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Si je confonds droite et gauche, ce n’est pas pour rien…

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La tare...

Bonjour, je fais partie de cette cohorte de gens qui ont une légère tendance à confondre leur gauche et leur droite (oui, je préfère l'emploi du possessif qui nous évitera les vannes des militaires et des militants... tiens c’est curieux, là aussi j’ai toujours confondu). Enfin, quand je dis "confondre", n'exagérons rien... Disons qu'il me faut toujours une fraction de seconde pour être "vraiment sûr"... Cela donne parfois des situations bien cocasses, notamment en voiture... D’ailleurs je viens de prendre connaissance d’un témoignage fort bien écrit sur ce sujet, qui fut ainsi pour moi l'occasion de découvrir un nouveau frère parmi mes semblables les humains avec l'auteur du blog La vie est large.

Je me propose de vous livrer ici une tentative d’explication, ainsi qu’une manière de communiquer sur cette incorrigible tare. Vous savez bien, celle qui nous colle à la peau des gauchers , comme le sparadrap sur celle du capitaine Haddock...

L’explication

Je voudrais proposer ici une explication de ce phénomène si étrange à première vue, du moins pour ce qui me concerne : Je me souviens très bien qu’étant petit, je faisais partie des toutes premières générations d’enfants à qui on n’obligeait plus à écrire de la main droite. Ce qui tombait très bien vu que j’étais… gaucher. Sans le savoir, je faisais alors partie des tout premiers spécimens hexagonaux de ce qu’on a appelé les "gauchers non contrariés". Pourtant on ne dirait jamais, en me voyant… 🙂

Usine à gazEn revanche, les instituteurs de l’époque ne s’étaient pas encore complètement habitués à ces nouvelles directives, vis-à-vis desquelles ils éprouvaient (déjà !) quelques difficultés. Aussi les ai-je toujours entendus nous adresser des injonctions, euh, des consignes, du type "Faites donc ceci […] avec votre main droite, c’est-à-dire celle avec laquelle vous écrivez", ou à l’inverse "Faites donc cela […] avec votre main gauche, c’est-à-dire celle avec laquelle vous n’écrivez pas".

Bien entendu, j’avais bien compris que pour moi c’était le contraire. Aussi je prenais cette demi-seconde de retard qui m’accompagne encore aujourd’hui (merci, ô braves gens) …une demi-seconde de latence, donc, pour déterminer ce que mes semblables entendaient au juste par "droite " ou "gauche". Cela a installé durablement dans on esprit l’idée que "…droite, gauche, c’est pas simple, et en plus c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément". Avouez que cela ne manque pas de sel !

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Et là patatras ! A peine m’étais-je habitué à intégrer correctement que "droite c’était par ici…" et "gauche par là…", eh bien je continuais (...ou je me remettais) à mettre ça en doute, au motif que justement "c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément", ben tiens la bonne blague !

Comment faire comprendre ça aux autres…

Voici maintenant comment je communique habituellement sur cette regrettable habitude auprès des fâcheux qui  ne manquent jamais de réagir en mode "Rhôôôôô ! C’est quand-même pas dur !...". Permettez-moi de vous confier ce qu'en général je leur rétorque :

[...] Réfléchissez bien : Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir à manipuler régulièrement une serrure qui "fait exception" ?
Vous savez tous dans quel sens tourner une clé pour ouvrir une porte. Et donc, dans quel sens la tourner pour refermer… Cela fait partie de ces choses que l’on fait depuis longtemps sans même y réfléchir… Maintenant, réfléchissez bien, justement : Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir à manipuler régulièrement une serrure qui "fait exception" ? Oui, nous en rencontrons tous une, un jour ou l’autre… Et là c’est le début d'un phénomène plutôt agaçant : Au début on a tendance à se tromper à chaque coup… puis constatant notre erreur, nous rectifions le tir sur un mode "c’est le contraire de ce qu’on croit spontanément".

Et là tout fonctionne à merveille… Jusqu’au jour où nous nous habituons à ce nouvel état de fait, et là re-patatras, nous ne savons plus rien ! et, du coup, nous ne sommes capables d’ouvrir cette fichue serrure qu’au prix d’un effort mental d’une grosse fraction de seconde.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?Un point que nous partageons tous, nous autres formateurs : La joie de lire un "bon sang mais c'est bien sûr" sur le visage de nos interlocuteurs...

Je me réjouis de ce que nombre d’interlocuteurs ont alors un visage qui s’éclaire, au motif que cela leur est déjà arrivé ! Ah, on ne dira jamais assez le plaisir d'être enfin compris ! Cela me permet au passage d’astiquer mes médailles de "formateur féru dans l’art de trouver la bonne métaphore en toutes circonstances"…

Quant au cas désespéré (…ne nous racontons pas d’histoires, cela peut exister) a qui l’histoire de la "serrure montée à l’envers" n’est jamais arrivé, eh bien je le laisse croire qu’avec moi il a affaire à un hurluberlu pas tout  fait structuré comme le commun des mortels. Après tout, c’est l’image qu’à tort ou à raison renvoient nombre d’enseignants et de formateurs (je le sais, j’ai été successivement les deux !)… Du coup, je ne me risquerai certes pas à parier que cet a priori est totalement infondé… du moins quant à ma propre personne 🙂

Lire aussi  Dix mots pour changer l'éducation. Aujourd'hui : "6 - Traduire"...

 

Mise à jour # 1 :

A propos des militants et des militaires, je viens de prendre connaissance cet aphorisme, attribué à Ambrose Bierce :

Un militant, c’est un militaire qui porte son uniforme à l’intérieur.

Mise à jour # 2 :

Plusieurs personnes m'ont dit être déçues par l'intitulé de cet article. Elles le trouvent trompeur, car il donnerait à penser que je vais parler de mes propres opinions politiques. Voilà qui tombe bien. Je viens en effet de tomber sur l'interview d'un monsieur dont je partage les valeurs. Surtout lorsqu'il donne son opinion sur la droite et la gauche. Les "vraies" si l'on peut dire 🙂 . Si d'aventure ça vous intéresse, c'est ici que ça se passe...

 

 Construire et animer une session de formation 
 Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD. 

 

 


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4 commentaires
  1. j’aime l’analogie avec la serrure ! La dernière fois que j’ai été confronté à une serrure « à l’envers », j’ai juste tordu ma clé, ne comprenant pas pourquoi ça résistait. Ca a été la fraction de seconde de trop….

  2. Merci Rémi ! C’est là un de mes tout premiers commentaires depuis que ce blog a déménagé (c’est tout récent en fait…). L’émotion m’étreint, comme disait Achille Talon…

  3. J’aime bien vos hypothèses.. Qui font avancer le dėbat. Par contre je ne sais pas si J Harrison était sensibilisé à cette question. Je le cite sur mon blog pour lui avoir emprunter le titre ‘ la vie est large’. En tout cas toutes mes félicitations pour votre blog. Bien à vous.

Et si vous laissiez un commentaire ?...

A propos de l’auteur

Bernard Lamailloux

Auteur, consultant, formateur passionné par tout ce qui touche à l’ingénierie de formation, je suis également musicien, théâtreux, phonéographe, bon vivant, et je vous réserve encore bien d’autres surprises !

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