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Seul : vivre (avec) la solitude

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C’est une souffrance immense pour l’être humain de ne pas être autant en lien qu’il ne le voudrait

La solitude... Je ne connais pas beaucoup de gens qui aiment être seuls, à part des gens qui ont des parts particulièrement blessées par des relations. Chez ces personnes, ce qui a pris le dessus, ce sont des parts protectrices qui ont choisi d’être seules pour se préserver. Et ces personnes-là se rassurent (et font bonne figure par rapport à la société) en disant et en se disant qu’elles préfèrent être seules.

Cependant, la réalité c'est que personne n'a envie d'être seul. Alors bien sûr, si on fait un certain travail sur soi, on peut toujours se dire que "...Si on était "éveillé", on ne souffrirait pas de la solitude". En effet, on n'a jamais rencontré aucun "éveillé" qui aille se plaindre de se sentir seul. Mais ne nous y trompons pas : en fait il n'y a pas d'éveillé à proprement parler. Un éveillé, ça n'existe pas. On ne peut pas parler d'être éveillé, de personne "éveillée en permanence". Tout au plus peut-on parler d'une activité éveillée, d'actions d'éveillées qui sont posées instant après instant.

Ce qui contemple ce que nous vivons n'est jamais affecté par le problème.

Si je demandais à une personne qui se sent seule d'aller porter son attention sur la partie en elle qui contemple sa solitude, je pourrais lui demander : "Est-ce que la partie de toi qui contemple ta solitude est affectée par cette solitude ? ". Et elle répondrait probablement que non. Ce qui contemple ce que nous vivons n'est jamais affecté par ça.

Mais au quotidien, on vit beaucoup plus dans l'état de conscience de "Je souffre de ma solitude" que dans l'état de conscience de "Je contemple ma solitude".

Certes, je peux tenter de me "coller" dans une sorte d'espace de contemplation par le truchement de pratiques diverses et variées. Mais c'est exactement comme si je voulais m'éveiller ou me spiritualiser pour fuir quelque-chose. Or, cela ne fonctionne pas, c'est voué à l'échec.

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Au contraire, je peux essayer de prendre cela à bras le corps. Si déjà je peux juste être accueilli(e) par une personne qui ne me dise pas ce que je devrais faire, mais qui est juste en empathie avec moi, eh bien c'est déjà ça, et c'est beaucoup.

Vous n'aimez pas être seul(e)?… c'est normal!

Je n'aime pas être seul(e), c'est normal. Soyons pragmatiques : Si je suis seul(e), c'est tout simplement parce qu'il y a certains facteurs dans ma vie qui font qu'il en va ainsi. La question qui se pose alors est "Est-ce que j'ai le pouvoir de faire quelque-chose dans ma vie pour nourrir mon besoin de partage ?" Peut-être alors qu'une fois que j'ai fait tout mon possible pour nourrir mon besoin de partage, je constaterai qu'il n'est pas autant nourri que je ce que je souhaiterais.

C'est comme une télécommande qui ne marche pas bien…

Tout cela fonctionne un peu comme une télécommande qui ne marcherait pas bien… J'appuie sur le bouton, et rien ne se passe. Je suis sûr(e) que j'ai appuyé parfaitement bien sur le bouton "Comment obtenir autant de connexions et de partages que je voudrais dans ma vie", et pourtant ça ne donne pas autant de partages que j'aimerais.

A partir de là je n'ai aucune réponse à ça. Je constate juste que j'ai mal. Si nous croyons que la spiritualité, à ce moment-là, va nous aider, nous nous trompons sur toute la ligne. La seule chose qui puisse nous aider en pareil cas est une oreille amie et compatissante. Une oreille qui se tienne juste dans la zone du "C'est rude ce que tu vis, je comprends". Et surtout pas dans le "Tu devrais…" ou le "Moi, à ta place"….

Croire que la spiritualité est à même de faire de nous des super-héros en nous permettant de dépasser ce genre de limites est une pure illusion.

"J'ai forcément dû faire quelque-chose de travers"…

Il se trouve que j'ai eu des moments dans ma vie où je n'avais pas le pouvoir d'arriver à avoir une vie satisfaisante, alors j'ai essayé des tas de techniques, j'ai même essayé mes propres combines, tenté de "bricoler" de diverses façons. Mais à l'arrivée ça ne marchait toujours pas. Et à ce point-là j'arrivais toujours à la conclusion suivante : "J'ai forcément dû faire quelque-chose de travers"

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Le piège du "Quelle est la leçon que je dois apprendre de tout ça ?"

Après cela, on peut également entrer dans d'autres pièges, comme "Qu'est-ce que ça veut dire ?… Qu'est-ce que je n'ai pas compris ?… Quelle est la leçon que je dois apprendre de tout ça ?… Qu'est-ce qu'il me reste à apprendre ?". C'est un puits sans fond, c'est souvent stérile, et quelquefois c'est tout simplement l'horreur !

Beaucoup de personnes qui sont sur un chemin de conscience se retrouvent face à la solitude.

Beaucoup de personnes qui sont sur un chemin de conscience se retrouvent seules, à un moment de leur vie. Du coup elles peuvent se poser des questions, du type "Comment cela se fait-il que… ?". Même avec nos proches, le rayon d'amitié peut se réduire, et parfois on ne se sent plus vraiment sur la même longueur d'ondes qu'eux, et ça fait mal aussi. Du coup on se retrouve plus ou moins isolé.

Mais ça, c'est une constante irréductible. Un jour je faisais une sorte de voyage chamanique avec une guide, on avait l'impression de voler, littéralement, et d'un seul coup, alors que je vivais une expérience magnifique, mon cœur s'est serré, j'ai regardé tout autour, et j'ai demandé "On est seuls ? Il n'y a personne ? " Ma guide m'a alors répondu "À une certaine altitude, ne t'attends pas à trouver beaucoup de monde". Je sentais que ce n'étais pas du tout de l'élitisme, mais que c'était une réalité toute simple : Quand la conscience s'élargit à un certain endroit, le nombre de personnes qu'il y a à cet endroit-là diminue proportionnellement avec l'élargissement de la conscience.

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La seule chance que nous avons, c'est de disposer de divers outils (par exemple : des forums sur internet) qui dans certains cas peuvent nous permettre de contourner certaines difficultés. Mais il ne faut rien y voir d'autres que des outils. Un outil, à la base, c'est froid, et ça ne nourrit pas en soi notre besoin de connexion… En revanche, cela peut peut-être dans certains cas nous permettre d'y accéder plus facilement. Être juste une entrée pour se relier.

Un exemple "d'entrée pour se relier" qui a visiblement fonctionné ce jour-là…

(Ici, Isabelle prend à témoin l'ensemble des spectateurs qui se trouvent dans la salle où elle intervient, alors qu'elle est en train de répondre au questionnement d'Arlette, une participante qui se plaint de vivre dans une grande solitude).

Dans la salle où nous sommes, y a ici un grand nombre de personnes. Et j'imagine que tout le monde a retenu ton nom. Alors, les amis, écoutez bien : Arlette a besoin de partage, et je pense que si vous êtes là, c'est que peut-être vous avez des choses à partager avec elle. Je présume qu'à l'issue de cette rencontre je peux lancer un petit mail à l'ensemble des personnes de ce groupe. Et si je leur demande "Qui, parmi vous, aurait de l'élan à partager quelque-chose avec Arlette ?" en leur donnant ton numéro de téléphone, y aurait probablement un certain nombre des personnes de cette salle qui seraient d'accord pour te contacter afin d'entrer en lien avec toi !".


Portrait d'Isabelle Padovani
D’après une vidéo d’Isabelle Padovani
Lien vers la vidéo originale : https://youtu.be/M4DClTdKH94 (durée : 17 mn environ).

Pour savoir qui est Isabelle Padovani, cliquez ici

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A propos de l’auteur

Bernard Lamailloux

Auteur, consultant, formateur passionné par tout ce qui touche à l’ingénierie de formation, je suis également musicien, théâtreux, phonéographe, bon vivant, et je vous réserve encore bien d’autres surprises !

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