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pédagogies actives

pédagogies actives  (64 articles)

La pédagogie active a pour objectif de rendre l’apprenant acteur de ses apprentissages. Elle s’efforce de le mettre en situation de construire lui-même ses propres savoirs au travers de situations de recherche ou de découverte.



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La pédagogie est une chose beaucoup trop sérieuse…

La pédagogie est une chose beaucoup trop sérieuse pour être confiée aux seuls pédagogues...

Une citation d'Alex Bortolotti, qui à l'image de M. Jourdain, excelle dans l'art de faire de la pédagogie sans (forcément) le savoir -)

 

Le Général de Gaulle estimait que ... "la politique est une chose beaucoup trop sérieuse pour la laisser aux mains des politiciens". On peut transposer ceci à bien des domaines... à commencer par la pédagogie. Lire plus

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E-learning : « Combien d’heures de travail personnel pour suivre ce cours…? »

chardon fuschia

Force nous est de constater que l'offre de formation en e-learning ne cesse de croître à une vitesse exponentielle. Que ce soit pour les MOOC, les SPOC ou tout autre système de ce type, les personnes intéressées par un dispositif de formation en ligne se posent en général la question de savoir quel investissement personnel cela leur demandera, en termes d'heures par semaine, par exemple. Quoi de plus légitime, en effet ?

La question que l'on peut alors se poser en tant que concepteur de formation en ligne est celle qui consiste à déterminer – et à annoncer, donc – une "durée théorique" consacrée à une formation en e-learning donnée pour un apprenant donné.

Il n'est pas nécessaire de chercher bien loin pour découvrir qu'il existe une durée classiquement affichée, qui est "…De 4 à 8 heures par semaine". Curieusement, on la retrouve un peu partout…

Pourquoi retrouve-ton cette constante un peu partout en e-learning ?

Pourquoi cette constante ? Et surtout, pourquoi un tel écart, du simple au double ? Eh bien, dans la pratique, il y a de nombreux facteurs qui interviennent dans la durée en question. Car une formation en ligne permet précisément, lorsqu'elle est bien conçue,  un temps d'appropriation plus adapté au rythme de chacun, et au fonctionnement de notre cerveau. Les rythmes en question étant par définition propres à chaque apprenant, les durées consacrées par un individu à un même apprentissage, pour un même matériau de départ, seront donc variables, et beaucoup plus « élastiques » que pour un cours présentiel, par la force des choses !

"Nous préférons suivre tes cours en regardant tes capsules vidéos"…

Salman Khan, le génial mathématicien (et pédagogue) créateur de la célèbre Khan Academy, déclarait lors d’une de ses premières interviews qu’il avait fait ses premières armes de "e-professeur" en donnant des éléments de cours particuliers de mathématiques à ses neveux, tout d’abord classiquement, en face-à-face, puis en utilisant comme support additionnel des vidéos, éléments de cours qu’il donnait lui-même très sobrement face caméra, et qu’il diffusait ensuite sur YouTube à leur intention. Il raconte ainsi que ses neveux lui avaient fait un jour une bien curieuse remarque, disant en substance "Nous préférons suivre tes cours en regardant tes capsules vidéos plutôt qu’en écoutant tes explications en direct…". Et lorsqu’il s’en étonna, touché dans son ego, ses neveux lui répondirent tout simplement "Ben oui, quand tu parles en direct on n’ose pas trop t’interrompre… te faire répéter les choses… alors qu’en vidéo nous pouvons nous repasser en boucle autant de fois que nous voulons, ensemble ou encore chacun de notre côté, les différents passages qui ne sont pas encore assez clairs pour nous !". Allez donc mesurer des temps d’assimilation dans ces conditions-là…

Ceci explique, entre autres, l’existence de la fameuse fourchette, classiquement annoncée. Sachez que dans la pratique, plus vous vous situez près de la limite inférieure de la fourchette ("De 4 à 8 heures par semaine"), plus vous vous prenez (toutes choses inégales par ailleurs 🙂 le risque d’aboutir à un apprentissage dit "de surface" (cette notion est étudiée au cours de la semaine 4), dont les effets risquent de s’étioler avec le temps.

Pas de limite haute !

Sachez en outre qu’au-delà de la limite haute de cette fourchette, votre ticket est toujours valable ! 🙂 De nombreux apprenants, en effet, pris de passion par les contenus proposés, et disposant de suffisamment de temps (…et de ressources pour en trouver 🙂 témoignent de ce qu’à partir des sections de cours facultatives de type "pour en savoir plus", ils ont fini par récolter, de proche en proche, au gré de leur "butinage", comme disent nos amis québécois, une masse incroyable de ressources sur le sujet. Le fameux aphorisme affirmant que "…l’enseignement n’est pas un seau qu’on remplit, mais un feu qu’on allume" prend alors ici tout son sens !

Et si le connectivisme pointe le bout de son nez, alors…

Imaginez maintenant que ces apprenants-là se mettent, en plus, à communiquer entre eux, à partager les ressources en question avec leurs pairs (et, pourquoi pas, leurs enseignants…), vous obtiendrez un effet boule de neige, démultiplicateur en efficacité (c’est le phénomène qu’on appelle parfois le « connectivisme », de nombreux pédagogues n’hésitent pas à théoriser abondamment là-dessus depuis le développement de la formation en ligne). Et, partant, vous aurez du même coup fait « exploser les compteurs » au niveau du temps consacré par les personnes concernées !

C'est dire s'il est illusoire de prétendre annoncer des "durées" standard. Tout ce que l'on peut faire, c'est recueillir de statistiques (plutôt auprès des apprenants qu'à partir des données de la plateforme… elles ne veulent pas dire grand-chose…), et s'en servir pour annoncer une estimation réaliste… après quelques sessions écoulées.

En attendant, le plus prudent est sans doute d'annoncer, "comme tout le monde", la sacro-sainte fourchette  "…De 4 à 8 heures par semaine".

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Le connectivisme : et si nous étions patients ?…

connectivisme à l'école

 

Vous avez aimé le dessin ci-dessus ? Il vous a fait sourire ? Rire, peut-être ?... Mais au fait : Comment l'interprétez-vous ? A y regarder de près, il en existe en effet plusieurs lectures :

Première interprétation : C'est un gag, un dessin d'humour...

L'élève, interrogé par la maîtresse, a visiblement subi l'influence néfaste des jeux télévisés, puisqu'il s'imagine qu'il va avoir la possibilité de faire appel à un de ses petits camarades de classe pour résoudre un problème ou appliquer une consigne donnée par l'enseignante ! Ah, tout de même, ces gamins, ils sont impayables ! Mais qu'est-ce qu'ils s'imaginent donc ? Partisans du moindre effort ! Et puis quoi encore ? Si la triche était autorisée à l'école, ça se saurait !

Deuxième possibilité : C'est une scène qui sera bientôt parfaitement admise, voire banale aux yeux de tous, et c'est très bien ainsi...

Si l'on regarde les choses d'un autre œil, peut-être pouvons-nous imaginer que ce jeune garçon est déjà entré de plain-pied dans une nouvelle ère, celle où le savoir est librement et largement partagé, celle où il est enfin communément admis – et surtout compris – qu'il est infiniment préférable d'avoir enfin une tête bien faite plutôt qu'une tête bien pleine, ainsi que l'affirmait déjà Montaigne au XVIe siècle.

On ne dira jamais assez l'étendue de ce que peuvent signifier de ces deux expressions ("tête bien faite", "tête bien pleine"). Le grand Michel Serres nous en donne souvent un point de vue particulièrement éclairant dans nombre de ses ouvrages et interventions publiques, facilement accessibles depuis YouTube....

Mine de rien, nous entrons dans le connectivisme...

Ce nouveau courant pédagogique, directement inspiré des travaux de George Siemens et Stephen Downes entre dans les mœurs, lentement mais sûrement, en utilisant le principe du réseau comme point central de l'apprentissage. Il est fondé sur l'observation des changements, voire des bouleversements induits depuis ces dernières années par les nouvelles technologies, et par internet en particulier. Force nous est de constater que ces nouvelles technologies ne permettent pas seulement de distribuer l'information à des millions de gens, mais surtout qu'elles permettent aussi à des millions de gens de distribuer l'information. Et c'est ce détail qui change tout.

Ainsi, la manière dont nous apprenons s'apparente de plus en plus à un processus de connexion de plusieurs sources d'information. Elle peut aussi survenir par le truchement de dispositifs externes aux êtres humains (ce qui constitue également une révolution en soi, mine de rien). L'entourage (au sens très large du terme), ainsi que les outils de communication dont on dispose, y occupent une place de tout premier plan.

Ainsi que chacun peut le constater, cette "nouvelle donne" révolutionne non seulement les processus de transmission des savoirs, mais aussi la nature profonde des rôles respectifs de l'enseignant (ou formateur) et de l'apprenant (ou participant).

...Mais nous y avançons à "plus ou moins" grands pas !

Personne n'y peut rien : Les technologies changent vite, les schémas mentaux lentement.

Comme l'a montré un excellent article récemment publié sur 15marches.fr, il a fallu attendre une cinquantaine d'années après l’invention de l’imprimerie pour que livre imprimé ne prenne la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. Mais dans les tous premiers temps, les imprimeurs imitaient les scribes, avec des caractères reproduisant l’écriture manuscrite des moines-copistes. Ainsi, dans les premiers temps, de nombreuses personnes ne voyaient dans l'imprimerie qu’un procédé se limitant à accélérer la reproduction des manuscrits, point.

Battre un tapis avec un aspirateur électrique flambant neuf...

Les véritables (et immenses) possibilités de cette invention n'apparaîtront que quelques années plus tard, et c'est bien normal. Encore une fois,  les technologies changent vite, les schémas mentaux lentement, il n'y a là rien que de très banalement humain...

Et comme l'a écrit un jour Marcel Lebrun dans son blog, face aux "progrès du progrès" et surtout à leurs impacts sur l'activité de transmettre, "[...] arguments, réponses, dénis, pamphlets … fleurissent, chaque nouvelle technologie étant porteuse de promesses nouvelles, rarement tenues, parfois fructueuses, souvent décevantes".

Appeler un ami ? Bien sûr, nous faisons ça tous les jours !

Si j'ai besoin d'acheter un nouveau téléphone, je prendrai certainement la décision d'appeler un ami pour me guider dans mon choix. Mais pas n'importe quel ami...

En effet, si je demande à un de mes neveux ados, il me conseillera en fonction de ce que lui-même considère comme "cool", voire "trop bien", ce qui à l'occasion ne manquera pas de me laisser, disons sur ma faim...

Et si j'interroge une sommité de l'univers des télécoms, à supposer qu'il daigne me répondre, ce ne sera pas forcément mieux : je risque d'être très vite noyé sous un jargon incompréhensible, et ne serai pas beaucoup plus avancé...

Non, l'idéal est certainement de trouver "la bonne personne", juste dotée des compétences nécessaires et d'aptitudes à les transmettre de façon facilement compréhensible, celle qui saura transformer un ensemble de concepts flous, ésotériques et complexes en quelque-chose de digeste pour moi. Ayant compris ma problématique en un éclair, cet oiseau rare se mettra aussitôt en devoir de déblayer au mieux le terrain pour moi, sans compliquer inutilement les choses, et en m'épargnant tout ce qui ne me serait – à ses yeux – d'aucune utilité. Ainsi j'aurai fait l'économie d'une tête "un peu plus pleine" de quelques pans de savoir encyclopédique et technique qui ne m'auraient sans doute pas été dune grande utilité.

Sans doute y aurai-je "perdu quelque-chose", pourquoi le nier ? Ceci dit, j'ai la ferme conviction qu' à chaque fois que nous perdons quelque chose de cette façon-là, nos neurones peuvent du même coup s’occuper utilement à quelque chose d’autre… et que c’est même ainsi que naissent les grandes découvertes !

J'aimerais tant que l'école nous apprenne aussi "...qui appeler"

On l'aura compris, tout mon raisonnement repose sur le discernement qui m'aura permis de trouver la bonne personne susceptible de me délivrer la bonne information. Et ce n'est pas une mince affaire. Tous les décideurs savent bien à quel point il est important de savoir s'entourer des bons conseillers, ce qui permet assurément d'y gagner en efficience... à condition de savoir rester maîtres de nos décisions.

Mais vu la vitesse à laquelle évoluent nos schémas mentaux (voir plus haut), force est de constater que nous vivons encore dans un monde où certaines qualités qui sont de nature à nous aider à réussir dans la vie, ont encore - paradoxalement - une fâcheuse tendance à nous faire échouer à l'école. J'en ai déjà donné un aperçu dans un clip vidéo diffusé récemment sur le mooc ITYPA 3, et dont vous pouvez visionner un extrait ci-dessous...

Cela dit, je reste résolument optimiste, et j'ai tendance à faire confiance aux facultés de discernement de nos équipes éducatives... tout en tâchant de ne pas être trop impatient. Comme d'habitude, ce n'est qu'une question de temps !

 

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Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » publié aux éditions DUNOD.

 

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Les grenouilles tombées dans la jatte de crème (éloge de la persévérance)

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Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s’aperçurent qu’elles s’enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain : elles ne parvenaient qu’à barboter au même endroit en s’enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle.

L’une d’elles dit tout haut : « Je n’en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. Je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l’intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »

Ayant dit cela, elle cessa de s’agiter et s’enfonça rapidement, littéralement engloutie par l’épais liquide blanc.

L’autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit : « Rien à faire ! Pas moyen d’avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné. »

Elle continua à s’agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d’un pouce, pendant des heures et des heures.

Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s’agiter et de patauger, il arriva que la crème se transforma en beurre.

Surprise, la grenouille fit un bond et, en patinant à la surface, arriva au bord de la jatte.

De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement.

Extrait de l’ouvrage "Laisse-moi te raconter les chemins de la vie", de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

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Un conte ultra court (question de proportions)

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Gouttes de pluie... © Joselito Tirados

Arif, un ami de Nasr Eddin Hodja aimait beaucoup inviter ses amis à boire le thé et leur soumettre des devinettes compliquées pour les voir se torturer l'esprit et rire à leurs dépens.

Ce jour là, Nasr Eddin Hodja prenait le thé chez lui avec d'autres amis. Leur hôte se leva et s'approcha de la cheminée, s'empara d'une braise et la jeta dans un seau d'eau. "Pschhhhh" entendit-on. "Mes amis ! S'exclama Arif, dites-moi. Qu'est ce qui a produit ce son ? Est-ce l'eau, ou bien la braise?"

"Les deux !" Répondirent tous les amis. "Vraiment ? Les deux ? …Et dans quelles proportions ?" insista Arif, en prenant un air goguenard.

A ces mots, voyant qu'Arif se moquait d'eux, Nasr Eddin Hodja se leva et s'approcha de son hôte. Levant la main, il asséna une grande claque au trublion. "Et ce bruit, mon ami, qu'est-ce qui l'a produit ? Est-ce ma main ? Ou bien ta joue ? ...Et dans quelles proportions ?!"

crayons de couleur

Nasr Eddin Hodja est un ouléma mythique de la culture musulmane, personnage ingénu et faux-naïf prodiguant des enseignements tantôt absurdes tantôt ingénieux, qui aurait vécu en Turquie de 1208 à 1284, né à Sivrihisar et mort à Aksehir. Sa renommée va des Balkans à la Mongolie et ses aventures sont célébrées dans des dizaines de langues, du serbo-croate au persan en passant par le turc, l'arabe, le grec, le russe et d'autres (Source : Wikipédia). Avec mes remerciements les plus chaleureux à Anne Deval, comédienne et conteuse.

  Un petit mot rapide avant de terminer : sachez que je nage dans le bonheur depuis que mon livre est paru, tout récemment..
J'aimerais tellement vous en envoyer un tout petit peu en retour (...du bonheur) tellement il a l'air d'être si bien accueilli (...le livre 🙂 ).
Le plus fou c'est que tout à commencé sur ce blog ! La preuve se trouve dans cet article d'Hélène Weber... Un jour, je vous le promets, je vous raconterai l'histoire de  ce livre, de la conception à la fabrication (...sans parler de la promo, et je vous assure que ce n'est pas de la tarte ! 🙂 ).
En espérant que cela suscitera d'autres vocations. Parce qu'encore une fois, les rêves sont faits pour être réalisés, et je suis prêt à le crier bien haut sur tous les toits s'il le faut...

Bien à vous,

Bernard

 

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Glander, une philosophie de vie (éloge du glandeur)

montage glandeurs et lagaffe

Bonjour. Il se trouve qu'avec quelques e-amis, nous nous sommes tout récemment retrouvés embringués dans un MOOC (cours en ligne) intitulé "La Pensée Design". Le mooc devrait durer jusqu'au 13 juin.

Quand les mouches vont au marché, les glandeurs vont au mooc

Au départ, mes propres motivations pour m'inscrire à ce MOOC peuvent se résumer ainsi : "Eh m'sieur l'juge, j'vous jur' j'voulais pas y aller au début, et puis c'est mes potes y m'ont dit zyva viens avec nous y'a un radiateur au fond on s'met tous là…"

Sans même attendre que le cursus soit démarré, j'ai donc entrepris de créer (avec l'aide de quelques camarades de front) un collectif de travail qui devait à l'origine s'intituler "Les gros nazes du fond", mais au bout de 1641867812549991 tours de scrutin nous nous sommes mis d'accord sur un titre nettement plus approprié, et qui fait désormais consensus

Nom de ce fameux groupe (sur Facebook) : "Les glandeurs du radiateur du fond" (Frédéric, si tu nous regardes, merci du fond du cœur). Par ailleurs, le fruit de nos travaux peut être consulté ici.

Ce fut un régal… ça l'est toujours à l'heure où j'écris ces lignes ! Mais il m'a hélas fallu très vite constater une chose : la notion de glandeur demeure assez floue pour beaucoup de gens, et à les lire, il m'arrive parfois de ressentir un symptôme de "glandeur et décadence".

Ainsi ai-je pu lire sous la plume de plus d'un, quelques remarques, voire quelques réserves, exprimées le plus souvent sur le mode "Houlà, vous êtes bien actifs, pour des glandeurs !"… sans compter les allégations de "vrai glandeur", "faux glandeur", voire "vrai faux glandeur" qui ont commencé à fuser ici et là, et que certains de mes amis ont commencé à se lancer à la figure à mon grand désarroi (en bon glandeur qui se respecte, je ne supporte pas le gaspillage d'énergie).

J'ai donc éprouvé le besoin d'écrire ici ce petit billet en forme de mise au point. Il aurait très bien pu s'intituler "Qu'est-ce qu'un glandeur, au juste ?"…

C'est vrai ça, "Qu'est-ce qu'un glandeur, au juste ?"…

Tentons d'apporter quelques éléments de réponse à cette épineuse question. Chacun ayant sa propre idée, son propre point de vue quant à la question et au statut exact du glandeur, du glandeur, je ne vois pas au nom de quoi je me gênerais pour vous exposer le mien, qui vaut ce qu'il vaut, et vice versa.

D'abord, il ne faudrait surtout pas prendre les glandeurs pour des imbéciles :

Un glandeur est quelqu'un qui a conscience d'être naturellement décalé, en quelque sorte, et qui s'en fiche. D'ailleurs il se fiche d'énormément de choses…

les glandeurs - appli pour smartphones et tablettes

Une appli pour smartphones et tablettes est en cours d'élaboration (...authentique !)

Un imbécile, quant à lui, ne peut absolument pas s'empêcher d'être tout le temps en décalage. C'est hors de son contrôle, et contrairement au glandeur, il a aucune conscience de cet état de fait (d'où la célèbre réplique des "Tontons flingueurs" : Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !"...

Seul le sot est capable de prendre un glandeur pour un imbécile. Pas fou, le glandeur ne fera rien pour l'en dissuader. La raison en est ultra simple : il se fiche de ça aussi !

Didier, roi des glandeurs

Un exemple d'attitude archétypale de glandeur : Didier, un ami d'enfance, le jour où notre professeur annonça solennellement les résultats du bac devant notre classe pétrifiée d'angoisse, s'entendit dire... qu'il était le seul de la classe à ne pas avoir été reçu.

Croyez-vous qu'il se soit démonté ? Pas du tout ! Il s'est contenté d'ouvrir son sac à bandoulière, d'en extraire un énorme sandwich, et de mordre dedans à pleine dents tout en s'exclamant d'un air bonhomme : "Oh, c'est pas grave ! Quand l'appétit va, tout va !".

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on est bien c'est la fête

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Là où un cancre serait devenu soit tout rouge, soit carrément agressif, Didier ne s'est absolument pas démonté, et savoura à leur juste valeur (en même temps que sa roborative pitance) les éclats de rire de toute la classe, professeur compris. C'est ça qui est très fort.

Finalement, il me semble bien que Didier a décroché son bac de justesse, en septembre, à la session dite "de rattrapage". Car en toutes choses le glandeur possède mieux que personne l'art instinctif de doser l'effort, une faculté que lui envient moultes besogneux et autres non comprenants…

Finalement, un glandeur est toujours plus ou moins débordé…

Un glandeur est toujours débordé : même quand il ne fait rien, il est en plein processus de créativité. C'est le Shadok azimuté au milieu des Gibis conformistes. C'est la cigale qui ne se soucie même pas de l'existence de la fourmi, mais qui s'en porte tout aussi bien, en ne récoltant pas forcément le courroux des cieux. C'est Isaac Newton faisant la sieste au pied d'un arbre, et découvrant incidemment les lois de la gravitation universelle en se prenant une pomme sur la tête. C'est Gaston Lagaffe faisant le désespoir de tout son bureau à coup de siestes volées à ses honnêtes collègues bureaucrates, mais travaillant sans relâche pendant des temps forcément gigantesques à d'improbables prototypes (...clin d'œil à mes camarades moockitoes). Si ça c'est pas du boulot…

glandeurs facétieux (balançant de l'eau)

Le glandeur a donc perpétuellement quelque-chose en tête. Il est souvent espiègle, et fondamentalement passionné. Mais il a horreur qu'on cherche à lui imposer ses centres d'intérêt. A titre d'exemple, faites-lui visiter un musée à l'occasion de vacances à l'étranger, il ne va pas forcément parcourir avec son groupe l'ensemble des salles au pas de charge avec une avidité aussi douloureuse que préoccupée. Si ça se trouve, il va s'arrêter au bout du deuxième tableau, et entrer dans une discussion interminable avec le gardien ou la gardienne qui se trouve là.

Quand les autres, fourbus, de retour de leur étrange marathon, vont le retrouver, ils l'admonesteront sans doute avec condescendance, sur l'air de "Mais où étais-tu ? On t'a cherché partout ! Ah là là, celui-là alors, il est impayable. Heureusement qu'on l'aime bien, tiens !"

Bien entendu, le glandeur se fiche aussi de ça, et les laisse croire qu'ils ont appris beaucoup plus de choses que lui…

Bien à vous,

Bernard

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couv vignette parution le 2 juillet

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Le mythe des tests standardisés

Le concombre masqué s'interroge...

 

Pourquoi ces tests ne vous disent pas ce que vous croyez...

Les experts, les politiciens, les chefs d'entreprise ainsi que de nombreux leaders d'opinion vantent continuellement les mérites de ces tests standardisés et autres QCM...

Il en résulte que dans les faits, les mérites de ces tests sont en définitive rarement contestés, tant ils sont en phase avec la croyance populaire, et également avec certaines théories sur la psychologie de la motivation humaine. Mais la plus grande partie de ce que ces leaders d'opinion disent, et également ce que le public croit – à propos des tests standardisés – est tout simplement infondée.

Dans le grand public, ou encore parmi les personnes concernées par les tests (voire leurs parents, selon les cas), rares sont ceux qui disposent de suffisamment de temps ou de connaissances pour arriver à suivre les récentes conclusions des spécialistes, experts en tests, psychomotriciens, et autres chercheurs.

C'est là que le livre " The Myths of Standardized Tests" entre en jeu. Dans un langage simple et accessible, Phillip Harris,  Bruce M. Smith et Joan Harris exposent les hypothèses sous-jacentes des tests standardisés, en faisant la part des choses entre ce ces tests peuvent réellement mesurer et ce qui relève tout simplement du mythe. Non seulement ils démystifient de nombreuses hypothèses communément admises, mais ils proposent de surcroît de meilleures alternatives nous permettant de juger du succès de tel ou tel enseignement dont on prétend mesurer l'efficacité ou les acquis à l'aide de ces fameux tests.

Les auteurs nous proposent également quelques suggestions en vue de nous permettre d'alléger quelque peu le fardeau que ces tests font peser sur nous, ou sur nos enfants.

Voici à titre indicatif quelques exemples de qualités et aptitudes très difficilement mesurables à l'aide de ces tests :

 

▪          la créativité

▪         la pensée critique

▪         la résilience

▪         la motivation

▪         la persévérance

▪         la curiosité

▪         l'art de poser des questions

▪         l'humour

▪         l'endurance

▪         la fiabilité

▪         l'enthousiasme

▪         le civisme

▪         la conscience de soi

▪         l'auto-discipline

▪         l'empathie

▪         le leadership

▪         la compassion

▪         le courage

▪         le sens de la beauté

▪         le sens de l'émerveillement

▪        la débrouillardise

▪         l'honnêteté

▪         l'intégrité

▪         la spontanéité

▪         l'humilité.

Source : http://themythsofstandardizedtests.com/index.php

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Un rôle bien particulier…

Attends-moi, cher dauphin, j'arrive !

J'avais le trac, tout simplement. Comme toutes les formes de nervosité exacerbée, il naît d'une appréhension irrationnelle commune à tous les êtres humains, en particulier les adultes : celle d'être "démasqué", de trahir par quelques mots mal choisis l'intrinsèque supercherie de sa position d'autorité, de révéler au monde entier que l'on ne croit pas soi-même une minute à ce que l'on prétend être.

J'ai fermé les yeux une seconde en me disant que je devais continuer à tenir mon rôle sur scène, coûte que coûte, puis je me suis retournée pour faire face à ma classe.

— Bien, commençons.

Douglas Kennedy, "Quitter le monde", 2009, Belfond, p. 209

 

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Un salon et un livre…

Salon Solutions RH 2014

Bonjour à tou(te)s.

Dans quelques jours, je serai au salon Solutions RH et e-Learning Expo (Paris, Porte de Versailles) du mardi 18 au jeudi 20 mars.

J'ai bien l'intention de faire le tour des exposants qui interviennent en formation et e-learning, afin de nouer ou d'entretenir un maximum de contacts. J'assisterai également à quelques conférences et ateliers, et j'aurai probablement l'occasion de me prêter à quelques animations surprises en collaboration avec quelques exposants de ma connaissance, qui seront également mes complices pour cette occasion.

Ce sera aussi l'occasion pour moi de présenter en avant-première le livre de conseils aux formateurs que j'ai préparé pendant plus d'un an, et qui paraît actuellement aux éditions DUNOD (l'éditeur fait d'ailleurs partie des exposants !).

Livre de conseils aux formateurs

Maquette provisoire - Document non contractuel

Si de votre côté vous comptez vous y rendre, cela peut être intéressant de nous y croiser… En tout cas, de mon côté j'en serais très heureux. Pour un échange de vues, de vive voix, en chair et en os, autour d'un café.

Si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à m'en faire part. Nous trouverons bien le moyen de nous y retrouver. Il vous suffit de réagir à cet article par un commentaire, et de me préciser comment je peux vous joindre.

Bien à vous,

Bernard

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Laissez tomber vos tours de table, préférez-leur la balle magique !

Arrêtez tout !Pour recueillir les attentes des participants dans diverses circonstances, par exemple au début d'une réunion ou encore d'une session de formation, un usage aussi vieux que les conseils d'administration veut qu'on ait recours à ce qu'on appelle le tour de table. Vous qui lisez ces lignes, il est fort probable que vous ayez une expérience de cet exercice de style plutôt convenu, conçu pour permettre à des personnes présentes dans une assemblée de se présenter, et/ou de donner leur avis sur un point quelconque. Voilà comment cela se passe le plus souvent :

L'animateur de la séance suggère que chaque personne présente s'exprime tour à tour, en suivant tout simplement l'ordre d'installation dans la salle ou autour de la table. On commence par régler la question du "On commence par où, la gauche ou la droite ?", et c'est parti comme en 14, chacun y va de son petit couplet. Quand il ou elle a terminé, la personne suivante enchaîne, et ainsi de suite jusqu'à la fin. C'est simple, carré, pratique… sauf que le plus souvent, cela ne sert pratiquement à rien. Pourquoi ? En voici une illustration, qui bien sûr n'engage que moi.

Pour ce qui me concerne en effet, à chaque fois que je suis "pris" dans un de ces fameux tours de table, je ne manque jamais d'admirer l'aisance verbale, et même corporelle, de nombre d'intervenants successifs, qui rivalisent de finesse, d'esprit, de sens de la rhétorique, d'esprit de synthèse, et parfois même d'humour ! Les trouvant tous plus beaux, intéressants, charismatiques et captivants les uns que les autres, j'ai donc tout naturellement à cœur d'être au moins aussi beau, intéressant, charismatique et captivant que les autres lorsque mon tour viendra, quoi de plus naturel en effet ?

Or, panique à bord, je ne suis pas du tout certain d'être à la hauteur, le moment venu. Heureusement, le moment en question n'est pas toujours pour tout de suite, selon le hasard des placements dans la salle. Du coup, constatant que – par chance – je dispose d'un peu de temps, j'en profite pour "préparer mes phrases", à l'image du playboy de boîte de nuit d'une vieille chanson de Cabrel[1]. Et voyez comme c'est bête, le fait même de préparer mes phrases me rend complètement incapable d'écouter en même temps ce que les autres sont en train de dire ! Si bien que, le plus souvent, si on me demandait de résumer ce qu'a dit chacun des autres participants, j'en serais tout bonnement incapable ! Avouez que c'est dommage…

Quelque-chose me dit même confusément que je ne dois pas être le seul dans ce cas-là. Du coup, je me garde bien de lancer moi-même quelque tour de table que ce soit. Lors de mes interventions en formation, par exemple, je le remplace toujours par…

…Une séquence de balle magique !

balle magique

Qu'est-ce que donc que cela ? C'est tout simple, et cela nous vient tout droit de la tradition du bâton de parole en usage dans de nombreuses tribus africaines. Il s'agit de prendre un objet symbolique (une petite balle en mousse c'est idéal, à défaut on peut froisser une feuille de papier en boule) qu'on appellera "balle magique". Après avoir présenté la balle, je préviens l'auditoire que je vais bientôt lancer cette balle magique dans la salle, à destination d'un participant que je choisirai au hasard (j'avoue franchement que si une personne regarde le plafond, sa montre, ou encore consulte sa messagerie à ce moment précis, je me fais un malin plaisir d'influer un peu ledit hasard).

bâton de paroleLa personne qui se retrouve en possession de la balle magique prend alors la parole… et la garde le temps nécessaire. Nul ne peut l'interrompre (…à part l'animateur, exclusivement en cas de "dépassement du temps raisonnable" qui risquerait de pénaliser le reste du groupe. En pareil cas, il convient de se montrer déterminé, tout en y mettant les formes).

Lorsque la personne a fini de parler, elle jette la balle (de manière toute aussi "aléatoire" que moi il y a quelques instants) à la personne de son choix, qui récupère la parole en même temps que la balle… ainsi de suite, jusqu'à la fin. Vous verrez qu'en fin de parcours, la dernière personne à s'être exprimée a souvent le réflexe de "renvoyer la balle" à l'animateur[2], ce qui lui permet comme par hasard de "rebondir" sur ce qui vient d'être dit, selon l'expression consacrée… qui jamais ne s'est aussi bien appliquée (une balle magique a donc des rebondissements… magiques !).

Bien entendu, les participants à ce "tour de table d'un genre nouveau", sachant que leur tour va peut-être venir juste après (particulièrement pour les derniers d'entre eux !), ne veulent pas paraître "tomber des nuages" au moment où la balle leur tombera dessus... Du coup, par la force des choses, le plus souvent ce dispositif rend tout le monde beaucoup plus... attentif !

Que demande le peuple ?...

Bien à vous,

Bernard

***

Cet article a été par la suite repris dans un ouvrage de conseils aux formateurs, paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

 


[1] "Samedi soir sur la terre".

[2] …Dans le cas contraire, pensez tout de même à la récupérer !

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