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Nous sommes tous obnubilés par le désir d’arranger les choses…

Douglas Kennedy - Quitter le monde

left_guillemet._transNous sommes tous obnubilés par le désir d'arranger les choses, au point de nous persuader que nous sommes capables de rectifier le cours de la vie. "Jeter des ponts", "tendre la main", "arrondir les angles" : le lexique de l'Amérique moderne est hanté par le besoin de réconciliation, car nous sommes "le pays où tout est possible", pas vrai ?

Nous nous faisons fort d'esquiver la tragédie, de combler l'abîme insurmontable qui se creuse si souvent entre les êtres humains, de comprendre l'incompréhension... Le point faible de cet optimisme entêté, c'est le refus de reconnaître qu'il existe en effet des divergences insolubles, des tensions insolubles, d'accepter que malgré toute notre bonne volonté nous ne pouvons pas corriger tout ce qui a mal tourné, terriblement mal tourné...right_guillemet_trans

Douglas Kennedy, "Quitter le monde", 2009, Belfond, p. 287


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2 commentaires
  1. Douglas Kennedy – peut-être à cause de ses origines irlandaises – est l’un des rares écrivains américains qui ont le sens de la tragédie. J’ai lu plusieurs de ses ouvrages – dont le premier qui était déjà un coup de maître – et le moins qu’on puisse dire est qu’il ne fait pas de cadeaux à ses personnages !

    Et je partage cette idée que certains êtres nous serons éternellement opposés, que nous ne pouvons pas trouver un terrain d’entente avec tout le monde.

    J’aime bâtir des ponts, mais cet optimisme béat, de commande, que je lis ou rencontre parfois – de plus en plus souvent, d’ailleurs – me paraît plus le symptôme d’une déconnexion avec le réel qu’un signe de sagesse.

    Je me réjouis d’autant plus d’être l’ami de Bernard Lamailloux et il me tarde de lire son livre 😉

  2. Encore un remarquable article … merci de m’avoir fait connaître Douglas Kennedy. Voici comment entre autres, je le relie/relis. Je m’entête depuis déjà pas mal de temps sur cette même idée.

    Au niveau 1, par exemple en Négociation, on découvre les vertus du “gagnant-gagnant”. Au niveau 2, on comprend que c’est un peu plus complexe, puis au niveau 3 que dans tous le cas, l’optimisme et la foi en l’autre sont ce qui est nécessaire pour produire la dose incontournable de travail et de créativité pour parvenir à l’accord. Et même là, on apprend, au niveau niveau 4, que ça ne marche pas forcément…

    A chaque pas vers la paix, il y a une menace de guerre. Et même après. Le contraire de l’optimisme, ce n’est pas le pessimisme, ce serait plutôt ce qu’exprime Kennedy dans cette citation. Une sorte de pragmatisme plutôt qui n’empêche pas d’être bienveillant.

    La posture de cet auteur américain est d’autant plus intéressante qu’elle vient d’une culture où en effet le “tout-optimisme” si présent en développement personnel et dans le Management est souvent un dogme. Dogme qui, en retour, nous est donné en exemple, à nous français: pessimistes, déprimés, déclinologues, râleurs si prompts à nous entre-déchirer …

    A méditer donc.

    PS: Bernard, tenez-moi au courant de votre actualité littéraire, je relayerai.

Et si vous laissiez un commentaire ?...

A propos de l’auteur

Bernard Lamailloux

Auteur, consultant, formateur passionné par tout ce qui touche à l’ingénierie de formation, je suis également musicien, théâtreux, phonéographe, bon vivant, et je vous réserve encore bien d’autres surprises !

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