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Article(s) étiqueté(s) avec le mot clé : "démarches pédagogiques".

  (3 articles)

Selon un certain nombre de critères (notre domaine d’intervention, ce que nous savons ou croyons savoir de vos participants, mais aussi notre propre personnalité), nous autres formateurs avons tendance à adopter plus ou moins spontanément (lors du face-à-face pédagogique) l’une ou l’autre des démarches suivantes :

…Une démarche dialectique consiste à dresser à l’attention de nos participants une liste ou un tableau comparatif de plusieurs hypothèses, systèmes ou concepts, afin de les mettre en contradiction les uns par rapport aux autres, et éventuellement délivrer une forme de synthèse. Cette démarche s’adapte particulièrement aux situations où on souhaite transmettre des connaissances théoriques ou livresques, et où il est beaucoup plus important de permettre à nos participants de comprendre que d’être en mesure d’agir. C’est de loin la plus communément employée dans les milieux universitaires.

…Une démarche inductive consiste à commencer par présenter dans un premier temps un principe général, puis à proposer dans un deuxième temps un certain nombre d’échanges, retours d’expériences, ou encore exercices d’application (…des choix sont à faire, en fonction du domaine abordé) afin que les apprenants puissent s’approprier cette nouvelle expérience, puis la mémoriser et se l’approprier dans des conditions satisfaisantes. Cette démarche est la plus couramment utilisée dans le cadre de formations à contenu technique ou procédural.

…Une démarche déductive consiste, à l’inverse de la précédente, à partir de l’étude, du récit ou de la reconstitution d’un ou plusieurs cas particuliers, permettant ainsi à des principes généraux d’émerger progressivement. Si les participants ont le sentiment d’avoir été eux-mêmes parties prenantes dans ce processus, le but est pleinement atteint. Cette démarche est la plus couramment employée pour les formations portant sur l’étude des relations ou des comportements humains. «…Ce n’est pas parce que le formateur nous l’a dit que nous savons cela, mais parce qu’il nous a donnés l’occasion de le vivre ».

Source : Bernard Lamailloux, « Construire et animer une session de formation (Transfert de compétences : les clés du succès) »  – Paris 2014, DUNOD, Collection Fonctions de l’Entreprise, 200 p.

 



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Les grenouilles tombées dans la jatte de crème (éloge de la persévérance)

grenouille

Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s’aperçurent qu’elles s’enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain : elles ne parvenaient qu’à barboter au même endroit en s’enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle.

L’une d’elles dit tout haut : « Je n’en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. Je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l’intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »

Ayant dit cela, elle cessa de s’agiter et s’enfonça rapidement, littéralement engloutie par l’épais liquide blanc.

L’autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit : « Rien à faire ! Pas moyen d’avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné. »

Elle continua à s’agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d’un pouce, pendant des heures et des heures.

Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s’agiter et de patauger, il arriva que la crème se transforma en beurre.

Surprise, la grenouille fit un bond et, en patinant à la surface, arriva au bord de la jatte.

De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement.

Extrait de l’ouvrage "Laisse-moi te raconter les chemins de la vie", de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

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Quelle est votre véritable valeur ? (« […] tu es comme cette bague »)

Cliquez sur l’image ci-dessus pour entendre la lecture (4 mn 10 s)

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Un jour, un jeune disciple zen alla trouver son maître.

"Je viens vous voir maître, parce que j'ai l'impression d'avoir si peu d'importance que cela m'ôte toute envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde me dit que je suis un bon à rien, que je suis maladroit et stupide. Comment puis-je m'améliorer? Comment m'y prendre pour être mieux considéré ?"

Le maître, sans le regarder lui dit : "Je suis vraiment désolé mon garçon. Je ne peux t'aider, car je dois d'abord résoudre un problème personnel. Peut-être plus tard…"

Après une pause, il ajouta :

"Si tu voulais m'aider, toi, je résoudrais ce problème plus vite, et, ensuite, peut-être pourrais-je te venir en aide...

– Euh... j'en serai ravi, maître, bredouilla le jeune homme en ayant de nouveau le sentiment qu'on ne lui accordait que peu d'importance et qu'on remettait ses propres besoins à plus tard.

– Bien, poursuivit le maître. Il retira une bague qu'il portait au petit doigt de la main gauche et, la donnant au jeune homme, il ajouta :

– "Prends le cheval qui est dehors et va jusqu'au marché. Je dois vendre cette bague pour rembourser une dette. Il te faut en obtenir la plus grosse somme possible et, de toute façon, pas moins d'une pièce d'or. Va-t'en et reviens avec cette pièce aussi vite que tu pourras."

Le garçon prit la bague, et s'en fut. Aussitôt arrivé sur le marché, il se mit en devoir de la proposer aux marchands ; ceux-ci la regardaient avec intérêt, jusqu'à ce qu'il annonce le prix qu'il en demandait.

Dès qu'il mentionnait la pièce d'or, certains ricanaient, d'autres détournaient la tête… seul un vieillard fut assez aimable pour prendre la peine de lui expliquer qu'une pièce d'or était à ses yeux bien trop précieuse pour l'échanger contre cette bague. Désirant lui venir en aide, quelqu'un alla jusqu'à lui en offrir une pièce d'argent, et ajouta même un récipient en cuivre, mais le garçon avait des ordres stricts : ne pouvant accepter moins d'une pièce d'or, il rejeta l'offre.

Abattu par son échec, après avoir vainement proposé le bijou à toutes les personnes qu'il avait croisées sur le marché – au moins une centaine – il se résolut à enfourcher le cheval et prit le chemin du retour.

Ses pensées étaient amères. Comme il aurait aimé avoir une pièce d'or à donner au maître pour le soulager de ses soucis et recevoir son conseil ainsi que son aide !

Il revint donc chez celui-ci.

"Maître, dit-il, je regrette. Il est impossible d'obtenir ce que tu demandes. Peut-être aurai-je pu échanger la bague contre deux ou trois pièces d'argent, mais je ne voudrais tromper personne sur la valeur véritable.

– Tu viens de dire une chose très importante, mon jeune ami, répondit le maître en souriant. Il nous faut d'abord connaître la véritable valeur de cette bague. Reprends le cheval et rends-toi chez le bijoutier. Qui mieux que lui peut l'estimer, en effet ? Dis-lui que tu voudrais la vendre et demande lui combien il t'en donnerait. Mais surtout, quoi qu'il te propose, ne la lui vends pas. Reviens plutôt ici avec ma bague pour me dire ce qu'il en est."

Le jeune homme entreprit donc une nouvelle chevauchée pour se rendre chez ce bijoutier.

Celui-ci examina attentivement la bague à la lumière d'une lampe à huile, puis il la regarda avec sa loupe, la soupesa et finit par dire :

campagne et maison"Mon garçon, dis au maître que, s'il veut vendre sa bague tout de suite, je ne peux lui en donner plus de cinquante-huit pièces d'or.

– Cinquante-huit pièces d'or ! s'exclama le jeune homme.

– Oui, répliqua le bijoutier. Je sais qu'avec du temps, on pourrait sans doute en obtenir plus de soixante-dix, mais si la vente est pressée..."

Tout ému, le garçon courut chez le maître pour lui raconter l'histoire.

"Assieds-toi, lui dit celui-ci après l'avoir écouté. Cette bague est un bijou précieux, unique. En tant que tel, seul peut l'estimer un véritable expert. Pourquoi exiger du premier venu qu'il découvre sa vraie valeur ?

Toi-même, tu es comme cette bague".

Après avoir prononcé ces paroles, il remit la bague au petit doigt de sa main gauche, et retourna tranquillement à ses affaires.

 

Cette histoire m'a été racontée il y a quelque temps déjà par mon amie Geneviève Gabriel.

En repensant à son sourire magnifique, bienveillant, un tantinet espiègle, je ne peux m'empêcher, à la lumière de certains événements, de penser au côté, disons "prémonitoire" qu'elle revêtait…

Aujourd'hui, étrangement motivé par je ne sais quelle impulsion (suite à un commentaire d'Annette sur mon post précédent), j'ai procédé à quelques recherches sur le net dans l'espoir de retrouver cette histoire, et j'ai fini par en retrouver la trace.

Elle y est présentée comme un Extrait de l'ouvrage "Laisse-moi te raconter les chemins de la vie", de Jorge Bucay, traduit de l'espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

Après être allé y voir de plus près sur Amazon, j'ai immédiatement décidé d'acheter ce livre.

Mes meilleures pensées vont aussi à Stéphane Pietra, pour cette phrase, prononcée jadis :

"La valeur d'une personne doit pouvoir être appréciée…

- Dans  le bon contexte…
- Par des personnes capables de la mesurer".

 Ce post est dédié à Laurène Castor, ainsi qu'à une amie de Carole P...

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Un conte ultra court (question de proportions)

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Gouttes de pluie... © Joselito Tirados

Arif, un ami de Nasr Eddin Hodja aimait beaucoup inviter ses amis à boire le thé et leur soumettre des devinettes compliquées pour les voir se torturer l'esprit et rire à leurs dépens.

Ce jour là, Nasr Eddin Hodja prenait le thé chez lui avec d'autres amis. Leur hôte se leva et s'approcha de la cheminée, s'empara d'une braise et la jeta dans un seau d'eau. "Pschhhhh" entendit-on. "Mes amis ! S'exclama Arif, dites-moi. Qu'est ce qui a produit ce son ? Est-ce l'eau, ou bien la braise?"

"Les deux !" Répondirent tous les amis. "Vraiment ? Les deux ? …Et dans quelles proportions ?" insista Arif, en prenant un air goguenard.

A ces mots, voyant qu'Arif se moquait d'eux, Nasr Eddin Hodja se leva et s'approcha de son hôte. Levant la main, il asséna une grande claque au trublion. "Et ce bruit, mon ami, qu'est-ce qui l'a produit ? Est-ce ma main ? Ou bien ta joue ? ...Et dans quelles proportions ?!"

crayons de couleur

Nasr Eddin Hodja est un ouléma mythique de la culture musulmane, personnage ingénu et faux-naïf prodiguant des enseignements tantôt absurdes tantôt ingénieux, qui aurait vécu en Turquie de 1208 à 1284, né à Sivrihisar et mort à Aksehir. Sa renommée va des Balkans à la Mongolie et ses aventures sont célébrées dans des dizaines de langues, du serbo-croate au persan en passant par le turc, l'arabe, le grec, le russe et d'autres (Source : Wikipédia). Avec mes remerciements les plus chaleureux à Anne Deval, comédienne et conteuse.

  Un petit mot rapide avant de terminer : sachez que je nage dans le bonheur depuis que mon livre est paru, tout récemment..
J'aimerais tellement vous en envoyer un tout petit peu en retour (...du bonheur) tellement il a l'air d'être si bien accueilli (...le livre 🙂 ).
Le plus fou c'est que tout à commencé sur ce blog ! La preuve se trouve dans cet article d'Hélène Weber... Un jour, je vous le promets, je vous raconterai l'histoire de  ce livre, de la conception à la fabrication (...sans parler de la promo, et je vous assure que ce n'est pas de la tarte ! 🙂 ).
En espérant que cela suscitera d'autres vocations. Parce qu'encore une fois, les rêves sont faits pour être réalisés, et je suis prêt à le crier bien haut sur tous les toits s'il le faut...

Bien à vous,

Bernard

 

Construire et animer une session de formation


Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juillet 2014 aux éditions DUNOD.

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