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thérapies brèves

Préjugés et illusions – Les dysfonctionnements des états du moi

Préjugés et illusions

Notre dernier article présentait les trois principaux états du moi selon l’Analyse Transactionnelle. Rappelons simplement que :

  • L'état Enfant recouvre le domaine du ressenti
  • L'état Adulte recouvre le domaine du pensé
  • L'état Parent recouvre le domaine de l'appris.

Le plus souvent, à un instant T, chez un même individu, il y a un seul état "aux commandes". Dans la petite histoire relatée dans l'article précédent, on voit très bien que Jean (comme nous tous) passe à plusieurs reprises, et sans transition, d'un état à un autre. Mais quand un état prend le contrôle, les deux autres n'ont pas voie au chapitre… C'est en quelque sorte "chacun son tour".

Ainsi, en Analyse Transactionnelle, les trois états du moi sont le plus souvent représentés selon le schéma suivant :

Les états du moi (présentation courante)

Mais il peut arriver que les états du moi se mettent à dysfonctionner. Certains analystes vont même jusqu'à parler alors de pathologies des états du moi.

La contamination

Les préjugés

Le plus souvent, en temps normal, le moi Adulte est habitué à faire la synthèse des sollicitations des moi Parent et Enfant, afin de pouvoir prendre des décisions et agir le plus lucidement possible. Du coup, lorsque tout se passe bien, il est à même de nous permettre d'entreprendre des actions appropriées.

Mais quand l’Adulte se met à fonctionner sur un mode "idées reçues", "généralisations à outrance", il peut finir par prendre pour relevant de la logique et un certain nombre des croyances construites de toutes pièces.

Préjugés (contamination de A par P)

En pareil cas, on dit que l'Adulte est contaminé par le Parent : C’est le domaine des préjugés

Exemples :

  • Les comoriens sont vachement sympas. J’en connais deux, ils sont trop cool !
  • Ma tante a guéri son arthrose en allant voir le rebouteux. Ils sont forts, ces gens-là.
  • Les chinois sont fourbes, alors que les japonais sont travailleurs.

Les illusions

Par ailleurs, il se peut très bien que l'Adulte soit contaminé par l’Enfant : En pareil cas, la personne n'est plus le jouet de ses préjugés, mais des illusions

Illusions (contamination de A par E)

On est dans l’illusion quand on prend ses désirs pour des réalités. Être le “jouet” d’une illusion, c’est croire que quelque chose est réel seulement parce qu’on désirerait que cela le soit.

Exemples :

  • Je l’aime tellement qu’elle va revenir, forcément. Le contraire est impossible.
  • J’adore regarder les étoiles. Je suis sûr qu’avec le prochain iPhone on pourra prendre des photos de Mars !
  • Si nous prions avec suffisamment de ferveur, il n’y aura plus de guerres d’ici deux générations !

 

Les états du moi (Ego states)

allégorie états du moiA l'intérieur de chacun de nous coexistent (au moins) 3 personnes

Ah, les états du moi... Selon Éric Berne, créateur de l'Analyse Transactionnelle (voir notamment notre dossier sur les Jeux Psychologiques), nous ne sommes pas une personne unique. Ainsi, il y a en nous au moins trois différentes personnes, trois différents "états". En conséquence, pendant toute notre vie, tous autant que nous sommes, nous jonglons en permanence avec, à notre insu. Ces trois états sont : Enfant, Adulte et Parent.

Remarque : Les majuscules indiquent ici qu'on se réfère à des états, et non à des étapes de notre existence.

 

L'état "Enfant"

états du moi : l'EnfantJe suis quelquefois dans mon état "Enfant". Cela signifie que je pense et ressens les choses un peu de la même manière que lorsque j'étais enfant (en gros, jusqu'à 8 ans). En fait, dans cet état-là, je "ressens" plus que je ne "pense". Beaucoup de place aux envies, aux émotions de toutes sortes, à la spontanéité, et aussi aux rapports qu'enfant j'ai entretenus avec tous les représentants de l'autorité (principalement les parents), que ce soit dans la soumission, dans l'évitement ou dans la rébellion.

 

L'état "Parent"

états du moi : le ParentPar ailleurs, il se trouve que je me suis approprié des idées, des pensées, des sentiments et des attentes de la part de tous les adultes qui m'ont élevé, ou qui contribué d'une façon ou d'une autre à mon éducation. Mon père, ma mère, mon institutrice, le curé de la paroisse, le policier du quartier… En fait, c'est très variable en fonction des époques et des latitudes. En gros, il s'agit de toutes les personnes qui représentaient une forme d'autorité pour moi. L'état Parent correspond aux moments où je pense et ressens les choses d'une manière comparable à ce que m'ont inculqué ces différentes personnes, à l'époque. Ainsi, à chaque fois que je me trouve dans l'intention de "nourrir", de "prendre soin de", ou de "dire la loi" d'une façon ou de l'autre, je suis dans mon état "Parent".

En gros, je suis dans mon état parent à chaque fois que je reproduis des schémas parentaux.

L'état "Adulte"

états du moi : l'AdulteEt enfin, la partie de moi qui est rationnelle, réfléchie, est appelée "état Adulte". Cet état est souvent comparé à celui d'un ordinateur, d’un traitement "froid et distancié" de l'information. Ceci sans que les "envies" ou "la référence à l'autorité" n'interviennent en quoi que ce soit. Partant, cet état se caractérise par une suite d'inductions et déductions successives, permettant d'aboutir à des décisions, solutions ou actions optimales. Abstraction faite des préjugés et des passions, bien entendu.

Un exemple concret pour comprendre les états du moi : Jean se rend au travail ce matin.

Au cours de la journée, nous passons souvent d'un état à l'autre, sans nous en apercevoir, pour plusieurs raisons. Prenons un exemple simple :

D'abord, au début de cette histoire, Jean est en train de conduire son automobile. Il prête attention aux panneaux, à la circulation, il régule sa vitesse… il est dans son état Adulte.

Soudain, un chauffard lui fait une queue de poisson. Jean passe alors de la surprise à la peur, puis à la colère. Comment peut-on donner le permis à des gens pareils ? S'insurge-t-il. …Si j'en avais le pouvoir, je le leur retirerais à vie, ça leur ferait les pieds ! Précisément, il se trouve que lorsqu’il était enfant, Jean a souvent entendu cette phrase prononcée – à l'identique – par son père. D'ailleurs, à l'instant, sans s'en rendre compte, Jean est allé jusqu'à utiliser la même intonation que celle de son père. A ce moment précis, Jean est dans son état Parent.

Plus tard, Jean arrive à son travail avec quelques minutes de retard, en raison d'un ralentissement sur l'autoroute. En se garant sur le parking, il pense par conséquent à son supérieur qui l'attend pour travailler sur un dossier important. Cette simple idée lui cause une très grande anxiété : il craint que son supérieur ne le réprimande. Alors cela le replonge dans de vieux souvenirs (maison, école…). Des souvenirs d'une époque où il avait des comptes à rendre à des personnes qui avaient toute autorité sur lui. À ce moment-là, Jean craint d'être réprimandé. Il est dans son état Enfant.

Enfin, tout n'ayant qu'un temps, Jean se dit au bout d'un moment : "Qu'est-ce que je crains au fond ? Enfin voyons, mon supérieur n'en est pas à cinq minutes près. Au besoin je rattraperai mon retard, je trouverai bien une solution !". Jean est revenu dans son état Adulte.

Les états du moi en résumé…

  • L'état Enfant recouvre le domaine du ressenti
  • L'état Adulte recouvre le domaine du pensé
  • L'état Parent recouvre le domaine de l'appris.

 

illusions, préjugés et états du moi

Dans un autre article, nous abordons des phénomènes tels que préjugés et illusions. En particulier nous découvrons comment ils peuvent être utilement redécouverts à la lumière des états du moi.

 

 

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru aux éditions DUNOD.

Les émotions ont toutes une fonction bien précise

Bonjour.

J'ai récemment lu un article de la journaliste et blogueuse Sandra Coutoux intitulé "L'art d'être triste". Dans ce très intéressant billet (il y a aussi des commentaires bouleversants...), il était question de "laisser libre cours" à une tristesse lorsqu'elle nous envahit, afin de nous permettre d'aller dans une sorte d'acceptation libératrice.

A mes yeux, on ne peut qu'être d'accord avec l'idée qu'il ne sert à rien de mettre sa tristesse au fond de sa poche, avec un mouchoir par-dessus… Les émotions sont comme l'eau  – et encore plus lorsqu'il y a présence de larmes – en ceci qu'elles finissent toujours par ressurgir d'une manière ou d'une autre lorsqu'on tente maladroitement de les endiguer.

Accueillir nos émotions...

Nous avons donc tout intérêt à accueillir, accepter nos émotions, donc. Pas de souci là-dessus. En revanche, il me semble qu'il y a au moins deux types de circonstances où on est triste (pour rester sur l'exemple de la tristesse):

Le premier est lié à un deuil. Deuil au sens large, perte de quelqu'un ou de quelque-chose, fin d'une étape de notre vie, séparation, renoncement, etc. En pareil cas, il me paraît bénéfique pour soi de chercher à identifier l'origine de la tristesse. Ce n'est qu'à ce prix que les larmes peuvent donner naissance à quelque-chose de positif pour nous.

L'irremplaçable Elisabeth Kübler-Ross...

La célèbre psychologue Elisabeth Kübler-Ross (1926-2004) pionnière de l'approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie, et également pour leurs proches, a très bien décrit les différentes étapes qui doivent être franchies pour opérer une véritable transmutation personnelle (révolution intérieure, dirait sans doute Sandra... ;-) ) en cas de deuil. Elle a travaillé quasi exclusivement sur des cas dramatiques impliquant la mort (la nôtre, ou celle d'un de nos proches), mais je fais partie des nombreuses personnes persuadées qu'on peut se nourrir avec profit des écrits d'Elisabeth Kübler-Ross dans des cas infiniment plus anodins (du moins en apparence…) dans lesquels intervient ne serait-ce qu'une "petite mort symbolique". Sans compter que tout deuil vécu nous renvoie inéluctablement à nos deuils passés.

Ainsi, certaines personnes vont consulter un thérapeute au motif que "…ce n'est pas normal de pleurer la perte d'un animal de compagnie pendant si longtemps", et découvrent bien vite qu'en fait elles ne s'étaient pas autorisées à pleurer leur défunt mari trente années auparavant, au motif "…qu'il fallait bien trouver un moyen de nourrir les enfants et que ce n'était pas le moment de se laisser abattre"… A l'image des trains, un deuil peut très bien en cacher un autre…

Identifions donc la source de notre tristesse, et nous trouverons forcément un chemin… un chemin qui peut être long, douloureux, mais enfin un chemin.

Les états dépressifs

Le deuxième type de circonstance provoquant une tristesse est lié à… un état dépressif. Par exemple, nous avons dû faire face à plusieurs événements ayant provoqué une tristesse, et nous avons comme attrapé une "pathologie de la tristesse", si bien que nous avons acquis la faculté d'être "triste sans raison". Bien entendu je schématise… Si je suis triste sans raison pendant quelques heures, c'est peut-être que je n'ai tout simplement pas identifié la véritable raison, et peut-être est-ce sans importance… Mais si je continue ainsi pendant plusieurs jours, semaines, voire plus, c'est peut-être – je dis bien peut-être – que j'ai "attrapé la tristesse" comme d'autres attrapent un rhume, et que j'ai besoin de consulter un spécialiste pour m'aider à m'en défaire.

A mes yeux, toutes les émotions ont une fonction bien particulière. Ainsi, la fonction de la tristesse est de nous aider à faire un deuil (au sens large). Cette émotion est donc "adaptée" lorsqu'il y a perte, séparation, renoncement (fût-ce à un rêve ou à une illusion…).

Histoires de contextes

Mais il me semble qu'il peut également exister des contextes où une émotion n'est PAS adaptée. Je ne sais pas si vous vous souvenez du film "Le grand chemin", et particulièrement de la scène où Richard Bohringer crie à Anémone "Mais ça fait des années que tu pleures… y'en a marre à la fin, tu dois bien y trouver ton compte d'une manière ou d'une autre !".

Pour qui se souvient du film, et des circonstances dans lesquelles ce couple avait toutes les raisons de pleurer, il est difficile d'imaginer qu'un "bar à larmes" (lieu de réconfort imaginé par Sandra dans son article) aurait été d'un quelconque secours à cette malheureuse femme… bien au contraire. Toujours ces histoires d'enfers pavés de bonnes intentions... Soyons-y attentifs !

Et si nous croisions les fonctions et les contextes ?

Ainsi, les émotions ont toutes une fonction bien précise. Et sont donc "appropriées" à chaque fois que cette fonction "a de quoi être remplie", autrement dit, lorsque le contexte s'y prête. Attention, cela n'a rien à voir avec ce qui est socialement admis ou pas. Je parle juste ici d'écologie personnelle (Qu'est-ce que j'y gagne… Qu'est-ce que j'y perds… Où cela mène-t-il ?). De la même façon, lorsque cette fonction n'est pas remplie, ayons le courage d'admettre que des émotions peuvent ne pas être adaptées au contexte, et que nous avons besoin de nous faire aider par une personne qui saura vraiment nous aider à "passer à autre chose". Et si la bienveillance de nos proches n'y suffit pas, ayons le courage d'aller consulter un spécialiste (après tout, si ma voiture tombe en panne, je trouve normal d'aller la confier à un garagiste... ce qui ne veut pas dire "n'importe quel garagiste"... mais au-delà d'un certain stade, c'est nettement préférable au "copain qui s'y connait un peu en mécanique"...).

Tableau des émotions

Voici un tableau répertoriant quatre émotions. Ce sont les émotions dites "principales", celles qui sont considérées comme mères de toutes les autres par plusieurs auteurs… Mais il n'y a pas de limite, et vous pouvez vous essayer à compléter ce tableau à l'infini, en y rajoutant d'autres exemples de votre choix.

Encore une fois, il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » émotion en soi. Il en va des émotions comme il en va des attitudes (si une guêpe se pose sur mon bras, la passivité – eh oui, la passivité ! – sera probablement une attitude adaptée... de la même façon, il est le plus souvent salutaire pour soi et les autres de se montrer "psychorigide" lorsqu'on est arrêté par un feu rouge !).

De la même façon, une émotion peut très bien être adaptée (...ou pas !) par rapport au contexte, comme le montre le tableau suivant. En pareil cas, cette émotion a en général une fonction bien précise, qu'il peut être bon de connaître. En revanche, si vous avez une tendance marquée à ressentir de manière récurrente une de ces quatre émotions en l’absence de circonstances décrites dans la colonne "Contexte", c’est peut-être un signe plus alarmant... à vous de voir :

 

CONTEXTE
(adaptée lorsqu’il y a...)
FONCTION
(Ça sert à...)

Tristesse

Perte / Séparation / Renoncement (...à un rêve, une illusion...) Faire le deuil

Colère

Attaque dans nos valeurs / Injustice / Frustration Défendre nos valeurs, défendre notre intégrité, nous affirmer

Peur

Danger / Inconnu Se préparer, anticiper, fuir

Joie

Satisfaction / Plaisir / Amour / Harmonie Se relier, éprouver un sentiment d’appartenance

Les émotions toxiques

Il y a une chose qui me chagrine particulièrement, c'est de penser à toutes les personnes qui passent toute une vie en proie à une émotion "toxique" pour eux et/ou leur entourage.

insupportable...Ainsi, vivre toute une vie de tristesse est peut-être le signe d'état chronique dépressif. Vivre toute une vie de colère est peut-être le signe d'état chronique agressif. Vivre toute une vie de peur est peut-être un signe d'angoisse, ou pire d'anxiété pathologique. Quant à vivre toute une vie de joie, cela peut très bien être le signe que vous êtes un être exceptionnel ayant atteint le dernier degré de la sagesse… ou encore que vous êtes atteint du syndrome du "ravi de la crèche"…

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Toujours pareil... d'excellents auxiliaires peuvent faire de très mauvais maîtres !

Sachons donc écouter nos émotions, elles ont toujours quelque-chose d'utile à nous apprendre… sans jamais oublier que si les émotions constituent d'excellents auxiliaires (à écouter avec la plus grande attention), elles font toutefois de très mauvais maîtres !

Bien à vous,

Bernard

Ces fameuses croyances limitantes : le top 10

La liberté n'a pas de limites...

Bonjour,

Voilà maintenant longtemps que je vous parle de croyances limitantes. Leur appellation complète est "croyances limitantes sur soi-même". Nous les connaissons bien, et savons à quel point elles peuvent nous pourrir la vie. Or, jusqu'ici, l'idée d'en faire un inventaire ou d'en dresser une liste ne m'était jamais venue...

Mais aujourd'hui je suis tombé sur un article de blog que j'aimerais bien vous faire partager. Il s'agit d'une proposition de "Top 10 des croyances limitantes". Voici cette liste...

C’est dangereux d’essayer quelque chose de nouveau...

Je suis trop vieux pour apprendre quoi que ce soit...

Je ne suis pas assez créatif pour réussir...

Je n’ai pas le droit à l’erreur...

Pour mériter ce que je veux, je dois souffrir...

Si je réussis ce que j’entreprends, je ne serai plus le/la même...

Je suis trop timide pour rencontrer quelqu'un...

C’est du regard des autres que dépend mon épanouissement ou mon malaise...

Je ne suis pas capable de réaliser ce projet ...

Je suis comme je suis. C’est trop tard pour changer.

Vitesse limitée : l'infini !Ajoutons que le concept de croyance limitante y est très bien explicité, et que chacune de ces dix croyances a droit à son petit texte explicatif, ainsi qu'à une proposition de "question qu'on peut se poser (...ou poser à autrui, dans le cadre d'une relation d'aide) pour réfléchir au moyen d'en sortir". Normal, l'auteur (Christophe Peiffer) est un coach professionnel chevronné.

Le lien se trouve ci-dessous :

http://www.leblogdesrapportshumains.fr/top-10-des-croyances-limitantes-sur-soi-meme/

Bien entendu, je vous invite à en profiter pour fouiner un peu partout (comme je l'ai fait) sur ce blog plein de ressources...

Bonne  lecture !

Bien à vous,

Bernard

Le requin déguisé en dauphin

 Ami dauphin bonjour,

Vous savez que je m'intéresse depuis longtemps au développement personnel, et à ses applications en situation de formation. Car une situation de formation revêt souvent les aspects d'un petit théâtre. Un théâtre dans lequel chaque participant va venir se glisser dans la peau d'un personnage écrit il y a longtemps. Quel personnage, me direz-vous ? Celui qui nous correspond le mieux, ou encore celui dont nous nous sentons le plus proche. En général, ces comportements sont croqués à merveille par nos amis les illustrateurs, comme en témoigne l'image ci-dessous.

Les participants comme le formateur les voit

Les participants comme le formateur les voit

Cette image provient d'un de ces documents photocopiés des dizaines de fois, et donc piquetés de mille pattes de mouches. Il est de ceux qui circulent dans les bureaux et qu'on affiche volontiers dans une salle commune… J'en ai récupéré un exemplaire que j'ai patiemment restauré à la palette graphique. J'ignore totalement l'identité de l'illustrateur de génie qui a pris sur le vif cette "photo plus vraie que nature"… Comme j'aimerais pouvoir le féliciter !

Un jour, un collègue formateur a attiré mon attention sur le point suivant. Non seulement tous ces personnages existent, mais si on y regarde mieux, on peut remarquer autre chose. C'est qu'ils sont le plus souvent répartis géographiquement dans la salle de formation de manière identique à la photo ! Il s'agit donc bel et bien des participants… comme le formateur les voit. Et le pire c'est que je suis complètement d'accord ! Faites donc le test lors de votre prochaine session, vous m'en direz des nouvelles.

Le triangle dramatique : une configuration qui ne date pas d'hier…

Depuis fort longtemps, les comportements humains ont ainsi fait l'objet de métaphores animales.

Ainsi, Le Triangle Dramatique, dit aussi Triangle de Karpman, est une célèbre figure qui nous a été apportée par l'Analyse Transactionnelle. Cette fameuse figure du triangle met en évidence un scénario relationnel typique entre trois archétypes, trois personnages. Trois rôles, si vous préférez, qu'on a pris l'habitude d'illustrer par des animaux :

Même non déguisé en dauphin, le requin est dangereux

Le requin

C'est un persécuteur… Il parle souvent à la 2ème personne (employant volontiers un "tu es…" particulièrement culpabilisant). Il adore critiquer le travail des autres, ne se montre jamais compatissant et ne connait pas la tendresse. Puisqu'il n'en exprime pas, il n'en reçoit pas non plus en retour. Dans le meilleur des cas, il doit se contenter de marques de soumission. Ce rôle est souvent adopté spontanément par des personnes qui, depuis l’enfance, ont accumulé beaucoup de frustrations et ont pris le pli de les faire payer aux autres (…tous les autres, c'est bien là le problème !). Sa plus grande crainte : tomber sur plus requin que lui. Voilà qui cause chez lui un état de stress permanent.

Le requin en dauphin - La carpe

La carpe

C'est une victime… qui a tendance à "rester toujours au fond du bassin", dans la douillette pénombre. Là, croit-elle, les dangers auront moins de chance de l'atteindre. Elle ne combat jamais, mais subit. Cherchant avant tout à ne pas faire de vagues, elle adopte volontiers une posture excessivement prudente, voire méfiante à l’égard de tout et de de tous. Ainsi, elle emploie souvent les tournures impersonnelles, de type "On m'a dit…". Toutefois, n'oublions pas que toute victime peut avoir une part de responsabilité dans le fait même d'être victime. Voire de le rester. Du coup, ce rôle ne comporte pas que des inconvénients : mine de rien c'est aussi une manière particulièrement efficace d'attirer l'attention sur soi. Celle du persécuteur, bien entendu… mais pas seulement. Car toute victime qui se respecte véhicule  également un appel au soutien. C'est là qu'intervient l'animal suivant :

Le requin déguisé en dauphin - La carpe pseudo-éclairée

La carpe pseudo-éclairée

C'est un sauveur… Son occupation favorite consiste à accourir vers une carpe-victime, dont il est capable d'entendre l'appel avec une incroyable acuité. Et ceci au point de le devancer ! Ensuite, il s'emploie aussitôt à porter secours à ladite carpe-victime en lui prodiguant de bons conseils. Ces conseils sont pétris de bons sentiments et de "moi, à ta place…". Ce personnage se positionne donc clairement contre le requin, et dans le même camp que la carpe-victime. Une de ses incarnations les plus représentatives est le ou la collègue de bureau. Celui à qui on a l'habitude de raconter tous nos petits malheurs.

Ce rôle peut revêtir quelques aspects gratifiants d'un point de vue narcissique. En même temps, il place mécaniquement l'autre dans une position d'incapacité ("…Mes pauvres enfants, que feriez- vous sans moi ?..."). Pour justifier son existence,  la carpe pseudo-éclairée se trouve  donc toujours plus ou moins contrainte de se mettre en quête, à défaut de moulin à vent, d'un requin-persécuteur. Ce requin pourra être désigné sous le vocable du méchant, de l'étranger, de l'ennemi de classe… faites votre propre marché, les possibilités sont infinies ! Mais les besoins de la carpe pseudo-éclairée ne sont pleinement assouvis qu'après qu'elle ait également trouvé au moins une carpe-victime à sauver. Et pour laquelle notre sauveur entend bien se "sacrifier", si nécessaire.

Sacrifice, le mot est lâché. Déjà, le mythe des super-héros est vieux comme le monde. De plus, il est à noter qu'une éducation empreinte de bonnes intentions politiques ou religieuses peut dans certains cas contribuer à semer le trouble dans les esprits avec cette notion de sauveur, particulièrement dans nos civilisations judéo-chrétiennes. Malheureusement, ne s'improvise pas Jésus, Bouddha ou même Gandhi qui veut ! D'où d'amères déceptions chez celui qui croit sincèrement ne rien attendre des autres en retour de ses propres largesses, mais n'a pas vraiment le tempérament adéquat. Le cas échéant, il pourra se reconnaître à chaque fois qu'il prononcera la phrase caractéristique de tout sauveur déçu : "...Après tout ce que j'ai fait pour lui/elle/elles/eux !".

Le requin déguisé en dauphin - On tourne en rond

On tourne diablement en rond dans ce bassin…

Plusieurs chercheurs ont démontré qu'en général, si une personne utilise un de ces rôles (par exemple la carpe-victime), elle entraîne de facto l'autre à jouer un des deux autres rôles complémentaires (dans notre exemple : la carpe-illuminée-sauveur ou le requin-persécuteur), comme si toute situation de communication (spécialement quand ça se passe mal) tendait à nous "aimanter" tôt ou tard à l'un de ces trois pôles d'attraction.

Le pire, c'est que ces trois rôles peuvent finir par se mélanger. Et c'est là que ça peut devenir franchement malsain. Ainsi, lorsqu'une personne se sent victime, elle se comporte aussi peu ou prou elle-même en persécuteur. Notamment à chaque fois qu'elle cherche à solliciter l'attention des autres avec ses problèmes. Ou encore à les amener à entrer plus ou moins dedans... D'où l'aphorisme bien connu "Qui de rien ne se mêle de rien ne se démêle".

Par ailleurs, un sauveteur, même sincère, ne pourra et ne saura que nous porter secours en nous apportant ce qui serait bon pour lui s’il était dans la même situation. C'est le fameux "moi, à ta place...". Or, en tant que personne bien distincte de nous, rappelons-nous (et au besoin rappelons-lui)  qu'il n’est PAS à notre place !

C'est ainsi qu'on dit souvent que les trois rôles (victime, sauveur et persécuteur) sont étroitement liés, et forment une triade. Et toute communication se trouve pour ainsi dire perturbée lorsque les protagonistes adoptent de tels rôles. Il est nettement préférable d'exprimer réellement ses émotions et ses idées, sans être pollué par le chant de toutes ces sirènes (marrant ça… encore un animal marin !).

À y regarder de plus près, ce fameux triangle persécuteur/victime/sauveteur n'est jamais qu'une zone de subir et de faire subir. Cela fabrique à foison victoires, défaites, mais aussi trahisons et autres coups de théâtre. Avec tout leur cortège de frustrations, culpabilités, ressentiments et autres besoins de vengeance qui – d'une manière ou d'une autre – ne font qu'aggraver les choses…

Les spécialistes de l'analyse transactionnelle ont même mis au point un répertoire de divers scénarios "classiques" mettant en scène ces animaux aquatiques. Il s'agit du répertoire des jeux psychologiques, à propos duquel nous avons publié un dossier que vous pouvez retrouver ici, au besoin.

Cela étant, pour qui veut vraiment tenter de passer à quelque-chose de plus constructif, il est souvent légitime de vouloir chercher à sortir de ce fameux triangle maléfique.

Arrivée quelques décennies après l'Analyse Transactionnelle, la PNL (technique de développement personnel élaborée par Richard Bandler et John Grinder dans les années 70, aux États-Unis) nous en fournit une possibilité, en reprenant à son compte les trois personnages du triangle dramatique, et en y ajoutant…

dauphin

Le dauphin

Ce personnage s'efforce d'agir en médiateur… Ayant attentivement étudié le fonctionnement des trois personnages du triangle, il va s'attacher à ne pas tomber dans ce genre de piège. Pour adopter une posture positive, réaliste, dans un souci d'assertivité (c.-à-d. respecter l'autre tout en se faisant respecter soi-même). Voici quelques préceptes qu'il s'efforce d'appliquer :

  • Le dauphin-médiateur tient à tout prix à sortir du triangle, qu'il considère comme une zone de « subir » et de « faire subir ».
  • Il a des idées positives. Sans être utopique, il sait qu’il a du pouvoir pour faire bouger les choses à son niveau. Sachant cela, il agit (pendant que tant d'autres parlent).
  • Il a des objectifs précis, et il sait où il en est par rapport à ça.
  • Il sait garder sa place, et remettre l’autre à la sienne si nécessaire (…comme ces deux derniers mots sont importants !)
  • Il a confiance, alors que les autres personnages sont dans la peur (…de se faire détruire).
  • Il a choisi l’action plutôt que la réaction, la réflexion plutôt que le réflexe.
  • Il a choisi... tout simplement. Il sait que choisir, c’est accepter de perdre. Et qu'accepter de perdre c’est être libre.

Voilà pour l'essentiel. Sachez en outre que ce quatrième animal n'a pas été choisi au hasard, mais plutôt en raison du comportement qu'il semble avoir vis-à-vis de ses congénères, et également avec nous autres les humains, depuis des temps immémoriaux.

Petits détails méconnus sur cet animal...

Mais cela ne s'arrête pas là. Ainsi, on raconte que dans les mers, lorsqu'un dauphin se trouve face à un requin qui entend… disons lui porter tort, l'issue du combat ne fait jamais de doute : c'est toujours le dauphin qui gagne ! L'autre terreur des mers a beau exhiber ses quatre rangées de dents aussi redoutables que tranchantes, cela ne lui sert strictement à rien. En fait, le dauphin pratique comme personne l'art de l'aïki(bu)do des mers, et sait tuer un requin en un éclair en lui appliquant un coup mortel au foie à l'aide de son rostre (museau). Ensuite, il retourne vaquer tranquillement à ses occupations, comme si de rien était. Quelle classe ! Pas de remous inutile, jamais la moindre manœuvre d'intimidation, et en même temps, si on le cherche, on le trouve :-)

Le requin déguisé en dauphin - La mêlée

Ouh là là, que tout cela se complique !

Mettez-vous à ma place : moi qui me croyais tranquille après avoir étudié plusieurs ouvrages, puis suivi moultes stages, conférences et autres séminaires portant sur l'analyse transactionnelle et ses trois animaux de base, voilà qu'un plongeon de deux années dans l'univers de la PNL, au début des années 2000 m'a amené à remettre tout ce joli petit assemblage en question ! Ainsi donc, il n'y avait donc pas trois, mais quatre animaux symboliques dans le monde des relations interpersonnelles ! Bien entendu j'ai adoré l'histoire de ce dauphin, et n'ai eu de cesse que de lui ressembler… comme beaucoup de mes petits camarades de promo, d'ailleurs. Aujourd'hui encore, je m'efforce d'identifier mes propres postures à chaque fois que j'ai cette présence d'esprit ("…Attention mon petit père, là tu fais clairement ta carpe/ton requin/ton sauveur").

Un dauphin, c'est cool...

Du coup, je m'efforce en toutes circonstances de "coller", comme tant d'autres, au personnage du dauphin, dans la mesure de mes possibilités. Car c'est de loin, à mes yeux, le rôle le plus difficile à tenir dans le théâtre de la vie, mais aussi le seul qui en vaille vraiment la peine…

Donc, finie l'histoire des trois animaux, il y en a donc bien quatre. Soit. Mais là où vous allez rire, c'est que depuis lors, je me suis tellement bien habitué que j'ai fini par découvrir… un cinquième animal !

Un 5e personnage...

On a vu que, déjà, le personnage du dauphin, à l'inverse des trois premiers, procède une intention précise issue de l'observation des personnages existants, et non pas d'une simple posture "en réaction" par rapport à l'entourage. Cela peut se résumer ainsi : "J'ai bien compris en quoi les rôles de persécuteur, victime et sauveteur sont tôt ou tard néfastes pour moi et pour les autres, j'aspire et surtout je crois à un équilibre possible entre l'affirmation de soi et le respect d'autrui, et je choisis en conscience d'adopter cette posture du dauphin, à chaque fois que j'en aurai la présence d'esprit, même si je suis conscient que ce n'est pas gagné. Je choisis cette posture parce qu'elle correspond à des valeurs que je partage pleinement".

C'est là qu'intervient un autre outil PNL :

Le Virus de pensée.

Le virus de pensée, comme son nom l'indique, est avant tout une chose qui se propage. Une sorte de petit ver qui vient s'insinuer dans notre grosse pomme de tête, et qu'on on a toutes les peines du monde  à identifier, puis à déloger. Les deux principaux virus de pensée connus et répertoriés sont "Y en aura-t-il assez pour moi ?" et "Suis-je aussi fort que… ?".

Le premier virus, "Y en aura-t-il assez pour moi ?", dit complexe de l'aîné, survient lorsqu'un nouvel enfant paraît dans une famille, et que son ou ses aînés se retrouvent comme "détrônés" de l'attention centrale dont ils jouissaient auparavant. Du coup, on se sent en droit de se demander si on va désormais en avoir autant que l'autre. Autant de  quoi ? …D'amour, d'affection, d'attention, de nourriture, d'autorité, de pouvoir, de ressources minières, d'accès à la mer… Faites votre choix, la liste est infinie.

Le deuxième virus, "Suis-je aussi fort que… ?", dit complexe du cadet, s'attaque en général au "dernier arrivé" dans une famille, une entreprise, une institution internationale, un groupe social quelconque... À tort ou à raison, ce nouveau venu s'imagine parfois qu'il va lui falloir veiller âprement au grain pour se tailler, si nécessaire à coups de machette, la place qu'il croit naturellement lui revenir (…à tort ou à raison, encore une fois). C'est ainsi qu'il peut se retrouver obsédé par la lancinante question du "Suis-je aussi fort que… ?". Fort (...ou pourvu) en quoi ? Là aussi, faites votre marché, tout est bon à saisir en fonction de votre humeur ou de vos frustrations, qu'il s'agisse d'amour, d'affection, d'attention, de nourriture, d'autorité, de pouvoir, de ressources minières, d'accès à la mer… Faites votre choix, la liste est… rigoureusement la même !

Vous ne serez pas surpris d'apprendre que certains chercheurs s'intéressent aux virus de pensée à tous les niveaux… y compris dans les négociations internationales (après tout, il s'agit là d'une grille de lecture de la géopolitique pas spécialement plus inadaptée que les autres…).

Ils sont partout, ces gens-là...

Si c'était encore nécessaire, rappelons qu'en cette période d'incertitude et de crise des valeurs, il se trouve en ce bas monde de plus en plus de personnes attirées par le domaine du  développement personnel (que ce soit l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique [PNL], le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène, le yoga, et des dizaines d’autres). D'une certaine façon, cela peut leur donner l'impression d'avoir, disons une certaine "longueur d'avance" dans leur vie de tous les jours, pour communiquer avec les autres dans un état d'esprit où respect, bienveillance, tolérance, et encore une fois prise en compte de nos propres besoins et de ceux de notre alter ego trouvent toute leur place.

...Et ils peuvent même être dangereux !

À une condition toutefois : celle d'avoir fait suffisamment de chemin pour avoir intégré, digéré, et mis à profit tous les bienfaits qu'on peut attendre de telles pratiques dans une compréhension sincère de nos intérêts mutuels et réciproques. Faute de quoi, ils risquent fort de se comporter de manière aussi inconsidérée que ces savants fous qui commandent des machineries infernales dont la portée réelle leur échappe. Du même coup, ils accréditent chez leurs semblables l'idée que tout ça, c'est uniquement fait "pour mieux manipuler les autres"… Ce qui est particulièrement dommageable (Cf. le paragraphe intitulé "Les bouchers et les criminels" dans cet article, paru récemment ici sur un sujet connexe).

Le requin déguisé en dauphin. Attention, le voilà !

Le cinquième personnage est un nouvel animal sorti des abysses du développement personnel : il s'agit d'un requin déguisé... en dauphin !

Lorsque toutes ces conditions de saine et juste compréhension ne sont pas réunies, et Dieu sait que c'est hélas encore trop souvent le cas, la personne en question n'aura aucun scrupule à utiliser toutes ces techniques à son seul profit, à des fins de manipulation et, cerise sur le gâteau, sans même avoir l'air d'y toucher ! Et si elle-même se trouve atteinte par un virus de pensée, alors là c'est le pompon, cela ne fera que mettre de l'huile sur le feu. En pareil cas, elle passera très vite maître dans l'art de semer autour d'elle de la culpabilité, du ressentiment, de la mésentente, ainsi que et tout un tas de sentiments désagréables et surtout improductifs (rien n'est plus contagieux qu'un virus de pensée... je vous aurai prévenus !), tout ceci afin de mieux lui permettre d'avancer elle-même, pendant ce temps, ses propres petits pions sur l'échiquier de la vie, en toute tranquillité, au besoin avec la main sur le cœur, tel un requin pourvu des toutes nouvelles armes du marché. Avec, en prime, un cynisme dont elle n'aura parfois même pas conscience, forte qu'elle sera du sentiment de mériter à elle seule tous les droits du monde, toute à son sentiment d'être dans un en état de "manque menant à de l'avidité" perpétuel.

Grand vizir, dites-vous ?...

Ces destructeurs malheureux n'en ayant jamais assez, ils pratiquent volontiers le culte du "toujours plus". Étrangement, d'une manière paradoxale, cela provient le plus souvent d'une croyance limitante dans leurs propres capacités (voir la légende des deux oasis...).

À l'image du Grand Vizir Iznogoud, les requins déguisés en dauphins endossent volontiers les habits de ce petit personnage de bande dessinée dont l'obsession était très précisément "…d'être calife à la place du calife", et qui, prêt pour cela à commettre les pires infamies et turpitudes, se retrouvait souvent la risée de tous. Quand il s'en rendait compte, cela ne faisait que le rendre encore plus teigneux et irascible… Ensuite il retournait comploter avec ses sbires, toujours au service de sa stratégie de bazar…

 

On m'a assuré que ces individus, parfois appelés pervers narcissiques, pullulent dans les sphères du pouvoir, et qu'en certains cas il en est qui arriveraient ainsi à se hisser jusqu'aux plus hautes fonctions, voire à s'y maintenir. Mais cela a sans doute dû se produire sous d'autres latitudes, parce que là, non, franchement, je ne vois pas… :-)

Depuis quelque temps, cet animal semble vouloir coloniser la planète… Que font les écolos ?

Étrangement, depuis quelque temps, il m'a été donné de voir poindre le nez de plusieurs de ces requins déguisés en dauphins. En général je les vois arriver à trois kilomètres et ils ne m'impressionnent nullement. Mais il m'est arrivé d'être bien malgré moi le témoin des dégâts qu'ils occasionnent auprès de mes semblables…

Je m'en suis ouvert à nombre de mes amis, collègues, contacts et autres petits camarades du net. Apparemment, la plupart d'entre eux semblent partager mon sentiment. L'un d'eux (David Faessler) m'a même tout récemment répondu (texto) que la prolifération de ce genre de calife devient inévitable, au point qu'il est impossible de croiser une personne n'en ayant jamais rencontré ! Le pire étant qu’on les retrouve parfois dans des postes hiérarchiques et stratégiques des entreprises, là où cela fait le plus de dégâts (sic).

La taxonomie n'est visiblement pas à jour...

Hélas, curieusement, malgré cette apparente convergence de points de vue, je n'ai jusqu'à ce jour trouvé mention de cet animal nulle part, dans aucune nomenclature, taxonomie, ou autre inventaire. J'attends ce moment avec d'autant plus de jubilation et d'impatience que derrière ma petite lorgnette (...qui vaut ce qu'elle vaut, et vice-versa) j'ai la très désagréable impression que, depuis ces derniers temps, le requin déguisé en dauphin a nettement tendance à se reproduire à vitesse grand V et à envahir nos campagnes (pas seulement électorales) à une cadence vertigineuse. Ne serait-ce que pour cette raison, il mériterait largement de figurer à son tour au programme de tout bestiaire présenté dans un programme de formation en développement personnel (...pour ma part, je m'efforce systématiquement de le faire lors de mes interventions sur ce genre de sujets… cela me semble relever d'une question de salubrité publique). À mes yeux il y a toute sa place.

Mais bon, ce que j'en dis, hein ? …

filet

Construire et animer une session de formation

 

 

Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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