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Blog pro

Appel à plus de bienveillance au travail

See on Scoop.it - Pédagogies actives

Pour la troisième année consécutive, Psychologies magazine lance un appel à plus de bienveillance au travail. 3 axes de réflexion :

Premier axe : redonner du sens au travail
Deuxième axe : travailler au « mieux vivre-ensemble »
Troisième axe : veiller au bien-être de chacun.

Signer l’appel ne signifie pas forcément de l’appliquer dans son ensemble mais d’aller de l’avant et de mobiliser ses équipes sur des petites attentions qui contribuent au mieux-vivre au quotidien.

See on www.psychologies.com

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Deux salons en un : Solutions RH Lyon 2012 | E-learning, formation a distance …

See on Scoop.it - Pédagogies actives

Connaissez-vous le salon Solutions RH (salon des outils et services pour la gestion des ressources humaines) et du eLearning Expo (salon des professionnels du e-learning) ?
Pour la 1ère fois cette année, l’organisateur exporte ces deux événements en province. Le rendez-vous est donné les 20 et 21 novembre 2012 à l’Espace Tête d’Or de Lyon.

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Pédagogie, je me marre…

bonhomme à cheveux d'herbe

Dans cet article, je vais tenter d'expliquer en quoi les spécialistes des sciences de l'éducation peuvent, avec les meilleures intentions du monde, taper parfois "à côté de la plaque", du moins à mes yeux.

Il se trouve qu'en 2008, après avoir traîné derrière moi une expérience de plus de 20 ans de formateur "autodidacte  baroudeur et tout-terrain" (...nous sommes très nombreux dans ce cas) j'ai éprouvé le besoin de suivre un parcours universitaire, pour plusieurs raisons, la principale tenant dans ma volonté de donner une base théorique à mon propre parcours tout en le "légitimant" aux yeux de ce qu'on appelle la doxa (ou, si l'on préfère, les milieux autorisés, comme disait le regretté humoriste).

Je menais alors une vie trépidante, dispensant pour le compte de mon employeur d'alors des séances de formation en "face-à-face" se tenant dans un rayon de 320 kilomètres, pour un public de cadres et employés, et ceci 3 semaines sur 4. Un travail pas précisément "de tout repos", donc.

Et très régulièrement, une semaine sur 4 donc, je quittais mes attributs de formateur pour aller changer d'activité en suivant les enseignements de l'université à laquelle je m'étais inscrit (j'ai même tenu un blog à cette époque, sorte de e-portfolio si on voudra). Le pauvre naïf que j'étais encore s'attendait (c'est le minimum) à y apprendre un certain nombre de choses en rapport avec le métier de formateur (grilles de lectures, méthodologies, outils exploitables en situation... que sais-je encore ?)

Certes, on m'avait prévenu mille fois que j'étais là pour trouver avant tout de quoi étayer ma démarche empirique en lui donnant une base théorique. Mais tout de même... Qu'ai-je appris au juste, au bout du compte ? Pour vous faire partager mon ressenti, tentons une métaphore :

Si un formateur montait des meubles...

Imaginez un jeune employé en période d'essai, fraîchement embauché chez IKEA pour installer des meubles, et à qui son nouvel entourage professionnel dit "Tu verras, c'est très simple, toutes nos notices sont accessibles partout : dans tous les magasins, dans nos usines, et même sur le net"...

À la suite de cela, voulant réaliser le montage de son tout premier meuble, notre employé se met à chercher, chercher, pour finir par tomber sur tout un tas de publications tournant autour du pourquoi et du comment de l'art de rédiger une notice de montage, ou encore sur les différentes typologies de notices, voire sur l'évolution du concept de notice à travers l'histoire... et tout à l'avenant.

Tout cela est bel et bon, se dirait l'impétrant, je vois bien qu’à l’évidence des tas de gens se sont doctement penchés sur le sujet en question, l’ont posé sur le billard, puis l'ont décortiqué dans ses moindres détails, si bien qu’à l'arrivée on voit bien qu'ils semblent tous surfer là-dedans avec aisance sans même se mouiller le maillot…

Hélas, tout cela ne résout absolument pas mon propre problème, qui est beaucoup plus basique : Je suis en effet aux prises avec une situation très concrète, et – qui plus est – sous la douce pression de mes nouveaux supérieurs, situation qui tient en quelques mots  : Comment dois-je m'y prendre pour monter ces foutus meubles ? Y a-t-il un mode d'emploi ? Une notice, toute simple, existe-t-elle, et si oui, où donc ? Au secours, y'a quelqu'un ?...

« Ceux qui savent font, ceux qui ne savent pas enseignent », disait George Bernard Shaw. C'est un peu court, un peu brutal, très irrévérencieux mais hélas parfois vrai ! Aujourd’hui encore, le Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? se porte à merveille, notamment chez une certain nombre de ceux qui se donnent pour objectif d'explorer les pourquoi et les comment des situations d'apprentissage…

Il est parfois bien confortable de se réfugier dans l'analyse. Notamment lorsqu’au passage cela permet d'éviter de se mettre les mains dans le cambouis, ou d’éluder une question centrale, comme l'illustre la petite métaphore qui suit :

Histoire de l’homme tombé dans un trou

Un homme tomba dans un trou et se fit mal.

Un cartésien le vit et lui dit : « Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez du voir ce trou ».

Un spiritualiste se pencha et dit  :« Vous avez du commettre quelque péché ».

Un scientifique calcula la profondeur du trou.

Un journaliste l’interviewa sur ses douleurs.

Un yogi lui dit : « Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur ».

Un médecin lui lança deux comprimés d’aspirine.

Une infirmière s’assit sur le bord et pleura avec lui.

Un thérapeute l’incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans ce trou.

Une pratiquante de la pensée positive l’exhorta : « Quand on veut, on peut ! »

Un optimiste lui dit :  « Vous auriez pu vous casser une jambe ».

Un pessimiste ajouta : « Et ça risque d’empirer ! »

Puis un enfant passa et lui tendit la main pour l’aider à sortir...

Voilà, j'espère vous avoir donné une idée de ce que j'ai appris, et surtout de ce que je n'ai pas appris à cette occasion-là. Depuis, à chaque fois que je rencontre une situation de ce type, cela a au moins (en creux) le mérite de me faire gagner un temps fou, en m'évitant de me fourvoyer dans des impasses, comme quoi, au bout du compte, d'une façon ou de l'autre on apprend toujours !  Quelque chose me dit que je suis loin d'être le seul dans ce cas. J'assume parfaitement la teneur de ces propos. De toute façon, comme le disait Marcel Gotlib, "Que celui qui me jette la première pierre vienne me le dire en face !".

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Qu’est ce qui est le plus efficace : un jeu de formation ou une vidéo d’instruction ?

Retranscription d'un article de Thiagi, le génial inventeur des jeux-cadres.
Traduction de Bruno Hourst ("Etes-vous pomme ou orange ?")

 

 

Une question récurrente

Qu’est ce qui est le plus efficace : un jeu de formation ou une vidéo d’instruction ? Beaucoup de gens m'écrivent pour me demander de donner des preuves (issues de la recherche scientifique) que les jeux de formation sont meilleurs que tout autre type de stratégie de formation. Cette question ressemble beaucoup à une autre question : Qu’est-ce qui est le meilleur, les pommes ou les oranges ? À l’évidence, la réponse dépend d'un certain nombre de facteurs.

  • De quelle variété de fruit parlons-nous ? J'aime les pommes Golden Delicious, mais je déteste la variété Granny Smith. J'aime les oranges maltaises, mais pas la variété à peau épaisse.
  • Quel est le but que nous recherchons ? Les oranges sont très appréciées en jus au petit déjeuner, mais beaucoup moins pour faire des tartes.
  • De qui sommes-nous en train de parler ? Certaines personnes préfèrent les oranges, et d’autres préfèrent les pommes. Et certaines autres personnes n'aiment ni l’un ni l’autre de ces fruits. Et d’autres encore sont allergiques à l'un ou à l'autre. La comparaison entre les jeux de formation et l’utilisation de vidéos (ou de conférences, ou de manuels, ou d’ateliers de thérapie comportementales ou de toute autre stratégie de formation) est tout aussi sensée que de comparer des pommes et des oranges.

De quel type de jeu parlons-nous ? 

Quand nous parlons de jeux de formation, qu’est-ce que cela signifie exactement ? À ce jour, j'ai travaillé sur plus de 60 stratégies interactives expérimentales, qui peuvent toutes s'inscrire dans la définition habituelle du jeu de la formation. À l’évidence, il y a une énorme différence entre un jeu de simulation qui reflète d’aussi près que possible des méthodes de travail réelles, et un ice-breaker de début de formation. De même, de quoi parlons-nous lorsque nous utilisons le terme de vidéo ? S’agit-il de la vidéo d’une conférence donnée par un expert, ou un documentaire primé sur les comportements créatifs, ou encore d’un extrait d'un long métrage utilisé pour illustrer un contenu pédagogique ? Que diriez-vous d'une vidéo qui présente différentes situations clé de la relation client, où l’on fait une pause après chaque situation, où des équipes analysent la situation et formulent des recommandations, puis marquent des points selon la similitude entre leurs recommandations et celles d’un panel d'experts ? Est-ce que nous classerons cette technique hybride en jeu de formation ou en vidéo d’instruction ?

Une méta-analyse des différentes techniques de formation

Il y a quelques années, mon ami Richard Clark, de l'Université de Californie du Sud, a fait une méta-analyse des recherches menées sur la comparaison entre différents supports de formation, tels que le film éducatif et l'enseignement en classe. Sans surprise, Clark est arrivé à la conclusion que les moyens utilisés ne font aucune différence. Ce qui fait la différence, ce sont les caractéristiques spécifiques du moyen utilisé. Par exemple, nous pouvons utiliser une approche de type « apprentissage par la découverte » avec un film éducatif ou par une leçon en classe. Le facteur essentiel n'est pas le moyen utilisé, mais une caractéristique spécifique du moyen utilisé. Si l'on extrapole les résultats de Clark à notre question initiale, nous en conclurons que ce n'est pas les jeux de formation qui sont importants par eux-mêmes, mais des caractéristiques des jeux (tels que la participation active, le fait de marquer des points, l'interaction entre les membres de l'équipe ou la compétition entre les équipes). Ce ne sont pas les vidéos en tant que telles qui feront la différence, mais des caractéristiques essentielles des vidéos (telles que le réalisme, le mouvement, ou la mise en œuvre des capacités audiovisuelles).

Quel but recherchons-nous ?

Qu’un jeu soit plus efficace qu'une vidéo dépend également du but pour lequel ce moyen est utilisé. Un jeu de simulation est efficace lorsqu'il est utilisé pour aider les participants à acquérir certaines compétences. Toutefois, il serait inefficace pour aider les participants à se connaître les uns les autres au début d'une session de formation. Un ice-breaker répondra à un vrai besoin pour faire entrer les participants dans le sujet de la formation, mais sera perçu comme complètement stupide s’il est utilisé au milieu d’une formation pour faire une analyse coûts-efficacité. Lorsque l'on compare un jeu de formation à une vidéo, ou un jeu de formation à un autre jeu de formation, ou une vidéo à une autre vidéo, il est important de préciser la raison pour laquelle telle ou telle technique de formation est utilisée.

De quels participants parlons-nous ?

Différentes personnes réagissent différemment au même jeu de formation. Par exemple, un jeu qui motive un groupe de jeunes cadres dynamiques français pourra être perçu comme gonflant et hors de propos par les employés d’une administration américaine, et carrément agressif pour un groupe de techniciens japonais. De même, une vidéo qui enthousiasme un groupe de jeunes adultes pourra plonger dans une grande perplexité un groupe de personnes âgées. L'inverse pourra également être vrai : une vidéo qui plaira aux babyboomers pourra définitivement tuer d’ennui des membres de la génération Nintendo.

Proposons une réponse

Comparer les jeux de formation avec d’autres techniques de formation n’a donc pas grand sens, à moins de préciser exactement :

  • Les caractéristiques particulières, du jeu de formation envisagé et de l'autre technique
  • Le but pour lequel on souhaite utiliser le jeu de formation ou telle autre technique de formation
  • Qui seront les participants du jeu de formation ou de telle autre technique de formation.

Nous pouvons donc reformuler ainsi notre question initiale, à travers un exemple : laquelle de ces deux techniques est plus efficace pour aider un groupe d'employés d'hôtel expérimentés à acquérir des compétences dans leur service à la clientèle : un jeu de simulation authentique, qui intègre des incidents représentatifs et comprend un long débriefing structuré par un animateur expert, ou une vidéo présentant différents cas, des graphiques et les explications, suivie d'une discussion en groupe ? Ainsi posée, la réponse à la question est évidente : les deux techniques pourront être tout aussi efficaces l’une et l’autre.


Sivasailam Thiagarajan (alias Thiagi) est indien, il vit au Etats-Unis. Maître incontesté des jeux pour l’entreprise et l’enseignement, il a particulièrement développé le concept de jeu-cadre et continue de concevoir de nombreux jeux dans tous les champs de la formation et de l’enseignement.

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Jalousies et rivalités entre frères et soeurs

(Remarque : j'ai déjà publié cet article sur joueb.com en août 2005)

Le livre dont il va être ici question a été écrit par deux psychothérapeutes américaines spécialisées en communication familiale. Elles ont animé pendant de nombreuses années un certain nombre de séminaires sur divers sujets, dont les phénomènes de jalousies et rivalités et entre frères et sœurs. Le livre qu’elles ont écrit ensemble constitue un condensé de ce qui s’est passé au cours de ces séminaires.

Il s’agit de :

Jalousies et rivalités et entre frères et sœurs

Adele FABER et Elaine MAZLISH – © 1989, 1993, 2003, Éditions STOCK

Dédié « à tous les frères et sœurs adultes qui cachent encore au fond de leur cœur un enfant blessé », cet ouvrage est rempli de récits, de témoignages de parents plus ou moins en souffrance, en colère, ou encore impuissants (...on peut aussi être tout cela à la fois :-) face à des phénomènes qui leur pourrissent littéralement l’existence (si jamais vous vous reconnaissez dans ces lignes, eh bien « welcome to the club » ;-).

Ce livre m’a été recommandé lors de l’été 2004 par un couple d’amis Mayennais en proie aux mêmes problèmes (mais je pense que nous sommes plutôt nombreux, en définitive... en fait le problème me semble parfois aller de pair avec le fait d’élever plusieurs enfants...).

En relisant mes notes, je me suis surpris à avoir rétrospectivement ici ou là quelques réactions épidermiques vis-à-vis des auteurs : Je me suis dit parfois « Oui... tout cela est bien... sans doute avec des enfants plus doux que les miens... mais avec ms lascars, je ne vois vraiment pas comment mettre cela en pratique à la maison ! »

Et puis je me suis repris, en me disant que tout est préférable à la médiocrité, au statu quo. Comme dit le sage, « Si vous faites toujours plus de ce qui ne marche pas, vous obtiendrez toujours les mêmes résultats »... alors cela m’a donné envie de franchir le pas, malgré mes réticences et tous mes « gna gna gna » de mauvaise augure.

Précisons donc qu’il ne faut surtout pas voir ce livre comme un ensemble de recettes toutes faites, à appliquer mécaniquement et sans réfléchir, avec l’idée d’en obtenir des effets miracles et immédiats. Non. Plus simplement et plus prosaïquement, il est préférable de se contenter de ceci : certaines attitudes, certains comportements ont démontré leur efficacité pour atténuer la rivalité qui oppose frères et sœurs. Cela étant dit, ce qui compte avant tout est l’état d’esprit dans lequel tout cela est fait. N’oublions pas que rien n’a de sens sorti de son contexte (raison pour laquelle je vous encourage à lire le livre pour le cas où ce que j’en rapporte vous « donnerait des boutons » !).

Tout en étant très intéressé par la lecture de l’ouvrage en question, je me suis même temps senti quelque peu frustré par la longueur et la multiplicité des témoignages de parents, ainsi que par les nombreux états d’âme exprimés par les auteurs lors des différentes séances de groupe. Cela m’a donné l’envie d’en extraire un certain nombre d’« idées fortes » (12, en fait) afin de pouvoir me référer par la suite à tout ce que j’ai trouvé de véritablement utile et pratique pour mon utilisation personnelle.

Je me propose de partager aujourd’hui ces notes de lecture avec vous (si vous le souhaitez, vous pouvez lire auparavant de larges extraits du dos du livre, ou encore quelques précisions légales).

Idée générale développée dans le livre :

Le livre me semble reposer sur un constat paradoxal : Le plus souvent, c’est en voulant à tout prix que nos enfants s’aiment que nous aboutissons à une situation où ils se détestent. A l’inverse, c’est en acceptant l’idée qu’ils ne sont pas tenus de s’apprécier mutuellement (du moment qu’ils se respectent) que nous aboutissons à une situation où ils finissent par beaucoup mieux cohabiter... puis (le plus souvent) par s’aimer !

Les auteurs nous invitent à faire en sorte de ne pas fabriquer des stéréotypes. N’enfermons pas nos enfants dans des rôles (« Décidément, celui-là est bien le sportif ... [ou l’artiste... l’intellectuel... le clown... etc.] de la famille »). Tâchons de ne jamais les dévaloriser, même (...et surtout !) si nous sommes à bout de nerfs. Traitons nos enfants non pas en fonction de ce qu’ils sont, mais en fonction de ce que nous voudrions qu’ils deviennent.

Cela dit, si ce qu’ils font ou disent nous met véritablement en colère, n’hésitons pas à dire tout simplement... que nous sommes en colère ! Rappel : La colère est un sentiment parfaitement légitime et adapté lorsqu’il y a attaque dans nos valeurs, ou bien lorsque nous ressentons une injustice ou une frustration. Elle sert à défendre nos valeurs, notre intégrité, et à nous affirmer.

Un très grande place est également accordée à l’importance de l’expérience de chacun d’entre nous (parent) lorsqu’il était enfant, de son propre vécu en tant que frère, ou sœur dans sa fratrie d’origine. Dans les séminaires organisés par les auteurs, il y a toutes sortes de « remontées » parfois poignantes, souvent riches de sens en ce qu’elles éclairent le présent sous un jour nouveau.

Quelques « idées fortes » :

IDÉE FORTE  1 : Toujours penser à la reformulation

Exemple : Tu as l’air furieux... tu ne voudrais pas qu’il prenne toutes tes affaires sans te demander la permission...
(à un enfant qui « se plaint » de son frère ou de sa sœur).

En parcourant mes propres notes sur la question de la reformulation, j’ai pu me remettre en mémoire que reformuler permet de :

- Rester centré sur celui qui parle

- S’intéresser à lui, lui montrer qu’il est écouté et respecté

- Vérifier que nous avons compris

- Gagner du temps

- Se dissocier

- Se reposer (dé stresser par rapport à la situation)

- Mettre l’autre en confiance

- Permettre à l’autre de préciser sa pensée sans qu’il se sente agressé

- Rester soi-même en confiance

IDÉE FORTE  2 : Trouver (autant que possible) des activités symboliques et créatives par rapport au problème posé)

...Comme « dessiner sa colère », ou instaurer un « cahier de rouspétances »...

Cela m’a paru très intéressant... et en même temps pas toujours facile à mettre en œuvre (...ce qui ne constitue pas une raison suffisante pour ne pas essayer :-)

IDÉE FORTE 3 : Résister à la tentation de comparer

A chaque fois que vous êtes tentés de comparer vos enfants entre eux (« ...Ton frère ne ferait jamais cela »), attachez-vous plutôt à décrire ce que vous ressentez, sans faire de référence à l’autre enfant.

Vous pouvez par exemple décrire ce que vous voyez...

Je vois une veste toute neuve par terre...

...ou ce que vous ressentez...

Cela me contrarie...

...ou encore ce que l’on peut faire pour remédier à cette situation...

La place de cette veste est dans la penderie.

IDÉE FORTE  4 :  Pour les conflits liés à la quantité («...L’autre en a eu plus que moi »)

Attachez-vous à proposer à l’enfant autre chose que ce qui fait l’objet du conflit. Exemple : Si votre enfant se plaint que son frère ou sa sœur a eu « plus de pain » que lui, proposez-lui un autre aliment...

Tu dois avoir faim... Tiens, je te propose de manger une crêpe. Veux-tu une demie crêpe, ou as-tu assez faim pour une crêpe entière ?

IDÉE FORTE  5 : Lequel de vos enfants aimez-vous le plus ?...

Si un enfant vous pose la question et que vous lui répondez « Je vous aime autant l’un que l’autre » ; il ne vous croira pour ainsi dire jamais... ou du moins jamais tout à fait. C’est ainsi ! En revanche, vous pouvez par exemple leur dire « Je vous aime chacun d’une manière unique, parce que chacun d’entre vous est unique, et donc incomparable. Tu es le seul « toi » dans le monde entier et personne d’autre ne pourrait prendre ta place ».

Vous pouvez également leur donner des exemples plus parlants pour eux, et plus adaptés :... « Préfères-tu manger une bonne tartine, ou regarder un bon dessin animé ?... ». L’absurdité de la question leur sautera immanquablement aux yeux !

IDÉE FORTE 6 : Ne pas rechercher l’équité à tout prix

Exemple : vous êtes en train de passer du temps avec votre fille pour discuter avec elle de la préparation de son anniversaire. Soudain, votre fils réclame votre attention en vous faisant remarquer que vous avez déjà passé beaucoup (...trop ?) de temps avec sa sœur (...en n’hésitant pas à faire tout ce qu’il peut pour vous culpabiliser). Si vous cédez sans en avoir fini avec la sœur, cela « libèrera » son jeune frère de sa frustration, mais occasionnera probablement une frustration encore plus grande pour elle ! Cela paraît tout simplement cornélien ! Cela dit, j’ai bien aimé la proposition des auteurs :

Quand j’en aurai fini avec ta sœur, tu me diras comment tu voudrais qu’on organise ton anniversaire à toi, et je te consacrerai tout le temps qu’il faudra.

...Ou encore (exemple d’un parent qui aide son enfant à faire ses devoirs)... :

Je sais que je passe beaucoup de temps avec ta sœur sur ce devoir de maths. C’est important pour elle. Quand j’aurai terminé, je veux que tu me dises ce qui est important pour toi.

IDÉE FORTE 7 : Comment traiter une dispute entre des enfants

S’il s’agit d’un échange de mots :

- A l’agresseur : Arrête de t’exprimer comme ça. Tu es tout à fait capable d’obtenir ce que tu veux en t’exprimant plus correctement !

- A l’agressé qui se « victimise », et qui « rapporte » ce que l’autre lui a fait : 
Il t’a dit cela ? Pourtant, il sait aussi être gentil, et demander ce qu’il veut avec beaucoup de gentillesse...

Très bon plan d’action proposé par les auteurs pour traiter une dispute :

1. Écouter la version de l’un et de l’autre avec respect (bien entendu, dans les deux cas, « l’autre » ne doit pas interrompre celui qui parle).

2. Reconnaître la gravité du problème (ne pas minimiser). Exemple : C’est un problème difficile : deux enfants et un seul jouet !

3. Manifester de la confiance quant à la capacité des enfants à trouver une solution qui leur convienne mutuellement.

4. Quitter la pièce.

C’est le dernier point qui m’a le plus surpris... Mais à bien y réfléchir, n’est-ce pas là le meilleur moyen de ne pas être l’objet d’un enjeu ? (c’est tellement tentant d’essayer d’amener un de nos parents à prendre parti !). C’est aussi un moyen d’arriver à ce que nos enfants soient un jour autonomes...

L’important est que chacun des protagonistes comprenne qu’il a intérêt à négocier... car si en définitive il y en a un d’entre eux qui est obligé de « céder », ce sera tôt ou tard préjudiciable pour tous (comme toujours quand on tombe dans le « payer », ou le « faire payer »).

Quand des enfants se disputent, il y va de leur intérêt de trouver une solution qu’ils négocient eux-mêmes. Leur bénéfice est immédiat... sans parler de la tranquillité des parents... J

IDÉE FORTE 8 : En cas de dispute avec agression patente (un « agresseur », un « agressé »).

Il peut être parfois judicieux de ne pas accorder d’importance à « l’agresseur »... et de ne s’occuper que de « l’agressé »...

Viens, je vais te soigner... Ton frère a besoin d’apprendre à s’exprimer avec des mots, pas avec ses poings...

L’idée de ne pas s’occuper de « l’agresseur » a peut-être de quoi faire bondir... mais souvenons-nous que l’agresseur cherche le plus souvent à attirer l’attention sur lui, à tout prix, que ce soit en positif ou en négatif. Il serait en quelque sorte paradoxal qu’il arrive à ses fins !

En cas de danger immédiat, séparer les enfants, et renvoyer chacun dans sa chambre.

Réserver cette manière de faire aux seules situation de danger immédiat (et expliquer aux enfants qu’ils sont en danger).

IDÉE FORTE 9 : En cas d’abus de pouvoir d’un aîné envers un cadet

Exemple d’un enfant qui accuse son frère aîné de vouloir lui extorquer un de ses jouets « par la force » :

Ce jouet t’appartient. Tu peux très bien aller dire à ton frère « C’est moi qui décide quand je veux te le prêter ».

Ainsi, l’enfant apprend à s’affirmer davantage (au lieu d’avoir tout le temps recours à une autorité), et à devenir plus autonome.

IDÉE FORTE 10 :  Si un enfant « rapporte », et que cela nous irrite...

Cela ne me plait pas de t’entendre raconter ce que ton frère fait ou ne fait pas... En revanche, si tu veux me parler de toi, je serai heureux de t’écouter.

IDÉE FORTE 11 : Quelques idées pour des discussions en famille


Les auteurs privilégient l’idée d’instaurer la tenue régulière de discussions en famille, au cours desquelles chacun peut exprimer ses besoins, attentes, et éventuellement frustrations.

Idée intéressante : Faire lister aux enfants les différents sujets de dispute qui existent dans la famille :

- Problèmes de propriété (« cet objet m’appartient »)

- Problèmes de territoire (« C’est ma chambre »)

- ...

IDÉE FORTE 12 : Bien souvent, les enfants peuvent trouver eux-mêmes des solutions à leurs conflits...

Les auteurs racontent l’exemple d’un père qui, après que ses fils se soient chamaillés pour une chaise, s’est lui-même assis « d’autorité » sur « l’objet de la dispute », et, devant la frustration exprimée par les deux enfants, leur a déclaré « Je suis prêt à me lever de cette chaise si (...et seulement si) vous êtes capables de trouver un arrangement tous seuls. Maintenant, filez ! ».

A la grande surprise du papa, ses deux fils sont revenus très peu de temps après, avec un scénario du type C’est untel qui aura la chaise pour le déjeuner, et l’autre pourra l’avoir au moment du dîner ».

Le père fut à ce moment-là convaincu que lui-même n’aurait jamais eu l’idée de trouver cette solution aussi rapidement... et que, même si cela avait été le cas, il n’aurait sans doute pas pu la faire accepter aussi facilement !


Pour conclure...

Les parents qui échouent dans leurs tentatives de régler les conflits entre leurs enfants ne devraient surtout jamais se culpabiliser... Certains enfants ne s’entendent malheureusement jamais ensemble, quel que soit le savoir-faire des parents. Moins on fera une fixation là-dessus, et plus nous augmenterons nos chances de succès, paradoxalement...

J’ajoute que les auteurs (deux femmes, en fait... je répugne à écrire « auteures », je trouve ce mot très moche ;-)

...que les femmes qui ont écrit ce livre, donc, ont fait preuve d’une très grande humilité en n’hésitant pas à relater les expériences pénibles qu’elles ont vécu sur ce point avec leurs propres enfants, tout spécialistes qu’elles sont. Je trouve que ce fait est tout à leur honneur et qu’il doit être porté à leur crédit.

Une notion qui est développée tout au long de ce livre (sans jamais être citée de manière explicite) est celle de « virus de pensée », notion que l’on retrouve dans plusieurs techniques de développement personnel, à commencer par la PNL. En gros, un virus de pensée est une espèce d’idée terrorisante qui vient de manière « parasite » occuper progressivement une part de plus de plus grande de notre espace mental de manière de plus en plus obsessionnelle, pour finir par « prendre toute la place », empêchant ainsi notre cerveau de fonctionner normalement. Les deux virus de pensée les plus connus peuvent se résumer par ces deux interrogations ô combien angoissantes :

- « Y en aura-t-il assez pour moi ? » (virus de l’aîné...)

- « Suis-je aussi fort que... ? » (virus du cadet)

Cette notion de virus de pensée a le mérite de nous permettre de reconsidérer nombre de conflits... petits, moyens, grands... planétaires, territoriaux, conflits de systèmes de pensée... bref, toutes les situations où « ceux qui n’ont pas » sont jaloux de « ceux qui ont », les grands jouant des coudes pour écarter les petits, les petits allant se plaindre aux instances supérieures (cette idée est développée à la toute dernière page du livre).

Voilà. Si ces notes vous ont intéressé, je vous invite à déposer ici vos commentaires éventuels, et bien entendu à lire in extenso « Jalousies et rivalités et entre frères et sœurs » - Adele FABER et Elaine MAZLISH – © 1989, 1993, 2003, Éditions STOCK.

Voici de larges extraits de ce que l’on peut lire au dos du livre :

« Une des grandes sources de stress dans les familles, ce sont les incessantes disputes entre enfants. Les moqueries, les provocations, les chamailleries qui n’en finissent pas pèsent lourdement sur la vie familiale. Pour ramener à tout prix la paix, les parents tour à tour supplient, menacent, punissent, prennent parti, mais rien ne semble avoir d’effet. Au bout d’un certain temps, la plupart des parents se résignent : les conflits entre frères et sœurs leur semblent le prix à payer lorsqu’on veut plusieurs enfants.

Adele FABER et Elaine MAZLISH refusent l’idée que rien ne peut être entrepris dans ce domaine. Fortes de leur expérience – elles ont enseigné pendant des années la communication familiale – les deux auteurs ont constaté que certaines attitudes, certains comportements étaient efficaces pour atténuer la rivalité qui oppose frères et sœurs.

[...] Des dialogues vivants, des bandes dessinées décrivent les nombreuses formes de jalousie et montrent comment favoriser la coopération plutôt que la compétition.

[...] Ce livre se lit comme un reportage et peut changer beaucoup dans l’atmosphère des familles. »

Précision légale :

Il est vrai que je ne suis, très clairement, pas du tout en règle de publier un certain nombre des textes présentés ici. Je joue sur l'autorisation tacite des auteurs à me laisser publier leurs oeuvres. Qu'il soit clair que ceci n'a aucun but commercial. Je ne cherche en aucun cas à nuire aux auteurs mais simplement à leur rendre hommage. Toutefois, si vous, auteur ou ayant droit d'un de ces textes, aviez la moindre remarque à me soumettre, sachez bien que je ne chercherai pas à jouer au plus fin et que si tel est votre souhait, je retirerai séance tenante mon article de ce blog, la mort dans l'âme, il est vrai. Un auteur m'a un jour affirmé par mail que le fait de publier ses textes ne le gênait absolument pas. J'ai été ravi de cet écho. Il m'a cependant bien fait comprendre que ses pairs n'étaient pas tous de son avis. Donc, le cas échéant, n'hésitez pas à m'envoyer un commentaire afin que nous évitions tout litige, si vous, auteur et/ou ayant droit, vous sentiez lésé en quoi que ce soit par cette publication de vos oeuvres.

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