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Article(s) étiqueté(s) avec le mot clé : "analyse transactionnelle".

Préjugés et illusions – Les dysfonctionnements des états du moi

Préjugés et illusions

Notre dernier article présentait les trois principaux états du moi selon l’Analyse Transactionnelle. Rappelons simplement que :

  • L'état Enfant recouvre le domaine du ressenti
  • L'état Adulte recouvre le domaine du pensé
  • L'état Parent recouvre le domaine de l'appris.

Le plus souvent, à un instant T, chez un même individu, il y a un seul état "aux commandes". Dans la petite histoire relatée dans l'article précédent, on voit très bien que Jean (comme nous tous) passe à plusieurs reprises, et sans transition, d'un état à un autre. Mais quand un état prend le contrôle, les deux autres n'ont pas voie au chapitre… C'est en quelque sorte "chacun son tour". Lire plus

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Nous sommes tous obnubilés par le désir d’arranger les choses…

Douglas Kennedy - Quitter le monde

left_guillemet._transNous sommes tous obnubilés par le désir d'arranger les choses, au point de nous persuader que nous sommes capables de rectifier le cours de la vie. "Jeter des ponts", "tendre la main", "arrondir les angles" : le lexique de l'Amérique moderne est hanté par le besoin de réconciliation, car nous sommes "le pays où tout est possible", pas vrai ?

Nous nous faisons fort d'esquiver la tragédie, de combler l'abîme insurmontable qui se creuse si souvent entre les êtres humains, de comprendre l'incompréhension... Le point faible de cet optimisme entêté, c'est le refus de reconnaître qu'il existe en effet des divergences insolubles, des tensions insolubles, d'accepter que malgré toute notre bonne volonté nous ne pouvons pas corriger tout ce qui a mal tourné, terriblement mal tourné...right_guillemet_trans

Douglas Kennedy, "Quitter le monde", 2009, Belfond, p. 287

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Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un persécuteur

Un méchant personnage

Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

 


 

L'article précédent rappelait la composition du "Triangle Dramatique" (Persécuteur / Sauveur / Victime), présentait le Répertoire des jeux psychologique selon Eric Berne, et dressait le tableau des jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un Sauveur… Voici aujourd'hui, le...


Super hérosRépertoire des jeux psychologiques initiés par un Persécuteur (selon Eric Berne)

Pour chacun de ces jeux psychologiques, nous donnons le (ou les) nom(s) sous le(s)quel(s) le jeu est connu, le plus souvent sa traduction en anglais (pour le retrouver dans l’œuvre d’Eric Berne, au besoin), une description sommaire, ainsi que le bénéfice (même s’il peut être en apparence négatif) du joueur lorsqu’il "retire sa mise". Enfin, nous donnons quelques pistes pour éviter d’entrer dans ce jeu… à condition de le voir arriver !

✖ Ball-trap ("Oui ... mais")

En anglais : "Why don't you ? Yes ... but ..."

Description : Demander de l'aide et écarter toute proposition d'un "Oui ... mais ..."

Bénéfice : Colère avec un excellent alibi.

Comment l'éviter : Plaisanter ("…Encore!? "), ou encore refuser de donner des conseils, interroger sur les tentatives et les idées de l'autre.

✖ Incitation au meurtre ("Battez-vous")

En anglais : "Lets you and him fight"

Description : Révéler à une personne un jugement critique confié confidentiellement par un tiers. Mettre deux personnes en rivalité: « Avec M. X, l'année dernière, on avait fait comme ça... »

Bénéfice : Jouer les voyeurs : plaisir d'observer sans être impliqué.

Comment l'éviter : Dire une chose du genre: « Chacun a ses opinions, ses goûts, ses façons de faire et d'être... »

✖ La revanche ("Je te tiens, mon salaud")

En anglais : "Now ! I’ve got you. S. 0. B. (son of a bitch)"

Description : Relever une erreur, un oubli, une faute chez celui-même qui vous a fait un reproche.

Bénéfice : Œil pour œil, dent pour dent ! Triomphe…

Comment l'éviter : Plaisanter: "Tu m'as eu! Un partout ! On fait la paix ?"

✖ Au pied! ("Le maître-chien")

Description : Donner un ordre sec, sans raison fondée.

Bénéfice : Toute puissance.

Comment l'éviter : Se protéger. Résister en insistant pour faire mieux préciser la demande et ses raisons

✖ Dramaturgie  ("La Scène")1

En anglais :"Uproar"

Description : Déclencher un drame pour éviter de régler le problème.

Bénéfice : Incapacité, passivité…

Comment l'éviter : Dire: « Pouce! » Questionner l'autre et le faire reformuler.

✖ Bras de fer ("Le mien est mieux que le tien")

En anglais : "Mine is better than yours"

Description : Se mettre en compétition malsaine avec l'autre. Exagérer ses difficultés pour qu'elles apparaissent plus grandes que celles des autres.

Bénéfice : Vouloir se sentir le plus fort ;  Justifier sa passivité: « Oh oui! Mais moi, c'est pas pareil! C'est bien pire ... »

Comment l'éviter : Refuser la rivalité: « C'est chouette pour toi.» S'interroger sur ses capacités à régler le problème.

✖ L’appât (" le Viol")

En anglais : "Rape"

Description : Attirer les autres en les flattant : "Vous qui savez tout ", ou en les appâtant: "J'ai appris que ... enfin, je ne vous en dis pas plus."

Bénéfice : Finir par triompher en déstabilisant l'autre par une question piège. Garder pour soi-même une information qui rend tout puissant.

Comment l'éviter : Ne jamais laisser l'autre vous mettre sur un piédestal. Lui répondre : "Merci, je ne sais pas tout." Attendre sereinement. Refuser catégoriquement les sous- entendus.

✖ Dévalorisateur ("Les défauts des autres") ...C'est un des jeux les plus répandus sur terre !!!

En anglais : "Blemish"

Description : Dire du mal des chefs, des subordonnés, des collègues, des élèves, des professeurs…

Bénéfice : Être "rassuré" sur soi-même en masquant ses propres faiblesses.

Comment l'éviter : Dire: "Et si on parlait de ce qui marche bien?" ou "Nous avons tous nos faiblesses."

✖ Manipulateur ("Coincer")

En anglais : "Corner"

Description : Empêcher l'autre de faire ce qu'il envisage en démontant systématiquement toutes ses propositions: il est coincé !

Bénéfice : Triompher ou se sentir coupable.

Comment l'éviter : Faire de l'humour: "Aie ! Je suis coincé!" Agir en adulte : "Il y a plusieurs opinions pour régler cette situation".

✖ Trop poli ...  ("Chéri(e)...")

En anglais : "Sweetheart"

Description : Être exagérément flatteur, voire obséquieux, pour pousser la personne à faire ce dont elle n'a pas envie.

Bénéfice : Se sentir tout puissant parce qu'excellent manipulateur.

Comment l'éviter : Répondre (en souriant) quelque chose du genre "Je ne marche pas à la flatterie. Parlons simplement."

Mais qu'est-ce qu'un persécuteur, au juste ?...

Pour en apprendre plus sur la personnalité du persécuteur, vous pouvez avec profit consulter cet article, où nous lui donnons le nom de "requin".

filet

Voilà. Cet article clôt le dossier sur les jeux psychologiques. J'espère que cela vous aura plu. Sachez que vos commentaires sont toujours les bienvenus.

 

 


  1. Un exemple détaillé de ce jeu a été présenté dans un article récent.

 

 


Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

Article précédent : Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un Sauveur Consulter le dossier depuis le début

filet

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

 

 

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Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un Sauveur

Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

 


 

 

L'article précédent rappelait la composition du "Triangle Dramatique" (Persécuteur / Sauveur / Victime), présentait le Répertoire des jeux psychologique selon Eric Berne, et dressait le tableau des jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par une Victime

Mais  cela ne doit pas pour autant nous  faire oublier que le sauveur, lui aussi, est également à même d'initier des jeux psychologiques. Pour mémoire, rappelons que le sauveur (...dont nous sommes tous amenés à adopter la posture, à un moment ou à un autre, surtout dans les métiers de la formation, de l'enseignement, et plus largement de la relation d'aide) est un personnage qui vole volontiers au secours d'autrui, tel un chevalier d'autrefois enfourchant son noble destrier pour aller défendre une non moins noble cause, sans toutefois avoir nécessairement reçu de demande précise de la part de qui que ce soit. Un peu plus tard, on reconnaît infailliblement notre sauveur à sa tendance irrépressible à prononcer, un peu déçu, sa phrase préférée : "Pffft... Après tout ce que j'ai fait pour lui/elle/elles/eux !..."

Voici donc aujourd'hui venu le moment de vous présenter le...

Répertoire des jeux psychologiques initiés par un Sauveur (toujours selon Eric Berne)

Pour chacun de ces jeux psychologiques, nous donnons le (ou les) nom(s) sous le(s)quel(s) le jeu est connu, le plus souvent sa traduction en anglais (pour le retrouver dans l’œuvre d’Eric Berne, au besoin), une description sommaire, ainsi que le bénéfice (même s’il peut être en apparence négatif) du joueur lorsqu’il "retire sa mise". Enfin, nous donnons quelques pistes pour éviter d’entrer dans ce jeu… à condition toutefois de le voir venir !

✖ C'est bien parce que c'est vous! ("Si ce n'était pas vous…")

En anglais :"If it weren't for you…"

Description : Faire sentir avec insistance que ce que l'on fait est une faveur qui mérite contrepartie.

Bénéfice : Supériorité donnée par le geste charitable.

Comment l'éviter : Attention! Les faveurs font perdre la liberté. Remettre les choses au clair.

✖ Tous dans le même bateau. Tous solidaires

Description : Refuser d'accepter les différences. Protéger les moutons noirs.

Bénéfice : Éviter de prendre parti. Se protéger. Masquer les différences.

Comment l'éviter : Oser dire son avis calmement sur les gens.

✖ L'arroseur arrosé ("]' essaie simplement de t'aider !")

En anglais : 'I’m only trying to help you."

Description : Intervenir dans les discussions ou les conflits, les désaccords, sans y avoir été convié. Apporter de j'aide à celui qui ne demande rien.

Bénéfice : Colère permise: "les autres sont des ingrats".

Comment l'éviter : Attendre la demande des autres pour intervenir. Et lorsqu'elle survient, prendre soin de demander: "Qu'attends-tu de moi? Que veux-tu que je fasse exactement?"

✖ Y'a qu'à ... Faut qu'on ... J'ai la solution

Description : Donner une solution toute faite, de manière péremptoire et définitive, pour tout problème qui se présente.

Bénéfice : Avoir un sentiment de supériorité, la certitude de posséder la science infuse. Éviter de trop réfléchir.

Comment l'éviter : Être réaliste : il y a plusieurs façons de répondre à un problème. Toute solution possède ses inconvénients, ou défauts.

✖ Je vous défendrai toujours

Description : Arranger la réalité. Nier les faits pour éviter qu'une personne soit sanctionnée d'une manière ou d'une autre.

Bénéfice : Être aimé, remercié, sollicité…

Comment l'éviter : Tout n'est pas défendable. Est-ce vraiment rendre service à quelqu'un que de le survaloriser ?

✖ Ça ira! Ça ira! 

Description : Nier les difficultés qui surgissent en les balayant, en les niant globalement.

Bénéfice : Garder sa sérénité et son optimisme à tout prix, en allant jusqu’à se cacher les difficultés.

Comment l'éviter : Dire: " Et si on regardait les choses en face pour résoudre les problèmes, et pour pouvoir se réjouir VRAIMENT de ce qui va bien? "

✖ Les colombes

Description : Éviter les conflits. Rechercher le consensus à tout prix. Se faire tout petit dès qu'il y a un léger désaccord ou une divergence d'opinion, de conception ...

Bénéfice  : Vivre dans un climat d'entente, même fausse, dans une passivité confortable. Éviter la souffrance.

Comment l'éviter : Attention! La paix peut mener à la guerre (Ex : Munich en 1938 !). Avaler constamment des couleuvres mène parfois à des explosions dévastatrices, auxquelles les autres ne comprendront rien.

✖ Le pyromane pompier

Description : Plaisir du Persécuteur reconverti en Sauveur: divulguer des informations, diviser, puis proposer ses services pour réconcilier tout le monde.

Bénéfice : Être tout puissant. Se montrer indispensable.

Comment l'éviter : Refuser de demander de l'aide pour régler ses problèmes de personne à personne.

✖ Au four et au moulin

Description : En faire trop. "Stakhanoviste" : heures supplémentaires, weekends, soirées ...

Bénéfice : Éprouver de la joie à se croire indispensable.

Comment l'éviter : Attention: au four… au moulin, et pour finir... à l'hôpital ! Penser à prendre soin de soi.

✖ L’arbitre tribunal

En anglais : "Courtroom"

Description : Tenir le rôle de l'avocat dès qu'une personne est critiquée ou évaluée. Ne pas supporter qu'une personne endosse un reproche, quel qu'il soit.

Bénéfice : Se comporter en Zorro ! Satisfaction de défendre la veuve, l'orphelin et tous les opprimés de la terre.

Comment l'éviter : Refuser de laisser quelqu'un décider à votre place. Être autonome. S'informer sur ses droits.

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Mais qu'est-ce qu'un sauveur, au juste ?...

Pour en apprendre plus sur la personnalité du sauveur, vous pouvez avec profit consulter cet article, où nous lui donnons le nom de "carpe pseudo-éclairée".

 

Voilà. L'article suivant est consacré aux jeux psychologiques de la terreur de toutes les mers du globe : le persécuteur.

 


 

Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

Article précédent : Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par une Victime Article suivant : Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un persécuteur

 

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par une Victime…

Ange qui pleure

Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

 


 

 

Nous le savons tous : le monde entier est un théâtre…

Dès la fin du XVIe siècle, nombre d'auteurs de France, d'Italie et d'Espagne ont nourri sans cesse la notion baroque de "Grand Théâtre du Monde". Même le grand Shakespeare s'y est mis :

« Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles… »

"Comme il vous plaira (As You Like it)", pièce de théâtre écrite vers 1599.

Il ressort de ce principe, en gros, que nous autres, êtres humains, jouons tous un rôle, que ce soit consciemment ou bien malgré nous, sur la grande scène du monde, et nous sommes tous des pantins... dont les ficelles seraient tirées par je ne sais quel grand horloger. Il d'agit là d'une lecture du monde à travers le prisme du théâtre et de la mise en scène. Le comédien et le personnage incarné par celui-ci reflètent l'image du spectateur "leurré"... qui n'est lui-même qu'un acteur de l'univers.

Au début du XXe siècle, Eric Berne (fondateur de l’analyse transactionnelle) a intégré cette notion à sa théorie, et a ainsi mis en évidence les trois fameux personnages du Triangle, "persécuteur, victime, sauveur" dont ıl a déjà été question ici.

Sens de la vie

Mais en quoi consiste un jeu psychologique, exactement ?

Comme chacun le sait, qui dit théâtre dit… coup de théâtre. Ce qu'Eric Berne appelle un jeu psychologique consiste le plus souvent en un mini coup de théâtre, initié par l'un des personnages en présence (persécuteur, victime, sauveur). Voilà comment cela se passe 1: Au début, deux personnes discutent. Pour commencer un jeu, chacun des protagonistes prend inconsciemment l’un des trois rôles du Triangle (en général celui qui a sa préférence). Elles poursuivent leur discussion, l’une comme Persécuteur, l’autre comme Victime par exemple. À un moment donné arrive… le coup de théâtre ! L’un des deux joueurs va "prendre ses bénéfices" : il va changer de rôle et, par exemple, s’il était Persécuteur, devenir une Victime. L’autre accuse le coup, puis "entre dans le jeu" (littéralement !) en changeant également de position, de façon quasi automatique, un peu comme si chaque changement de situation était de nature à nous "aimanter" vers tel ou tel rôle du Triangle dramatique... Les bénéfices dont il est ici question peuvent être variés : revivre un type de relation expérimenté dans l’enfance, obtenir un type de signes de reconnaissance, valider ses croyances sur soi ou sur les autres…

Impasse des pensées

Où trouver des exemples de jeux ?

La littérature, le théâtre, le cinéma en fourmillent ! Que ce soit dans l'œuvre de Shakespeare ou la célèbre série télé "Caméra Café", les jeux psychologiques sont une source incessante d'inspiration. Si vous avez encore en mémoire l'article précédent, vous vous souvenez peut-être que l'acteur Gérard Jugnot nous en a donnés quelques-uns à voir, sans toutefois les nommer précisément (soyez rassurés, vous serez bientôt à même de le faire). Mais il se trouve que notre vie de tous les jours est également une source incessante d'inspiration, et de taille (ne parle-t-on pas, par exemple, de "scènes de ménage" ?). Il suffit donc de regarder autour de soi… de se regarder soi-même, et d'être attentif, pour pouvoir observer les jeux psychologiques en action. En voici un exemple :

Un jeu décortiqué : le sketch « la scène »2

Rôles tournants : Persécuteur (P), Victime (V), Sauveteur (S).

Le père (P) à sa fille (V) : « Tu rentres à 4 heures du matin, à ton âge, tu n’as pas honte ? »

La fille (P) au père (V) « Eh bien justement, je n’ai pas ton âge, j’appartiens à la jeunesse ! »

Le père (P), en la giflant : « Je n’admets pas que l’on me parle sur ce ton ! File dans ta chambre immédiatement ! ».

La fille (V) : « Puisque c’est ainsi, demain je fais ma valise et je m’en vais ! ».

La fille part s’enfermer dans sa chambre, et la mère intervient pour la consoler (S) : « Ne t’inquiète pas, Carole, je vais parler à ton père. Il est parfois brutal et ne comprend pas toujours bien les jeunes, mais il t’aime, tu sais ? ».

Un peu plus tard, la mère (P) au père  : « Tu ne crois pas que tu exagères un peu ? Elle a 17 ans, ce n’est plus une enfant ! »

Le père (V) : « Parfait ! Vous vous liguez toutes les deux contre moi maintenant ! ».

Le lendemain, la fille (S) au père : « Je te propose un armistice papa, je t’aime bien, mais j’aimerais te parler à propos d’hier... »

Le père (V) : « J’ai exagéré, je ne voulais pas m’emporter. Excuse-moi, mais je suis énervé en ce moment. ».

D’après Eric Berne, ces trois personnages revêtent ici tour à tour les « masques » des personnages du Triangle Dramatique dans le but d’échapper à une communication véritable, qui les contraindrait à parler des véritables problèmes qui se présentent à eux (en l’occurrence, la fille qui grandit, qui n’est plus une enfant…), et qui est trop émotionnellement coûteuse pour chacun d’entre eux…

Le sketch précédent ayant été initié par un personnage en posture de persécuteur, il sera répertorié dans le "Répertoire des jeux de persécuteur", que nous publierons bientôt. Mais il a été suffisamment question de persécuteurs dans les articles récemment parus. Cette fois-ci, je vous propose de vous intéresser plutôt au…

Répertoire des jeux psychologiques initiés par une Victime (selon Eric Berne)

Pour chacun des jeux psychologiques qui vont suivre, vous trouverez des indications sur le (ou les) nom(s) sous le(s)quel(s) le jeu est connu, le plus souvent sa traduction en anglais (pour le retrouver dans l'œuvre d'Eric Berne, au besoin), une description sommaire, ainsi que le bénéfice (...même s'il peut être en apparence négatif) tiré par le joueur. Enfin, nous donnons quelques pistes pour éviter d'entrer dans ce jeu… à condition de le voir arriver !

 ✖ C'est impossible ("Jambe de bois")

En anglais : " Wooden leg"

Description : Justifier son incapacité, masquer ses difficultés en rejetant la responsabilité sur les autres ou sur les conditions de travail.

Bénéfice : Être lavé de toute responsabilité dans l'échec.

Comment l'éviter : Examiner sereinement les solutions possibles, et les capacités de l'autre à les mettre en œuvre: "Que comptes-tu faire?"

✖ Ce n'est pas moi, c'est lui! ("Regarde ce que tu m'as fait faire")

En anglais : "See what you made me do.

Description : Rejeter sur l'autre la responsabilité de ses actes.

Bénéfice : Être innovant. Masquer sa peur.

Comment l'éviter : On est toujours un peu concerné ! … Parler clairement de ce qui dépend de soi, de l'autre...

✖ Ici, c'est marche ou crève...

Description : Se plaindre d'être obligé de se surmener parce qu'il est impossible de faire autrement.

Bénéfice : Fuir ses responsabilités: "C'est pas ma faute!" Justifier sa passivité.

Comment l'éviter : Ne pas en rajouter. En faire plus pour le plaisir, ou réduire son activité de façon réaliste.

✖ Et pourtant, j'ai tout fait ("Regarde comme j'ai essayé")

En anglais : "Look how hard I’ve tried"

Description : Présenter ses échecs comme inévitables et pardonnables en faisant valoir que l'on a tout envisagé et essayé.

Bénéfice : Justifier sa passivité sans subir de blâme. Refuser toute aide, au motif que tout a déjà été fait et essayé.

Comment l'éviter : Il y a toujours quelque chose à tenter. Stimuler la partie "Adulte aux commandes" de la personne. Envisager toutes les possibilités, y compris celles qui ne l'ont pas été. Il y en a forcément...

✖ Fais à ma place, aide-moi! ("Fais quelque-chose")

En anglais : "Do me something"

Description : Appeler l'autre à l'aide et chercher à lui faire faire notre travail ou résoudre les problèmes à notre place.

Bénéfice : Être satisfait de ne rien faire et d'être pris en charge.

Comment l'éviter : Se montrer autonome. Ne pas trop attendre des autres. Ne pas se laisser piéger.

✖ Engueulez-moi, merci ("Donnez-moi des coups")

En anglais : "Rick me"

Description : Provoquer les autres en étant maladroit, agressif, désagréable, pour être rejeté. Courir des risques en contournant les lois établies, pour se faire prendre.

Bénéfice : Ressentir une excitation, puis de la tristesse. Se prouver que l'on est rejeté de tous et que c'est bien mérité. Après tout, un signe de reconnaissance négatif vaut toujours mieux que pas de signe du tout…

Comment l'éviter : Être moins dépendant des autres. Encourager les réussites.

✖ Sans les autres : ("Si seulement j'étais seul, sans le système!...")

Description : Se plaindre de ne pas pouvoir réussir, en accusant les autres, sur le mode "Il y a toujours quelqu'un qui m'empêche ..."

Bénéfice : Éviter les reproches éventuels, les situations qui font peur. Rester pur et innocent…

Comment l'éviter : Faire confiance aux autres. Savoir gérer ce qui dépend de soi.

✖ Gémissements ("C'est affreux!")

En anglais : Ain’t it awful !"

Description : Se plaindre de tout, de tous et de rien.

Bénéfice : Chercher le réconfort, attirer la sympathie et ne rien faire.

Comment l'éviter : Changer de sujet.

✖ C'est trop fort pour moi ("Je suis si stupide…")

En anglais : "Stupid"

Description : Se prétendre incapable de faire ou de comprendre ce que l'on veut vous donner à faire.

Bénéfice : S'endormir dans la passivité, ne rien faire. Être pur et innocent, échapper à ses propres responsabilités: "Ce n'est pas ma faute, je suis incapable."

Comment l'éviter : Faire son bilan personnel. Préciser ses capacités. Expérimenter pour éprouver et valider nos capacités sur le terrain.

✖ Débordé/Éreinté

En anglais : "Harried"

Description : Se plaindre d'être crevé, fatigué, débordé.

Bénéfice : Chercher la sympathie et le réconfort.

Comment l'éviter : Faire honnêtement le tri entre l'urgent, l'important, et ce qui peut attendre.

 

Mais qu'est-ce qu'une victime, au juste ?...

 

Pour en apprendre plus sur la personnalité de la victime, vous pouvez avec profit consulter cet article, où nous lui donnons le nom de "carpe".

 

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Voilà. J'espère que cela aura été instructif et édifiant... Dans l'article suivant, nous parlerons un peu des jeux de sauveur...

 

 


  1. Pour plus de précisions, voir http://analysetransactionnelle.fr/les-concepts-de-base/les-jeux-psychologiques/.

  2. (Extrait de l'excellent « Que Sais-Je » sur l’Analyse Transactionnelle, de Gérard CHANDEZON et Antoine LANCESTRE ; PUF - 1982).


Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux

psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

 

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Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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Les jeux psychologiques : le principe

Cet article marque le début du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux psychologiques. Voici un accès simplifié à l'ensemble des articles de ce dossier :

 


 

Bonjour,

Un article précédemment paru vous présentait un étrange bestiaire marin, métaphore de la condition humaine, où figuraient carpes, requins et autres dauphins... j'y ai même présenté un animal hybride que j'appelais le requin déguisé en dauphin.

Un des commentateurs a évoqué une situation où un "requin déguisé" joue à "Je voudrais tellement que tu m’aides, je suis certain que tu le peux", avec une idée derrière la tête : celle de mieux mettre tout son petit monde en échec par la suite.

Typiquement , il s'agit là de ce qu'Eric Berne (fondateur de l'analyse transactionnelle) appelle un jeu psychologique.

Qu'est-ce qu'un jeu psychologique ?

Dans son ouvrage "Des jeux et des hommes", Eric Berne définit le jeu psychologique comme « le déroulement d’une série de transactions cachées, complémentaires [entre plusieurs protagonistes], progressant vers un résultat bien défini, prévisible ».1 .

Le coup de théâtre

Un jeu psychologique se joue le plus souvent à deux partenaires, qui sont chacun dans deux 2 positions différentes. L'un est soit en position de Persécuteur ou de Sauveur, l'autre dans la position de Victime. Le jeu prend alors une tournure décisive à l'occasion  du "coup de théâtre", à l'issue duquel les rôles s'inversent, le Persécuteur ou le Sauveur devenant Victime et la Victime devenant Persécuteur ou Sauveur.

Quelques exemples de jeux

En fouinant un peu sur le net, j'ai fini par tomber sur un clip vidéo étonnant, constituant une excellente introduction aux jeux psychologiques par l'exemple. C'est présenté par... Gérard Jugnot !

Plusieurs jeux décrits par Eric Berne y sont ici répertoriés et explicités. je trouve que cela vaut toutes les démonstrations, je vous laisse regarder ça:

Dans le prochain article je vous donnerai de plus amples informations sur le sujet. Comme vous le verrez, toutes nos salles de cours, salles de formation, et plus largement l'ensemble de nos lieux de travail... et de vie quotidienne (y compris la vie de couple ou la vie de famille) sont le théâtre quotidien de ces jeux psychologiques. En prendre conscience, c'est déjà le début d'un moyen d'espérer y échapper un jour pour... du mieux !

C'est tout le bien que je nous souhaite.

 


1. D'autres renseignements fort utiles sur ce sujet sont fournis par le site analysetransactionnelle.fr , où ces concepts (...et beaucoup d'autres !) sont décrits et détaillés de manière très pédagogique, documentée, complète.


 

Cet article fait partie du dossier spécial que nous avons publié à propos des jeux

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Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (2/2)

Cet article consacré au développement personnel en situation de formation fait suite à celui-ci. Il termine le dossier « Apprendre mieux ? » publié sur ce blog. Pour un accès à l'ensemble des articles du dossier, se reporter aux liens ci-dessous :

La face cachée du ciel

L'avenir dépend non pas de ceux qui cumulent le savoir, mais de ceux qui le partagent (origine inconnue)

Bonjour,

Avant toute chose, je tiens à remercier tous les commentateurs de ce blog, et à préciser que leurs témoignages, remarques, réactions, suggestions, et propositions sur ce qu'on pourrait y aborder ne tomberont jamais dans l'oreille d'un sourd 🙂

Dans l'article précédent j'ai tenté de présenter une approche du développement personnel à destination des formateurs, enseignants et autres pédagogues intéressés ou simplement intrigués par telle ou telle de ces techniques (l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique (PNL), le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène, le yoga, et des dizaines d'autres).

Aujourd'hui je vous propose d'explorer quels sont leurs points communs, les constantes qu'on retrouve dans la plupart d'entre elles, si vous préférez.

En effet, au-delà de leurs différentes approches, ces méthodes utilisent, pour la plupart, et à degrés divers, un certain nombre de bases communes que l’on pourrait répertorier ainsi :

Les bases communes à la plupart des méthodes de développement personnel


La pensée positive

À la fin du XIXe siècle, un certain Émile Coué, pharmacien à Troyes, s'interroge sur les effets inattendus de remèdes inactifs (effet placebo) par le truchement de la simple imagination des malades. De fil en aiguille, il en viendra à mettre au point (en 1910) la célèbre méthode d'autosuggestion consciente qui porte son nom. Elle se fonde sur un le principe suivant : toute idée, bonne ou mauvaise, que l'on se met dans la tête d'une façon ou d'une autre, devient pour nous « une réalité dans le domaine des choses possibles ». En quelque sorte, nous sommes ce que nous pensons.

La méthode Coué fait aujourd’hui hausser les épaules de tous ceux qui ne voient en elle qu’une manière stérile et immature de lancer des incantations en l’air dans l’espoir illusoire qu’elles se transformeront en réalité. Mais ce qu'ignorent en général ces détracteurs, c'est qu'il ne s’agit que d’une caricature (qui a hélas la vie dure). Or, à l’origine, cette méthode simple (…c’est curieux comme aux yeux de certains, ce qui est simple fait aussitôt l'objet des plus grandes suspicions, voire d’une fin de non-recevoir en forme de « dénigrement définitif »… les mêmes , d’ailleurs, se montrant en général aussi prompts à tomber en pâmoison devant le premier « sac de nœuds » se trouvant sur leur passage…), cette méthode, donc, consiste tout simplement 🙂 à répéter plusieurs fois, à voix haute, à des moments bien déterminés (comme le soir au moment de s'endormir ou le matin au réveil), une « affirmation » sur nous-mêmes qui nous paraît « portante » et utile. Exemples: « Tous les jours, je sens grandir la confiance en moi »; « Dorénavant, je vais être maître de moi-même et des circonstances » ; « J’ai un but dans la vie et, chaque jour, mon subconscient va me suggérer des idées pour atteindre mes objectifs », etc. Ces suggestions positives ont tout naturellement donné naissance à la « pensée positive », une sorte de philosophie de vie, prônée par Coué lui-même, dont la finalité est de chasser le doute et, partant, d’améliorer la confiance en soi. Pas de « Je voudrais bien » ou de « Je vais essayer » (...termes qui, à coup sûr, cachent des croyances limitantes sur nous-mêmes), mais uniquement des « Je peux ».


La visualisation

C’est une technique très ancienne dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Elle consiste à se représenter mentalement des images, des symboles, des situations ou même la guérison de certaines parties du corps. C'est le cancérologue américain Carl Simonton qui l'a, au cours des années 1970, en quelque sorte « officialisée ». Cette technique va beaucoup plus loin que l’effet placebo. On explique à un malade, lors de la prise de remède, qu’il peut en quelque sorte "aider ledit remède à agir", participant d'une certaine façon lui-même à l’obtention de l'effet escompté. Ainsi il lui sera demandé d’imaginer, de vivre en pensée une scène symbolique, où le remède remporte une éclatante victoire sur la maladie. Les centres d’intérêts, le vécu du patient sont sollicités. S’il est amateur de football par exemple, on l’aide à imaginer un remède « ballon de foot » qui au bout d’une action héroïque finit par « entrer dans les cages » de la zone atteinte par la maladie. Tout ce qui importe, en la matière, est d’utiliser des images qui soient dynamiquescolorées (ou plus généralement « parlant à nos sens ») et exagérées (Tiens ? Cela vous rappelle peut-être quelque-chose ?). Bien entendu, les résultats ne sont pas propres à « inverser totalement la balance », mais ils sont suffisamment significatifs pour susciter l’intérêt de nombreux chercheurs.

Il existe un certain nombre de méthodes de « visualisation positive », mais toutes fonctionnent selon le même principe : en état de relaxation profonde, on « fait le vide » dans son esprit, puis on crée mentalement un écran sur lequel on projette une image ou une scène le plus précisément possible. Par exemple, pour résoudre un conflit avec un proche, on se « voit » en train de lui parler, de dire des phrases précises, on « voit » la réaction (...bienveillante, la réaction, hein ? Sinon on efface tout et on recommence :-)) de la personne, on met véritablement en scène la situation avec un maximum de détails. Selon Simonton, cette technique peut être utilisée pour favoriser les conditions de guérison des maladies, mais aussi plus simplement pour retrouver confiance en soi.


La relaxation

Connue et pratiquée depuis toujours, la relaxation a commencé à être étudiée scientifiquement en Occident au début des années 1920, par le physiologiste américain Edmund Jacobson. Sa méthode, et surtout ses découvertes sur les effets positifs de la relaxation pour la santé ont inspiré de nombreux chercheurs et thérapeutes dont certains ont créé leur propre manière d'adapter cette technique. Aujourd'hui, il est rare qu'une session, un week-end ou un stage de développement personnel ne comporte pas une séance de relaxation. Cela consiste généralement en ceci : On se met en position assise ou allongée (on peut même la pratiquer debout... idéal pour une personne qui attend de passer un oral, par exemple). Ensuite, yeux fermés, on commence par pratiquer une respiration profonde et ventrale (la dilatation abdominale permettant la descente du diaphragme). Guidé par la voix de l'animateur (ou par sa propre voix intérieure, ce n’est une question d’habitude…), on concentre son attention sur nos sensations corporelles. Des petites impulsions de décontraction musculaire permettent de prendre conscience de chaque partie du corps, de repérer les tensions musculaires existantes (…on ne manque jamais d’être surpris de constater à quel point elles sont nombreuses !) et ensuite de les relâcher une à une. Dans le même temps, les émissions d’ondes cérébrales se modifient automatiquement, ce qui procure une sensation de relâchement et de bien-être. Cette pratique, la plus « transversale » de toutes, est si simple qu'elle peut se pratiquer seul, à la maison, sans aucun danger. A noter : pour quelques euros, vous pouvez vous initier tranquillement à cette méthode. Il vous suffit d'aller flâner dans n'importe quelle librairie, ou dans les boutiques style "Nature et Découverte" pour trouver quantité de CD de relaxation, disponibles en général pour une somme modique (dans le cas contraire, ne les achetez pas !). Vous n'avez plus qu'à vous trouver un coin tranquille chez vous, démarrer la lecture du CD, fermer les yeux, et vous laisser guider par la voix de l'animateur, bercé par une douce musique de fond (euh... plus ou moins appropriée, la musique, mais comme on dit par chez moi, "ça, c'est affaire de goût !").  Encore une fois, c'est indolore, sans danger, et il ne peut en sortir que du bien !


L’assertivité

deux oursons enlacésPlutôt qu’une technique, on parlera ici plutôt de grille de lecture des comportements humains, en vue de pouvoir mieux les interpréter chez les autres, mais aussi (dans certains cas) de « programmer » pour nous-mêmes des comportements que nous identifions comme souhaitables. Le mot assertivité est issu de l’anglais assertiveness. Initié par Andrew Salter, psychologue New-yorkais dans la première moitié du XXe siècle. Développé plus récemment par Joseph Wolpe, psychiatre et professeur de médecine américain comme « Expression libre de toutes nos émotions vis à vis d'un tiers, à l'exception de l'anxiété », l'assertivité est définie comme une attitude dans laquelle on est capable de s'affirmer tout en respectant autrui. En effet, même si cela surprend toujours au début, ou même nous laisse perplexes, il s'agit ni plus ni moins que de se respecter soi-même en s'exprimant directement, sans détour, mais avec considération pour l’autre (...que nous sommes d’ailleurs invités à écouter avec plus d’attention). A celles et ceux que je devine se tortillant sur leur chaise tout en fronçant les sourcils et en esquissant une moue dubitative (...tout ça ? ...Ce que vous êtes balèzes !) j'ai envie de dire (comme dans la pub) "Mais si, c'est possible !". Et non seulement c'est possible, mais aussi porteur de nombreux bénéfices, puisque cela conduit à diminuer le stress personnel, à ne pas en induire chez autrui et surtout à augmenter notre autocontrôle dans la plupart des situations de face-à-face. La pratique de l’assertivité permet de découvrir qu’il est parfaitement possible (contrairement à l’idée reçue) de tout dire, à condition de savoir d’abord quoi dire, comment le dire, à qui le dire, et en présence (ou pas) de qui d’autre. Le tout en ayant à coeur d'éviter de tomber dans les dérives classiques lors des échanges en situation difficile (à savoir la fuite, la manipulation et l'agressivité).

Alors… quelles sont les bonnes méthodes, les bonnes techniques, finalement ?

Vous l'aurez peut-être remarqué, nos amis d'outre Atlantique sont très présents quand on parle de ce sujet. La raison est très simple : c'est qu'ils sont bien connus pour leur pragmatisme dans bien des domaines, pour le meilleur et pour le pire... Si un "Etats Unien" a la phobie de l'avion, il aura tout naturellement tendance à se tourner vers les "thérapies brèves" (c'est la même mouvance) qui lui permettront le plus souvent de surmonter cette "entrave gênante" en un temps record. Le plus souvent, au bout d'une période relativement... brève, donc, notre yankee remontera gaillardement dans son avion, le sourire aux lèvres, et bien entendu en parlera abondamment autour de lui, assurant succès et prospérité à cette méthode et à ses praticiens.

Dans notre vieille Europe, en revanche, nous avons pendant très longtemps eu tendance à sourire avec condescendance devant de si candides "enfantillages", préférant passer une bonne partie de notre vie à chercher à comprendre toute une série de "pourquoi" existentiels, un peu comme si comprendre était préférable à vivre (...et l'avion là-dedans ? Euh... il attend... il peut même attendre pendant toute notre vie !). Mais bon, la roue tourne, et ces choses-là sont en train de bouger un peu...

À mes yeux il n’y a pas de bonne ou de mauvaise technique de développement personnel à proprement parler. On s’en doutera, la personnalité de la ou les personnes qui nous enseignent ces techniques y est pour beaucoup, pour ne pas dire « pour 100% ». À chacun de se déterminer en fonction des témoignages qu'il aura pu recueillir autour de lui… mais aussi de son propre ressenti ! Ne vous lancez jamais dans une telle démarche d'apprentissage sans avoir rencontré au préalable la personne qui l'enseigne. Il est essentiel pour vous que ces techniques soient dispensées par des personnes que vous trouverez réellement bienveillantes et ouvertes (…ce qui ne va pas de soi, comme dans tout apprentissage !). Ainsi, une très grande dame, qui m’a transmis les quelques techniques de programmation neurolinguistique que je connais (bon, je dis "quelques", mais c'était quand même un dispositif de plus de 300 heures...) a déclaré ceci à notre groupe, en guise d'adieu, lors de notre dernière session d’apprentissage (je la cite de mémoire) :


Une seule rivière, mais une infinité de ponts

une seule rivière, beaucoup de pontsVous avez appris à utiliser une technique. Cette technique est celle de la PNL. Mais il en existe beaucoup d’autres… il y a parfois des milliers de ponts pour traverser une même rivière. L’important est que vous savez maintenant comment passer de l’autre côté… ceci dit, attention, ne vous laissez jamais embarquer dans le piège des querelles de chapelles, et soyez bien persuadés qu’il existe une multitude d’autres ponts que celui que vous venez de franchir, et qu'ils sont certainement tout aussi valables que le vôtre.

...J'ai découvert depuis lors qu'une métaphore semblable est citée par Théodore Monod, dans un film qui lui est consacré : « Il y a une montagne unique, une seule montagne, que nous gravissons les uns et les autres, qui que nous soyons, par des sentiers différents, avec l’espoir bien entendu, de nous retrouver les uns et les autres au sommet dans la lumière au-dessus des nuages » (Théodore MONOD, à la fin du film "Le vieil Homme et la fleur" réalisé lors d’une expédition au Yémen, en 1995.

Source : http://www.espacereinedesaba.org/spip.php?article14 )


Les bouchers et les criminels

On le sait bien : tous les couteaux peuvent à la fois rendre d’incroyables services et faire d’incroyables dégâts, tous les bouchers, mais aussi tous les criminels savent bien cela. Reste que, s’il est complètement erroné d’incriminer le couteau quand on découvre un meurtre, il est infiniment plus prudent d’apprendre à manier cet outil avec un boucher qu’avec un criminel, et ceci pour des raisons évidentes.

menace inattendueOr, les criminels sont fort nombreux, et leurs armes ne se limitent pas aux couteaux. Elles vont même parfois jusqu’à inclure les outils du développement personnel (manipulations, dérives sectaires…), ce qui amène nombre d’esprits mal informés à jeter le bébé avec l’eau du bain.

L'incrédulité est la qualité majeure d'un gendarme, écrivait Pierre Magnan. C'est elle qui fait de lui l'égal d'un scientifique (« Les Secrets De Laviolette », Denoël, p.142). N'ayons pas la cruauté de chercher à savoir si en disant cela, il entendait se gausser des premiers ou des seconds :-). Mais les exemples où les sciences (qu'elles soient "dures" ou pas) me semblent prises en flagrant délit d’insuffisance, de « trop court » ne manquent pas.


Développement personnel et homéopathie : même combat ?

Il est notoire que l’homéopathie, par exemple, a encore du mal à se faire accepter dans la communauté scientifique, faute de pouvoir se prêter à l’analyse, et, partant, aux critères du groupe qui détient le pouvoir de « faire la pluie et le beau temps » en la matière. Et en attendant que tout ce petit monde se mette d’accord, des millions de gens se soignent, souvent avec bonheur, et parfois même sont tirés d’affaire face à de bien fâcheux maux. Nous sommes ici aux antipodes de l’hommage sarcastique qu’aurait adressé Fontenelle en 1757 depuis son lit de mort à la science en général, et à son médecin en particulier, lequel se répandait en doctes explications sur la maladie en cours pendant que Fontenelle agonisait : «En somme, grâce à vous, docteur, je meurs guéri !», aurait déclaré l'écrivain...


Pour conclure…

Ce que je puis affirmer à propos du développement personnel, pour ce qui est de mon modeste témoignage, c’est tout simplement que pour ma part j’ai été pleinement satisfait de l’expérience, qui fut pour moi plus que concluante. Entre ça et le mieux-apprendre, je ne vous raconte pas à quel point je me sens chez moi dans n'importe quelle situation d'apprentissage, de la plus simple à la plus problématique, que ce soit en direct ou à distance... Et, pourquoi ne pas le dire, depuis que je vais plus facilement vers les gens, ceux-ci me le rendent au centuple !

Que ce soit en situation d'apprentissage, de formation, ou de transmission des connaissances (...encore que cela ne s'arrête certes pas là), le développement personnel reste pour moi une ressource précieuse,  sur bien des plans. En gros, cela tourne autour de la capacité à conserver enthousiasme et optimisme contre vents et marées (ce qui n'empêche pas la lucidité). Ainsi je peux déclarer que ma vie de formateur s'en est trouvée fondamentalement changée. Peut-être, dans un avenir prochain ces choses-là seront elles aussi systématiquement enseignées dans les cours de pédagogie ? Je l'ignore... mais j'ai souvent le sentiment qu'à côté des moyens technologiques de communication, la véritable communication entre les êtres humains n'en est... qu'à la préhistoire.

Il n'empêche : aujourd'hui, chaque jour, je fais de mon mieux, à mon humble niveau, et surtout je vais mieux, "de mieux en mieux"... en tâchant de me souvenir qu'il n'est pas nécessaire d'aller mal pour aller mieux.

C'est tout le bien que je vous souhaite 🙂

Bien à vous,

Bernard

Les paragraphes sur la pensée positive, la visualisation et la relaxation ont été librement inspirés d'un article publié par Erik Pigani dans un hors-série de la revue "Psychologies" paru en octobre 2005.

A lire également : cet article très complet et très pédagogique sur le blog de l'ISRI (ingénierie en pratiques sociales), intitulé "Changement personnel : mieux choisir sa thérapie".

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