body-language/

 1. Ne croisez pas les bras ou les jambes - Vous avez sans doute déjà entendu dire qu’il est déconseillé de croiser les bras car cela pourrait vous faire paraître sur la défensive ou traduire le sentiment d’être surveillé. Cela vaut pour les jambes aussi. Gardez les bras et les jambes ouverts.

2. Gardez un contact visuel, mais ne fixez pas votre interlocuteur - Si vous vous adressez à plusieurs personnes, tâchez de toujours rester en contact visuel avec quelques-unes d’entre elles (pas toujours les mêmes !), efforcez-vous de créer un lien par le regard et vérifiez si elles sont effectivement à l'écoute. Attention, un excès de contact visuel pourrait faire fuir les gens. Alors qu’un manque de contact visuel peut vous faire paraître superficiel. Si vous n'êtes pas habitué à ce genre d’exercice, il se peut que vous trouviez cela quelque peu difficile ou inquiétant au début, mais continuez à y travailler et vous y habituerez.

3. N’ayez pas peur d’occuper l'espace – Changer de position, par exemple se mettre en position assise, ou debout, les jambes légèrement écartées constitue un signal basique de confiance en soi et montre que vous êtes bien dans votre peau.

4. Détendez vos épaules - Lorsque vous vous sentez plus ou moins tendu, l’énergie circule moins facilement jusqu'à vos épaules. Vous pouvez les rehausser un peu pour vérifier si les symptômes disparaissent. Essayez de vous détendre en desserrant les zones de tension en remuant un tout petit peu les épaules. Déplacez-les légèrement vers l'arrière.

5. Hochez la tête quand on vous parle - Hochez la tête de temps en temps pour signaler que vous écoutez. Mais n'exagérez pas, n’imitez pas Woody Woodpecker !

6. Ne vous relâchez pas trop, tenez-vous droit - Mais d'une manière détendue, pas de façon trop rigide non plus.

7. Penchez-vous vers votre interlocuteur, mais pas trop - Si vous voulez montrer que vous êtes intéressé par ce que quelqu'un dit, il est d’usage de se pencher vers la personne qui parle. Si vous voulez montrer que vous êtes confiant en vous-même et détendu, il faut également se pencher très légèrement en arrière de temps à autre. Mais ne ne forcez pas le mouvement sous peine de sembler (selon le cas) démuni et en quête d’approbation, ou encore arrogant et distant.

8. Souriez... et riez – allégez l’atmosphère, ne vous prenez pas trop au sérieux. Détendez-vous un peu, sourirez et riez quand quelqu'un dit quelque chose de drôle. Les gens seront beaucoup plus enclins à vous écouter si vous avez l’air d’une personne positive. Mais ne soyez pas le premier à rire de vos propres blagues, cela vous fait paraître nerveux et en attente de quelque chose. Souriez quand vous êtes présenté à quelqu'un, mais ne gardez pas ce sourire scotché sur votre visage comme un masque, vous sembleriez manquer de sincérité !

9. Ne touchez pas votre visage - Cela peut vous faire paraître nerveux et peut être gênant pour les auditeurs ou les personnes qui font partie de la conversation.

10. Gardez la tête haute - Ne gardez surtout pas les yeux sur le sol, cela peut vous faire paraître peu sûr de vous et quelque peu perdu. Gardez la tête droite et les yeux vers l'horizon.

11. Ralentissez ! - cela vaut pour beaucoup de choses. Par exemple, marcher lentement, vous fait non seulement paraître plus calme et confiant, mais vous verrez que vous-même vous sentirez moins stressé. Si quelqu'un vous interpelle, veillez à ne pas tordre le cou dans sa direction, tournez-vous un peu plus lentement en faisant pivoter en même temps le reste de votre corps.

12. Tâchez de ne pas bouger excessivement et essayez d’éliminer ou transformer tout mouvement incontrôlé ou tic nerveux tels que secouer votre jambe ou pianoter sur la table avec vos doigts. Vous sembleriez nerveux et agité – peut être même absent – alors même qu’au contraire votre objectif est d'obtenir l’attention de votre interlocuteur. Déliez vos mouvements si vous avez tendance à vous éparpiller. Essayez de vous détendre, de ralentir un peu et de garder des mouvements posés.

13. Utilisez vos mains avec plus de confiance. Au lieu d'utiliser vos mains pour toucher ou gratter votre visage, servez-vous-en pour communiquer ce que vous essayez de dire. Utilisez-les pour décrire quelque chose ou pour ajouter du poids à un point que vous essayez de développer. Mais il ne faut pas les utiliser pour autant à un point qui pourrait s’avérer gênant pour vos interlocuteurs. Surtout, ne laissez pas vos mains divaguer inconsidérément, il convient de les utiliser avec un certain contrôle.

14. Attention lorsque vous tenez un verre à la main Souvent, un verre tenu contre notre poitrine nous donne le sentiment d’avoir une certaine contenance. En fait, il ne faut rien tenir à l'avant de votre cœur, cela vous donne un air trop « à l’affût » et distant. Si vous tenez un verre à la main, baissez-le et maintenez-le par exemple à côté de votre jambe (si vous êtes assis).

15. Prenez conscience de l’endroit où se termine votre colonne vertébrale - Beaucoup de gens (dont votre serviteur jusqu'à tout récemment) peuvent se tenir indifféremment assis ou debout, le dos droit dans une posture correcte. Cependant, beaucoup font comme si leur colonne vertébrale se terminait là où commence le cou et donc penchent le cou vers l'avant d’une manière exagérée. En fait, votre colonne vertébrale se termine à l'arrière de votre tête. Gardez-votre rachis entier droit et aligné pour conserver une meilleure posture. Et si vous vous penchez, penchez l’ensemble !

16. Ne vous tenez pas trop près non plus l'une des choses que nous avons apprises c'est qu’en pareil cas tout le monde vous ressentira comme un gros bavard, même si vous parlez peu ! Laissez les gens avoir leur espace personnel, ne l'envahissez pas.

17. Utilisez l’effet miroir - Souvent, quand vous vous entendez avec une personne, quand les deux protagonistes s’efforcent d’obtenir une bonne « connexion » mentale, vous vous mettez à adopter « en miroir » l’attitude  de l'autre, le plus souvent inconsciemment. Cela signifie que vous souhaitez refléter peu ou prou le langage corporel de l'autre personne. Cette technique est redoutablement efficace lorsqu’elle est bien utilisée. Pour établir la connexion, vous pouvez essayer un peu de mise en miroir « proactive », histoire d’amorcer le processus. Si la personne se penche en avant, vous pouvez vous pencher vers l'avant également. Si il ou elle tient ses mains sur ses cuisses, vous pouvez faire la même chose. Mais il s’agit d’être très attentif, ne réagissez faut pas instantanément et inconsidérément, votre interlocuteur pourrait s’en rende compte !

18.  Gardez une bonne attitude – Enfin, veillez à garder une attitude positive, ouverte et détendue. La façon dont vous vous sentez finira par se traduire au travers de votre langage corporel, et cela peut faire une grande différence.

En conclusion, il vous est tout à fait possible d’intervenir sur votre langage corporel pour le modifier, mais comme toutes les nouvelles habitudes, cela demande un certain temps. Ce sont surtout des petites manies inconscientes (comme le fait de vous tenir la tête, par exemple) qui peuvent prendre du temps pour être corrigées Soyez patient et bienveillant envers vous-même : si vous essayez de changer trop de choses à la fois, cela pourrait être décourageant, et devenir source de confusion.

Prenez deux des éléments de la liste à travailler tous les jours pendant trois à quatre semaines. D'ici là, vus aurez développé des habitudes nouvelles et vous allez opter pour les bons réflexes, sans même y penser. Sinon, persévérez plus longtemps, jusqu'à ce que ça marche. Ensuite, choisissez deux autres éléments parmi ce que vous aimeriez changer et concentrez votre attention sur eux seuls. C’est une victoire de petits pas qui vous attend. Ne soyez pas trop pressé !

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Soyons congruent !

See on Scoop.it - Pédagogies actives

La congruence pédagogique, pour faire simple, est l’absence de distance entre les valeurs de l'enseignant en tant que professionnel et celles de l'enseignant en tant que personne. Elle se traduit notamment par une harmonisation entre le fonds et la forme de son intervention.

La non congruence est le phénomène le plus facile à percevoir pour un apprenant, ce qu’il traduit volontiers par l’expression, triviale mais réaliste, du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ! ».

See on www.haeuw.com

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Appel à plus de bienveillance au travail

See on Scoop.it - Pédagogies actives

Pour la troisième année consécutive, Psychologies magazine lance un appel à plus de bienveillance au travail. 3 axes de réflexion :

Premier axe : redonner du sens au travail
Deuxième axe : travailler au « mieux vivre-ensemble »
Troisième axe : veiller au bien-être de chacun.

Signer l’appel ne signifie pas forcément de l’appliquer dans son ensemble mais d’aller de l’avant et de mobiliser ses équipes sur des petites attentions qui contribuent au mieux-vivre au quotidien.

See on www.psychologies.com

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Jalousies et rivalités entre frères et soeurs

(Remarque : j'ai déjà publié cet article sur joueb.com en août 2005)

Le livre dont il va être ici question a été écrit par deux psychothérapeutes américaines spécialisées en communication familiale. Elles ont animé pendant de nombreuses années un certain nombre de séminaires sur divers sujets, dont les phénomènes de jalousies et rivalités et entre frères et sœurs. Le livre qu’elles ont écrit ensemble constitue un condensé de ce qui s’est passé au cours de ces séminaires.

Il s’agit de :

Jalousies et rivalités et entre frères et sœurs

Adele FABER et Elaine MAZLISH – © 1989, 1993, 2003, Éditions STOCK

Dédié « à tous les frères et sœurs adultes qui cachent encore au fond de leur cœur un enfant blessé », cet ouvrage est rempli de récits, de témoignages de parents plus ou moins en souffrance, en colère, ou encore impuissants (...on peut aussi être tout cela à la fois 🙂 face à des phénomènes qui leur pourrissent littéralement l’existence (si jamais vous vous reconnaissez dans ces lignes, eh bien « welcome to the club » ;-).

Ce livre m’a été recommandé lors de l’été 2004 par un couple d’amis Mayennais en proie aux mêmes problèmes (mais je pense que nous sommes plutôt nombreux, en définitive... en fait le problème me semble parfois aller de pair avec le fait d’élever plusieurs enfants...).

En relisant mes notes, je me suis surpris à avoir rétrospectivement ici ou là quelques réactions épidermiques vis-à-vis des auteurs : Je me suis dit parfois « Oui... tout cela est bien... sans doute avec des enfants plus doux que les miens... mais avec ms lascars, je ne vois vraiment pas comment mettre cela en pratique à la maison ! »

Et puis je me suis repris, en me disant que tout est préférable à la médiocrité, au statu quo. Comme dit le sage, « Si vous faites toujours plus de ce qui ne marche pas, vous obtiendrez toujours les mêmes résultats »... alors cela m’a donné envie de franchir le pas, malgré mes réticences et tous mes « gna gna gna » de mauvaise augure.

Précisons donc qu’il ne faut surtout pas voir ce livre comme un ensemble de recettes toutes faites, à appliquer mécaniquement et sans réfléchir, avec l’idée d’en obtenir des effets miracles et immédiats. Non. Plus simplement et plus prosaïquement, il est préférable de se contenter de ceci : certaines attitudes, certains comportements ont démontré leur efficacité pour atténuer la rivalité qui oppose frères et sœurs. Cela étant dit, ce qui compte avant tout est l’état d’esprit dans lequel tout cela est fait. N’oublions pas que rien n’a de sens sorti de son contexte (raison pour laquelle je vous encourage à lire le livre pour le cas où ce que j’en rapporte vous « donnerait des boutons » !).

Tout en étant très intéressé par la lecture de l’ouvrage en question, je me suis même temps senti quelque peu frustré par la longueur et la multiplicité des témoignages de parents, ainsi que par les nombreux états d’âme exprimés par les auteurs lors des différentes séances de groupe. Cela m’a donné l’envie d’en extraire un certain nombre d’« idées fortes » (12, en fait) afin de pouvoir me référer par la suite à tout ce que j’ai trouvé de véritablement utile et pratique pour mon utilisation personnelle.

Je me propose de partager aujourd’hui ces notes de lecture avec vous (si vous le souhaitez, vous pouvez lire auparavant de larges extraits du dos du livre, ou encore quelques précisions légales).

Idée générale développée dans le livre :

Le livre me semble reposer sur un constat paradoxal : Le plus souvent, c’est en voulant à tout prix que nos enfants s’aiment que nous aboutissons à une situation où ils se détestent. A l’inverse, c’est en acceptant l’idée qu’ils ne sont pas tenus de s’apprécier mutuellement (du moment qu’ils se respectent) que nous aboutissons à une situation où ils finissent par beaucoup mieux cohabiter... puis (le plus souvent) par s’aimer !

Les auteurs nous invitent à faire en sorte de ne pas fabriquer des stéréotypes. N’enfermons pas nos enfants dans des rôles (« Décidément, celui-là est bien le sportif ... [ou l’artiste... l’intellectuel... le clown... etc.] de la famille »). Tâchons de ne jamais les dévaloriser, même (...et surtout !) si nous sommes à bout de nerfs. Traitons nos enfants non pas en fonction de ce qu’ils sont, mais en fonction de ce que nous voudrions qu’ils deviennent.

Cela dit, si ce qu’ils font ou disent nous met véritablement en colère, n’hésitons pas à dire tout simplement... que nous sommes en colère ! Rappel : La colère est un sentiment parfaitement légitime et adapté lorsqu’il y a attaque dans nos valeurs, ou bien lorsque nous ressentons une injustice ou une frustration. Elle sert à défendre nos valeurs, notre intégrité, et à nous affirmer.

Un très grande place est également accordée à l’importance de l’expérience de chacun d’entre nous (parent) lorsqu’il était enfant, de son propre vécu en tant que frère, ou sœur dans sa fratrie d’origine. Dans les séminaires organisés par les auteurs, il y a toutes sortes de « remontées » parfois poignantes, souvent riches de sens en ce qu’elles éclairent le présent sous un jour nouveau.

Quelques « idées fortes » :

IDÉE FORTE  1 : Toujours penser à la reformulation

Exemple : Tu as l’air furieux... tu ne voudrais pas qu’il prenne toutes tes affaires sans te demander la permission...
(à un enfant qui « se plaint » de son frère ou de sa sœur).

En parcourant mes propres notes sur la question de la reformulation, j’ai pu me remettre en mémoire que reformuler permet de :

- Rester centré sur celui qui parle

- S’intéresser à lui, lui montrer qu’il est écouté et respecté

- Vérifier que nous avons compris

- Gagner du temps

- Se dissocier

- Se reposer (dé stresser par rapport à la situation)

- Mettre l’autre en confiance

- Permettre à l’autre de préciser sa pensée sans qu’il se sente agressé

- Rester soi-même en confiance

IDÉE FORTE  2 : Trouver (autant que possible) des activités symboliques et créatives par rapport au problème posé)

...Comme « dessiner sa colère », ou instaurer un « cahier de rouspétances »...

Cela m’a paru très intéressant... et en même temps pas toujours facile à mettre en œuvre (...ce qui ne constitue pas une raison suffisante pour ne pas essayer 🙂

IDÉE FORTE 3 : Résister à la tentation de comparer

A chaque fois que vous êtes tentés de comparer vos enfants entre eux (« ...Ton frère ne ferait jamais cela »), attachez-vous plutôt à décrire ce que vous ressentez, sans faire de référence à l’autre enfant.

Vous pouvez par exemple décrire ce que vous voyez...

Je vois une veste toute neuve par terre...

...ou ce que vous ressentez...

Cela me contrarie...

...ou encore ce que l’on peut faire pour remédier à cette situation...

La place de cette veste est dans la penderie.

IDÉE FORTE  4 :  Pour les conflits liés à la quantité («...L’autre en a eu plus que moi »)

Attachez-vous à proposer à l’enfant autre chose que ce qui fait l’objet du conflit. Exemple : Si votre enfant se plaint que son frère ou sa sœur a eu « plus de pain » que lui, proposez-lui un autre aliment...

Tu dois avoir faim... Tiens, je te propose de manger une crêpe. Veux-tu une demie crêpe, ou as-tu assez faim pour une crêpe entière ?

IDÉE FORTE  5 : Lequel de vos enfants aimez-vous le plus ?...

Si un enfant vous pose la question et que vous lui répondez « Je vous aime autant l’un que l’autre » ; il ne vous croira pour ainsi dire jamais... ou du moins jamais tout à fait. C’est ainsi ! En revanche, vous pouvez par exemple leur dire « Je vous aime chacun d’une manière unique, parce que chacun d’entre vous est unique, et donc incomparable. Tu es le seul « toi » dans le monde entier et personne d’autre ne pourrait prendre ta place ».

Vous pouvez également leur donner des exemples plus parlants pour eux, et plus adaptés :... « Préfères-tu manger une bonne tartine, ou regarder un bon dessin animé ?... ». L’absurdité de la question leur sautera immanquablement aux yeux !

IDÉE FORTE 6 : Ne pas rechercher l’équité à tout prix

Exemple : vous êtes en train de passer du temps avec votre fille pour discuter avec elle de la préparation de son anniversaire. Soudain, votre fils réclame votre attention en vous faisant remarquer que vous avez déjà passé beaucoup (...trop ?) de temps avec sa sœur (...en n’hésitant pas à faire tout ce qu’il peut pour vous culpabiliser). Si vous cédez sans en avoir fini avec la sœur, cela « libèrera » son jeune frère de sa frustration, mais occasionnera probablement une frustration encore plus grande pour elle ! Cela paraît tout simplement cornélien ! Cela dit, j’ai bien aimé la proposition des auteurs :

Quand j’en aurai fini avec ta sœur, tu me diras comment tu voudrais qu’on organise ton anniversaire à toi, et je te consacrerai tout le temps qu’il faudra.

...Ou encore (exemple d’un parent qui aide son enfant à faire ses devoirs)... :

Je sais que je passe beaucoup de temps avec ta sœur sur ce devoir de maths. C’est important pour elle. Quand j’aurai terminé, je veux que tu me dises ce qui est important pour toi.

IDÉE FORTE 7 : Comment traiter une dispute entre des enfants

S’il s’agit d’un échange de mots :

- A l’agresseur : Arrête de t’exprimer comme ça. Tu es tout à fait capable d’obtenir ce que tu veux en t’exprimant plus correctement !

- A l’agressé qui se « victimise », et qui « rapporte » ce que l’autre lui a fait : 
Il t’a dit cela ? Pourtant, il sait aussi être gentil, et demander ce qu’il veut avec beaucoup de gentillesse...

Très bon plan d’action proposé par les auteurs pour traiter une dispute :

1. Écouter la version de l’un et de l’autre avec respect (bien entendu, dans les deux cas, « l’autre » ne doit pas interrompre celui qui parle).

2. Reconnaître la gravité du problème (ne pas minimiser). Exemple : C’est un problème difficile : deux enfants et un seul jouet !

3. Manifester de la confiance quant à la capacité des enfants à trouver une solution qui leur convienne mutuellement.

4. Quitter la pièce.

C’est le dernier point qui m’a le plus surpris... Mais à bien y réfléchir, n’est-ce pas là le meilleur moyen de ne pas être l’objet d’un enjeu ? (c’est tellement tentant d’essayer d’amener un de nos parents à prendre parti !). C’est aussi un moyen d’arriver à ce que nos enfants soient un jour autonomes...

L’important est que chacun des protagonistes comprenne qu’il a intérêt à négocier... car si en définitive il y en a un d’entre eux qui est obligé de « céder », ce sera tôt ou tard préjudiciable pour tous (comme toujours quand on tombe dans le « payer », ou le « faire payer »).

Quand des enfants se disputent, il y va de leur intérêt de trouver une solution qu’ils négocient eux-mêmes. Leur bénéfice est immédiat... sans parler de la tranquillité des parents... J

IDÉE FORTE 8 : En cas de dispute avec agression patente (un « agresseur », un « agressé »).

Il peut être parfois judicieux de ne pas accorder d’importance à « l’agresseur »... et de ne s’occuper que de « l’agressé »...

Viens, je vais te soigner... Ton frère a besoin d’apprendre à s’exprimer avec des mots, pas avec ses poings...

L’idée de ne pas s’occuper de « l’agresseur » a peut-être de quoi faire bondir... mais souvenons-nous que l’agresseur cherche le plus souvent à attirer l’attention sur lui, à tout prix, que ce soit en positif ou en négatif. Il serait en quelque sorte paradoxal qu’il arrive à ses fins !

En cas de danger immédiat, séparer les enfants, et renvoyer chacun dans sa chambre.

Réserver cette manière de faire aux seules situation de danger immédiat (et expliquer aux enfants qu’ils sont en danger).

IDÉE FORTE 9 : En cas d’abus de pouvoir d’un aîné envers un cadet

Exemple d’un enfant qui accuse son frère aîné de vouloir lui extorquer un de ses jouets « par la force » :

Ce jouet t’appartient. Tu peux très bien aller dire à ton frère « C’est moi qui décide quand je veux te le prêter ».

Ainsi, l’enfant apprend à s’affirmer davantage (au lieu d’avoir tout le temps recours à une autorité), et à devenir plus autonome.

IDÉE FORTE 10 :  Si un enfant « rapporte », et que cela nous irrite...

Cela ne me plait pas de t’entendre raconter ce que ton frère fait ou ne fait pas... En revanche, si tu veux me parler de toi, je serai heureux de t’écouter.

IDÉE FORTE 11 : Quelques idées pour des discussions en famille


Les auteurs privilégient l’idée d’instaurer la tenue régulière de discussions en famille, au cours desquelles chacun peut exprimer ses besoins, attentes, et éventuellement frustrations.

Idée intéressante : Faire lister aux enfants les différents sujets de dispute qui existent dans la famille :

- Problèmes de propriété (« cet objet m’appartient »)

- Problèmes de territoire (« C’est ma chambre »)

- ...

IDÉE FORTE 12 : Bien souvent, les enfants peuvent trouver eux-mêmes des solutions à leurs conflits...

Les auteurs racontent l’exemple d’un père qui, après que ses fils se soient chamaillés pour une chaise, s’est lui-même assis « d’autorité » sur « l’objet de la dispute », et, devant la frustration exprimée par les deux enfants, leur a déclaré « Je suis prêt à me lever de cette chaise si (...et seulement si) vous êtes capables de trouver un arrangement tous seuls. Maintenant, filez ! ».

A la grande surprise du papa, ses deux fils sont revenus très peu de temps après, avec un scénario du type C’est untel qui aura la chaise pour le déjeuner, et l’autre pourra l’avoir au moment du dîner ».

Le père fut à ce moment-là convaincu que lui-même n’aurait jamais eu l’idée de trouver cette solution aussi rapidement... et que, même si cela avait été le cas, il n’aurait sans doute pas pu la faire accepter aussi facilement !


Pour conclure...

Les parents qui échouent dans leurs tentatives de régler les conflits entre leurs enfants ne devraient surtout jamais se culpabiliser... Certains enfants ne s’entendent malheureusement jamais ensemble, quel que soit le savoir-faire des parents. Moins on fera une fixation là-dessus, et plus nous augmenterons nos chances de succès, paradoxalement...

J’ajoute que les auteurs (deux femmes, en fait... je répugne à écrire « auteures », je trouve ce mot très moche 😉

...que les femmes qui ont écrit ce livre, donc, ont fait preuve d’une très grande humilité en n’hésitant pas à relater les expériences pénibles qu’elles ont vécu sur ce point avec leurs propres enfants, tout spécialistes qu’elles sont. Je trouve que ce fait est tout à leur honneur et qu’il doit être porté à leur crédit.

Une notion qui est développée tout au long de ce livre (sans jamais être citée de manière explicite) est celle de « virus de pensée », notion que l’on retrouve dans plusieurs techniques de développement personnel, à commencer par la PNL. En gros, un virus de pensée est une espèce d’idée terrorisante qui vient de manière « parasite » occuper progressivement une part de plus de plus grande de notre espace mental de manière de plus en plus obsessionnelle, pour finir par « prendre toute la place », empêchant ainsi notre cerveau de fonctionner normalement. Les deux virus de pensée les plus connus peuvent se résumer par ces deux interrogations ô combien angoissantes :

- « Y en aura-t-il assez pour moi ? » (virus de l’aîné...)

- « Suis-je aussi fort que... ? » (virus du cadet)

Cette notion de virus de pensée a le mérite de nous permettre de reconsidérer nombre de conflits... petits, moyens, grands... planétaires, territoriaux, conflits de systèmes de pensée... bref, toutes les situations où « ceux qui n’ont pas » sont jaloux de « ceux qui ont », les grands jouant des coudes pour écarter les petits, les petits allant se plaindre aux instances supérieures (cette idée est développée à la toute dernière page du livre).

Voilà. Si ces notes vous ont intéressé, je vous invite à déposer ici vos commentaires éventuels, et bien entendu à lire in extenso « Jalousies et rivalités et entre frères et sœurs » - Adele FABER et Elaine MAZLISH – © 1989, 1993, 2003, Éditions STOCK.

Voici de larges extraits de ce que l’on peut lire au dos du livre :

« Une des grandes sources de stress dans les familles, ce sont les incessantes disputes entre enfants. Les moqueries, les provocations, les chamailleries qui n’en finissent pas pèsent lourdement sur la vie familiale. Pour ramener à tout prix la paix, les parents tour à tour supplient, menacent, punissent, prennent parti, mais rien ne semble avoir d’effet. Au bout d’un certain temps, la plupart des parents se résignent : les conflits entre frères et sœurs leur semblent le prix à payer lorsqu’on veut plusieurs enfants.

Adele FABER et Elaine MAZLISH refusent l’idée que rien ne peut être entrepris dans ce domaine. Fortes de leur expérience – elles ont enseigné pendant des années la communication familiale – les deux auteurs ont constaté que certaines attitudes, certains comportements étaient efficaces pour atténuer la rivalité qui oppose frères et sœurs.

[...] Des dialogues vivants, des bandes dessinées décrivent les nombreuses formes de jalousie et montrent comment favoriser la coopération plutôt que la compétition.

[...] Ce livre se lit comme un reportage et peut changer beaucoup dans l’atmosphère des familles. »

Précision légale :

Il est vrai que je ne suis, très clairement, pas du tout en règle de publier un certain nombre des textes présentés ici. Je joue sur l'autorisation tacite des auteurs à me laisser publier leurs oeuvres. Qu'il soit clair que ceci n'a aucun but commercial. Je ne cherche en aucun cas à nuire aux auteurs mais simplement à leur rendre hommage. Toutefois, si vous, auteur ou ayant droit d'un de ces textes, aviez la moindre remarque à me soumettre, sachez bien que je ne chercherai pas à jouer au plus fin et que si tel est votre souhait, je retirerai séance tenante mon article de ce blog, la mort dans l'âme, il est vrai. Un auteur m'a un jour affirmé par mail que le fait de publier ses textes ne le gênait absolument pas. J'ai été ravi de cet écho. Il m'a cependant bien fait comprendre que ses pairs n'étaient pas tous de son avis. Donc, le cas échéant, n'hésitez pas à m'envoyer un commentaire afin que nous évitions tout litige, si vous, auteur et/ou ayant droit, vous sentiez lésé en quoi que ce soit par cette publication de vos oeuvres.

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Pourquoi serions-nous angoissés de mourir ?

(Extrait de "Ma vie avec Mozart", Éric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2005, p. 146.)

Avons-nous été angoissés de naître ? Je ne m'en souviens pas.
Ce matin, je songeais à un bébé accoudé au balcon de l'utérus.  Que penserait-il s'il contemplait, à l'avance, le spectacle de l'existence qui l'attend hors du ventre ? Peut-être serait-il horrifié par certaines horreurs ? Ou tenté par les splendeurs du monde ?
Fort heureusement, clos dans les murailles chaudes du flanc maternel, il n'imagine même pas.
Faisons comme lui. Clos dans les murailles de cette vie, pourquoi serions-nous angoissés de mourir ?

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Philippe est parti…

Philippe

Je viens de perdre un ami très cher. Il s’appelait Philippe Supera, il jouait un petit peu de la guitare (Jasmine, sa Takamine…), était branché photo, mais c’était surtout un as de la programmation, d’internet, d’un autre monde possible et du cœur gros comme ça.

Je l’ai rencontré par…internet ! C’était le génial inventeur de TarifCom, un petit logiciel qui calculait en direct le montant de notre facture de téléphone à l’époque antédiluvienne où les forfaits illimités et gros débit n’existaient pas encore…

Philippe est devenu par la suite mon hébergeur, puis mon ami. Plusieurs étés de suite, il est passé à la maison avec son fils Léo à l’occasion des grandes vacances…

Sur ce petit film de retrouvailles aussi joyeuses que musicales, on devine plus qu’on ne voit Philippe, qui apparaît de manière fugace parmi les convives (attention, c'est dans les toutes premières secondes). C’est celui qui a des moustaches de gaulois, une chemise en jean, et qui tient le super appareil photo avec un objectif commak. Ce jour-là ils étaient venus, les uns et les autres, de St Barth, de St Trop, de la Suisse, de la Sarthe… se poser un peu, se croiser, se rencontrer par hasard pour quelques heures, quelques jours, à la maison. Après cette prise, on avait chanté « Because » des Beatles… à plein de voix, et Philippe s'est joyeusement époumoné avec nous. J'en ai encore le frisson.

Je ne trouve pas les mots pour dire à quel point ce type-là me manque... Dans un autre article je vous propose un texte écrit par Philippe. Ça s’appelle « Les zippés »…

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