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Blog de Former Plus Haut!

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Vous trouverez ici nos articles de blog. N'hésitez pas à parcourir également les commentaires (les liens figurent après chaque titre d'article), et à y laisser le vôtre, le cas échéant. Bonne visite !

“Apprendre Mieux” devient “Former Plus Haut!”

vieux râleur sur une chenille "...Les transports c'est lent !"
Bonjour,
Je vous espère tous en pleine forme, en cet été 2014 qui est pour ce qui me concerne une occasion de grands travaux.
Ainsi, ceux d'entre vous qui m'ont fait l'amitié d'une petite visite sur mon blog "Apprendre Mieux" en se rendant sur http://lamailloux.wordpress.com auront peut-être la surprise... de se retrouver instantanément ici, soit à l'adresse http://formerplushaut.com/blog
C'est tout à fait normal ! J'ai procédé moi-même à cette modification, afin de rassembler mes publications en ligne les plus significatives dans un lieu unique, Former plus Haut!,  qui sera également le nom de ma nouvelle structure.
A part ça rien de changé, l'intégralité des billets s'est retrouvée au nouvel emplacement et a apparemment bien supporté le déménagement, comme vous pourrez le constater si vous en avez la curiosité...
Bien entendu, les visiteurs de mon blog pourront utiliser indifféremment l'ancienne ou la nouvelle adresse... as you like !
Si vous avez des questions, n'hésitez pas !
Voilà.
Bonne fin d'été,
Bien à vous,
Bernard
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Les grenouilles tombées dans la jatte de crème (éloge de la persévérance)

grenouille Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s’aperçurent qu’elles s’enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain : elles ne parvenaient qu’à barboter au même endroit en s’enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle. L’une d’elles dit tout haut : « Je n’en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. Je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l’intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? » Ayant dit cela, elle cessa de s’agiter et s’enfonça rapidement, littéralement engloutie par l’épais liquide blanc. L’autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit : « Rien à faire ! Pas moyen d’avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné. » Elle continua à s’agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d’un pouce, pendant des heures et des heures. Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s’agiter et de patauger, il arriva que la crème se transforma en beurre. Surprise, la grenouille fit un bond et, en patinant à la surface, arriva au bord de la jatte. De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement. Extrait de l’ouvrage "Laisse-moi te raconter les chemins de la vie", de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.
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Quelle est votre véritable valeur ? (“[…] tu es comme cette bague”)

Cliquez sur l’image ci-dessus pour entendre la lecture (4 mn 10 s) Filet séparateur rigolo bleu 300x72 Un jour, un jeune disciple zen alla trouver son maître. "Je viens vous voir maître, parce que j'ai l'impression d'avoir si peu d'importance que cela m'ôte toute envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde me dit que je suis un bon à rien, que je suis maladroit et stupide. Comment puis-je m'améliorer? Comment m'y prendre pour être mieux considéré ?" Le maître, sans le regarder lui dit : "Je suis vraiment désolé mon garçon. Je ne peux t'aider, car je dois d'abord résoudre un problème personnel. Peut-être plus tard…" Après une pause, il ajouta : "Si tu voulais m'aider, toi, je résoudrais ce problème plus vite, et, ensuite, peut-être pourrais-je te venir en aide... – Euh... j'en serai ravi, maître, bredouilla le jeune homme en ayant de nouveau le sentiment qu'on ne lui accordait que peu d'importance et qu'on remettait ses propres besoins à plus tard. – Bien, poursuivit le maître. Il retira une bague qu'il portait au petit doigt de la main gauche et, la donnant au jeune homme, il ajouta : – "Prends le cheval qui est dehors et va jusqu'au marché. Je dois vendre cette bague pour rembourser une dette. Il te faut en obtenir la plus grosse somme possible et, de toute façon, pas moins d'une pièce d'or. Va-t'en et reviens avec cette pièce aussi vite que tu pourras." Le garçon prit la bague, et s'en fut. Aussitôt arrivé sur le marché, il se mit en devoir de la proposer aux marchands ; ceux-ci la regardaient avec intérêt, jusqu'à ce qu'il annonce le prix qu'il en demandait. Dès qu'il mentionnait la pièce d'or, certains ricanaient, d'autres détournaient la tête… seul un vieillard fut assez aimable pour prendre la peine de lui expliquer qu'une pièce d'or était à ses yeux bien trop précieuse pour l'échanger contre cette bague. Désirant lui venir en aide, quelqu'un alla jusqu'à lui en offrir une pièce d'argent, et ajouta même un récipient en cuivre, mais le garçon avait des ordres stricts : ne pouvant accepter moins d'une pièce d'or, il rejeta l'offre. Abattu par son échec, après avoir vainement proposé le bijou à toutes les personnes qu'il avait croisées sur le marché – au moins une centaine – il se résolut à enfourcher le cheval et prit le chemin du retour. Ses pensées étaient amères. Comme il aurait aimé avoir une pièce d'or à donner au maître pour le soulager de ses soucis et recevoir son conseil ainsi que son aide ! Il revint donc chez celui-ci. "Maître, dit-il, je regrette. Il est impossible d'obtenir ce que tu demandes. Peut-être aurai-je pu échanger la bague contre deux ou trois pièces d'argent, mais je ne voudrais tromper personne sur sa valeur véritable. – Tu viens de dire une chose très importante, mon jeune ami, répondit le maître en souriant. Il nous faut d'abord connaître la véritable valeur de cette bague. Reprends le cheval et rends-toi chez le bijoutier. Qui mieux que lui peut l'estimer, en effet ? Dis-lui que tu voudrais la vendre et demande lui combien il t'en donnerait. Mais surtout, quoi qu'il te propose, ne la lui vends pas. Reviens plutôt ici avec ma bague pour me dire ce qu'il en est." Le jeune homme entreprit donc une nouvelle chevauchée pour se rendre chez ce bijoutier. Celui-ci examina attentivement la bague à la lumière d'une lampe à huile, puis il la regarda avec sa loupe, la soupesa et finit par dire : campagne et maison"Mon garçon, dis au maître que, s'il veut vendre sa bague tout de suite, je ne peux lui en donner plus de cinquante-huit pièces d'or. – Cinquante-huit pièces d'or ! s'exclama le jeune homme. – Oui, répliqua le bijoutier. Je sais qu'avec du temps, on pourrait sans doute en obtenir plus de soixante-dix, mais si la vente est pressée..." Tout ému, le garçon courut chez le maître pour lui raconter l'histoire. "Assieds-toi, lui dit celui-ci après l'avoir écouté. Cette bague est un bijou précieux, unique. En tant que tel, seul peut l'estimer un véritable expert. Pourquoi exiger du premier venu qu'il découvre sa vraie valeur ? Toi-même, tu es comme cette bague". Après avoir prononcé ces paroles, il remit la bague au petit doigt de sa main gauche, et retourna tranquillement à ses affaires.

Cette histoire m'a été racontée il y a quelque temps déjà par mon amie Geneviève Gabriel.

En repensant à son sourire magnifique, bienveillant, un tantinet espiègle, je ne peux m'empêcher, à la lumière de certains événements, de penser au côté, disons "prémonitoire" qu'elle revêtait…

Aujourd'hui  j'ai procédé à quelques recherches sur le net dans l'espoir de retrouver cette histoire, et j'ai fini par en retrouver la trace.

Elle y est présentée comme un Extrait de l'ouvrage "Laisse-moi te raconter les chemins de la vie", de Jorge Bucay, traduit de l'espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

Après être allé y voir de plus près sur Amazon, j'ai immédiatement décidé d'acheter ce livre.

Mes meilleures pensées vont aussi à Stéphane Pietra, pour cette phrase, prononcée jadis :

"La valeur d'une personne doit pouvoir être appréciée…

- Dans  le bon contexte… - Par des personnes capables de la mesurer".

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Un conte ultra court (question de proportions)

gouttes-de-pluie-joselito

Gouttes de pluie... © Joselito Tirados

Arif, un ami de Nasr Eddin Hodja aimait beaucoup inviter ses amis à boire le thé et leur soumettre des devinettes compliquées pour les voir se torturer l'esprit et rire à leurs dépens. Ce jour là, Nasr Eddin Hodja prenait le thé chez lui avec d'autres amis. Leur hôte se leva et s'approcha de la cheminée, s'empara d'une braise et la jeta dans un seau d'eau. "Pschhhhh" entendit-on. "Mes amis ! S'exclama Arif, dites-moi. Qu'est ce qui a produit ce son ? Est-ce l'eau, ou bien la braise?" "Les deux !" Répondirent tous les amis. "Vraiment ? Les deux ? …Et dans quelles proportions ?" insista Arif, en prenant un air goguenard. A ces mots, voyant qu'Arif se moquait d'eux, Nasr Eddin Hodja se leva et s'approcha de son hôte. Levant la main, il asséna une grande claque au trublion. "Et ce bruit, mon ami, qu'est-ce qui l'a produit ? Est-ce ma main ? Ou bien ta joue ? ...Et dans quelles proportions ?!" crayons de couleur Nasr Eddin Hodja est un ouléma mythique de la culture musulmane, personnage ingénu et faux-naïf prodiguant des enseignements tantôt absurdes tantôt ingénieux, qui aurait vécu en Turquie de 1208 à 1284, né à Sivrihisar et mort à Aksehir. Sa renommée va des Balkans à la Mongolie et ses aventures sont célébrées dans des dizaines de langues, du serbo-croate au persan en passant par le turc, l'arabe, le grec, le russe et d'autres (Source : Wikipédia). Avec mes remerciements les plus chaleureux à Anne Deval, comédienne et conteuse.
  Un petit mot rapide avant de terminer : sachez que je nage dans le bonheur depuis que mon livre est paru, tout récemment..
J'aimerais tellement vous en envoyer un tout petit peu en retour (...du bonheur) tellement il a l'air d'être si bien accueilli (...le livre 🙂 ).
Le plus fou c'est que tout à commencé sur ce blog ! La preuve se trouve dans cet article d'Hélène Weber... Un jour, je vous le promets, je vous raconterai l'histoire de  ce livre, de la conception à la fabrication (...sans parler de la promo, et je vous assure que ce n'est pas de la tarte ! 🙂 ).
En espérant que cela suscitera d'autres vocations. Parce qu'encore une fois, les rêves sont faits pour être réalisés, et je suis prêt à le crier bien haut sur tous les toits s'il le faut...
Bien à vous, Bernard
Construire et animer une session de formation
Bernard Lamailloux est l’auteur d’un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru aux éditions DUNOD.
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Devinette : Quelle est la différence entre “concerné” et “impliqué” ?

Voiture Cochonou - distribution d'échantillons

Il m'est arrivé tout récemment d'entendre une de mes amies me dire "Oh là là, que ça m'embête ce qui vient de se produire dans ce projet dans lequel je suis si impliquée, pour y avoir participé activement ! Cela me chagrine, que dis-je, me mine littéralement que les choses aillent ce train-là !"

D'une manière générale, il est courant d'entendre parler d'implication quand on évoque les rapports au travail.

Cela m'a rappelé une devinette : Quelle est la différence entre "concerné" et "impliqué" ?

La réponse est très simple : Quand on fait une omelette aux lardons, cela suppose qu'il y a eu une poule pour pondre les œufs et un cochon pour qu'on puisse faire du lard.

Eh bien à l'arrivée, une fois l'omelette achevée les modalités de "participation" de ces deux animaux, et partant, leurs sorts respectifs, sont bien distincts :

La poule est concernée par le projet… en ceci que ses œufs ont contribué activement à son succès, y prenant même une très large part.

Le cochon, quant à lui, s'est retrouvé complètement impliqué.

...Quel sort préférez-vous ?

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Glander, une philosophie de vie (éloge du glandeur)

montage glandeurs et lagaffe

Bonjour. Il se trouve qu'avec quelques e-amis, nous nous sommes tout récemment retrouvés embringués dans un MOOC (cours en ligne) intitulé "La Pensée Design". Le mooc devrait durer jusqu'au 13 juin.
Quand les mouches vont au marché, les glandeurs vont au mooc
Au départ, mes propres motivations pour m'inscrire à ce MOOC peuvent se résumer ainsi : "Eh m'sieur l'juge, j'vous jur' j'voulais pas y aller au début, et puis c'est mes potes y m'ont dit zyva viens avec nous y'a un radiateur au fond on s'met tous là…" Sans même attendre que le cursus soit démarré, j'ai donc entrepris de créer (avec l'aide de quelques camarades de front) un collectif de travail qui devait à l'origine s'intituler "Les gros nazes du fond", mais au bout de 1641867812549991 tours de scrutin nous nous sommes mis d'accord sur un titre nettement plus approprié, et qui fait désormais consensus Nom de ce fameux groupe (sur Facebook) : "Les glandeurs du radiateur du fond" (Frédéric, si tu nous regardes, merci du fond du cœur). Par ailleurs, le fruit de nos travaux peut être consulté ici. Ce fut un régal… ça l'est toujours à l'heure où j'écris ces lignes ! Mais il m'a hélas fallu très vite constater une chose : la notion de glandeur demeure assez floue pour beaucoup de gens, et à les lire, il m'arrive parfois de ressentir un symptôme de "glandeur et décadence". Ainsi ai-je pu lire sous la plume de plus d'un, quelques remarques, voire quelques réserves, exprimées le plus souvent sur le mode "Houlà, vous êtes bien actifs, pour des glandeurs !"… sans compter les allégations de "vrai glandeur", "faux glandeur", voire "vrai faux glandeur" qui ont commencé à fuser ici et là, et que certains de mes amis ont commencé à se lancer à la figure à mon grand désarroi (en bon glandeur qui se respecte, je ne supporte pas le gaspillage d'énergie). J'ai donc éprouvé le besoin d'écrire ici ce petit billet en forme de mise au point. Il aurait très bien pu s'intituler "Qu'est-ce qu'un glandeur, au juste ?"…
C'est vrai ça, "Qu'est-ce qu'un glandeur, au juste ?"…
Tentons d'apporter quelques éléments de réponse à cette épineuse question. Chacun ayant sa propre idée, son propre point de vue quant à la question et au statut exact du glandeur, du glandeur, je ne vois pas au nom de quoi je me gênerais pour vous exposer le mien, qui vaut ce qu'il vaut, et vice versa. D'abord, il ne faudrait surtout pas prendre les glandeurs pour des imbéciles : Un glandeur est quelqu'un qui a conscience d'être naturellement décalé, en quelque sorte, et qui s'en fiche. D'ailleurs il se fiche d'énormément de choses…
les glandeurs - appli pour smartphones et tablettes

Une appli pour smartphones et tablettes est en cours d'élaboration (...authentique !)

Un imbécile, quant à lui, ne peut absolument pas s'empêcher d'être tout le temps en décalage. C'est hors de son contrôle, et contrairement au glandeur, il a aucune conscience de cet état de fait (d'où la célèbre réplique des "Tontons flingueurs" : Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !"... Seul le sot est capable de prendre un glandeur pour un imbécile. Pas fou, le glandeur ne fera rien pour l'en dissuader. La raison en est ultra simple : il se fiche de ça aussi !
Didier, roi des glandeurs
Un exemple d'attitude archétypale de glandeur : Didier, un ami d'enfance, le jour où notre professeur annonça solennellement les résultats du bac devant notre classe pétrifiée d'angoisse, s'entendit dire... qu'il était le seul de la classe à ne pas avoir été reçu. Croyez-vous qu'il se soit démonté ? Pas du tout ! Il s'est contenté d'ouvrir son sac à bandoulière, d'en extraire un énorme sandwich, et de mordre dedans à pleine dents tout en s'exclamant d'un air bonhomme : "Oh, c'est pas grave ! Quand l'appétit va, tout va !". _ on est bien c'est la fête _ Là où un cancre serait devenu soit tout rouge, soit carrément agressif, Didier ne s'est absolument pas démonté, et savoura à leur juste valeur (en même temps que sa roborative pitance) les éclats de rire de toute la classe, professeur compris. C'est ça qui est très fort. Finalement, il me semble bien que Didier a décroché son bac de justesse, en septembre, à la session dite "de rattrapage". Car en toutes choses le glandeur possède mieux que personne l'art instinctif de doser l'effort, une faculté que lui envient moultes besogneux et autres non comprenants…
Finalement, un glandeur est toujours plus ou moins débordé…
Un glandeur est toujours débordé : même quand il ne fait rien, il est en plein processus de créativité. C'est le Shadok azimuté au milieu des Gibis conformistes. C'est la cigale qui ne se soucie même pas de l'existence de la fourmi, mais qui s'en porte tout aussi bien, en ne récoltant pas forcément le courroux des cieux. C'est Isaac Newton faisant la sieste au pied d'un arbre, et découvrant incidemment les lois de la gravitation universelle en se prenant une pomme sur la tête. C'est Gaston Lagaffe faisant le désespoir de tout son bureau à coup de siestes volées à ses honnêtes collègues bureaucrates, mais travaillant sans relâche pendant des temps forcément gigantesques à d'improbables prototypes (...clin d'œil à mes camarades moockitoes). Si ça c'est pas du boulot…

glandeurs facétieux (balançant de l'eau)

Le glandeur a donc perpétuellement quelque-chose en tête. Il est souvent espiègle, et fondamentalement passionné. Mais il a horreur qu'on cherche à lui imposer ses centres d'intérêt. A titre d'exemple, faites-lui visiter un musée à l'occasion de vacances à l'étranger, il ne va pas forcément parcourir avec son groupe l'ensemble des salles au pas de charge avec une avidité aussi douloureuse que préoccupée. Si ça se trouve, il va s'arrêter au bout du deuxième tableau, et entrer dans une discussion interminable avec le gardien ou la gardienne qui se trouve là. Quand les autres, fourbus, de retour de leur étrange marathon, vont le retrouver, ils l'admonesteront sans doute avec condescendance, sur l'air de "Mais où étais-tu ? On t'a cherché partout ! Ah là là, celui-là alors, il est impayable. Heureusement qu'on l'aime bien, tiens !" Bien entendu, le glandeur se fiche aussi de ça, et les laisse croire qu'ils ont appris beaucoup plus de choses que lui… Bien à vous, Bernard _
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Le mythe des tests standardisés

Le concombre masqué s'interroge...   Pourquoi ces tests ne vous disent pas ce que vous croyez... Les experts, les politiciens, les chefs d'entreprise ainsi que de nombreux leaders d'opinion vantent continuellement les mérites de ces tests standardisés et autres QCM... Il en résulte que dans les faits, les mérites de ces tests sont en définitive rarement contestés, tant ils sont en phase avec la croyance populaire, et également avec certaines théories sur la psychologie de la motivation humaine. Mais la plus grande partie de ce que ces leaders d'opinion disent, et également ce que le public croit – à propos des tests standardisés – est tout simplement infondée. Dans le grand public, ou encore parmi les personnes concernées par les tests (voire leurs parents, selon les cas), rares sont ceux qui disposent de suffisamment de temps ou de connaissances pour arriver à suivre les récentes conclusions des spécialistes, experts en tests, psychomotriciens, et autres chercheurs. C'est là que le livre " The Myths of Standardized Tests" entre en jeu. Dans un langage simple et accessible, Phillip Harris,  Bruce M. Smith et Joan Harris exposent les hypothèses sous-jacentes des tests standardisés, en faisant la part des choses entre ce ces tests peuvent réellement mesurer et ce qui relève tout simplement du mythe. Non seulement ils démystifient de nombreuses hypothèses communément admises, mais ils proposent de surcroît de meilleures alternatives nous permettant de juger du succès de tel ou tel enseignement dont on prétend mesurer l'efficacité ou les acquis à l'aide de ces fameux tests. Les auteurs nous proposent également quelques suggestions en vue de nous permettre d'alléger quelque peu le fardeau que ces tests font peser sur nous, ou sur nos enfants. Voici à titre indicatif quelques exemples de qualités et aptitudes très difficilement mesurables à l'aide de ces tests :  

▪          la créativité

▪         la pensée critique

▪         la résilience

▪         la motivation

▪         la persévérance

▪         la curiosité

▪         l'art de poser des questions

▪         l'humour

▪         l'endurance

▪         la fiabilité

▪         l'enthousiasme

▪         le civisme

▪         la conscience de soi

▪         l'auto-discipline

▪         l'empathie

▪         le leadership

▪         la compassion

▪         le courage

▪         le sens de la beauté

▪         le sens de l'émerveillement

▪        la débrouillardise

▪         l'honnêteté

▪         l'intégrité

▪         la spontanéité

▪         l'humilité.

Source : http://themythsofstandardizedtests.com/index.php
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Le syndrome de la grenouille

grenouille rigolote Prenez une grenouille vivante. Jetez-la dans une casserole d'eau bouillante. Elle réagira tout de suite, se débattra et en ressortira immédiatement. Prenez la même grenouille vivante, et jetez-la dans une casserole pleine d'eau tiède. Faites chauffer tout doucement. Que croyez-vous qu'il adviendra ? Elle va cuire à petit feu et quand elle comprendra son sort, elle sera incapable de réagir, de sauter par-dessus la casserole. Lire plus
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Un rôle bien particulier…

Attends-moi, cher dauphin, j'arrive !

J'avais le trac, tout simplement. Comme toutes les formes de nervosité exacerbée, il naît d'une appréhension irrationnelle commune à tous les êtres humains, en particulier les adultes : celle d'être "démasqué", de trahir par quelques mots mal choisis l'intrinsèque supercherie de sa position d'autorité, de révéler au monde entier que l'on ne croit pas soi-même une minute à ce que l'on prétend être.

J'ai fermé les yeux une seconde en me disant que je devais continuer à tenir mon rôle sur scène, coûte que coûte, puis je me suis retournée pour faire face à ma classe.

— Bien, commençons.

Douglas Kennedy, "Quitter le monde", 2009, Belfond, p. 209
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Mes salutations les plus… municipales ?

Un village, C´est la grande famille Où les garçons, les filles Se marient à vingt ans Un village, C´est chacun, sa chacune Car, à la pleine lune Le lit est bien trop grand...

Ah, les élections municipales... c'est toujours un événement de taille dans mon village. Un peu plus de 4000 habitants, situé en région PACA, tout près de la "frontière" de quatre départements (04, 13, 13 et 84), côté Bouches du Rhône. Mon village n'a rien de bien particulier, si ce n'est la douceur de vivre que je ressens depuis le fond de ma petite pinède. Après avoir pas mal bourlingué sous des cieux moins cléments, sentir la caresse du soleil et respirer l'odeur des pins suffit amplement à mon bonheur.

Un village, C´est la pauvresse en cloque, Les sourires équivoques De tout´s les "braves" gens Un village, C´est une fausse légende Racontée par les grandes Aux tout petits enfants...

Depuis 25 ans que je vis ici, je ne me suis jamais impliqué dans la vie locale de ce lieu qui revêt bien des aspects du célèbre "petit village gaulois" d'Astérix... La seule fois où j'ai vaguement essayé, peu après mon emménagement, un gars du cru m'a refroidi en deux phrases. La première était du style "Ah oui, mais avec vous c'est toujours pareil, vous ne faites jamais rien comme il faut…". La deuxième est venue tout de suite après, alors que je m'étonnais de ce que mon commensal me donne soudain du "vous", alors qu'habituellement on se disait tu. Il a alors eu cette phrase magnifique, véritable cri du cœur : "Oui, vous, les… aixois !". Cela m'a fait sourire, enfin, sourire un peu jaune, moi qui suis né à Alger, ai grandi à Marseille, puis vécu à Paris, puis Rouen (...les hasards de la vie m'ont en effet amené à porter successivement mes valises "aux quatre coins de l'hexagone", expression d'ailleurs attribuée à un homme politique méridional), et même dans la plaine des Vosges ! Vu d'ici, Aix-en-Provence n'est que… disons la ville moyenne la plus proche. En y réfléchissant je me suis souvenu que j'y avais effectivement bien passé les trois premières années de ma vie d'étudiant, au milieu des années 1970… Mais jusqu'alors j'ignorais que cela avait laissé de telles traces !

Un village, C´est le curé en chaire, Le docteur et le maire "Qui sont pas fiers pourtant" Un village, C´est la guerre et la haine, Entre Albert et Eugène, Pour un lopin de champ...

Aux débuts de ma vie de néo-rural, j'avais également été frappé par un dessin d'humour, trouvé dans une feuille de chou locale, tenue (...déjà !) par une équipe d'opposition municipale, et qui faisait dialoguer deux vieux ossements qui venaient censément d'être exhumés par des archéologues aux abords du village. Le premier os déclarait "Je viens de subir une datation au carbone 14, je sais maintenant que je suis vieux de 4 millions d'années". Et le second lui répondait à peu près "Ah, c'est bien, désormais on peut dire que vous êtes presque d'ici, alors !" Ces petits événements (avec quelques autres) m'ont bien vite convaincu de suivre le conseil que Raimu prodiguait à son fils dans la célèbre pagnolade Fanny, lorsqu'il lui écrivait "Quand tu vas commencer à mesurer le fond des océans, fais bien attention de ne pas trop te pencher, et de ne pas tomber par dessus bord et là où ça sera trop profond. Laisse un peu se pencher les autres". D'une certaine façon, j'ai moi-même pris le parti de "laisser se pencher les autres" pour ce qui concerne les questions de citoyenneté locale.

Un village, N´en déplaise à Pagnol Qui s´est payé not´ fiole Avec son grand talent Un village, C´est Marius en vitrine, C´est Fanny aux cuisines Avec tous les enfants...

Bien m'en a pris ! La toute récente élection municipale a en effet vu s'opposer deux listes : La première de ces listes est elle de l'équipe  sortante. Appuyée par ce qu'on pourrait appeler des féodalités locales qui savent depuis des lustres "veiller au grain" avec une ardeur consommée, elle fait notamment un tabac auprès du troisième âge… elle n'est installée que depuis une mandature, mais elle a succédé à une autre liste du même tonneau, qui elle-même... et ainsi de suite, depuis des temps qu'on devine immémoriaux. Les conseillers de feu le président Georges Pompidou avait inventé en leur temps une expression censée permettre à leur patron d'incarner ce phénomène aux yeux de son électorat :  "Le changement dans la continuité". Eh bien chez moi, nous y sommes encore : les têtes de liste changent, mais on sent très nettement que dans la durée, les mêmes trois ou quatre baronnies locales (que tout le monde connaît) continuent à tenir solidement les rênes, dans ce joli coin de "Douce France", à l'image de ce qui se passe dans tant d'autres petits bouts de paradis tricolore. La deuxième liste, quant à elle,  est en majorité composée de personnes plus nouvellement implantées ici (un peu comme moi), et qui représentent une catégorie de population qui progresse (...en nombre, s'entend) lentement mais sûrement au fil des ans. C'est d'une certaine façon la n-ième vague de tentative de poussée de sang neuf, à l'image de ces fameuses colonies de champignons qui naissent après la pluie, prenant soudain une place étonnamment grande (bien que souvent éphémère) dans la forêt... une histoire toute simple et toute prévisible de biodiversité sociologique, en quelque sorte. Il n'y a rien d'étonnant à cela. Personnellement, je connais bien évidemment des personnes dans l'une et l'autre de ces listes, et suis bien placé pour savoir que dans chacune d'elles il existe des gens tout à fait estimables et dignes de foi, côtoyant d'autres individus dont les incisives me semblent avoir une fâcheuse propension à rayer systématiquement les revêtements de sol les plus résistants… _ Mon impression sur la gestion de la commune  par ces équipes successives depuis que je suis là ? Eh bien là aussi je serais bien incapable de trancher. Au vu de leurs réalisations (...ou de ce que j'en perçois), j'ai un peu le sentiment que le pire y côtoie le meilleur. Pour ne citer que le meilleur, j'ai par exemple vu sortir de terre en 1998 une magnifique bibliothèque municipale. Pendant toute la durée des travaux, j'étais persuadé que des martiens se poseraient sur son toit le jour de l'inauguration, et en repartiraient formels en déclarant qu'il ne pourrait y avoir là aucune forme de vie... Eh bien la suite m'a donné tort, puisque l'endroit en question est à mes yeux un des lieux les plus magiques, agréables et enrichissants que j'ai connus dans ma (déjà longue) vie. Qui plus est, cette bibliothèque est animée par une équipe composée de personnes plus que compétentes, et au cœur gros comme ça… _

Un village, C´est ces fêtes espagnoles De violence et d´alcool Pour les adolescents Un village, C´est les futures milices Des chasseurs qui ratissent Les lièvres et les gitans...

_ insolite - avions au-dessus d'un nuage issu d'une tasse 506x507Ces toutes dernières élections municipales ont pourtant donné lieu à un de ces événements qui me manquent jamais de me déconcerter, et dont j'ai beaucoup de mal à savoir s'il faut en rire ou en pleurer : Il faut d'abord savoir que l'équipe sortante a remporté l'élection dès le premier tour. Apparemment, donc, le temps de mai 68 n'est pas encore arrivé jusque par chez nous, décalage horaire oblige. A franchement parler j'ignore ce que cela aurait donné. J'imagine simplement que ce sera pour une autre fois et que ce genre de relève est inéluctable. Juste une question de temps. Ici, la nature a tout son temps, justement... J'imagine également que l'équipe sortante (et – donc – reconduite) a dignement fêté sa victoire. Chez certains partisans, la nuit a dû être longue, voire passablement arrosée (Quelqu'un connaît-il la chanson "Chasse, pêche et tire-bouchon", de mon amie Flavia Perez ? ...). C'est là que ça se passe : le lendemain je me suis aperçu de ce que quelques-uns de ces intrépides militants avaient eu une drôle d'idée… En effet, à l'image de beaucoup de mes concitoyens, j'ai eu la surprise de découvrir, dès le fameux "lendemain de la victoire", une espèce de guirlande composée de vieux vêtements accrochés à des cintres, guirlande stratégiquement implantée bien en face de la mairie, contre le monument aux morts. Inratable. De loin, j'ai trouvé l'idée excellente, me disant "Tiens, une espèce de happening, d'installation artistique, annonçant sûrement un quelconque événement culturel ...(exposition, pièce de théâtre… que sais-je encore ?)"._ Quel naïf indécrottable je fais ! La vérité était beaucoup moins drôle, figurez-vous qu'il s'agissait juste d'une mise en scène au goût douteux, destinée uniquement à faire enrager les perdants au vu et au su de tous. L'idée aurait pu m'être sympathique… si elle n'avait été traitée de manière aussi... disons pesante. Imaginez : sur nombre de ces vêtements, nos joyeux animateurs de noces et banquets n'avaient pas trouvé mieux que d'accrocher des pancartes pour railler chacun des membres de la liste battue qui venait, donc, de "prendre une veste", en inventant à chaque fois une blague oiseuse à partir de… son nom ! Comme dans les cours de récréation, on cherchait à l'évidence à atteindre (plus ou  moins consciemment) l'autre là où ça le touche le plus, c'est-à-dire au niveau de son identité…

Un village, C'est ce bloc unanime A tirer grise mine A l´étranger au clan, Un village, C´est l´idiot, que lapident Les notaires placides Qui passent en ricanant...

_ On croyait rêver… mais sur un mode très nettement  "Very bad trip"… Je n'ai pas pu m'empêcher alors de penser à l'aphorisme attribué à Albert Einstein : "Il n’y a que deux choses qui soient infinies: l’univers et la bêtise humaine. Et encore, pour l’univers, je ne suis pas sûr". Ne possédant pas les connaissances de cet illustre monsieur, j'ignore totalement pour ma part si la bêtise humaine est infinie ou pas... En revanche, quelque-chose me dit qu'elle est beaucoup plus insondable que les fonds des océans cités plus haut... Si j'avais eu les "auteurs" de cette pantomime en face de moi, je leur aurais peut-être fait part de ma consternation… et à la réflexion peut-être pas, tant j'aurais craint de m'entendre rétorquer… que je manque d'humour ! Depuis lors, j'ai appris que des comportements tout aussi affligeants s'étaient produits un peu partout dans d'autres communes, ici et là. Certains d'entre eux sont infiniment plus préoccupants que celui que je viens de rapporter ici, et d'une certaine façon je me réjouis (si l'on peut dire), disons "en creux", du côté "potache" et somme toute relativement inoffensif de cette blagounette aux allures de canular pour amateurs de noces et banquets. À la réflexion, je me demande carrément s'il en existe des municipalités ayant échappé à ce genre de manifestations si peu glorieuses…

Un village, Pas plus qu´une ville, N´est cet îlot tranquille Que je croyais pourtant Un village, C´est, grossi à la loupe Une harde ou un groupe De petits commerçants...

Allons, ne soyons pas trop pessimistes. De plus en plus, un peu partout, dans le monde, des voix s'élèvent pour faire la promotion des comportements inspirés par la bienveillance et la coopération, et pour tenter de nous ouvrir les yeux sur l'inanité des comportements ayant pour base la malveillance et l'esprit de compétition (lorsque celle-ci prend tous les aspects d'une lutte à mort), en pointant du doigt ce qu'elles ont de plus délétère, tant pour les personnes visées, que pour les auteurs de ces comportements eux-mêmes, et pour finir pour l'humanité tout entière, à bien y réfléchir. Mais bon... le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a encore du boulot, vous ne trouvez pas  ? Tiens, je vous laisse admirer la magnifique photo de campagne publiée il y a peu par… l'équipe en place, donc.
conseil municipal posant pour une photo de classe (enfin, si l'on peut dire)

Le conseil municipal de mon village posant pour une photo de classe (si l'on peut dire)

Pour ce qui me concerne, j'assume parfaitement n'être qu'un vieux gamin, surtout après l'avoir tant de fois clamé haut et fort dans ces lignes. En même temps, force m'est de constater avec désarroi qu'on ne peut être jeune qu'une fois… mais immature toute sa vie. Bien à vous, Bernard PS : Les incises sont extraites de la chanson "Un village" d'Henri Tachan, dont on peut lire l'intégralité des paroles ici et entendre la musique . Merci à Omer Sainte, ami de longue date sans qui je ne connaitrais pas ce morceau...
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