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Le connectivisme : et si nous étions patients ?…

connectivisme à l'école

 

Vous avez aimé le dessin ci-dessus ? Il vous a fait sourire ? Rire, peut-être ?... Mais au fait : Comment l'interprétez-vous ? A y regarder de près, il en existe en effet plusieurs lectures :

Première interprétation : C'est un gag, un dessin d'humour...

L'élève, interrogé par la maîtresse, a visiblement subi l'influence néfaste des jeux télévisés, puisqu'il s'imagine qu'il va avoir la possibilité de faire appel à un de ses petits camarades de classe pour résoudre un problème ou appliquer une consigne donnée par l'enseignante ! Ah, tout de même, ces gamins, ils sont impayables ! Mais qu'est-ce qu'ils s'imaginent donc ? Partisans du moindre effort ! Et puis quoi encore ? Si la triche était autorisée à l'école, ça se saurait !

Deuxième possibilité : C'est une scène qui sera bientôt parfaitement admise, voire banale aux yeux de tous, et c'est très bien ainsi...

Si l'on regarde les choses d'un autre œil, peut-être pouvons-nous imaginer que ce jeune garçon est déjà entré de plain-pied dans une nouvelle ère, celle où le savoir est librement et largement partagé, celle où il est enfin communément admis – et surtout compris – qu'il est infiniment préférable d'avoir enfin une tête bien faite plutôt qu'une tête bien pleine, ainsi que l'affirmait déjà Montaigne au XVIe siècle.

On ne dira jamais assez l'étendue de ce que peuvent signifier de ces deux expressions ("tête bien faite", "tête bien pleine"). Le grand Michel Serres nous en donne souvent un point de vue particulièrement éclairant dans nombre de ses ouvrages et interventions publiques, facilement accessibles depuis Toutube....

Mine de rien, nous entrons dans le connectivisme...

Ce nouveau courant pédagogique, directement inspiré des travaux de George Siemens et Stephen Downes entre dans les mœurs, lentement mais sûrement, en utilisant le principe du réseau comme point central de l'apprentissage. Il est fondé sur l'observation des changements, voire des bouleversements induits depuis ces dernières années par les nouvelles technologies, et par internet en particulier. Force nous est de constater que ces nouvelles technologies ne permettent pas seulement de distribuer l'information à des millions de gens, mais surtout qu'elles permettent aussi à des millions de gens de distribuer l'information. Et c'est ce détail qui change tout.

Ainsi, la manière dont nous apprenons s'apparente de plus en plus à un processus de connexion de plusieurs sources d'information. Elle peut aussi survenir par le truchement de dispositifs externes aux êtres humains (ce qui constitue également une révolution en soi, mine de rien). L'entourage (au sens très large du terme), ainsi que les outils de communication dont on dispose, y occupent une place de tout premier plan.

Ainsi que chacun peut le constater, cette "nouvelle donne" révolutionne non seulement les processus de transmission des savoirs, mais aussi la nature profonde des rôles respectifs de l'enseignant (ou formateur) et de l'apprenant (ou participant).

...Mais nous y avançons à "plus ou moins" grands pas !

Personne n'y peut rien : Les technologies changent vite, les schémas mentaux lentement.

Comme l'a montré un excellent article récemment publié sur 15marches.fr, il a fallu attendre une cinquantaine d'années après l’invention de l’imprimerie pour que livre imprimé ne prenne la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. Mais dans les tous premiers temps, les imprimeurs imitaient les scribes, avec des caractères reproduisant l’écriture manuscrite des moines-copistes. Ainsi, dans les premiers temps, de nombreuses personnes ne voyaient dans l'imprimerie qu’un procédé se limitant à accélérer la reproduction des manuscrits, point.

Battre un tapis avec un aspirateur électrique flambant neuf...

Les véritables (et immenses) possibilités de cette invention n'apparaîtront que quelques années plus tard, et c'est bien normal. Encore une fois,  les technologies changent vite, les schémas mentaux lentement, il n'y a là rien que de très banalement humain...

Et comme l'a écrit un jour Marcel Lebrun dans son blog, face aux "progrès du progrès" et surtout à leurs impacts sur l'activité de transmettre, "[...] arguments, réponses, dénis, pamphlets … fleurissent, chaque nouvelle technologie étant porteuse de promesses nouvelles, rarement tenues, parfois fructueuses, souvent décevantes".

Appeler un ami ? Bien sûr, nous faisons ça tous les jours !

Si j'ai besoin d'acheter un nouveau téléphone, je prendrai certainement la décision d'appeler un ami pour me guider dans mon choix. Mais pas n'importe quel ami...

En effet, si je demande à un de mes neveux ados, il me conseillera en fonction de ce que lui-même considère comme "cool", voire "trop bien", ce qui à l'occasion ne manquera pas de me laisser, disons sur ma faim...

Et si j'interroge une sommité de l'univers des télécoms, à supposer qu'il daigne me répondre, ce ne sera pas forcément mieux : je risque d'être très vite noyé sous un jargon incompréhensible, et ne serai pas beaucoup plus avancé...

Non, l'idéal est certainement de trouver "la bonne personne", juste dotée des compétences nécessaires et d'aptitudes à les transmettre de façon facilement compréhensible, celle qui saura transformer un ensemble de concepts flous, ésotériques et complexes en quelque-chose de digeste pour moi. Ayant compris ma problématique en un éclair, cet oiseau rare se mettra aussitôt en devoir de déblayer au mieux le terrain pour moi, sans compliquer inutilement les choses, et en m'épargnant tout ce qui ne me serait – à ses yeux – d'aucune utilité. Ainsi j'aurai fait l'économie d'une tête "un peu plus pleine" de quelques pans de savoir encyclopédique et technique qui ne m'auraient sans doute pas été dune grande utilité.

Sans doute y aurai-je "perdu quelque-chose", pourquoi le nier ? Ceci dit, j'ai la ferme conviction qu' à chaque fois que nous perdons quelque chose de cette façon-là, nos neurones peuvent du même coup s’occuper utilement à quelque chose d’autre… et que c’est même ainsi que naissent les grandes découvertes !

J'aimerais tant que l'école nous apprenne aussi "...qui appeler"

On l'aura compris, tout mon raisonnement repose sur le discernement qui m'aura permis de trouver la bonne personne susceptible de me délivrer la bonne information. Et ce n'est pas une mince affaire. Tous les décideurs savent bien à quel point il est important de savoir s'entourer des bons conseillers, ce qui permet assurément d'y gagner en efficience... à condition de savoir rester maîtres de nos décisions.

Mais vu la vitesse à laquelle évoluent nos schémas mentaux (voir plus haut), force est de constater que nous vivons encore dans un monde où certaines qualités qui sont de nature à nous aider à réussir dans la vie, ont encore - paradoxalement - une fâcheuse tendance à nous faire échouer à l'école. J'en ai déjà donné un aperçu dans un clip vidéo diffusé récemment sur le mooc ITYPA 3, et dont vous pouvez visionner un extrait ci-dessous...

Cela dit, je reste résolument optimiste, et j'ai tendance à faire confiance aux facultés de discernement de nos équipes éducatives... tout en tâchant de ne pas être trop impatient. Comme d'habitude, ce n'est qu'une question de temps !

 

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Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » publié aux éditions DUNOD.

 

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Le jeu des prénoms

jeu des pr

Dans de nombreux systèmes de formation en face-à-face (eh oui, il en existe encore !) il est à la fois utile et sympathique de pouvoir s'interpeller entre participants, et ceci le plus tôt possible dans le déroulement de la session.

Or, retenir le nom ou le prénom de tous et de chacun n'est pas chose aisée... La présence des "chevalets" (déjà évoquée ici) peut dans certains cas y remédier, mais cela contribue souvent à donner une tournure par trop "formelle" à l'action de formation en cours. Dans certains cas cela s'y prête parfaitement... et dans d'autres, nettement moins.

Voici donc un petit jeu, très rapide à mettre en oeuvre, ne réclamant aucune préparation ni aucun matériel (ah... je vois déjà des yeux qui s'écarquillent, dans le fond de la salle...) et qui permet de retenir très rapidement les prénoms de tout le monde.

On va supposer que les participants sont installés en cercle, ou du moins d'une manière qui fait qu'il existe une manière naturelle ou logique de trouver un "ordre" d'installation des participants dans la pièce.

Supposons que cet ordre donne ceci (dans cet exemple, les prénoms commencent dans l'ordre alphabétique) :

Alice
Bertrand
Caroline
David
Éléonore
Félix
Gaëlle
[...] Zoé

On donne au premier d'entre eux la mission la plus facile : énoncer son prénom à voix haute. Ici, Alice annoncera tout simplement "Alice !".
Le deuxième participant doit ensuite répéter le prénom du premier, et ajouter le sien. Ici, Ce sera à Bertrand de prendre la parole pour annoncer "Alice, Bertrand".
A partir du troisième, on doit répéter tous les prénoms des participants, dans l'ordre, et rajouter le sien en tout dernier.
Ainsi, Caroline annoncera "Alice, Bertrand, Caroline"...
...puis David : "Alice, Bertrand, Caroline, David"
...puis Éléonore :  "Alice, Bertrand, Caroline, David, Éléonore"
...puis Félix : "Alice, Bertrand, Caroline, David, Éléonore, Félix"
...puis Gaëlle :"Alice, Bertrand, Caroline, David, Éléonore, Félix, Gaëlle"...

Bien entendu, c'est Zoé qui aura la tâche la plus ardue, mais justement, ce sera source de multiples éclats de rires bien sonores, et ceci bien avant que n'arrive son tour ! Si cela va dans le sens de ce que vous souhaitez, tant mieux ! Si vous craignez le chahut, eh bien lisez donc ce livre :-)

Si le groupe est amené à se retrouver par la suite, l'animateur pourra corser un peu le jeu en annonçant par exemple "Bon, aujourd'hui on ajoute un peu de piment : on va commencer par Zoé, et finir par Alice !", histoire que ce ne soient pas toujours les mêmes qui fournissent le plus d'efforts :)

Au bout d'un certain nombre de fois (très vite, en fait), il adviendra que tout le monde dit tous les prénoms à toute vitesse sans plus jamais se tromper, ce qui sera très bon signe : l'objectif de "retenir tous les prénoms" a été atteint !

 

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Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » publié aux éditions DUNOD.

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Vous avez bien dit « icebreaker » ?

crème glacée brisée

Qu'est-ce que c'est ?...

Icebraker (littéralement "brise-glace") est au départ un terme emprunté au domaine informatique, et désigne un programme ou un dispositif destiné à contourner les défenses d'un ordinateur.

Il est également employé dans le monde de la formation et des ressources humaines, pour parler d'une activité permettant à des personnes qui ne connaissent pas les unes les autres de se sentir plus détendues lorsqu'elles sont ensemble, l'idée étant d'accélérer les processus de cohésion de groupe...

Un exemple d'icebreaker qui m'a marqué...

Les spécialistes de l'animation de groupes connaissent de nombreuses activités faisant fonction "d'icebreaker". Permettez-moi de vous livrer ici le récit de celle qui m'a le plus marqué dans ma vie de formateur :

Ce soir-là j'avais été invité à une soirée conviviale organisée par un institut de formation ami, qui avait eu l'idée d'y d'inviter nombre d'intervenants qui ne s'étaient pas forcément croisés, ou parlés auparavant. Sur le bulletin d'inscription à le soirée, il avait demandé de préciser une caractéristique  nous concernant, sachant qu'il pouvait s'agir de quelque-chose d'original, d'inattendu, ou de banal, peu importait.

Lors de notre arrivée, chacun se voyait apposer une étiquette autocollante sur le buste, avec prénom, nom et domaine d'intervention (avouons que c'est plus sympa que les sempiternels "chevalets"... surtout lorsque chacun se déplace librement dans l'espace !). A un moment donné, il a été distribué à chacun de nous une feuille de papier contenant une série de phrases qui commençaient toutes par  des points de suspension. Quelque-chose du type :

___________

... Sait très bien faire les galettes bretonnes.

... Parle 7 langues.

... Joue d'un instrument de musique inhabituel.

___________

Il y avait en tout une bonne vingtaine de lignes, ce qui correspondait à peu près (...tiens tiens !) au nombre de participants.

On nous a alors proposé le défi suivant : chacun d'entre-nous avait pour mission de remplir le plus rapidement possible les pointillés de sa feuille avec des prénoms. Pour ce faire, nous étions supposés enquêter parmi les autres invités (oui, parce qu'en définitive, chacune des phrases parlait de l'un d'entre-nous !). Il y avait je ne sais plus quelle bricole à gagner pour le premier qui atteindrait le score de 15 prénoms "justes" (c'est-à-dire conformes à la version "originale", sans pointillés, concoctée par nos hôtes, version qui serait dévoilée à la fin du jeu).

Bien entendu, tout le monde s'est empressé de jouer le jeu dans une ambiance de saine jubilation, puisque nous étions, de manière quasi-automatique, enclins à mettre notre timidité naturelle de côté, (après tout – n'est-ce pas – c'était le jeu qui demandait ça, quel merveilleux alibi !). En fait, chacun d'entre-nous se mit spontanément en devoir à fendre la foule bille en tête pour échanger dans la bonne humeur des informations avec les autres... sans s'attarder pour autant dans des conversations interminables avec une seule personne, histoire de ne pas gâcher nos chances de gagner !

Je me souviens que j'avais trouvé cela à la fois très utile et très agréable, en tout cas le but était atteint... et pleinement, je vous assure !

 

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Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Rire de soi…

Flavia rire de soi

Mon amie Flavia Perez : tout à la fois belle, drôle, talentueuse et j'en passe...

 

L'humour est pour moi une valeur à part entière... à la seule condition qu'il ne s'exerce pas au détriment des autres. Je ne parle pas seulement des salles de formation, là... En général l'ironie me fatigue, le persiflage m'encombre, la moquerie m'endort.

A l'opposé de tout ceci, la capacité à rire de soi a toujours constitué à mes yeux une qualité majeure. A mon modeste niveau, je ne rate jamais une occasion d'en user et d'en abuser. Et puis me sachant maladroit et gaffeur, c'est peut-être aussi une façon de montrer que je ne cherche aucunement à faire illusion...

C'est donc avec un plaisir jubilatoire que j'ai découvert le texte ci-dessous en ouvrant mon réseau social préféré ce matin. Il provient d'un monsieur (excellent musicien au passage) que nous appellerons Alain.

En guise de préambule, Alain nous explique avoir observé qu'une tendance tenace, notamment sur les réseaux sociaux, consiste pour tout un chacun à présenter surtout des aspects valorisants de sa petite personne. Aujourd’hui il choisit d’aller à contre-courant en narrant un épisode peu glorieux qui lui est arrivé récemment.

Je vous laisse découvrir la suite:

J’avais un rendez-vous important dans Paris et, arrivé un peu trop tôt, je traînais dans le quartier. Passant devant une vitrine miroir, j’ai eu l’idée de contrôler ma mise. Aucun besoin de me recoiffer puisque le capillaire a quitté mon crâne depuis plusieurs années suite à un différent non élucidé. En revanche, je vérifiais qu’aucun petit locataire clandestin n’avait squatté mes narines, puis je prenais la tête qu’on s’imagine être la plus à son avantage, à travers une petite série de poses et expressions…

Et puis soudain dans la pénombre derrière le miroir j’ai distingué un premier visage, puis un autre. Il y en avait ainsi une bonne dizaine ! Tous me regardaient l’air mi-interdit, mi-rigolard. En réunion autour d’une longue table, ces hommes et ces femmes me fixaient à travers ce qui s’avérait être en fait la vitre sans tain d’un bureau donnant sur la rue. Comme un gamin qui remonte aussitôt sur son vélo après une chute, j’ai tenté de couper court au ridicule en m’éloignant prestement, l’air de rien. En réalité, j'étais loin d'être fier et je repassais rétrospectivement dans ma tête les diapos de mon défilé de visages pour mesurer l’étendue de l’humiliation.

Une autre personne (que nous appellerons Annie) lui répond :

J'ai fait bien pire !! ...lors d'un voyage scolaire à Rome en 5ème, pour éviter de payer la dame pipi, avec une file d'attente de dingue, je me suis engouffrée dans le fond d' une impasse pour me cacher derrière une pitite Fiat... me pensant seule au monde, je baisse ma jupette, me positionne en mode pipi urgent, et làààààààààà patatras !!!!

Dans la Fiat, il y avait quatre italiens morts de rire!!! .....oui je sais !!!!

Pour ma part, j'ai l'impression d'avoir déjà versé mon obole à cet exercice de style en vous racontant... le jour où deux participantes à une formation m’ont surpris… en slip !

Et vous ? Avez-vous déjà eu l'occasion de rire de vous-mêmes ?
Mieux : oserez-vous venir laisser un témoignage dans ces colonnes ?

Je vous attends de pied ferme...

Bien à vous,

Bernard

 

Flavia que la farce soit avec toi

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Le jeu de la carte postale (ressource pédagogique)

compères en marinière

Comment naissent les malentendus

Ce petit jeu, dit "de la carte postale" (ou "Comment naissent les malentendus") est une ressource pédagogique qui nous montre que la communication orale est trop souvent perçue comme un processus où les choses vont pour ainsi dire de soi, alors que dans la réalité il en va tout autrement. Et même si nous nous en doutions plus ou moins, cette activité toute simple permet à chacun de nous de le vivre, ce qui fait toute la différence.

Matériel : Une cinquantaine de cartes postales (on peut les choisir neuves, ou même puiser dans son stock perso de cartes postales reçues, c'est selon...).

Durée : Compter 10 minutes pour le jeu proprement dit, et autant pour le débriefing en groupe (6 à 50 personnes).

Déroulement du jeu

L'animateur distribue au groupe des cartes postales (chacun en prend une au hasard, les cartes sont retournées de telle façon qu’on ne voit pas les images, photos, illustrations du recto), puis les participants se mettent par groupes de deux pour une activité annoncée comme durant 10 minutes.

vélo garé devant des voletsDans chaque groupe, le premier participant regarde (pour lui seul) la photo ou l'image de sa carte postale, puis, sans la montrer à l’autre, se met à la lui décrire de son mieux. Ainsi, par la force des choses, l’autre « construit » alors sa propre représentation de la carte au fur et à mesure (les questions sont interdites...). Au bout d'un temps déterminé (5 minutes maximum, mais les joueurs peuvent tout aussi bien choisir d'arrêter avant), le « narrateur » retourne la carte, et l’autre réagit en direct en faisant part de ses éventuelles surprises.

Ensuite on échange les rôles, on repart pour 5 autres minutes. Lorsque les 10 minutes annoncées au départ sont écoulées, tout le monde est censé avoir terminé, le grand groupe peut alors se réunir de nouveau

La phase de débriefing

L’animateur part à la pêche aux réactions en posant quelques questions du type « Comment avez-vous réagi en découvrant la carte ? Était-elle conforme à l'idée que vous vous en étiez faite ? Qu’avez-vous ressenti alors ? ».

Les réactions sont souvent très diverses : certains déclarent avoir découvert quelque-chose d’à peu près conforme à ce qu’ils imaginaient, alors que d’autres, en revanche, avouent être carrément tombés des nues en découvrant une photo ne correspondant pas du tout à ce à quoi ils s’étaient attendus… Et ceux-là sont bien souvent les plus nombreux !

En règle générale il ressort de ce débriefing que « celui qui écoute » a effectivement construit à un moment donné une sorte d’image mentale à partir du récit de l’autre. Au moment où cette image se crée dans notre tête, cela correspond à quelque-chose de vague, mais qui se précise parfois très vite, et au bout d'un moment, on « fait tout pour étayer notre construction mentale », ou tout du moins on renforce soi-même cette image. En effet, nécessité fait loi, et il faut bien se faire une idée à partir de quelque chose… Nous faisons  tous comme nous pouvons, avec les éléments dont nous disposons, que ce soit en tant qu'émetteur ou bien récepteur d'information. Et à l'arrivée, il y a fatalement des écarts, souvent sources de malentendus, voire de conflits...

timbre poste et tampon

A quoi sert ce jeu, quelle est son utilité pédagogique ?

Si vous entendez transmettre à un groupe un certain nombre d'éléments concernant la communication interpersonnelle, l'écoute active, la reformulation, l'assertivité ou même la communication non violente, vous constaterez qu'une partie de l'auditoire traînera quelquefois les pieds, au motif que "Tout cela est bien gentil, mais n'est pas vraiment utile, nous enfonçons là des portes ouvertes, et coupons les cheveux en quatre...". Or, si ces personnes ont eu auparavant l'occasion de vivre une expérience leur rappelant que les portes ne sont pas toujours aussi ouvertes qu'on le croit, et que certains cheveux sont en fait des troncs d'arbre, vous avez de grandes chances qu'elles se montrent (peu ou prou) meilleur public, le moment venu.

Ne vous laissez pas berner, le coût est en fait proche de zéro...

En visitant des salons consacrés aux apprentissages, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de découvrir des sortes de « kits » composés de photographies cartonnées, destinés à une utilisation semblable, accompagnés d’une notice expliquant ce que je viens de vous raconter, mais en beaucoup plus long. Le tout coûte en général un prix assez hallucinant, et j’avoue avoir eu du mal à saisir la valeur ajoutée par ces « kits » par rapport au jeu qui m’a été transmis (et que je me fais une joie de vous transmettre ici à mon tour)… Je trouve pour ma part beaucoup plus enrichissant de me remettre au hasard des cartes postales que j’ai reçues au cours des années. Et si d’aventure un participant s’amuse au passage à lire qui m’a envoyé ses grosses bises, et d’où, eh bien cela ne me gêne nullement !

 

 

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Entre...

Ce que je pense...

Ce que je veux dire...

Ce que je crois dire...

Ce que je dis...

Ce que vous avez envie d’entendre...

Ce que vous croyez entendre...

Ce que vous entendez...

Ce que vous avez envie de comprendre...

Ce que vous croyez comprendre...

Ce que vous comprenez...

 

...il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer.

Mais essayons quand même...

Bernard WERBER, Encyclopédie du savoir relatif et absolu

 

 

Merci à Isabelle, une de mes lectrices à l’œil particulièrement affûté, sans lequel je n'aurais peut-être jamais eu l'idée de publier cette ressource...

 

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Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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