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humour

humour  (10 articles)

Si vous avez besoin d’une description pour vous aider à définir ou comprendre ce qu’est l’humour, courez consulter un spécialiste pendant qu’il en est temps. Franchement, il y a urgence, ne traînez pas :-)



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Les taupes et les formateurs

Comment une brochette de taupes mortes m'a durablement donné à réfléchir sur mon métier de formateur...

Une bien étrange coutume

Dans certains coins particulièrement reculés de la Normandie profonde, il n’est pas rare de rencontrer encore des clôtures de champs agrémentées d’ornements bizarres. Lire plus

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Rire de soi…

Flavia rire de soi

Mon amie Flavia Perez : tout à la fois belle, drôle, talentueuse et j'en passe...

 

L'humour est pour moi une valeur à part entière... à la seule condition qu'il ne s'exerce pas au détriment des autres. Je ne parle pas seulement des salles de formation, là... En général l'ironie me fatigue, le persiflage m'encombre, la moquerie m'endort.

A l'opposé de tout ceci, la capacité à rire de soi a toujours constitué à mes yeux une qualité majeure. A mon modeste niveau, je ne rate jamais une occasion d'en user et d'en abuser. Et puis me sachant maladroit et gaffeur, c'est peut-être aussi une façon de montrer que je ne cherche aucunement à faire illusion...

C'est donc avec un plaisir jubilatoire que j'ai découvert le texte ci-dessous en ouvrant mon réseau social préféré ce matin. Il provient d'un monsieur (excellent musicien au passage) que nous appellerons Alain.

En guise de préambule, Alain nous explique avoir observé qu'une tendance tenace, notamment sur les réseaux sociaux, consiste pour tout un chacun à présenter surtout des aspects valorisants de sa petite personne. Aujourd’hui il choisit d’aller à contre-courant en narrant un épisode peu glorieux qui lui est arrivé récemment.

Je vous laisse découvrir la suite:

J’avais un rendez-vous important dans Paris et, arrivé un peu trop tôt, je traînais dans le quartier. Passant devant une vitrine miroir, j’ai eu l’idée de contrôler ma mise. Aucun besoin de me recoiffer puisque le capillaire a quitté mon crâne depuis plusieurs années suite à un différent non élucidé. En revanche, je vérifiais qu’aucun petit locataire clandestin n’avait squatté mes narines, puis je prenais la tête qu’on s’imagine être la plus à son avantage, à travers une petite série de poses et expressions…

Et puis soudain dans la pénombre derrière le miroir j’ai distingué un premier visage, puis un autre. Il y en avait ainsi une bonne dizaine ! Tous me regardaient l’air mi-interdit, mi-rigolard. En réunion autour d’une longue table, ces hommes et ces femmes me fixaient à travers ce qui s’avérait être en fait la vitre sans tain d’un bureau donnant sur la rue. Comme un gamin qui remonte aussitôt sur son vélo après une chute, j’ai tenté de couper court au ridicule en m’éloignant prestement, l’air de rien. En réalité, j'étais loin d'être fier et je repassais rétrospectivement dans ma tête les diapos de mon défilé de visages pour mesurer l’étendue de l’humiliation.

Une autre personne (que nous appellerons Annie) lui répond :

J'ai fait bien pire !! ...lors d'un voyage scolaire à Rome en 5ème, pour éviter de payer la dame pipi, avec une file d'attente de dingue, je me suis engouffrée dans le fond d' une impasse pour me cacher derrière une pitite Fiat... me pensant seule au monde, je baisse ma jupette, me positionne en mode pipi urgent, et làààààààààà patatras !!!!

Dans la Fiat, il y avait quatre italiens morts de rire!!! .....oui je sais !!!!

Pour ma part, j'ai l'impression d'avoir déjà versé mon obole à cet exercice de style en vous racontant... le jour où deux participantes à une formation m’ont surpris… en slip !

Et vous ? Avez-vous déjà eu l'occasion de rire de vous-mêmes ?
Mieux : oserez-vous venir laisser un témoignage dans ces colonnes ?

Je vous attends de pied ferme...

Bien à vous,

Bernard

 

Flavia que la farce soit avec toi

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Anecdote – Le jour où deux participantes à une formation m’ont surpris… en slip !

lavabo en forme de tête 463x463

Il m’est arrivé assez souvent d’évoquer (notamment dans ces lignes) les vicissitudes de la vie d’un formateur, perpétuellement obligé de jongler avec plusieurs fers au feu, avec un œil sur la montre, un autre sur le déroulement du programme, et un troisième (si l’on peut dire…) sur le groupe dont il faut sans cesse "prendre le pouls" en temps réel si on ne veut pas s’exposer à de bien navrantes déconvenues… A titre d’exemple, il suffit de se référer à l’article paru dans ces pages sous le tire Le formateur en contexte B to B : un véritable homme (…ou femme) orchestre ! Non, je vous en prie, ne partez pas en courant, soyez rassurés, cela n’a absolument rien de torride… Mais pour me permettre d'illustrer la vie de dingue que nous menons parfois, nous autres formateurs, laissez-moi vous raconter cette bien curieuse anecdote … Anecdote, définition du dictionnaire : "Bref récit d'un fait peu connu, curieux ou piquant."... Vous allez être servis 🙂

perfectionnisme, quand tu nous tiens

Des formateurs perfectionnistes, j'en ai connu, mais celui-ci était carrément hors concours...

Les moyens employés étaient plutôt simples [...] mais en général la collation était appréciée quand-même, ne serait-ce qu’à cause des croissants.
Il y a une quinzaine d’années, j’intervenais quelquefois pour le compte d’un consultant formateur qui était très perfectionniste, et pour tout dire assez hyperactif. Quand il intervenait en formation (c’était de l’informatique) il louait le plus souvent un bureau dans un centre d’affaires, arrivait très tôt le matin, des micro-ordinateurs plein sa voiture, puis installait tout son matériel dans la salle, câblait un réseau, courait chercher des croissants au point de vente le plus proche, puis revenait pour préparer un café d’accueil. Les moyens employés étaient plutôt simples (cafetière filtre, bouteille thermos, gobelets plastique) mais en général la collation était appréciée quand-même, ne serait-ce qu’à cause des croissants. Ensuite de quoi ce monsieur accueillait les participants, justement, leur offrait le café de bienvenue quand ils étaient à peu près tous arrivés… puis lançait sa (ou ses) journée(s) de cours, à la fin de laquelle il raccompagnait tout le monde à la porte, démontait tout le matériel, puis allait le ranger dans sa voiture avant de quitter les lieux pour une autre aventure après cette journée si sportive et si mouvementée.

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Avec un (peu de) bleu en plus…

Plusieurs fois, il lui est arrivé de me confier la sous-traitance d’une de ses interventions, et en pareil cas il attendait de moi que j’offre exactement la même prestation au niveau du service client, ce qui est bien compréhensible… A moi donc les journées "au four et au moulin non stop". Je m’y suis collé de bonne grâce, poussant le souci du détail jusqu’à me munir d’un vêtement du genre "bleu de chauffe" pour la partie déménagement du matériel le matin (juste avant l’arrivée des participants) et le soir (juste après leur départ). Cela me permettait en effet de rester tiré à quatre épingles (une autre exigence du monsieur…) dans un costume immaculé en présence de mes ouailles. Le système fut vite rôdé… Or, il advint qu’à la fin d’une de ces mémorables journées (c’était un vendredi soir) je refermai comme d’habitude la porte sur mes derniers participants, puis me dirigeai vers un endroit de la pièce où mon bleu de chauffe m’attendait sagement au fond d’un grand sac en plastique.

basketteur lilliputien

Le moment fatidique

Au moment où, en slip, et un pied en l’air, je m’apprêtais à entrer dans mon costume de déménageur, la porte d’entrée du local s’ouvrit violemment, et je me retrouvai face-à-face avec... deux jeunes dames essoufflées! Explication : Nous étions un vendredi soir, les deux dames avaient fait le trajet ensemble dans une voiture qu’elles avaient garée non loin de là, c’est-à-dire en plein dans une de ces zones d’activités tristes à mourir qui fleurissent autour de nombre de nos cités, et qui se transforment en un désert aussi lugubre que total à partir de 18 heures, et même un peu plus tôt le vendredi… La voiture de ces dames ayant refusé de démarrer ce soir-là, elles ont réalisé qu’elles étaient bel et bien bloquées sur place. Prises de paniques, elles se sont alors lancées dans un sprint mémorable le long des rues désertes, pour ensuite grimper quatre à quatre les quelques étages du petit immeuble où avait eu lieu la session de formation, histoire de voir si par bonheur …le monsieur était encore là.

Quand je vous dis « homme orchestre », je suis bien en-dessous de la réalité !

Il se trouve que le monsieur c’était moi, et que je n’avais sans doute pas verrouillé la porte de la salle avec suffisamment de soin, ce qui fit qu'elle s’ouvrit bien grand, d'un seul coup. Toutes entières prises par leur émotion, elles n'avaient pas eu la présence d'esprit de frapper ! La suite est assez facile à imaginer : après un moment de mutuelle stupeur, nous nous mîmes tous les trois à rire de bon cœur, et quelques explications plus tard je réussis même à dépanner ces deux dames, en poussant leur voiture dans une légère descente (c’était un bête problème de batterie). Comme quoi un formateur ça peut être amené à faire vraiment toutes sortes de choses, y compris (parfois j'ai presque envie de dire "...surtout") les plus inattendues !

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Les glandeurs du radiateur du fond, un groupe Facebook qui fait son chemin…

Par Bernard Lamailloux

mooc bonnet d'âne

Au départ, il y a un mooc, fort bien fait, d’ailleurs…

En mai 2014, répondant à la douce invitation d’une non moins douce amie, je me suis inscrit (en tant qu’apprenant) à un MOOC (cours en ligne ouvert et massif diffusé sur internet) qui durait 5 semaines. Il s’agissait de la première promo du mooc "Pensée Design" organisé par une équipe pédagogique particulièrement innovante. Qu’est-ce que la pensée design, et en quoi consistait ce cours ? Le plus simple est de lire l’annonce officielle :

Comment imaginer un téléphone sans touche ? Comment repenser le vélo et son usage ? Comment créer un nouveau produit ou service qui pourra relancer une activité bloquée face à de nombreuses contraintes ? La Pensée Design pose la question du "comment ça marche", du savoir-être. Elle permet de découvrir quel est le problème pour ensuite innover dans la solution.

(Source : http://mooc.france-bs.com/)   A mon arrivée dans le mooc, je me suis réjoui de la qualité et de la pertinence des interventions, mais aussi de l’ingénierie pédagogique mise en œuvre (oui, je prête naturellement beaucoup d’attention à ces aspects-là, on ne se refait pas…).

Que se passe-t-il ? …Qui donc nous a demandés de faire vœu de crispation et de rabat-joyeuseté ?

J’ai un peu cherché des traces de cet enthousiasme dans les forums [...] mais bientôt, force m’a été de constater que je n’en ai pas trouvé la moindre.
Mais très vite, une chose m’a frappé : un assez grand nombre d’interactions (…au niveau des questions posées à l’équipe enseignante, mais surtout entre étudiants eux-mêmes, ce qui était encore plus étrange à mes yeux) me paraissaient en effet empreintes de conformisme, voire d’une certaine tristesse, comme si le fait d’être réunis pour apprendre quelque-chose nous obligeait à une attitude convenue, compassée, limite doloriste ! graffiti somebodyJ’ai trouvé cela bien dommage, surtout eu égard au sujet abordé, car à mes yeux apprendre est toujours l’occasion d’une fête, et doit pouvoir se faire dans la joie et l’enthousiasme.

J'ose ajouter "…encore plus lorsqu’on échange des points de vue autour de la question du comment ça marche et du savoir-être !" J’ai un peu cherché des traces de cet enthousiasme dans les forums et autres échanges officiels créés autour du mooc, mais bientôt, force m’a été de constater que je n’en ai pas trouvé la moindre. Je n’ai alors pas pu m’empêcher de penser "Ouh là là, si jamais des extraterrestres viennent à capter les échanges existant autour de ce mooc, ils risquent fort d’en conclure que sur notre planète il  n’y a pas encore de forme de vie digne de ce nom !"

Pour bien faire, il me faudrait créer moi-même une petite communauté… Chiche !

Qu’à cela ne tienne, me suis-je dit. Après tout, il ne tient qu’à moi de créer l'espace de liberté et de joie de vivre que j’appelle de mes vœux, parce que là au moins je trouverai peut-être de vrais  camarades de jeu.

Ainsi naquit le groupe des Glandeurs du Radiateur du Fond !

Houlà, ça fait du monde !

glandeurs facétieux (balançant de l'eau)"Même si nous ne formons qu’une toute petite bande de joyeux lurons, me disais-je alors, eh bien ce sera toujours ça de pris". En cette matière comme dans beaucoup d’autres, la qualité est (à mes yeux) nettement préférable à la quantité. De fait, quelques "vieilles e-connaissances" croisées auparavant sur le net et dans la blogosphère m'ont immédiatement rejoint. Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’au fil du temps la "bande de joyeux drilles" grossissait à vue d’œil !... Chaque jour voyait son cortège d’aspirants glandeurs venus nous demander timidement s’il "restait de la place" près de notre radiateur, comme si le nombre de place était compté ! Si bien qu’à l’arrivée, nous avons eu la qualité ET la quantité ! Elle est pas belle, la vie ?...

Non seulement cela ne nous empêchera pas d’apprendre, mais au contraire, il me semble que cela nous y aidera grandement !...

Nombreux sont ceux qui nous ont alors apostrophés sur le thème « Waouw, pour des glandeurs, vous n’arrêtez pas de bosser ! ». C’est qu’ils confondaient glander et ne rien faire, ce qui est totalement différent. J’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de m’en expliquer dans l’article intitulé "Glander, une philosophie de vie…" Vous voulez une illustration de ce que ce groupe m’a permis de faire (entre mille autres choses ?) Je vous invite à visionner sous ces lignes une bande-annonce de 2 minutes chrono, créée entièrement par mes soins, à l’occasion de la sortie de mon premier livre qui tombait pile à ce moment-là (Remarque : toute coïncidence avec mon intérêt pour le sujet du mooc est absolument faite exprès 😉

Cette vidéo a pu être conçue et tournée grâce aux précieux enseignements des intervenants, de leur partenaire technique Explee… mais aussi et surtout grâce aux remarques et suggestions de mes petits camarades de front du groupe des glandeurs ! Le résultat a d’ailleurs emporté un vif succès.. Si ça c’est pas du social learning, je vous demande un peu ce que c’est…

Ce qu’il en a été à la fin du mooc, et ce qu’il en reste depuis

Si l’on en croit les chiffres communiqués très officiellement par l’organisateur, 2600 personnes se sont inscrites au mooc. Parmi elles, 1100 étaient encore là lors du quiz qui a été présenté lors du quiz de la 1ère semaine. Et parmi ces 1100 personnes, 40% étaient présentes, nous a-t-on dit, lors du quiz final. Si je compte bien, cela nous fait 440 personnes. Le taux annoncé pour la participation du contrôle final "peer to peer" (entre pairs) est de 90%... Ma calculett… euh, mes énormes capacités de calcul mental me soufflent que cela fait dans les 396.

« Combien de divisions », qu’il disait…

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le groupe des Glandeurs compte 140 et quelques membres. Même si quelques personnes sont venues nous rejoindre par la suite, cela représente tout de même un bon tiers de ceux qui ont "tenu bon" tout au long du processus. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais personnellement je trouve qu’il y a là matière à réfléchir… A la fin, nous comptions dans nos rangs une des principales conceptrices pédagogiques du mooc (dont j’ai déjà parlé dans les toutes premières lignes de ce post, mais aussi dans un autre article, bien plus ancien…), ainsi qu’une adorable hotlineuse d’Explee (application web présentée quelques lignes plus haut), et une troisième jeune et charmante femme appartenant au staff de Unow, la plateforme technique d'hébergement du mooc. D’une manière générale, nombreux sont ceux qui ont bien voulu nous témoigner qu’en gros, "c’est également ici que ça se passe"… Manière de témoigner qu’on n’a rien à gagner à faire son "serre-yeux", surtout lorsque rien ne le justifie...

Le feedback de l’équipe enseignante

Un hommage vibrant (et enjoué !) au groupe des glandeurs du radiateur du fond (pudiquement rebaptisé "le forum pirate du radiateur" pour l’occasion par les intervenants) nous a été décerné par l’équipe d’animation lors de la dernière vidéo diffusée en direct par leurs soins le 17 juin 2014 Répondant (au nom de son équipe) à une question de mon camarade Jean-Philippe Blanchard sur le positionnement de l’équipe enseignante vis-à-vis de l’existence de notre groupe, Fabrice Mauléon (principal intervenant du mooc) a témoigné de ce que cette démarche les a détendus, les a beaucoup fait rire, mais aussi "…a été très utile pour l’ensemble des apprenants". Une de ses collègues a par ailleurs parlé de "bonne humeur, très contagieuse" (sic). C’est d’ailleurs exactement ce que j’avais derrière la tête en créant ce groupe ! Si cela vous intéresse, vous pourrez visionner vous-même cette tranche de "feedback dans la bonne humeur" en vous rendant sur ce lien : http://youtu.be/9WTf0Sp9ZkA?t=24m53s ou encore à partir du player ci-dessous

(Visionner le passage à partir du point "24:53")

touche clavier (belle) avec radiateur 180x180

Adresse du groupe Facebook des "glandeurs" :

https://www.facebook.com/groups/irradioglandeurs/

"Allez-y, vous n'en reviendrez pas..." 😉

 

 Construire et animer une session de formation 
 Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD. 
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Un conte ultra court (question de proportions)

gouttes-de-pluie-joselito

Gouttes de pluie... © Joselito Tirados

Arif, un ami de Nasr Eddin Hodja aimait beaucoup inviter ses amis à boire le thé et leur soumettre des devinettes compliquées pour les voir se torturer l'esprit et rire à leurs dépens.

Ce jour là, Nasr Eddin Hodja prenait le thé chez lui avec d'autres amis. Leur hôte se leva et s'approcha de la cheminée, s'empara d'une braise et la jeta dans un seau d'eau. "Pschhhhh" entendit-on. "Mes amis ! S'exclama Arif, dites-moi. Qu'est ce qui a produit ce son ? Est-ce l'eau, ou bien la braise?"

"Les deux !" Répondirent tous les amis. "Vraiment ? Les deux ? …Et dans quelles proportions ?" insista Arif, en prenant un air goguenard.

A ces mots, voyant qu'Arif se moquait d'eux, Nasr Eddin Hodja se leva et s'approcha de son hôte. Levant la main, il asséna une grande claque au trublion. "Et ce bruit, mon ami, qu'est-ce qui l'a produit ? Est-ce ma main ? Ou bien ta joue ? ...Et dans quelles proportions ?!"

crayons de couleur

Nasr Eddin Hodja est un ouléma mythique de la culture musulmane, personnage ingénu et faux-naïf prodiguant des enseignements tantôt absurdes tantôt ingénieux, qui aurait vécu en Turquie de 1208 à 1284, né à Sivrihisar et mort à Aksehir. Sa renommée va des Balkans à la Mongolie et ses aventures sont célébrées dans des dizaines de langues, du serbo-croate au persan en passant par le turc, l'arabe, le grec, le russe et d'autres (Source : Wikipédia). Avec mes remerciements les plus chaleureux à Anne Deval, comédienne et conteuse.

  Un petit mot rapide avant de terminer : sachez que je nage dans le bonheur depuis que mon livre est paru, tout récemment..
J'aimerais tellement vous en envoyer un tout petit peu en retour (...du bonheur) tellement il a l'air d'être si bien accueilli (...le livre 🙂 ).
Le plus fou c'est que tout à commencé sur ce blog ! La preuve se trouve dans cet article d'Hélène Weber... Un jour, je vous le promets, je vous raconterai l'histoire de  ce livre, de la conception à la fabrication (...sans parler de la promo, et je vous assure que ce n'est pas de la tarte ! 🙂 ).
En espérant que cela suscitera d'autres vocations. Parce qu'encore une fois, les rêves sont faits pour être réalisés, et je suis prêt à le crier bien haut sur tous les toits s'il le faut...

Bien à vous,

Bernard

 

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Devinette : Quelle est la différence entre “concerné” et “impliqué” ?

Voiture Cochonou - distribution d'échantillons

Il m'est arrivé tout récemment d'entendre une de mes amies me dire "Oh là là, que ça m'embête ce qui vient de se produire dans ce projet dans lequel je suis si impliquée, pour y avoir participé activement ! Cela me chagrine, que dis-je, me mine littéralement que les choses aillent ce train-là !"

D'une manière générale, il est courant d'entendre parler d'implication quand on évoque les rapports au travail.

Cela m'a rappelé une devinette : Quelle est la différence entre "concerné" et "impliqué" ?

La réponse est très simple : Quand on fait une omelette aux lardons, cela suppose qu'il y a eu une poule pour pondre les œufs et un cochon pour qu'on puisse faire du lard.

Eh bien à l'arrivée, une fois l'omelette achevée les modalités de "participation" de ces deux animaux, et partant, leurs sorts respectifs, sont bien distincts :

La poule est concernée par le projet… en ceci que ses œufs ont contribué activement à son succès, y prenant même une très large part.

Le cochon, quant à lui, s'est retrouvé complètement impliqué.

 

Quel sort préférez-vous ?

 

 

 

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Glander, une philosophie de vie (éloge du glandeur)

montage glandeurs et lagaffe

Bonjour. Il se trouve qu'avec quelques e-amis, nous nous sommes tout récemment retrouvés embringués dans un MOOC (cours en ligne) intitulé "La Pensée Design". Le mooc devrait durer jusqu'au 13 juin.

Quand les mouches vont au marché, les glandeurs vont au mooc

Au départ, mes propres motivations pour m'inscrire à ce MOOC peuvent se résumer ainsi : "Eh m'sieur l'juge, j'vous jur' j'voulais pas y aller au début, et puis c'est mes potes y m'ont dit zyva viens avec nous y'a un radiateur au fond on s'met tous là…"

Sans même attendre que le cursus soit démarré, j'ai donc entrepris de créer (avec l'aide de quelques camarades de front) un collectif de travail qui devait à l'origine s'intituler "Les gros nazes du fond", mais au bout de 1641867812549991 tours de scrutin nous nous sommes mis d'accord sur un titre nettement plus approprié, et qui fait désormais consensus

Nom de ce fameux groupe (sur Facebook) : "Les glandeurs du radiateur du fond" (Frédéric, si tu nous regardes, merci du fond du cœur). Par ailleurs, le fruit de nos travaux peut être consulté ici.

Ce fut un régal… ça l'est toujours à l'heure où j'écris ces lignes ! Mais il m'a hélas fallu très vite constater une chose : la notion de glandeur demeure assez floue pour beaucoup de gens, et à les lire, il m'arrive parfois de ressentir un symptôme de "glandeur et décadence".

Ainsi ai-je pu lire sous la plume de plus d'un, quelques remarques, voire quelques réserves, exprimées le plus souvent sur le mode "Houlà, vous êtes bien actifs, pour des glandeurs !"… sans compter les allégations de "vrai glandeur", "faux glandeur", voire "vrai faux glandeur" qui ont commencé à fuser ici et là, et que certains de mes amis ont commencé à se lancer à la figure à mon grand désarroi (en bon glandeur qui se respecte, je ne supporte pas le gaspillage d'énergie).

J'ai donc éprouvé le besoin d'écrire ici ce petit billet en forme de mise au point. Il aurait très bien pu s'intituler "Qu'est-ce qu'un glandeur, au juste ?"…

C'est vrai ça, "Qu'est-ce qu'un glandeur, au juste ?"…

Tentons d'apporter quelques éléments de réponse à cette épineuse question. Chacun ayant sa propre idée, son propre point de vue quant à la question et au statut exact du glandeur, du glandeur, je ne vois pas au nom de quoi je me gênerais pour vous exposer le mien, qui vaut ce qu'il vaut, et vice versa.

D'abord, il ne faudrait surtout pas prendre les glandeurs pour des imbéciles :

Un glandeur est quelqu'un qui a conscience d'être naturellement décalé, en quelque sorte, et qui s'en fiche. D'ailleurs il se fiche d'énormément de choses…

les glandeurs - appli pour smartphones et tablettes

Une appli pour smartphones et tablettes est en cours d'élaboration (...authentique !)

Un imbécile, quant à lui, ne peut absolument pas s'empêcher d'être tout le temps en décalage. C'est hors de son contrôle, et contrairement au glandeur, il a aucune conscience de cet état de fait (d'où la célèbre réplique des "Tontons flingueurs" : Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !"...

Seul le sot est capable de prendre un glandeur pour un imbécile. Pas fou, le glandeur ne fera rien pour l'en dissuader. La raison en est ultra simple : il se fiche de ça aussi !

Didier, roi des glandeurs

Un exemple d'attitude archétypale de glandeur : Didier, un ami d'enfance, le jour où notre professeur annonça solennellement les résultats du bac devant notre classe pétrifiée d'angoisse, s'entendit dire... qu'il était le seul de la classe à ne pas avoir été reçu.

Croyez-vous qu'il se soit démonté ? Pas du tout ! Il s'est contenté d'ouvrir son sac à bandoulière, d'en extraire un énorme sandwich, et de mordre dedans à pleine dents tout en s'exclamant d'un air bonhomme : "Oh, c'est pas grave ! Quand l'appétit va, tout va !".

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on est bien c'est la fête

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Là où un cancre serait devenu soit tout rouge, soit carrément agressif, Didier ne s'est absolument pas démonté, et savoura à leur juste valeur (en même temps que sa roborative pitance) les éclats de rire de toute la classe, professeur compris. C'est ça qui est très fort.

Finalement, il me semble bien que Didier a décroché son bac de justesse, en septembre, à la session dite "de rattrapage". Car en toutes choses le glandeur possède mieux que personne l'art instinctif de doser l'effort, une faculté que lui envient moultes besogneux et autres non comprenants…

Finalement, un glandeur est toujours plus ou moins débordé…

Un glandeur est toujours débordé : même quand il ne fait rien, il est en plein processus de créativité. C'est le Shadok azimuté au milieu des Gibis conformistes. C'est la cigale qui ne se soucie même pas de l'existence de la fourmi, mais qui s'en porte tout aussi bien, en ne récoltant pas forcément le courroux des cieux. C'est Isaac Newton faisant la sieste au pied d'un arbre, et découvrant incidemment les lois de la gravitation universelle en se prenant une pomme sur la tête. C'est Gaston Lagaffe faisant le désespoir de tout son bureau à coup de siestes volées à ses honnêtes collègues bureaucrates, mais travaillant sans relâche pendant des temps forcément gigantesques à d'improbables prototypes (...clin d'œil à mes camarades moockitoes). Si ça c'est pas du boulot…

glandeurs facétieux (balançant de l'eau)

Le glandeur a donc perpétuellement quelque-chose en tête. Il est souvent espiègle, et fondamentalement passionné. Mais il a horreur qu'on cherche à lui imposer ses centres d'intérêt. A titre d'exemple, faites-lui visiter un musée à l'occasion de vacances à l'étranger, il ne va pas forcément parcourir avec son groupe l'ensemble des salles au pas de charge avec une avidité aussi douloureuse que préoccupée. Si ça se trouve, il va s'arrêter au bout du deuxième tableau, et entrer dans une discussion interminable avec le gardien ou la gardienne qui se trouve là.

Quand les autres, fourbus, de retour de leur étrange marathon, vont le retrouver, ils l'admonesteront sans doute avec condescendance, sur l'air de "Mais où étais-tu ? On t'a cherché partout ! Ah là là, celui-là alors, il est impayable. Heureusement qu'on l'aime bien, tiens !"

Bien entendu, le glandeur se fiche aussi de ça, et les laisse croire qu'ils ont appris beaucoup plus de choses que lui…

Bien à vous,

Bernard

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couv vignette parution le 2 juillet

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Mes salutations les plus… municipales ?


Un village,
C´est la grande famille
Où les garçons, les filles
Se marient à vingt ans
Un village,
C´est chacun, sa chacune
Car, à la pleine lune
Le lit est bien trop grand...


Ah, les élections municipales... c'est toujours un événement de taille dans mon village. Un peu plus de 4000 habitants, situé en région PACA, tout près de la "frontière" de quatre départements (04, 13, 13 et 84), côté Bouches du Rhône. Mon village n'a rien de bien particulier, si ce n'est la douceur de vivre que je ressens depuis le fond de ma petite pinède. Après avoir pas mal bourlingué sous des cieux moins cléments, sentir la caresse du soleil et respirer l'odeur des pins suffit amplement à mon bonheur.

Un village,
C´est la pauvresse en cloque,
Les sourires équivoques
De tout´s les "braves" gens
Un village,
C´est une fausse légende
Racontée par les grandes
Aux tout petits enfants...

Depuis 25 ans que je vis ici, je ne me suis jamais impliqué dans la vie locale de ce lieu qui revêt bien des aspects du célèbre "petit village gaulois" d'Astérix... La seule fois où j'ai vaguement essayé, peu après mon emménagement, un gars du cru m'a refroidi en deux phrases. La première était du style "Ah oui, mais avec vous c'est toujours pareil, vous ne faites jamais rien comme il faut…". La deuxième est venue tout de suite après, alors que je m'étonnais de ce que mon commensal me donne soudain du "vous", alors qu'habituellement on se disait tu. Il a alors eu cette phrase magnifique, véritable cri du cœur : "Oui, vous, les… aixois !".

Cela m'a fait sourire, enfin, sourire un peu jaune, moi qui suis né à Alger, ai grandi à Marseille, puis vécu à Paris, puis Rouen (...les hasards de la vie m'ont en effet amené à porter successivement mes valises "aux quatre coins de l'hexagone", expression d'ailleurs attribuée à un homme politique méridional), et même dans la plaine des Vosges ! Vu d'ici, Aix-en-Provence n'est que… disons la ville moyenne la plus proche. En y réfléchissant je me suis souvenu que j'y avais effectivement bien passé les trois premières années de ma vie d'étudiant, au milieu des années 1970… Mais jusqu'alors j'ignorais que cela avait laissé de telles traces !

Un village,
C´est le curé en chaire,
Le docteur et le maire
"Qui sont pas fiers pourtant"
Un village,
C´est la guerre et la haine,
Entre Albert et Eugène,
Pour un lopin de champ...

Aux débuts de ma vie de néo-rural, j'avais également été frappé par un dessin d'humour, trouvé dans une feuille de chou locale, tenue (...déjà !) par une équipe d'opposition municipale, et qui faisait dialoguer deux vieux ossements qui venaient censément d'être exhumés par des archéologues aux abords du village. Le premier os déclarait "Je viens de subir une datation au carbone 14, je sais maintenant que je suis vieux de 4 millions d'années". Et le second lui répondait à peu près "Ah, c'est bien, désormais on peut dire que vous êtes presque d'ici, alors !"

Ces petits événements (avec quelques autres) m'ont bien vite convaincu de suivre le conseil que Raimu prodiguait à son fils dans la célèbre pagnolade Fanny, lorsqu'il lui écrivait "Quand tu vas commencer à mesurer le fond des océans, fais bien attention de ne pas trop te pencher, et de ne pas tomber par dessus bord et là où ça sera trop profond. Laisse un peu se pencher les autres". D'une certaine façon, j'ai moi-même pris le parti de "laisser se pencher les autres" pour ce qui concerne les questions de citoyenneté locale.

Un village,
N´en déplaise à Pagnol
Qui s´est payé not´ fiole
Avec son grand talent
Un village,
C´est Marius en vitrine,
C´est Fanny aux cuisines
Avec tous les enfants...

Bien m'en a pris ! La toute récente élection municipale a en effet vu s'opposer deux listes :

La première de ces listes est elle de l'équipe  sortante. Appuyée par ce qu'on pourrait appeler des féodalités locales qui savent depuis des lustres "veiller au grain" avec une ardeur consommée, elle fait notamment un tabac auprès du troisième âge… elle n'est installée que depuis une mandature, mais elle a succédé à une autre liste du même tonneau, qui elle-même... et ainsi de suite, depuis des temps qu'on devine immémoriaux. Les conseillers de feu le président Georges Pompidou avait inventé en leur temps une expression censée permettre à leur patron d'incarner ce phénomène aux yeux de son électorat :  "Le changement dans la continuité". Eh bien chez moi, nous y sommes encore : les têtes de liste changent, mais on sent très nettement que dans la durée, les mêmes trois ou quatre baronnies locales (que tout le monde connaît) continuent à tenir solidement les rênes, dans ce joli coin de "Douce France", à l'image de ce qui se passe dans tant d'autres petits bouts de paradis tricolore.

La deuxième liste, quant à elle,  est en majorité composée de personnes plus nouvellement implantées ici (un peu comme moi), et qui représentent une catégorie de population qui progresse (...en nombre, s'entend) lentement mais sûrement au fil des ans. C'est d'une certaine façon la n-ième vague de tentative de poussée de sang neuf, à l'image de ces fameuses colonies de champignons qui naissent après la pluie, prenant soudain une place étonnamment grande (bien que souvent éphémère) dans la forêt... une histoire toute simple et toute prévisible de biodiversité sociologique, en quelque sorte. Il n'y a rien d'étonnant à cela. Personnellement, je connais bien évidemment des personnes dans l'une et l'autre de ces listes, et suis bien placé pour savoir que dans chacune d'elles il existe des gens tout à fait estimables et dignes de foi, côtoyant d'autres individus dont les incisives me semblent avoir une fâcheuse propension à rayer systématiquement les revêtements de sol les plus résistants…
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Mon impression sur la gestion de la commune  par ces équipes successives depuis que je suis là ? Eh bien là aussi je serais bien incapable de trancher. Au vu de leurs réalisations (...ou de ce que j'en perçois), j'ai un peu le sentiment que le pire y côtoie le meilleur. Pour ne citer que le meilleur, j'ai par exemple vu sortir de terre en 1998 une magnifique bibliothèque municipale. Pendant toute la durée des travaux, j'étais persuadé que des martiens se poseraient sur son toit le jour de l'inauguration, et en repartiraient formels en déclarant qu'il ne pourrait y avoir là aucune forme de vie...

Eh bien la suite m'a donné tort, puisque l'endroit en question est à mes yeux un des lieux les plus magiques, agréables et enrichissants que j'ai connus dans ma (déjà longue) vie. Qui plus est, cette bibliothèque est animée par une équipe composée de personnes plus que compétentes, et au cœur gros comme ça…

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Un village,
C´est ces fêtes espagnoles
De violence et d´alcool
Pour les adolescents
Un village,
C´est les futures milices
Des chasseurs qui ratissent
Les lièvres et les gitans...

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insolite - avions au-dessus d'un nuage issu d'une tasse 506x507Ces toutes dernières élections municipales ont pourtant donné lieu à un de ces événements qui me manquent jamais de me déconcerter, et dont j'ai beaucoup de mal à savoir s'il faut en rire ou en pleurer : Il faut d'abord savoir que l'équipe sortante a remporté l'élection dès le premier tour. Apparemment, donc, le temps de mai 68 n'est pas encore arrivé jusque par chez nous, décalage horaire oblige. A franchement parler j'ignore ce que cela aurait donné. J'imagine simplement que ce sera pour une autre fois et que ce genre de relève est inéluctable. Juste une question de temps. Ici, la nature a tout son temps, justement... J'imagine également que l'équipe sortante (et – donc – reconduite) a dignement fêté sa victoire. Chez certains partisans, la nuit a dû être longue, voire passablement arrosée (Quelqu'un connaît-il la chanson "Chasse, pêche et tire-bouchon", de mon amie Flavia Perez ? ...).

C'est là que ça se passe : le lendemain je me suis aperçu de ce que quelques-uns de ces intrépides militants avaient eu une drôle d'idée… En effet, à l'image de beaucoup de mes concitoyens, j'ai eu la surprise de découvrir, dès le fameux "lendemain de la victoire", une espèce de guirlande composée de vieux vêtements accrochés à des cintres, guirlande stratégiquement implantée bien en face de la mairie, contre le monument aux morts. Inratable. De loin, j'ai trouvé l'idée excellente, me disant "Tiens, une espèce de happening, d'installation artistique, annonçant sûrement un quelconque événement culturel ...(exposition, pièce de théâtre… que sais-je encore ?)"._

 

Quel naïf indécrottable je fais ! La vérité était beaucoup moins drôle, figurez-vous qu'il s'agissait juste d'une mise en scène au goût douteux, destinée uniquement à faire enrager les perdants au vu et au su de tous. L'idée aurait pu m'être sympathique… si elle n'avait été traitée de manière aussi... disons pesante. Imaginez : sur nombre de ces vêtements, nos joyeux animateurs de noces et banquets n'avaient pas trouvé mieux que d'accrocher des pancartes pour railler chacun des membres de la liste battue qui venait, donc, de "prendre une veste", en inventant à chaque fois une blague oiseuse à partir de… son nom ! Comme dans les cours de récréation, on cherchait à l'évidence à atteindre (plus ou  moins consciemment) l'autre là où ça le touche le plus, c'est-à-dire au niveau de son identité… _


Un village,
C'est ce bloc unanime
A tirer grise mine
A l´étranger au clan,
Un village,
C´est l´idiot, que lapident
Les notaires placides
Qui passent en ricanant...

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On croyait rêver… mais sur un mode très nettement  "Very bad trip"… Je n'ai pas pu m'empêcher alors de penser à l'aphorisme attribué à Albert Einstein : "Il n’y a que deux choses qui soient infinies: l’univers et la bêtise humaine. Et encore, pour l’univers, je ne suis pas sûr". Ne possédant pas les connaissances de cet illustre monsieur, j'ignore totalement pour ma part si la bêtise humaine est infinie ou pas... En revanche, quelque-chose me dit qu'elle est beaucoup plus insondable que les fonds des océans cités plus haut... Si j'avais eu les "auteurs" de cette pantomime en face de moi, je leur aurais peut-être fait part de ma consternation… et à la réflexion peut-être pas, tant j'aurais craint de m'entendre rétorquer… que je manque d'humour !

Depuis lors, j'ai appris que des comportements tout aussi affligeants s'étaient produits un peu partout dans d'autres communes, ici et là. Certains d'entre eux sont infiniment plus préoccupants que celui que je viens de rapporter ici, et d'une certaine façon je me réjouis (si l'on peut dire), disons "en creux", du côté "potache" et somme toute relativement inoffensif de cette blagounette aux allures de canular pour amateurs de noces et banquets. À la réflexion, je me demande carrément s'il en existe des municipalités ayant échappé à ce genre de manifestations si peu glorieuses…

Un village,
Pas plus qu´une ville,
N´est cet îlot tranquille
Que je croyais pourtant
Un village,
C´est, grossi à la loupe
Une harde ou un groupe
De petits commerçants...

Allons, ne soyons pas trop pessimistes. De plus en plus, un peu partout, dans le monde, des voix s'élèvent pour faire la promotion des comportements inspirés par la bienveillance et la coopération, et pour tenter de nous ouvrir les yeux sur l'inanité des comportements ayant pour base la malveillance et l'esprit de compétition (lorsque celle-ci prend tous les aspects d'une lutte à mort), en pointant du doigt ce qu'elles ont de plus délétère, tant pour les personnes visées, que pour les auteurs de ces comportements eux-mêmes, et pour finir pour l'humanité tout entière, à bien y réfléchir.

Mais bon... le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a encore du boulot, vous ne trouvez pas  ?

Tiens, je vous laisse admirer la magnifique photo de campagne publiée il y a peu par… l'équipe en place, donc.

conseil municipal posant pour une photo de classe (enfin, si l'on peut dire)

Le conseil municipal de mon village posant pour une photo de classe (si l'on peut dire)

Pour ce qui me concerne, j'assume parfaitement n'être qu'un vieux gamin, surtout après l'avoir tant de fois clamé haut et fort dans ces lignes. En même temps, force m'est de constater avec désarroi qu'on ne peut être jeune qu'une fois… mais immature toute sa vie.

Bien à vous,

Bernard

PS : Les incises sont extraites de la chanson "Un village" d'Henri Tachan, dont on peut lire l'intégralité des paroles ici et entendre la musique . Merci à Omer Sainte, ami de longue date sans qui je ne connaitrais pas ce morceau...

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Les mondes virtuels : Allez-y, vous n’en reviendrez pas…

Bonjour,

La semaine dernière je vous parlais de mon projet de me rendre à une conférence sur le thème "Pédagogie et mondes virtuels".

Voici aujourd'hui le compte-rendu de ma visite, sous la forme d'une petite chanson. Parce que, quelquefois, les chansons, à l'image des dessins, valent beaucoup mieux qu'un long discours...

Enfin, c'est à vous d'en juger, hein ? ...

Bien à vous,

Bernard

 


PS : Si vous voulez consulter un compte rendu plus sérieux que celui-ci, soyez rassurés, il y en a un dans l'article suivant.

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Formation et humour (avec une ressource pédagogique en cadeau Bonux)


Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à se servir de Twitter et il oubliera de manger.

(Tweet de @florenzo84_).


Patient est le pompier, car il commence à chaque fois au bas de l’échelle.

(Lao-Tseu).

Bonjour,

Dans un contexte de formation, certains intervenants se réfugient dans une attitude très sérieuse, factuelle, centrée sur la tâche… alors que d'autres n'hésitent pas à employer tous les moyens pour favoriser une atmosphère détendue… C'est affaire de tempérament, me direz-vous…

C'est aussi une affaire de posture, et plus profondément de croyances à propos de soi et les autres. Si vous faites partie de ceux qui déclarent volontiers "Moi je pars du principe qu'on n'est pas là pour rigoler, je refuse donc catégoriquement de me transformer en pitre", eh bien, continuez sur cette voie, car comme nous le verrons plus loin rien n'est pire que le rire forcé. Et je vous rejoins sur un point : en pareilles circonstances il ne faut surtout pas agir contre nature, cela se sent immédiatement.

...Toujours est-il qu'il y a quelque-chose de bizarre, mystérieux, en tout cas indéniable : une personne n'est plus tout à fait la même après avoir ri. Ceci s'applique bien entendu aux formateurs comme à leurs apprenants !

Alors, que faut-il penser de tout ceci ? Lire plus

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